Jours d’automne à Belle île – octobre 2019 (Pierre et Annette)

Deux textes poétiques pour vous conter notre week-end sur cette belle île bretonne :

Librement inspiré du Cid de Corneille puis du talent d’Annette

Nous partîmes à cinq ; mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes en tous dix en arrivant au port,
Tant, à nous voir marcher avec un tel visage,
Les plus épouvantés reprenaient de courage !
Voiture et bicyclettes, aussitôt qu’arrivés,
Dans un beau super U furent vite trouvés ;
Les autres, dont le nombre augmentait à toute heure,
Brûlant d’impatience, autour de nous demeurent,
Se couchent dans les chambres, et sans faire aucun bruit
Passe une bonne part d’une si belle nuit.
Par la nuit qui arrive sur le gîte espéré les cinq se démènent,
Et se tenant couchés, s’organisent sans problème ;
Et feignent hardiment d’avoir reçu de nous
L’ordre de nos trois guides de bien penser à tout.
Cette obscure clarté qui tombe des étoiles
Enfin avec le flux nous fait voir trente voiles ;
L’onde s’enfle dessous, et d’un commun effort
Le bateau et la mer montent jusques au port.
On les laisse passer ; tout leur paraît tranquille ;
Point d’importuns au port, point aux murs de la ville.
Notre profond silence abusant leurs esprits,
(sauf les ronflements dont ils furent surpris) ;
Ils abordent sans peur, ils ancrent, ils descendent,
Et courent se livrer aux mains qui les attendent.
Nous nous levons matin, et tous en même temps
Poussons jusques au ciel mille cris éclatants.
Les cinq, à ces cris, du deuxième vaisseau répondent ;
Ils paraissent chargés, en bisous se confondent,
L’allégresse les prend à demi descendus ;
Avant que de marcher ils s’estiment arrivés.
Ils couraient au  rivage, pour admirer les plages ;
Nous nous pressons sur l’eau, nous nous pressons sur terre,
Ils admirent au couchant de beaux reflets la mer,
Et nous faisons courir des vivres abondamment,
Avant qu’aucun fléchisse ou ne perde son rang.
Mais bientôt, grâce à nous, leurs cinq nous  rallient,
Leur courage renaît, et leurs terreurs s’oublient :
Et la terre, et la mer, et la flotte, et le port,
Sont des champs de présages où triomphe l’accord.
Ô combien d’actions, combien d’exploits célèbres
Se déroulent sur cette île au milieu des ténèbres,
Où chacun, seul témoin des efforts qu’il faisait,
Ne pouvait discerner où le sort inclinait !
J’allais de tous côtés encourager les nôtres,
Faire avancer les uns et soutenir les autres,
Ranger ceux qui venaient, les pousser à leur tour,
Et se trouver heureux jusques au point du jour.
Mais enfin sa clarté montre notre avantage ;
Belle-Ile vaut la peine et nous donne courage :
Et voyant un renfort qui nous vient secourir,
L’ardeur de vaincre les côtes cède et ne nous plus souffrir.
nous regagnons vaisseaux, ils en coupent les câbles,
Poussons jusques aux cieux des cris bien agréables,
Font retraite sans tumulte, et sans considérer
Si leurs chefs avec eux peuvent se retirer.
Pour souffrir ce devoir leur ardeur est si forte ;
Le flux nous apporta, le reflux nous remporte ;
Cependant que les trois, engagés parmi nous,
Et sans, une seule heure comptent très bien nos sous,
retournent vaillamment vers la ville où l’on vit.
À revenir chez nous en vain je les convie :
La hâte d’être à terre enfin ils ne m’écoutent ;
Mais voyant à leurs pieds tomber toutes amarres,
De Quiberon s’empressent de partir quelque part
Et que seuls désormais en vain ils se défendent,
Ils demandent le chef ; je me nomme, ils se rendent.
Je renvoyais chez eux tous en même temps ;
Et le combat cessa faute de combattants.

Belle-Ile-en-mer, Marie -Galante, Ceylan, Ceylan…

En ce beau jour d’octobre 5 vaillants déjistes,
Après une halte chez nous gagnent ensemble Belle-Ile
Sous la direction de trois guides avisés,
Philippe, Maryam, Bernard très bien organisés,
L’un aux réservations, l’autre à gestion des comptes,
Le troisième fin guide de sa culture nous montre,
Le premier jour à cinq, les deux autres à dix,
Partirent visiter la Belle qu’on dit île
Après avoir loué voitures et vélos,
Vélos pour 3 courages et pour autres autos,
Se rendirent dans un gîte au charme pittoresque
Assez foutraque en somme ou en tous cas tout presque
Le diner partagé tout dans la bonne humeur,
Le coucher se fit sans trop peines et heurts,
Puis vint le lendemain sous un soleil radieux,
Déjeuner piquenique sur plage en sable blanc
Le pot pris en commun offert par Bernard,
Falaises de Port-Andro, spectacle des craves à becs rouges
Sorte de petits corbeaux
À qui Annette laissa mot
Locmaria visite de l’église,
Déjà existante en le bel an 1000,
Chœur du 17ème, clocher en poivrière,
D’un siècle postérieur.
Arrêt sur la façade sud-est Atlantique,
Connue pour être sauvage et belle
Retour par l’intérieur jusque vers Le Palais
Arrivée des cinq autres attendus sur le quai.
Distribution des chambres pour que chacun habite
Diner pris en commun tous en notre gîte
Le lendemain profitant du beau temps
Abandonnons ce jour le beau Fort Vauban
Pour les côtes sauvages du nord de l’île,
La Pointe des Poulains.
Et encore un pique-nique
Avec les goélands qui guettaient nos sandwichs,
Promenade des falaises de côtes déchiquetées
Puis visite du fort-maison Sarah Bernhardt
Commentaire éclairé toujours par Bernard
Vie de tragédienne qui s’enticha de l’Île.
Temps magnifique mais dejà le grand vent
Aiguilles de Port Cotton
Peintes par Monet jadis dont l’érudit Bernard
Le commentaire fit
Un goéland qui plane
Au-dessus des humains
Rivés sur cette terre
Alors que lui se sert
Des mouvements de l’ air.
On le regarde on l’envie de même les jeux d’ombres
Et de lumière sur l’eau générés par l’alternance
De nuages et soleil.
Dimanche un peu pluvieux et un peu religieux
Pour certains qui entendirent messe en ces lieux,
Prône interminable d’un prêtre africain,
Pour d’autres plutôt visite culturelle,
De Vauban imposante et belle citadelle,
Reconstruite par amicale bellilois, acadiens
Et son musée très riche peintres peu mis en valeur,
Annette s’intéresse au passé acadien
Recherchant ses ancêtres recollant à l’histoire
Des Acadiens de Nantes partis pour la Louisiane
Annette encore confie que les « chee-ox et kiah , kaah , tsahaf, shirack  »
 Cris des craves rouges à bec rouge lui dirent
Regarde, réjouis-toi et au Ciel rend Grace :
Rien que pour toi et nous, la terre, l’océan, le soleil, l’air, le vent.
Bien sûr il y eu bien quelques désagréments,
Carte bleue oubliée
Ou-bien encore chéquier,
Et même un gros billet égaré ou perdu
Mais l’entraide aidant
Malgré sautes d’humeur
Tout finit bien en somme et dans la bonne humeur,
Conclu par deux repas au restaurant pris,
Dans une crêperie,
Puis un restau très simple
Ce beau séjour marquera nos esprits.

Pierre