Colloque inter-religieux à St Jacut-de-la-mer (26-28 janvier 2018) sur le thème : « Dieu est-il sexiste ? » (article de Sophie)

   Thérèse et moi, bien qu’adhérentes à DJ Nantes depuis 18 ans et le restant fidèlement, nous ne participons désormais qu’à certaines rencontres particulières.
Merci beaucoup à Annette de nous avoir proposé ce colloque ! J’y suis partie seule tout en étant accompagnée de Madeleine, ses livres et sa sagesse.
(Nous regrettons amèrement le « DJ actu » et le « Petit lu » papier ! C’est ainsi. Des articles nous sont transmis par les uns et les unes. Merci. La vie de groupe est souvent sabotée depuis l’apparition de l’informatique (que nous refusons). Nous choisissons les rencontres à 2 ou 3, avec ces relations personnalisées qui vont à l’essentiel.)

Vous parlez du colloque ?  Bien sûr.
Pour être authentique, je dois dire que je fus plus attirée par le thème « Dieu est-il sexiste ? » (Sous-entendu « nos Eglises sont-elles sexistes ? ») que par l’inter-religieux en lui-même. J’ai déjà bien du mal avec mon Eglise catholique elle seule (surtout depuis les Manifs pour tous) pour ne pas me risquer à entrer dans les complications d’autres confessions. Fermeture ? Prudence surtout.
L’existence d’autres chrétiens que les catholiques, je l’ai découverte étant ado. Ma tante grecque orthodoxe s’apitoyant sans cesse, et les parents de mon amie de cœur, pentecôtistes intégristes, traitant leur fille de « diabolique » parce qu’elle fumait ! Mauvais départ pour l’œcuménisme ! Quant à l’inter-religieux, c’était flou, n’ayant aucune connaissance juive ou musulmane. Seule certitude : les fanatiques de tous bords sont anti-évangéliques !
Ma foi passionnée m’a ouverte et permise de découvrir des auteurs d’autres réflexions chrétiennes dont ces deux chrétiens hors du commun : Jean-Yves Leloup (orthodoxe) et Lytta Basset (protestante).
Je me sens de plus en plus étrangère en terre catholique, allais-je me sentir chez moi en inter-religieux ? J’avoue que oui. Je suis rentrée rassurée et apaisée. Si 250 personnes sont capables d’un « Dieu ouvert », d’autres le sont.
Je fus subjuguée de rencontrer des jeunes épatants, aux idées dilatées et accueillantes. Tous membres de l’association COEXISTER, Multi-« convictionnelle » plutôt que multi-confessionnelle. Par eux, je me suis laissée déplacer.

Petite présentation de l’association Coexister

« Notre mouvement Coexister, le mouvement inter-convictionnel des jeunes, est une association loi 1901 et une entreprise sociale, qui, par le biais du dialogue, de la solidarité, de la sensibilisation, de la formation et de la vie commune promeut la coexistence active au service du vivre-ensemble. Notre intuition, que nous appelons la Coexistence Active, refuse d’un même mouvement à la fois le prosélytisme et le syncrétisme : le choc des civilisations et le relativisme sont deux maux qui ne permettent pas un véritable vivre-ensemble dans un climat serein. Notre devise « Diversité de convictions, Unité dans l’action » nous invite à construire l’unité autour de ce que nous faisons en préservant la riche diversité de ce en quoi nous croyons. »

Le thème du sexisme est proche de l’homophobie. « Un être féminin est d’abord un être avant d’être une femme » … sauf pour Rome. Je reprends cette phrase à notre compte : « Un être homosexuel est d’abord un être avant d’être un(e) homosexuel(le) ». Cela semble logique, sauf pour Rome.
Multiples ateliers étaient proposés. Pourquoi ai-je choisi celui de Céline Beraud ? (Sociologue spécialiste des questions du genre dans le catholicisme) sur le thème : « L’accès des femmes à l’autorité religieuse ». Pour plusieurs raisons :
J’ai lu son livre « Métamorphose catholique » – (acteurs, enjeux et mobilisation depuis le mariage pour tous) qui m’a beaucoup éclairé.
J’ai eu l’occasion un jour, dans notre association « Réflexion et Partage », avec Denis, (DJiste rennais et protestant) de préparer et d’animer la célébration de prière avec laquelle nous terminions notre journée nationale. En fin de célébration, nous avons béni, ensemble, l’assemblée. Un homme et une femme, tous deux du Christ, imposaient les mains et prononçaient les paroles de bénédiction. C’était très fort ! A quand les femmes diacres ?
Une de mes amies qui est religieuse catholique à Bruxelles, fait des homélies extraordinaires mais dans une communauté protestante ! Cherchez l’erreur !
Quant à moi, lors de mes dernières messes, j’emportais le « prions en Eglise » pour y lire, je l’avoue, à la place de l’homélie lourde et sans espérance, toutes les homélies écrites par des femmes, ermites, théologiennes, biblistes, religieuses, d’une profondeur, remplies de bon sens et libératrices ! Il m’est insupportable qu’elles ne soient pas face à l’assemblée !

Sophie