« Mathias et Maxime » de Xavier Dolan – 2019 (Pierre)

Le jeune acteur, réalisateur, scénariste et producteur canadien : 30 ans et déjà 8 longs métrages à son actif,  nous donne un film dans lequel il célèbre l’amitié et l’ambigüité des sentiments. Après un détour mitigé par un film en anglais ce huitième film comme réalisateur marque son retour vers la francophonie. Tourné au Québec en langue française, le récit évoque une amitié masculine tournant à l’amour. Anne Dorval son actrice fétiche sera de nouveau de la partie pour assurer le rôle de la mère d’un des deux protagonistes. Le film a été présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2019, sans remporter de prix. 
C’est en tant que réalisateur  que Xavier Dolan s’est fait connaître du public lors de la projection de son premier long métrage
J’ai tué ma mère qu’il produit. Et est retenu dans la sélection « Un certain regard » du Festival de Cannes en mai 2010, où il retourne pour la deuxième fois en un an, le film y reçoit un accueil hautement favorable du public (une ovation debout de 8 minutes), et très enthousiaste de la critique  à la 41e Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 2009, alors que l’auteur a tout juste 20 ans À l’automne 2009, il écrit le scénario de son deuxième long métrage, Les Amours imaginaires
Puis vient le succès de Mommy en 2014 (prix du jury à Cannes et carton en salles). Depuis, à raison de près d’un film par an, tous présentés dans les festivals de cinéma majeurs, il est régulièrement qualifié de « jeune prodige du cinéma québécois ».
En 2017, il reçoit le César du meilleur réalisateur
et celui du meilleur montage pour Juste la fin du monde, sorti l’année précédente..
Après l’échec à Hollywood de son précédent film Ma vie avec John.F.O’Donovan le cinéaste revient au Québec et se revitalise dans ce film de copains qui fait explicitement référence aux films de son aîné Denis Arcand, autre grand réalisateur québécois, Le déclin de l’empire américain et Les invasions barbares.
On y retrouve dans un premier temps une bande d’amis d’enfance autour d’un lac, qui fêtent le départ de Mathias en Australie dans un déluge de dialogues en franco-américain (difficiles à suivre nonobstant les sous-titres !) et plein de vitalité et de joie de vivre. Au détour d’un film d’amateur de la petite sœur de l’un d’entre eux, Mathias et Maxime vont devoir remplacer au pied levé les acteurs, dont la scène principale est un baiser entre eux qui va tout changer.
A partir de là le film va changer de rythme et se recentrer autour des deux principaux personnages, Mathias, excellemment joué par Xavier Dolan lui-même, trentenaire affligé d’une tâche de vin sur le visage et d’une mère borderline (Marie Dorval toujours excellente) dont il est le tuteur et Maxime jeune avocat et fils d’un homme d’affaires, bien sous tous rapports en couple avec une jeune femme.
Après le baiser tout change sans que rien ne soit explicitement dit avant les deux scènes finales. Xavier Dolan-Maxime aussi bon en acteur qu’en réalisateur (et comme son habitude en scénariste et costumier) et Mathias oscillent entre haine apparente et retour à l’amitié. La tension entre les deux principaux personnages est excellemment rendue par petites touches et l’on sent peu à peu que cette amitié va déboucher vers un autre sentiment : un amour qui a le plus grand mal à
 s’assumer.
Les acteurs sont tous excellents, l’atmosphère québécoise très bien rendue, les décors autour du lac superbes et l’on sort de ce film ébloui par l’incroyable maitrise de ce très jeune réalisateur : un film à voir absolument pour les inconditionnels de Xavier Dolan et ceux qui veulent le découvrir 

Pierre