L’appartusée du 11ème

   Rendez-vous avait été pris en altitude pour partager une journée artistique. Sourire intérieur en montant dans l’ascenseur chargé de tableaux et photos, quand à 11H11 précise, j’appuie sur le bouton vers le 11ème étage… Entrer chez Madeleine ; c’est comme s’inviter dans un musée et cette journée va nous le confirmer à 111 % et même plus !
rainbow colors   Chacune, chacun gagne le sommet de la tour et dépose ses trésors ça et là impatients l’après-midi venu ; que nos regards se posent sur eux.
Une gorgée de velouté vert martien au goût étrange, des ballons européens picadors improbables de cubes d’edam. Dames et messieurs échangent nouvelles aériennes du jour et news from England….
Point-Virgule…
L’après-midi débute ; la visite du musée éphémère peut commencer. Explosion de couleurs rouge orangé, aquarelle d’eau douce ardéchoise bercée de la douce lumière marine d’un coucher de soleil à l’huile. Roses bleues sur rose diaphane, mots de poète nimbé de parfum d’artémisia vulgaris. On apprendra qu’Artémisia fut le prénom d’une artiste peintre italienne de l’école du Caravage…Il n’y a pas de hasard… Visages iconiques aux regards charbonneux et perçants, ornés d’halos dorés sont prétextes à un voyage lointain dans l’histoire des hommes et des religions sous le sourire bienveillant d’une Mona Lisa.
Pas de côté et nous voilà parti à la rencontre d’un univers coloré, peuplé de silhouettes anthracites, de clairières piquées d’arbres oculaires et de poissons à l’esprit d’escalier navigant d’île en île guidés par les lumières ensorcelantes de phares d’acrylique caressés… A leurs pieds des puzzles recomposés de poussières photographiques urbaines…
Pas glissés sur la moquette pour traverser Venise et ses masques emplumés parés de strass. Ainsi, nous gagnons l’aile sud de l’appartusée (contraction d’appartement et de musée 😉 ) Là, nous saluons des sculptures de terre, de bronze avant de pénétrer dans des forêts découpées de marbres boisés puis dans le tumulte de villes parsemées de silhouettes Keith Haringiennes partant à l’assaut de gratte-ciel…assoiffées de liberté… Tandis que des poissons dans leur bocal d’encre noire dessinée font des bulles de BD, sur le bord du balcon, des pigeons scrutent ces visiteurs du 11ème perdus dans des volutes de colle à papier…
Nos regards saturés de pigments, nos cœurs plus arc-en-ciel qu’à l’accoutumée, nous avons remercié notre guide et sommes redescendus au camp de base avec le secret espoir, un jour prochain, d’y remonter pour une visite pleine de nouvelles promesses artistiques.

Téo