Des déjistes nantais témoignent dans « Garçon magazine »

Des déjistes nantais ont été interviewés par la revue
« 
Garçon magazine » dans le cadre d’un reportage
sur les associations LGBT dans l’ouest de la France

1er témoignage :

« Un nouveau membre de notre groupe nantais me disait récemment : « En arrivant à David & Jonathan, j’ai tout de suite apprécié la présence des femmes (autant que d’hommes !). La mixité dans le monde gay c’est une chance et une ouverture sur la différence », et une adhérente ajoutait : « moi, j’aime qu’on puisse parler de ce qui nous touche en profondeur, ce que nous faisons chaque mois lors des rencontres ‘’Spiritualités plurielles’’ où chacun-e parle de ce qui est important pour lui/pour elle, dans un climat de confiance et de convivialité ».
 L’association D&J a bien évolué en 45 ans d’existence, après avoir été fondée par un petit groupe de catholiques parisiens. Avec ses 200 adhérents, répartis sur une vingtaine de groupes en province et à Paris, D&J se veut une force d’interrogation, autant envers les Eglises qu’envers les autres associations gays.
   C’est certainement ce que le groupe de Nantes a réussi à faire avec d’une part, des adhérent-e-s reconnu-e-s et sollicité-e-s par leurs Eglises, et d’autre part, une fréquentation (encore un peu timide) des autres lieux associatifs lgbt. »

Y.

2ème témoignage :

 » A partir du moment où j’ai découvert mon homosexualité, et j’ai rencontré des chrétiens qui m’ont acceptée comme je suis, qui m’ont dit qui sommes nous pour te juger, J’ai fait tomber le voile de la honte et de la culpabilité devant Dieu.
   Oui à partir de là, je me suis réconciliée avec le Seigneur, avec l’Eglise. Bien qu’au sein de celle-ci, des propos homophobes soient prononcés, je sais et suis convaincue de la certitude de son Amour pour moi. Un Amour inébranlable, inconditionnel et sans jugement.
Depuis, je pratique ma religion catholique, et je me sens à ma place, dans l’Eglise qui est la maison de Dieu. Elle rassemble mes frères et sœurs hétéros, dont certains sont contre ma communauté homosexuelle. Ces frères et sœurs, je les aime comme Le Seigneur me le demande. Même s’ils nous blessent, nous rejettent. Car ce qui reste d’une vie sur terre, c’est le bien et le mal. J’ai choisi le bien. C’est comme ça que je me sens vivante. Dans la haine, la tristesse, je meurs, alors je choisis la vie. Je garde la tête haute d’être lesbienne et enfant de Dieu, sans aucune honte devant un Père aimant. »

M.

3ème témoignage :

« J’ai découvert assez récemment, à travers David & Jonathan, la réalité LGBT nantaise. Ayant toujours vécu hors ghetto, je n’avais qu’une idée lointaine de ce que peuvent vivre certaines et certains adhérents des associations formant ce groupe. La nature m’a fait gay, mais un gay « transparent », « passe-partout », aussi n’ai-je jamais eu à subir les coups de boutoir de l’infamie, connaître la haine et souffrir du rejet des autres car mon corps n’affiche pas visuellement les souffrances trop longtemps intériorisées d’un état mal accepté. Parallèlement, la famille dont je suis issu a témoigné, tout au long de ma vie, protection, compréhension et sens de la charité chrétienne.
   Autant dire que je me sens infiniment privilégié et rends grâce à Dieu lorsque, dans ce nouveau contexte relationnel, je découvre les difficultés quotidiennes de mes compagnons. Je dirais que, de tous ces rejetés, ce sont les Trans qui m’émeuvent le plus car leur parcours d’acceptation a dû passer par la modification des apparences, et on ne peut que se sentir infiniment touché par ce que représente de combats intérieurs autant que de luttes sociales et humaines, un tel Himalaya à franchir. Aujourd’hui, je trouve en D&J le cadre fraternel qui me convient pour porter, lentement mais surement, contre vents et marées, les notions de respect, d’acceptation et de tolérance auxquelles tout humain peut prétendre. Et peu importe le nombre de lames (larmes ?) formant l’éventail arc en ciel de nos sensibilités. »

HB.