Les USA, un eldorado gay ? (Yves)

Réflexion sur la question gay après un voyage au pays des trumpistes. La pause estivale est propice à de belles rencontres et à une mise en perspective sur ce que nous vivons. Et – comme vous, certainement – je voudrais partager quelques réflexions sur ce blog.
Voir deux jeunes gays se tenir la main en plein musée new-yorkais, tout en commentant les hiéroglyphes égyptiens, ça fait rêver.
Voir des drapeaux arc-en-ciel flotter sur les maisons et même à l’entrée d’un presbytère, ça ne se voit qu’aux Etats-Unis. (cf mon précédent article « Etre gay aux Etats-Unis » du 1er déc. 2018 dans la catégorie « témoignages »).
Bien sûr, mon enthousiasme pour l’Amérique et les ami-e-s que je m’y suis fait (gay or straight) ne peuvent me faire oublier :
les raids de la police new-yorkaise qui déclenchèrent les émeutes de Stonewall (1969)
l’assassinat d’Harvey Milk (1978, 1er conseiller municipal ouvertement gay à SF. Voir le film éponyme avec Sean Penn)
le meurtre de Matthew Shepard (1998. raconté dans le film « Au nom de la haine » que nous avions visionné ensemble en mai 2018. Un film aux 1ères images insoutenables)
la tuerie d’Orlando (2016 – 50 victimes LGBT)
et les mesures homophobes (et surtout transphobes) de Donald Trump.
Mais à coté de ces actes homophobes on se souvient que nos propres mouvements de libération LGBT (le « Front Homosexuel Révolutionnaire » naît en 1971 et D&J l’année suivante) sont issue de la révolution gay américaine déclenchée par l’insurrection de Stonewall il y a 50 ans.
Personnellement j’ai été nourri par la lecture de livres LGBT américains : que ce soit l’étude magistrale de John Boswell (universitaire gay) sur l’homosexualité en Europe du 1er au 14ème siècle (1980) ou « Living in Sin ? » de l’évêque épiscopalien gay-friendly, John S. Spong (1988), « Taking a chance on God »  du jésuite gay John McNeill (1988), « Gender trouble », l’ouvrage difficile de Judith Butler sur le genre (1990) ou enfin plus près de nous (2013) : « The missing myth » de Gilles Herrada (un gay français vivant et publiant aux USA et que nous avions rencontré aux JAR à Merville).
Sans oublier les films comme « Philadelphia » (1993) ou « Brokeback mountain » (2005) ou les nombreux ouvrages de fiction dont la série mythique des « Chroniques de San Francisco » d’Armstead Maupin (1978 et portée à la télévision de 1993 à 2001).
Sûr que je ne serais pas le même si la culture gay américaine n’avait pas nourri ma réflexion et affermi ma détermination à vivre ce que je suis (en famille, au travail et en paroisse) au grand jour et sans crainte d’intimidation. Fier de l’être !

Yves