Libérés, délivrés ! (Téo)

Assis entre un fossile de troglodyte, une bibliothèque généreusement fournie et une sculpture féline avec vue imprenable sur les nuages rezéens, nous voici réunis chez Madeleine pour causer « Libération ». Libération : fil conducteur du futur livre-témoignage de Sophie.
Aujourd’hui, chacun sera invité à partager un événement de sa vie où il ou elle est passé(e) de l’enfermement à la libération.
Même en amicale compagnie empathique ce challenge peut ne pas être aisé à relever et requiert une bonne dose de confiance et de lâcher-prise…
Pour Sophie, rassembler corps, esprit et cœur en une même unité pour renaître à elle-même et, enfin se libérer, aura été un long chemin semé de zigzags, de ralentisseurs et d’ennéagramme salvateur.
Oser un jour se libérer peut faire peur même si on quitte une vie pour une autre que l’on espère meilleure et dans laquelle on sera en accord avec soi-même, avec son orientation sexuelle, avec son identité de genre, avec ses convictions spirituelles ou autres valeurs personnelles.
L’appréhension de l’inconnu…
Mais, une fois ces peurs dépassées, une fois avoir osé, ça peut marcher nous le confiera Hélène. Certes avec une petite auto-prescription de mandalas mais ça peut marcher !
A propos de marche, Yves nous contera les vertus de ses escapades pédestres dans la perfide Albion ou sur les chemins de St Jacques pour atteindre la libération de son esprit, pour se décharger du poids du superflu et revenir à l’essentiel.
C’est à Taizé que Steve va régulièrement se ressourcer, se libérer, pour faire de sa vie, à son retour, un nouveau début. Quant à Philippe, il pose régulièrement son sac à l’abbaye de Timadeuc, au Mont St Michel ou rejoint Maryam pour une retraite ignacienne dans une communauté religieuse à Joigny. A chacun sa façon de se libérer spirituellement…
Parfois, comme nous le confiera Pierre-Hugues, des événements très douloureux mais si intenses et riches en émotions peuvent libérer et parvenir même à apaiser des tristesses enfouies dans le passé. Les petits miracles de la libération…
Dans une famille, un mode de fonctionnement que l’on souhaite instaurer voire imposer à tous ses membres pour leur bien peut s’avérer ne pas convenir aux aspirations de chacun. Chacun suit le mouvement mais tous ne s’y retrouvent pas ; on a l’impression à un moment donné de brimer ses pensées. Alors, las de subir, las d’essayer de fonctionner comme les autres, un jour sonne l’heure de la révolte, de la libération et d’affirmer ce que l’on pense, ce que l’on est. On ne quitte pas sa famille mais, comme Camille, on lui impose sa différence.
Quand un pays, une société, une famille, en raison de ses lois, de ses interdits, de ses croyances religieuses ou pas, interdisent d’être soi-même, condamnent votre orientation sexuelle (ou votre identité de genre) alors, pour vivre, seul l’exil apparaît comme Libération. C’est ainsi que Maryam, Abdo et Jacques ont quitté leurs pays pour rejoindre la France afin d’être libres, d’être eux-mêmes, libres de vivre pleinement leur orientation sexuelle et de pouvoir l’exprimer, libres de pouvoir choisir leur spiritualité ou religion (voire d’en changer) et de pouvoir l’exprimer.
Au fil de cet après-midi défileront ainsi des parcours de vie jalonnés de moments de libérations confiés aux autres dans une atmosphère bienveillante. Moments précieux, heureux ou malheureux, différents, essentiels qui ont construits, qui construisent ou construiront.
Mais déjà les lumières de la ville en bas de la tour s’allument une à une ; il est temps de rentrer dans nos chaumières avec dans un petit recoin de notre cerveau les bribes d’un récit ou d’un autre qui nous aura touchés, émus ou éclairés.

Téo