Impressions des Jar 2018 (Téo)

En ce week-end ensoleillé de mai 68 + 50 années, la concurrence s’annonçait rude : mariage princier en Angleterre, palme d’or à Cannes, Jar dans le Poitou ! Ne sachant trop que choisir, notre pilote-poète pianota au hasard sur son GPS et c’est ainsi que nous avons atterri dans ce lieu verdoyant entouré de forêts jadis couvent de religieuses augustines. Bref, un lieu destiné à rencontrer un jour David et Jonathan !
Mais, nous n’avons rien perdu au change car la reine Elizabeth en personne s’éclipsera de Windsor pour venir nous saluer pendant le défilé du samedi accompagnée d’un certain Tudor et d’une libellule bretonne. Et, en guise de palmes, les grenouilles de la mare voisine chanteront pour nous tout au long de notre séjour !
Le décor posé, il me sera impossible en cet article de vous narrer toutes les Jar tellement ces journées sont riches et variées. Mon cerveau va vous conter quelques bribes de ses impressions non exhaustives et totalement subjectives.
Sans doute attirées par l’histoire du lieu, sœur Kékette et ses copines du couvent de la Perpétuelle Indulgence¹ sont passées nous partager leurs vies monastiques sans pour autant être monacales si l’on se réfère à leur devise : « Aimez-vous les uns sur les autres ! » Tout un programme…
Puis, escale outre Rhin avec Mickaël sur la piste d’une « pastorale arc-en-ciel » avec une interrogation de circonstance sur un éventuel « complexe catholique de D&J »…
Tiens, des feutres et une grande fresque blanche à disposition dans un couloir ?! Impossible d’y résister ! Je m’y suis d’ailleurs arrêté trois fois pendant le séjour pour y dessiner à ma façon le côté T de DJ : les interrogations qu’il suscite et les envies de bien-être qu’il espère. D’ailleurs, cette année, il y a eu une bonne dose de T. (Ce qui, aux dernières nouvelles, n’a rendu aucune personne cis malade 🙂 ) Merci à Cyrille fraîchement élu au bureau national. J’essaierai d’y apporter ma participation au mieux de mes capacités de communication… Les deux ateliers des Jar sur la transidentité ont surtout permis de clarifier le vocabulaire, de mettre à plat les interrogations, les craintes, les clichés ; prélable nécessaire pour faire mieux vivre le T d’LGBTI à D&J.

Un bouquet de fleurs et 6 silex du Loiret peints par Clara.

Les heures filent que déjà  voici la première soirée avec un défilé éclectique et en musique qui verra défiler sous l’oeil expert d’un jury incorruptible une reine, un dalmatien, des personnages des Mille et une nuits et bien d’autres olibrius … Puis, place aux sunlights et à la danse sous la baguette de DJ Zab. Ainsi valses, madissons, rocks, disco et slows nous emporteront jusqu’au bout de la nuit. Dehors, il y a longtemps que le choeur des grenouilles s’est tu ; il est grand temps d’aller retrouver Morphée.
Juste une pincée de sommeil, un p’tit dej’ et voici que klaxonne le pouet-pouet de Babeth pour que nous allions cogiter sur le projet associatif de D&J sous la forme d’un speed- dating chorégraphié et minuté au cordeau. Dommage que ce timing millimétré n’ait pas permis à tous de pouvoir s’exprimer sur tous les thèmes présents. Mais, re pouet-pouet car, résonnent déjà les trois coups signalant l’ouverture du rideau sur le théâtre-forum avec ses scénettes inédites et improvisées sur des moments de vie LGBTI à D&J ou ailleurs.
Pour la célébration, je laisserai aux autres déjistes nantais qui l’ont vécu le plaisir de vous écrire leurs impressions. Un caillou arc-en-cielisé accompagné de quelques mots et d’un micro bouquet de fleurs des champs auront été ma petite contribution. Il est important de signaler que, cette année, et pour la première fois aux Jar, l’autel a été paré de deux drapeaux : le rainbow flag et le drapeau trans ! On m’a raconté que le St Esprit se serait manifesté à mi-célébration sous la forme de l’alarme incendie ! (Une sorte de pouet- pouet mais encore plus strident). Rassurez-vous, les pompiers, au grand désespoir de certains, n’ont pas eu à intervenir…
Le soleil qui se couche sur le deuxième jour annonce la soirée cabaret animée par un trio de choc auvergnat-mayennais. Un zest de carnaval de Dunkerque aux parapluies très haut perchés, quelques notes de l’Internationale, une nichée de lumas vendéens, des poètes, quelques accords de guitare et bien d’autres numéros encore… A l’acmé de cette soirée, nous avons assisté à une mémorable vente aux enchères des reliques de Saint Sébastien (saint très prisé dans le milieu LGBT mais, pour en savoir plus, il faudra vous rapprocher des nombreux érudits en théologie de D&J). Qui n’a jamais rêvé d’afficher dans son salon les flèches, les os ou la tunique de ce saint ?! Surtout quand cette dernière est si élégamment portée par un célèbre mannequin lillois. C’est d’ailleurs à son apparition que flambèrent les enchères au profit de l’association Le Refuge qui récoltera 400 €.
Derniers pas de danses et déjà le lundi de Pentecôte s’éveille annonçant bientôt la fin de cet agréable week-end JARdinier.
Bien sûr, je ne vous ai pas tout raconté car il faut bien garder car chacun a son  JARdin secret mais, si les bribes de mon récit vous ont donné envie de venir JARdiner l’an prochain sachez que votre GPS n’aura aucunes excuses en cas de fausse route car, en 2019, nous irons à Corrèze en Corrèze sur les bords de la Corrèze !
Alors, à l’année prochaine ?!

Téo

¹ Les sœurs de la perpétuelles indulgence

Les sœurs sont nées en 1979 à San Francisco , quatre activistes Gays ont decide de créer un ordre pauvre agnostique de folles derisoires qui luttent contre l’ exclusion, le sida , le sexisme , et toutes les discriminations liees au genre ou à l’ orientation sexuelle.
1200 sœurs sont réparties à travers le monde. Glamours, Provoquantes, Démentes, Religieuses, elles ont 5 vœux : Amour, Joie et Fête, Droit à la différence, Paix et solidarité entre les communautés, Lutte et prévention IST.

⇒ https://www.lessoeurs.org

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