Richesses plurielles (Madeleine)

Toute réunion Spiritualits plurielle est comme une auberge espagnole. On y trouve ce qu’on y apporte. La loi du genre étant de partager le meilleur, soit un élément, un événement positif (lecture, parole, musique, rencontre…) découvert ou vécu récemment.
L’exercice est parfois acrobatique. Pas évident de sonder en nos vies parfois monotones ou exagérément bousculées, et d’y trouver la petite perle… et pourtant, pour peu qu’on cherche… il y a forcément quelque chose ou quelqu’un qui, même brièvement, a interpellé, ému, réconforté.
Alors, dans le pot commun, la récolte de cet après-midi, il y a eu d’abord cette formidable bonne nouvelle : le prix Nobel de la paix – ô combien mérité – attribué à ces deux personnes incarnant, en contrepoids de la barbarie, toute la dignité humaine : cette femme de nouveau debout malgré les tortures, et ce médecin qui aura passé toute sa vie à réparer sur les corps féminins, la violence des hommes.
Il y a eu aussi cette évocation d’un philosophe connu, ayant fait le pari de la transparence, au risque d’abîmer sa belle image, en révélant sa peu glorieuse addiction, et en même temps, son chemin vers la dédramatisation et l’acquisition d’une autre forme de sagesse (savoir rire de soi…)
Il y a eu la silhouette de ce petit homme en tweed vert toujours là au bon moment sur la route dun immigré égaré.
Et dans la foulée, ce partage de poésies et de jardins fleuris.
Et sur une plage de CD, cette chanson pour apaiser les tourments d’une insomnie.
Et en live s’il vous plaît, cette belle improvisation vocale, a capella.
Et encore, pardonnez si j’en oublie, cette petite coquille symbolisant le chemin de St Jacques, cette représentation d’un corps souffrant, rappelant l’époque où tombaient par milliers les malades, mais aussi la solidarité qui s’en était suivie.
Et pour finir, tout simplement le souvenir d’un moment de bien-être au soleil de l’été, l’apaisement avec le gazouillis des oiseaux…. La magie de l’eau, son importance dans nos vies et la nécessaire conscience écologique.
Chaque prise de parole, entre deux résonances de gong, s’est faite à chaque fois dans l’écoute et le non-jugement (nous ne sommes pas dans le débat), que l’on choisisse d’ailleurs de partager ou non, de communiquer ou rester en silence.
Et c’est bien là, entre autres, ce qui fait l’une des valeurs de DJ (et doit le rester) cet accueil et ce respect de toutes les individualités, quand singularité et diversité fondent la richesse et la vie du groupe.

Madeleine