FTM on the road

      Real Boy et un documentaire qui retrace le début de parcours de transition d’un FTM, ces relations avec sa mère, avec ses amis entre 3 accords de guitare et 50 miles on the road made in USA.
De vidéo en vidéo familiales Rachel grandit puis, peu à peu, s’efface pour faire naître Ben derrière le miroir…Mais renaître n’est pas une vie de tout repos, souvent bringuebalée entre révoltes et addictions comme autant de symboles d’un ouragan intérieur. Et la famille qui souvent ne comprend pas, ne souhaite pas comprendre, peut rejeter, avoir des propos violents,… Une famille aussi doit faire une transition à son propre rythme pour comprendre jusqu’à accepter…un jour…
    Seule la rencontre avec des FTM amis de son néo-fils, avec d’autres parents, permettront à la maman de Ben d’avancer petit à petit, de faire tomber ses barrières, de bousculer ses convictions, d’évacuer ses peurs pour pouvoir accompagner son fils dans sa transition.
Seul, on ne peut rien ou souvent pas grand-chose ou c’est plus difficile.
Seul, Ben ne pourrait rien. Ni Dylan…Ni Joe…
Heureusement il y a un réseau Internet qui peut permettre de tisser le lien avec ses semblables, qui apporte les informations nécessaires, vitales sur la transidentité et ses parcours variés possibles… Heureusement, il y a des amis de parcours comme autant de balises de vie qui évoluent parfois sur des tempos différents mais, on se comprend sur l’essentiel. Un ami de Ben, Joe, avec qui il vit sur la même partition musicale le soutien. Un autre, Dylan, avec qui il partagera le même tempo médical.
Néanmoins, subsistent des clichés, des stéréotypes masculins qui pourraient agacer certains trans plus gender fluides, moins binaires. En premier lieu, le titre « Real boy » : un vrai garçon… C’est quoi un vrai garçon !?… Ces clichés ne sont peut-être à voir que comme autant de points de repère en terme de genre qui rassurent certains.
Les genres restent et resteront multiples et les façons de les vivres sont heureusement toujours variées.
Le documentaire montre aussi la transition comme source de repli sur soi, génératrice de tumultes intérieurs dévorants, souvent incompréhensibles, indescriptibles vu de l’extérieur… Ce monde extérieur peut même parfois être vu comme hostile par la personne trans. Avoir une vie comme tout un chacun si ce n’est à quelques détails près souvent tus à autrui par choix, par nécessité, par envie de se fondre dans la société ou par peur d’en être rejeté, par peur que quelqu’un vienne un jour déterrer son passé. Une transition n’est jamais vraiment finie. Il serait intéressant de connaître un jour sur toile la suite du parcours de Ben, de Dylan, de Joe ou d’autres…

Téo