WE Femmes national : « Sexualité…émois et moi ? »

La position de surplomb délibérément choisie par notre intervenante et amie Catherine nous a peut-être laissées un peu perplexes, en suspens, et pourtant… l’essentiel était là. Il nous a été dit en effet, de séparer le sexuel du physiologique et de le relier à la « dimension invisible » de l’être, à l’essence (l’âme?)  » là où tout le monde peut se retrouver, hors conditionnement ».
Comment comprendre ce grand fondamental ?
Réaliser d’abord que toute énergie sexuelle procède de l’élan vital et qu’en ce sens on peut la dire sacrée comme la vie même. Et pour certains, elle relève du divin (Cf Jean-Yves Leloup, philosophe et théologien) :

 

« L’être qui s’adonne aux plaisirs des sens et celui qui s’abîme en Dieu… ces deux vécus sont une seule et même racine. La différence est une question de degré d’évolution » D’où la nécessité de déplacer la libido pour l’intégrer dans notre plan de vie, et ce, dans la cohérence de nos différents besoins : physiologie, affectivité et sentiment d’appartenance, estime de soi et recherche de sens. Aimer, c’est alors vivre avec une personne tous les degrés d’une « échelle des états amoureux »: désir, passion, amitié, partage spirituel. Et plus on monte dans l’échelle, plus il y a de liberté et moins il y a de souffrance. Cette quête de l’unité est toujours à recommencer, car au quotidien, nous vivons tous dissociés (sans que ce soit notre faute !).
Concrètement, comment y parvenir ?
En cessant de croire que l’autre peut et doit nous compléter, nous réparer (la guérison vient toujours de l’intérieur). En cessant de confondre l’amour et l’attachement : l’attachement affectif étant ce moyen dont l’égo se sert pour pallier besoins et manques, blessures du passé. La rencontre de deux égo en mal de solution extérieure à leur malaise ne peut qu’aboutir au conflit (l’inévitable frustration engendrant la colère).
Au contraire de l’attachement (forme de contrôle) l’amour respecte et au besoin, restitue la liberté : « On se sépare parce qu’on s’aime. » Dans cette déclaration paradoxale, l’unité perdure au-delà de la séparation, l’amour circule toujours entre les personnes quand la vraie communication peut s’établir. En cadrant plus large, la répétition des conflits individuels, des souffrances parfois transgénérationnelles vient de ce que rien n’a été mis à jour. La libération, la transformation se font par la parole. Enfin ne souffrons pas pour rien. Donnons du sens à notre parcours et au besoin, libérons les générations qui suivent.
Voilà. A partir de la trame un peu lâche de mes notes, j’ai essayé de retricoter le sens général avec l’apport de quelques ouvrages se situant dans la même dynamique.

 

Madeleine

Pour en savoir un peu plus et aller plus loin, on peut lire:

Jean-Yves Leloup :
« Qui aime quand je dis je t’aime ? »
« L’absurde et la grâce »

Thierry Janssen (médecin, psychothérapeute) :
« Vivre en paix. Comment transformer la peur en amour »