« Chrétiens homosexuels en couple, un chemin légitime d’espérance » de Michel Anquetil – Ed Edilivre

Le thème du livre :
De nombreuses personnes homosexuelles chrétiennes se voient critiquées, rejetées, au nom de la foi chrétienne ou ne peuvent s’en tenir à la doctrine catholique. Cet essai vise à les aider à trouver leur voie, à former leur conscience morale, en leur donnant quelques éléments pour une décision personnelle qui leur appartient en tout état de cause. Après un parcours biblique renouvelé et une analyse de cette doctrine, il pose les conditions d’une vie de couple qui soit chemin de maturité humaine et évangélique, en montre la dignité et la richesse symbolique. L’essai propose ainsi à ces personnes la vie de couple comme un choix possible, moralement légitime et exigeant, ouvert à la joie et à l’espérance chrétienne du salut. iI s’agit au final de vivre bien dans une confiance totale en Dieu.

L’auteur Michel Anquetil :
Catholique pratiquant, diplômé d’une maitrise en théologie, l’auteur a une longue expérience du milieu homosexuel chrétien pour lequel il anime diverses sessions et groupes de partage, notamment entre couples de même sexe. Il est membre de l’association David et Jonathan et ami de la Communion Béthanie. Il est lui-même engagé dans une vie de couple avec son compagnon depuis plus de trente ans.

Le livre est actuellement en vente en ligne chez l’éditeur
www.edilivre.com/chretiens-homosexuels-en-couple-un-chemin-legitime-d-esperance-m.html/
ou chez votre libraire habituel et le sera à partir de fin avril 2018 chez Amazon, Cultura, Fnac, Chapitre etc…

De l’Iran à la France, une femme réfugiée (interview-témoignage de Maryam)

Dans la Lettre de DJ (Avril-Juin 2018), Maryam de notre groupe
a été interviewée par Fabrice sur son parcours de vie de l’Iran à la France..

D&J : D’où viens-tu ?

Maryam : Je suis née en Iran à Téhéran à l’époque du Shah dans une famille musulmane. Lorsque j’étais petite, les adultes parfois parlaient politique à la maison, mais ils m’expliquaient qu’il ne fallait jamais rien dire du Shah à l’extérieur. Je savais qu’il y avait un malaise et que des prisonniers politiques étaient torturés et que si je parlais à l’extérieur, une personne de la famille pouvait être torturée.
A l’époque de la révolution, j’avais 15 ans, tout le monde est parti dans la rue manifester. Les jeunes n’en pouvaient plus du régime du Shah. Les femmes manifestaient ensemble et les hommes marchaient devant. On nous disait de dire « Vive Khomeiny ! » On demandait : « C’est qui celui-là ? On ne le connaît pas ! » On nous répondait : « Ça ne fait rien, dites-le quand même ! »
Nous nous sommes rendus compte plus tard que nous avions été manipulés. Le choix de Khomeiny avait été prémédité.
Je me souviens très bien de ses propos dans l’avion qui le ramenait de son exil en France vers l’Iran. Il disait que les femmes qui ne veulent pas porter le voile seraient respectées, les personnes qui veulent boire de l’alcool seraient respectées. Arrivé au pouvoir, le voile est devenu obligatoire, l’alcool a été interdit, la voie publique des femmes interdite. Par exemple, une chanteuse ne pouvait pas se produire en public ou devant un public masculin.
A l’époque du Shah, il n’y avait aucune liberté d’expression ou politique, mais les libertés individuelles étaient respectées. Lorsque les islamistes sont arrivés au pouvoir, ils ont aussi limité les libertés individuelles.

 

D&J : A quel moment as-tu dû partir ?

Maryam : A l’époque du Shah, mes frères étaient actifs et ont donc dû partir en France. Ils m’avaient proposé de les rejoindre. Je n’en avais pas envie.
Lors de la révolution islamique, les frontières se sont refermées, car les islamistes savaient que si les jeunes partaient, ils ne reviendraient plus. Les universités ont aussi été fermées. Ils voulaient revoir toutes les matières enseignées pour introduire plus d’islam.
Durant cinq ans, nous les jeunes bacheliers, avons donc été obligés de rester à la maison et de nous occuper comme nous pouvions. Durant ces années, je faisais du sport, et je suis aussi rentrée dans le parti communiste d’Iran (clandestin). Nous avions des réunions clandestines, et lisions en cachette des livres sur le marxisme léninisme. Ma mère a vu que j’étais active, elle a eu alors très peur et a demandé à mes frères de tout faire pour que je parte en France.
Mon autre frère était plutôt actif avec les moudjahidines (interdits à l’époque). Nous avons été dénoncés. Les « Gardiens de la révolution islamique » ont fait une descente chez nous. Nous avions été prévenus. Donc j’avais fait disparaitre toutes les cassettes et les écrits du parti communiste. Ils n’ont rien trouvé mais ont quand même embarqué mon frère et ma soeur ainée, mais pas moi (car j’étais malade et ma mère les a suppliés). Ma soeur a subi la prison durant une semaine, mon frère a été torturé. Ne trouvant rien contre eux, ils ont été libérés. Nous nous sommes alors dit que nous n’étions plus à notre place en Iran et qu’il fallait partir. Cela a pris du temps car nous n’avions pas d’autorisation de quitter le pays. Je suis venue en France à l’âge de 22 ans en m’inscrivant à la fac de lettres. Il a fallu que je perfectionne mon français pour faire des études. J’ai perdu 5 ans de ma vie, sans pouvoir faire des études, condamnée à rester à la maison. Puis ensuite, je me suis inscrite à l’école des sages-femmes car il était trop tard pour faire des études de médecine.
C’était dur, car nous avons voulu le départ du Shah, nous avions cru en Khomeiny, cru en la démocratie. Alors que la dictature est revenue sous une autre forme, avec l’obligation de pratiquer la religion musulmane. Cela a été encore plus dur pour les juifs et les chrétiens.

D&J : Arrivée en France, combien de temps as-tu mis pour te sentir bien ?

Maryam : Quand j’ai quitté l’Iran, je me suis dit que je ne reverrais plus mon pays. J’ai fait le choix de partir et de quitter mon pays natal par instinct de survie.
Dès mon arrivée en France, j’étais euphorique. J’avais enfin retrouvé la liberté. A partir de la deuxième année, j’ai commencé à sentir le déracinement mais je n’avais pas le choix de revenir dans mon pays.

D&J : Tu es retournée en Iran ?

Maryam : J’y suis retournée deux fois : en 2004 et en 2009.

D&J : Quelle est la condition des femmes en Iran ?

Maryam : Les hommes peuvent s’habiller assez librement. Il y a plus de contraintes pour les femmes. La religion reste très pesante dans la société iranienne. Au nom de Dieu, ils arrivent toujours à rester au pouvoir en culpabilisant les personnes.
Dans la culture, on nous apprend depuis l’enfance que la femme est soumise. En Occident, j’ai appris que les femmes peuvent s’exprimer et se défendre. Lorsque je me suis rendue à nouveau en Iran, je suis passée pour infréquentable.
Dans les familles aisées, le pouvoir des hommes se ressent moins. Dans la classe moyenne et la classe ouvrière, qui sont majoritaires, la femme doit suivre son mari. Elle doit faire ce que son mari lui demande et décide.
Les femmes qui se marient en Iran ne sont pas au courant de leurs droits, alors qu’elles peuvent faire préciser dans leur contrat de mariage de pouvoir voyager librement, donc elles sont condamnées à rester au foyer. Les lois sont faites en faveur des hommes.
Une femme qui répond est une femme qui tient tête, cela ne passe pas.
Le divorce existe mais est très mal vu. Souvent, seule la famille proche le sait. Le divorce est souvent tranché en faveur de l’homme et la garde des enfants est confiée à l’homme.
Dans la loi islamique, un homme peut avoir 4 femmes légalement et 99 concubines. Dans un procès, le témoignage d’un homme vaut le témoignage de deux femmes. Dans les héritages, les filles héritent du tiers des biens des parents, les garçons des deux tiers.
C’est grâce à l’Occident que j’ai appris qu’une femme avait le droit de s’exprimer, de se défendre. Au début de mon arrivée en France, quand des hommes parlaient, je pensais que je ne pouvais pas intervenir. Je l’ai appris plus tard.

D&J : L’homosexualité est fortement réprimée en Iran ?

Maryam : Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré en 2007 qu’il n’y a pas d’homosexuels en Iran. La transsexualité [et non le transgenre] est acceptée, mais pas l’homosexualité. La seule manière pour un homosexuel de vivre son orientation sexuelle au grand jour est de changer de sexe. Beaucoup d’hommes se sont suicidés après l’opération.
L’homosexualité est condamnée et beaucoup d’homos ont été pendus, même à des grues pour faire des exemples.

D&J : Il y a eu récemment des manifestations en Iran, d’où cela vient-il ?

Maryam : Les gens protestent à cause du manque de liberté d’expression. Internet est filtré, mais les jeunes arrivent souvent à accéder quand même aux contenus filtrés. Les gens protestent aussi parce que la vie est très chère, alors qu’il y a de l’argent issu du pétrole.
Pour avoir un travail, il faut être pistonné et avoir des relations, les autres jeunes sont au chômage.
Les jeunes ne veulent plus entendre parler de la religion. Les manifestants ont brulé des mosquées, mais en fait, c’est parce qu’il y avait des « Gardiens de la révolution islamique » qui y étaient installés.
Le Gouvernement a réussi une fois de plus à étouffer le mouvement. Jusqu’à quand ?
Ce sont les jeunes qui feront bouger et changer les choses, mais je ne sais pas combien de temps cela prendra.

D&J : Toi qui as été réfugiée, quel est ton regard sur la situation actuelle les migrants en France ?

Maryam : Cela me dépasse que des gens puissent dire « ils n’ont qu’à rester dans leur pays ». S’il y avait une guerre en France, les gens courraient pour sauver leur peau. En France, les gens ne savent pas ce qu’est l’absence de liberté, les bombes, et l’influence des islamistes fanatiques sans aucun respect pour les femmes.
Nous sommes dans nos appartements douillets, nous ne sommes pas confrontés à cela, et nous ne pouvons pas comprendre la détresse de ces gens.

 

Week-end « bien-être » du côté de Morlaix (Jean-Louis groupe de Rennes)

Le week-end des 24 et 25 mars 2018, 4 déjistes nantais sont allés rejoindre à Morlaix dans le Finistère d’autres déjistes bretons (et peut être même d’ailleurs) pour un week-end bien -être. maritime.
Mais laissons la plume de Jean-Louis, déjiste rennais, vous conter tous les plaisir de cette escapade.

Samedi dernier, je suis parti le cœur léger mais avec tous les soucis du jour accumulés et une bonne overdose d’ennuis du quotidien dans ma besace, mais je suis parti en laissant tout sur place. J’étais tout seul dans ma coquille, ayant bien du mal à partager avec les autres la chambre à air de cet œuf qui tardait à choir. On a pris la route et on parlé pour occuper le temps, mais pas seulement. On a récité nos envies, nos doutes et on a pris tout l’espace de l’attente que l’on redoute à l’idée de la rencontre, du mystère d’un temps que l’on ne maîtrise pas et d’une part de nous même que l’on confie aux autres. On fait la bise, on se sert les coudes, on s’isole derrière un livre, un mur, derrière les écrans de téléphone et l’on peine à laisser tomber le masque. On se sent perdu comme en plein vol au milieu de l’Atlantique Nord et sans boussole. La peur vous fait des rides qui vous coincent le cœur, mais n’empêche pas la parole des sourires, des mains tendues, des rires qui fusent en plein soupir et le jaune se sépare enfin de sa coquille.
Se laisser aller dans l’eau avec le bain et sans effort prendre les bulles pour des geysers, les palmes pour des radeaux et se laisser couler au fond du grand bassin comme on se laisse aller au milieu de ce qui n’est même pas une rivière. Mais qu’importe, on passe du chaud au froid et on s’embrasse du regard de l’enfance. On saute du toboggan dans la bassine, on éclabousse, on rie et on revient tout droit vers la case départ d’une vie, qui en ce jour, ne faisait que commencer.
Le groupe avait pris ses marques, prêt à bondir comme un vieux canard, prêt pour la minute de vie qui nous vaudra une étincelle d’humanité. Nous étions devenus vingt et cent à l’abordage de la cité corsaire, de ces trésors en forme de galettes, de ces histoires endormies dans un verre que l’on prend au coin du feu. Il en faut toujours un pour dire une bêtise, dix pour l’écouter et les apprendre par cœur. Délice des âneries susurrées à dix heures du soir, à dessiner des élucubrations sorties d’une tête pas comme les autres. Ne rien comprendre et raconter des sornettes, mais heureux d’être là, heureux d’en être.
Nuit courte et petit matin pris à griller les vieilles histoires qui reviennent sans cesse, les plans que l’on dresse sur la comète de cette bonne terre déjà bien malade. Instantanés de nos vies en marmelade de grenouille qui font rire le pauvre monde. Puis vient le moment magique l’instant attendu. Ces moments sont difficiles à entreprendre, difficiles à garder et encore plus difficiles à quitter. Toucher couler, toucher toucher jusqu’au tréfonds de l’âme, toucher la peau qui recouvre nos os jusqu’à la mort. Toucher ce qui fait notre lien entre le devenir et l’être. Toucher de loin d’abord, se laisser surprendre puis reprendre. Reprendre le fil de ce sens perdu parmi les grands de la vue de l’ouïe et du parlé. Toucher et se taire, ne plus rien dire que ressentir et enfin refaire. Refaire le chemin à l’envers de nos sens éteints. L’homme qui parle touche juste, là où ça fait mal, là où l’on craint, là où l’on se dit enfin… Homme bonheur qui fait rire de son mal être, homme bonheur que l’on est heureux de voir et de toucher, homme à fleur de peau.
Se quitter en plein ressort qui vous envoie entre six ou sept ciels dans un paradis que les solitaires et les importuns ignorent, car pour ressentir ce moment d’ivresse et partager ces instants de douceur, il faut être fêlé comme un œuf. Fragilité retrouvée qui vous livre à l’attention et l’intention de tout un chacun, pour ne pas finir brouillés dans une poêle à frire. La délicatesse et les silences sont des baumes qui calment les blessures enfouies et les blessures cachées. Ce n’était pas ce que nous étions venus chercher mais c’est ce que j’ai trouvé, comme un élixir sorti d’on ne sait où, qui se boit comme du petit lait et se sirote au feu de bois.

Jean-Louis (groupe de Rennes)

« Arnaud Beltrame, héroïsme de l’espérance » chronique de Bruno Frappat (journal La Croix le 28/03/2018)

   « Héros ». Toute la France n’aura eu que ce mot à la bouche et dans le cœur à propos du sacrifice du colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, honoré par la République, un mercredi gris, du Panthéon aux Invalides.
Quelques jours plus tôt, dans le très paisible département de l’Aude, il avait fait face à un terroriste islamiste durant trois heures après s’être offert comme otage lui-même en échange de la libération d’une caissière du Super-U de Trèbes. Finalement, le « fou d’Allah », meurtrier et suicidaire, se voyant déjà « martyr » au nom de sa foi, tira sur le gendarme avant de l’achever en l’égorgeant. La leçon de courage d’Arnaud Beltrame avait sauvé une vie mais il avait dû pour cela faire don de la sienne.
Alors la France entière avait compris et admiré qu’il subsistât en elle, caché au fin fond de l’anonymat d’une gendarmerie reculée, de telles capacités d’altruisme, de bravoure, de sens de l’autre, de prise de risque. Et cela, en effet, allait imposer ce mot de « héros » parcourant aussitôt tout le pays, comme une traînée de lumière.
De quoi, assurément, redonner foi en l’homme, en tout homme qui, pris dans les aléas de la vie en société « terrorisée » serait capable de puiser au fond de son mental la force de résistance à l’oppression de la terreur et à la haine.
On apprit assez vite qu’Arnaud Beltrame était un chrétien convaincu et brûlant depuis peu d’années d’une foi ardente. Il y avait sûrement puisé quelque chose. Mais l’Église et les autres chrétiens allaient-ils s’en glorifier, se parer eux-mêmes du manteau de son courage et lancer aux populations : « voyez comme nous sommes » ? Tirer à eux la gloire de son courage et, dans un souci de prosélytisme de très mauvais goût, présenter le lieutenant-colonel comme le comble du catholique d’aujourd’hui ?
Passé le moment de cette tentation de propagande autour de sa foi, on comprit, à quelques exceptions près, qu’il y aurait très mauvais aloi à risquer la comparaison entre deux manières de croire en Dieu. Entre celle qui prétend tuer au nom du Très-Haut et celle qui affirme au contraire que donner la sienne pour autrui plaît au Créateur de toute l’humanité. Le sacrifice de soi valant plus à ses yeux que le sacrifice des autres.
Comment cacher que cet épisode redonna foi en l’homme ? Au moment où l’humanité se cherche en tous sens des raisons de croire et d’espérer au-delà de la satisfaction de ses petits besoins quotidiens, il est bon, il est sain, il est beau que des héros comme Beltrame nous appellent à réfléchir au sens supérieur d’une vie.
Nous étions là à nous morfondre, à ronchonner contre le mauvais temps qui paraît s’être installé pour l’éternité au-dessus de l’Hexagone, nous ne cessions de protester contre des broutilles et des affaires minimes, râlant les uns contre la limitation de vitesse ou la suppression partielle de la taxe d’habitation, les autres se passionnant pour les conditions douteuses du financement d’une campagne électorale vieille de onze années. Nous étions plantés devant nos téléviseurs ou nos écrans de « réseaux sociaux » priés de choisir entre les héritiers de Johnny Hallyday, l’idole que nous nous étions donné il y a trois mois. Nous doutions de tout, nous avions peur des Russes et de leurs piqûres fatales, des Chinois et du rouleau-compresseur de leur prospérité (nous qui, enfants, étions incités par nos mamans à tricoter des carrés de laine pour fabriquer des « couvertures pour les petits Chinois »…)
Nous en avions assez des impôts. Nous avions peur de tout, de la grippe, du sida ou d’Alzheimer. Nous étions exaspérés par les incivilités des « djeunes » dans les transports en commun. Nous désespérions de l’avenir de l’humanité, Il n’y aurait bientôt plus même de chants d’oiseaux dans les arbres de nos forêts aux ramures étiques. Le transhumanisme répandait ses fantasmes douteux de victoire sur la mort. Nous ne croyions plus à grand-chose, pour dire le vrai. La religion délivrait, univoque et automatique, ses discours d’espérance comme sur le tapis roulant d’un supermarché défilent les produits de première nécessité. Bref, tout allait de mal en pis. La mort rôdait, en tout cas, elle se rapprochait de nous. Nos vieux étaient mal gardés, ils dérangeaient. Noir, tout était noir. La désespérance était partout derrière chacune de nos portes. Il faisait froid sur l’humanité, noir dans les cœurs, glauque dans les distractions. L’humanité allait à sa perte.
Et puis, tout à coup, au fond de cette constante laideur des jours, noirceur de l’actualité, une petite lumière, cet héroïsme, cet éclat de bravoure et d’humanité. Ce grand geste du gendarme inconnu la veille venait nous alerter sur la vraie hiérarchie des valeurs, ces fameuses valeurs dont nous parlons d’autant plus volontiers que nous n’y croyons guère.
Le courage du gendarme offrant sa vie pour protéger une innocente, nous devions en élargir la dimension à celle de toute l’humanité tenaillée par l’angoisse de mourir et de la violence. Il ne se doutait pas, le gendarme, que nous tirerions de son action de telles leçons. Il nous avait offert une sorte de résurrection de l’humain dans la pagaille des jours médiocres. Il avait posé sur nos chemins un petit caillou baptisé espérance.
L’espérance comme folie, comme une volonté, comme une décision et non comme un donné. À nous de la construire quand tout a l’air de s’effondrer, quand la malfaisance et l’égoïsme semblent partout régner. Quand la laideur nous coupe les bras et les ailes. L’espérance, non pas comme un cadeau ou un dû mais comme l’œuvre d’une volonté d’homme.
Cette leçon de mort était une leçon de vie.

Bruno Frappat

La chronique de Bruno Frappat a été publiée sur le site internet du journal La Croix le 28 mars 2018.

https://www.la-croix.com/Debats/Chroniques/Arnaud-Beltrame-heroisme-lesperance-2018-03-28-1200927407

« L’AMP pour toutes les femmes ? » Ou l’audace de demander l’égalité ! (Camille)

   L’Assistance Médicale à la Procréation est accessible aujourd’hui en France pour les couples hétérosexuels en âge de procréer et souffrant d’une infertilité médicalement constatée, ou d’un risque de transmettre une maladie grave.
Cet état de fait est actuellement questionné à l’occasion des Etats généraux de la bioéthique. En effet, les évolutions de la société mènent à la reconnaissance de toutes les familles (monoparentales, homoparentales notamment). La loi sur le Mariage pour tous et l’ouverture de l’adoption aux couples de même sexe conduisent naturellement à envisager l’ouverture de l’Assistance Médicale à la Procréation à toutes les femmes.
A Nantes, comme dans d’autres villes, un débat citoyen a donc eu lieu dans l’idée de permettre à tous de s’exprimer. En charge de l’organisation de cette consultation commandée par le gouvernement, l’Espace de Réflexion Ethique des Pays de Loire (EREPL) a sollicité plusieurs experts de cette question dans le domaine médical, juridique et éthique. En revanche, les associations LGBT n’ont pas été invitées à ces débats alors que nombre d’entre elles travaillent ces thèmes depuis longtemps et sont particulièrement au fait des réalités auxquelles la loi actuelle peut conduire (manque de reconnaissance, insécurité des individus directement concernés, recours à des AMP à l’étranger…) Qu’à cela ne tienne ! C’est en tant que simples participant-e-s que beaucoup de représentant-e-s des associations se sont présenté-e-s au débat du 21 février.

Rappel des termes, de la PMA à l’AMP : En 2005, le législateur a adopté le terme d’Assistance Médicale à la Procréation (préféré à Procréation Médicalement Assistée) pour désigner l’ensemble des techniques qui permettent à un couple hétérosexuel infertile d’avoir un enfant.

Consultation populaire, débat citoyen, forum d’expression… Les termes sont enthousiasmants et on pouvait en effet espérer que les échanges seraient constructifs. Pourtant la forme choisie pour ce débat (expression libre des individus sans interventions permises de la part des autres participants) conduit à un face à face entre pro et anti AMP pour toutes. Heureusement, à Nantes les deux « camps » se sont mobilisés. Ce n’est pas le cas dans certaines villes où la consultation semble avoir été plus ou moins prise d’assaut par les détracteurs de l’ouverture de l’AMP à toutes (très organisés et venus en nombre). A Nantes, les membres d’associations LGBT telles que l’Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens (APGL), Nosig (Centre LGBTIQ de Nantes) ou encore Contact se dressent face à chaque parole discriminante avec force et détermination. Avec aussi la volonté de faire respecter l’identité de chacun-e. Suite au débat et devant le sentiment insupportable de ne pas avoir été prises en compte comme elles le méritent, ces mêmes associations auxquelles s’associe le groupe David & Jonathan de Nantes, sollicitent une audition qui aura lieu le 6 mars à l’EREPL. A cette occasion, les représentants d’associations que nous sommes témoignons directement auprès des responsables de l’Etablissement de nos revendications. Enfin, un dossier est préparé pour être transmis aux responsables afin de porter nos voix jusqu’aux parlementaires qui discuteront la loi.
En ce qui concerne le débat lui-même, c’est l’argument de la nature le premier à être opposé à l’ouverture de l’AMP à toutes les femmes. Il faut un homme et une femme pour concevoir un enfant. Ouvrir l’AMP à toutes, ce serait donc se substituer à la nature, intervenir dans l’ordre naturel des choses ?
Le droit à l’enfant que revendiquent les femmes célibataires et les couples de femmes serait donc une négation du droit de l’enfant à avoir un père, à connaître son histoire…
Pourtant, on est forcé de constater que lorsqu’un couple hétérosexuel infertile recourt à une AMP, l’argument de la nature et des origines ne prévaut plus. Objectivement, il s’agit donc d’une discrimination entre les femmes et plus largement entre les familles. La médecine actuelle permet à toutes d’avoir un enfant. Leur droit à l’enfant est donc conditionné par leur situation ou leur identité (célibataire, en couple homosexuel…)
C’est sur ce point que se cristallisent les objections des associations LGBT. Toutes soulignent cette inégalité fondamentale, institutionnalisée, qui régit l’accès à l’AMP en France aujourd’hui. C’est aussi sur la base de cet argument que le bureau national de David & Jonathan s’est prononcé en faveur de l’AMP pour toutes, à la suite de la loi du Mariage pour tous.
Il est clair que les réflexions sur l’AMP soulèvent de nombreuses interrogations d’ordre éthique qui dépassent la seule question de l’ouverture de l’AMP à toutes…
D’abord, beaucoup redoutent la médicalisation du phénomène humain qu’est la procréation. Quelles limites donner aux évolutions de la science et aux nouvelles perspectives qu’elles ouvrent ?
Permettre à des femmes célibataires et à des couples de femmes d’avoir des enfants par le biais d’une assistance médicale, c’est envisager d’emblée l’absence de père tel qu’on le conçoit dans un couple hétérosexuel, c’est-à-dire dans le modèle traditionnel de la famille. C’est aussi priver l’enfant d’accès à ses origines. Dans ce cas, pourquoi ne pas considérer sérieusement la levée du secret qui régit le don de gamètes ?
L’accès à ses origines est d’ailleurs un droit revendiqué aujourd’hui par beaucoup d’individus nés d’une AMP légale en France (donc au sein d’un couple hétérosexuel) avec donneur anonyme. La plupart du temps, ces personnes ne cherchent pas un père dont elles manqueraient ou auraient manqué, mais une réponse à des questions sur leur identité, leur histoire.
La fin de l’anonymat pourrait-elle dissuader les donneurs ? Il semblerait (études à l’appui) que ce ne soit pas le cas.
Toujours est-il qu’aujourd’hui, il existe une pénurie de gamètes. La demande excédant l’offre, on comprend bien la nécessité de ne pas décourager les donneurs. Au contraire, il faudrait les encourager et se pose donc également la question d’une rémunération possible du don qui est aujourd’hui gratuit. Mais peut-on l’envisager sans remettre en cause le principe de gratuité des dons issus du corps humain ?
Oui ! Répondent certains, car on entend dire aujourd’hui qu’en fait, faire un don de gamètes (avec le concours d’un proche par exemple) en même temps qu’on en fait la demande pour soi donnerait accès plus facilement à ce don…
On entend aussi beaucoup parler du coût de ces nouvelles AMP qui devraient alors être assumé par la Sécurité sociale. Là encore, cette observation n’a pas court lorsqu’on parle d’AMP pour des couples hétérosexuels… (aujourd’hui plus nombreux qu’autrefois à rencontrer des difficultés de procréation). Et nous refaisons le constat de la discrimination qui encadre la loi actuelle…
Finalement, on se rend vite compte que ce sont avant tout des valeurs qui s’opposent…
Comment voulons-nous (ou ne voulons-nous pas !) voir évoluer notre société ? Croyons-nous à un modèle traditionnel de la famille, unique et à préserver, ou refusons-nous la stigmatisation des autres formes de familles ? Là où certain-e-s ne voient pas comment un enfant peut s’épanouir sans être élevé par ceux qui ont permis sa conception, les témoignages de familles heureuses dans d’autres conditions ne sont pas rares. Ils invitent aussi à l’ouverture d’esprit, à l’apaisement, à la bienveillance… Ils encouragent à reconnaître les mêmes droits à tou-te-s. Car pour beaucoup de personnes directement concernées, la véritable question reste : pourquoi ce débat a-t-il lieu aujourd’hui pour les célibataires et les couples de femmes si les femmes sont égales en droit ?
On a beau être au clair avec son orientation sexuelle, en paix avec son identité et sûr-e de sa légitimité, la consultation sur l’AMP pour toutes peut ébranler… Ces débats donnent parfois lieu à des propos intolérants voire clairement discriminants assumés au nom de la liberté d’opinion et d’expression. Ils ne sont pas sans rappeler la violence des propos sur l’IVG à l’époque de la loi Veil ou encore ceux également virulents qui ont accompagnés l’accès au mariage aux couples de même sexe. La crispation quasi palpable d’une partie particulièrement militante de la population sur ces sujets engage à se mobiliser. D’abord pour que les besoins de tou-te-s soient entendus, mais aussi parce qu’un tel climat peut faire craindre de dangereux retours en arrière…
Il est sans doute important que chacun-e considère ces nombreuses questions et se confrontent à ses propres-jugements. A Nantes, le groupe David & Jonathan va bientôt se réunir pour échanger sur ce sujet. Notre volonté, c’est d’avancer ensemble dans le respect des opinions de chacun-e. Réfléchir, en parler, argumenter, témoigner, c’est la raison d’être d’un-e citoyen-ne quels que soient ses opinions, ses croyances, son identité et sa situation personnelle.

Camille

Critique du film « Call me by your name » (Madeleine)

Eté 1983. Elio, 17 ans, passe ses vacances dans la belle villa ancienne que possèdent ses parents en Toscane. Adolescent doué, proche de ses parents, apparemment bien sous tous rapports et dans la norme avec une potentielle petite amie de son âge, mais en fait encore innocent en ce qui concerne les choses de l’amour.
Arrive Oliver, un bel américain venu préparer son doctorat auprès du père d’Elio, spécialiste de l’histoire gréco-romaine. Entre le jeune aîné séduisant, sûr de lui et l’ado qui se cherche, c’est l’attraction, l’éveil du désir et finalement la révélation censée « changer toute une vie ».
Avec la caution intellectuelle de James Ivory au scénario, le film a tout pour susciter les louanges d’une critique prompte à encenser a priori tout ce qui traite de l’ambiguité ou de la marginalité sexuelle.
On sublime des images qui frôlent le roman-photo : la Toscane , bel écrin d’une romance gay. Mais même si c’est le plein été et l’Italie, la dolce vita tourne à l’ennui parce que de balade à vélo en plongeon dans la piscine, on n’avance guère, tout reste approximatif et superficiel, l’émotion n’est pas là. Plus explicite, et même un peu trop, la remontée de l’éphèbe sorti du fleuve, comme métaphore d’un amour ( « amour grec » évidemment) qui peine à se faire jour. On ne dépasse guère le cliché, on l’outrepasse même. L’américain se la joue un peu trop beau gosse hollywoodien qui nage aussi bien qu’il danse.
On devine que sa joie de vivre toujours surjouée (cf. sa prestation sur la piste avec partenaires féminins) cherche à donner le change et ne tiendrait pas la distance.
Nous sommes dans les années 80 (les constants bermudas sont là pour nous le rappeler) et les amours homosexuelles ne peuvent se vivre qu’à la marge. Après une approche des plus laborieuses, le couple naissant ne peut vivre sa lune de miel que dans une sorte d’enclave espace-temps hors du cadre familial et de la réalité du quotidien.
Episode concédé comme un écart passager avant que tout ne rentre dans l’ordre. Le bel américain a, sous le coude, une fiancée qui l’attend depuis 2 ans (dans la tradition juive, on le devine, du mariage arrangé avec une femme soumise). Souci du film de montrer les limites d’une époque ou prudence d’un scénario (le film est produit par un studio américain) qui reste aussi dans les limites du politiquement correct ?
Morale de l’histoire enfin : devant le désarroi du jeune initié et rapidement abandonné, il y a cette parole du père , profonde et universelle « On n’a qu’un coeur et qu’un corps pour toute la vie », soit un coeur à ne pas trop vite désenchanter, et un corps dont la séduction prendra fin.
Acceptation de la vie donc, avec ses risques et ses limites. Belle leçon d’épicurisme qui peut toucher en effet,mais qui aurait mérité un meilleur préambule.

Madeleine.

Retraite de déjistes à Joigny (mars 2018)

Maryam et Philippe du groupe de Nantes ont participé à une retraite d’organisée par D&J et DUEC (Devenir Un En Christ) chez les religieuses du Sacré-Coeur de Jésus à Joigny..
Voici le récit de cette retraite spirituelle rédigé en commun :

Des retraitant.e.s de « David et Jonathan »
au Centre spirituel Sophie Barat à Joigny…
… Ils et elles ont des gueules de ressuscité.e.s

« Nous étions neuf – lesbiennes, gays et hétéro – de D&J et de DUEC, en couple ou seul.e, jeunes et moins jeunes, d’Ile de France et de Nantes à nous retrouver pour 5 jours d’initiation aux exercices spirituels spécifiques à la spiritualité ignacienne autour du « discernement ».
La dimension LGBT de David et Jonathan a été clairement affichée et accueillie dans la bienveillance, et avec un absolu respect par les religieuses du Sacré-Cœur de Jésus qui animent le Centre Sophie Barat.
Ce centre spirituel qui a accueilli notre petit groupe de DJistes est une maison de famille, la maison de naissance de Sainte Madeleine-Sophie BARAT (1779-1865), fondatrice de la Communauté des Religieuses du Sacré-Coeur de Jésus.
Tout dans cette maison ancienne et ses jardins nous invite à la paix. Tout est fait pour que nous nous sentions chez nous dans cette demeure.
Les espaces de recueillement – oratoires, chapelle, jardins – ou de partage – salons, salles de réunion, salles à manger – nous ont été ouverts en permanence. Il a été très facile de trouver ses marques, de s’approprier ce lieu magnifique. Sans oublier les bons repas, simples et délicieux – comme les bons vins – qui participent également de la qualité de notre aventure spirituelle au centre Sophie Barat.
Ce fut un parcours dans le silence (avec parfois des loupés de « silence ») mais aussi d’échanges chargés d’émotions et de nos vies plus ou moins cabossées ; des émotions exprimées ou tues ou exprimées discrètement.
Ce furent aussi des moments collectifs d’enseignement nous préparant à la macération et au ruminement des textes bibliques lus et du cadre donné. Ces temps d’enseignement à la pratique de la prière ignacienne ont été menés conjointement par Sœur Rachel, religieuse du Sacré Cœur de Jésus, et Sœur Michèle, religieuse du Cénacle. Elles ont été des accompagnantes remarquables, et pleines d’humour. Elles ont su adapter en permanence leur enseignement à la dynamique de notre groupe. C’est ainsi que dès le premier jour elles nous ont proposé, le soir, un temps de partage en groupe, inhabituel lors de ces retraites mais tellement chers à notre tradition DJiste. Elles étaient AVEC nous, en parfaite communion avec notre groupe, en amitié.
Ces temps d’initiation en groupe ont été concis, ils allaient droit à l’essentiel afin de nous laisser le plus de temps possible à la lecture et à la prière personnelles. L’enseignement était avant tout une pratique en immersion. Les illustrations didactiques étaient choisies dans l’environnement immédiat telles que les vignes des coteaux de Joigny, et également dans la modernité avec, par exemple, la projection de clips vidéos extraits de pubs. Cela nous a aidé.e.s à inscrire cette pratique ignacienne dans notre réalité.
Les personnes qui le souhaitaient assistaient aux laudes et aux messes de la communauté. Notre groupe a partagé des moments de prières collectives à l’oratoire « la bourguignonne » (une ancienne écurie où le tabernacle est placé dans un four à pain !), prières silencieuses, chants partagés, moment intense où le baptême est revisité avec l’eau et l’écoute des grâces reçues. Chacune et chacun a fait son chemin pour entendre qu’il ou qu’elle est aimée de Dieu et que Dieu parle, non pas dans la tempête et dans le bruit, mais dans la brise légère. Brise légère ressentie quand nous avons gravi le chemin à la rencontre de la vigne, symbole de la vie en terre aride ; ses sarments chevillés au cep, symbole de notre lien au Seigneur, notre vigneron ; des vrilles qui accrochent la vigne aux tuteurs placés par le vigneron.
Chaque jour aussi, il était possible de ménager des moments pour profiter de la campagne environnante : balades à pied dans les vignes, balades à vélo le long de l’Yonne, footing dans les coteaux et les sous-bois, seul en silence ou à 2 ou 3 en échangeant…Des moments pour se remplir les poumons, s’émerveiller, faire du bien à son corps et le rendre ainsi plus disponible à l’écoute de Sa parole.
Nous avons enfin bénéficié quotidiennement de moments d’accompagnement individuel où, à partir de sa vie personnelle, on découvrait que Dieu nous aime et nous attend dans nos vies, là où nous sommes. La qualité d’écoute de Soeur Rachel et de Soeur Michèle, et leur accueil de nos peines, de nos doutes, de nos difficultés, mais bien sûr aussi de nos joies, de nos espoirs, de nos avancées spirituelles, a été exceptionnel.
Ces cinq jours nous ont aidé à discerner où nous en étions dans notre vie, dans notre foi, dans notre histoire. Nos bras étaient sans doute plus ou moins cassés, ce qui ne nous empêchait pas d’avoir des « gueules de ressuscité »!
Un moment unique pour faire le point et repartir avec son PPP, Petit Programme Personnel pour reprendre la route du quotidien, un quotidien éclairé par les lumières de ces jours et de ces nuits de discernement.
A l’issue de la retraite, Soeur Rachel et Soeur Michèle, convaincues et touchées par notre expérience collective, proposent que cette retraite de 5 jours d’initiation aux exercices spirituels à destination des personnes LGBT, de leurs proches et de leurs ami.e.s soit reconduite annuellement. »

La page des associations amies

Sur cette page vous trouverez des informations sur des associations amies auxquelles participent des déjistes nantais que vous pouvez contacter pour en savoir +

REFLEXION ET PARTAGE

Réflexion et partage est une association de chrétiens homosexuels et hétérosexuels (hommes et femmes) qui agissent au nom de leur foi en Jésus-Christ et en l’évangile.
Son objectif est d’apporter une contribution à la réflexion des communautés chrétiennes dans l’effort d’ouverture que chacun pourrait faire pour mieux accueillir en vérité les personnes homosexuelles.

Son site internet : http://www.reflexion-partage.org/

Au cours de l’année cette association organise des rencontres locales ou nationales.

Contact : Hélène, Marie-Hélène, Pierre-Hugues

DUEC (Devenir Un En Christ)

Son site internet : http://www.devenirunenchrist.net/

L’association Devenir Un En Christ propose à tout chrétien concerné par l’homosexualité d’avancer humainement et spirituellement, dans un climat de respect et de confiance, à partir de la situation dans laquelle il se trouve et quel que soit son état de vie (parents, célibataires, couples homosexuels, couples mariés dont l’un est homosexuel, personnes homosexuelles divorcées ou séparées, personnes souhaitant vivre la continence, prêtres et consacrés…).
Devenir Un En Christ, c’est :
 Un accueil et une écoute personnalisés, respectueux et bienveillants ;- Un lieu de réflexion et de prière avec l’Église ;
 Des groupes de partage mensuels dans une dizaine de villes ou régions en France, en Belgique et au Canada.
 Des week-ends nationaux, des journées par états de vie, des retraites spirituelles.

A Nantes, cette association se réunit une fois par mois
dans la Maison paroissiale de Ste Marie de Doulon
(23, rue de la Ville en Pierre).

Contact : Maryam et Philippe

Un week-end ouvert à tous est organisé à l’abbaye de Solesme
du 23 au 25 mars 2018
Inscription avant le 10 mars.
pour s’inscrire

L’ASSOCIATION CONTACT

CONTACT est une association qui a pour but :
D’aider les familles et leurs amis à comprendre et à accepter l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre de leurs proches
D’aider les homosexuel-le-s, les bisexuel-le-s et les personnes trans à communiquer avec leur parents et leur entourage en leur apportant la compréhension nécessaire pour s’accepter
De lutter contre les discriminations et notamment celles dont peuvent être victimes les homosexuel-le-s, les bisexuel-le-s, les personnes trans, ou considéré-e-s comme tel-le-s
De prévenir le suicide et les conduites à risques liés à l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre

Site internet national de Contact  : http://asso-contact.org/

Site internet de Contact Loire-Atlantique : https://www.contact44.org/

A Nantes, l’association Contact propose un groupe d’écoute et de parole pour parents de LGBT et leurs enfants,
Chaque deuxième samedi du mois (sous réserve de modification),
de 18h à 20h, rue Félix Thomas à Nantes (Quartier St Félix)
se tient une réunion ouverte à la parole pour tous ceux qui se sentent concernés par l’homosexualité/bisexualité et l’identité de genre, animée par des bénévoles de Contact formés à l’écoute.
Chacun, parent, conjoint-e, frère, sœur, personne homosexuelle/bisexuelle et personne trans peut témoigner, dans un climat de confiance, d’écoute et en toute confidentialité. Chacun est libre ou non de s’exprimer.
L’accès est libre et anonyme.

Calendrier des rencontres en 2018

Contact : Pierre-Hugues

LA FRATERNITE PROTESTANTE

Son adresse : 3 et 5 rue Amiral du Chaffault 44100 NANTES

En 2018, des offices protestants auront lieu à 10H30
les 11 mars, 8 avril, 13 mai, 17 juin

Contact : Steve ou Céline.

Spiritualité mélanésienne (Yves)

Tout homme est tiraillé entre deux besoins,
Le besoin de la pirogue,
C’est-à-dire du voyage,
De l’arrachement à soi-même,
Et le besoin de l’arbre,
C’est-à-dire de l’enracinement,
De l’identité.
Et les hommes errent constamment
Entre ces deux besoins,
En cédant tantôt à l’un,
Tantôt à l’autre.
Jusqu’au jour où ils comprennent
Que c’est avec l’arbre
Qu’on fabrique la pirogue.

Mythe mélanésien de l’île de Vanuatu

Yves

Exposition multi arts chez Jacqueline (par Sophie)

Un beau moment de vie

L’idée de Jacqueline, et l’énergie mise dans sa réalisation aidée de Pierre-Hugues, de proposer à différents ami(es) artistes, DJistes ou non, d’exposer leurs œuvres chez elle, fut séduisante et attrayante.
Quelle belle respiration d’air chaud en plein hiver !
Ce fut beaucoup plus intense en humanité que ce que l’on voit habituellement lors de vernissages, souvent superficiels et surfaits il faut l’avouer.
Ce qui s’est dégagé de moi ce jour-là fut plus profond encore que l’admiration des œuvres elles-mêmes. Ce fut cette sensation surprenante de la présence créative des êtres et pas seulement de ceux ou celles qui exposaient.
A voir, écouter, toucher, presque sentir les perles de créativités, ces pièces uniques : Ikebana, photo, peinture, sculpture, poème, musique, boiserie,… permettait de laisser surgir en tous, leur facette créatrice, celle que nous possédons tous. D’autres auraient pu partager leur art particulier et différent : l’art du chant, du théâtre, l’art des instruments de musique…
« L’atmosphère d’art » était palpable, au-delà des créations elles-mêmes.
J’ai retrouvé avec étonnement, des amis que j’ai connus lors de réunions de travail dans une association d’Eglise. Je ne connaissais d’eux que leur facette « intellectuelle » théologique, analytique, observatrice. Nous ne savions ni les uns ni les autres que nous étions peintres ou poètes « en dehors ».
Ces amis du travail difficile et mental, ils écrivent l’amour, la joie, la beauté ! Là, on était dans un tout autre registre que la réflexion et l’analyse.
Quelle aération ! Quelle découverte !
Pour moi-même, en faisant jaillir cette part inconnue de mon potentiel peinture, j’ai pu découvrir ces instants de « non-pensée ».
Mon professeur a un livre qui s’intitule : « Peindre avec mon cerveau droit ». Ce cerveau de l’intuition, de la créativité, de l’émotionnel, du ressenti, de la relation, là où nous éprouvons les choses et les êtres plutôt que les « penser ».
La « non-pensée », c’est donc cela : laisser le cerveau gauche en latence, en sourdine, lui qui est le maître de la logique, de l’analyse, de la compréhension, de la capacité à se questionner et à anticiper.
Nos deux cerveaux, celui qui calcule et maîtrise et celui qui ressent et créé, sont bien sûr en interaction permanente.
Ces quelques heures chez Jacqueline, à ainsi voir, entendre, ressentir ce qui était là, c’était presque « respirer ce qui sort de l’autre ». Ce souffle que l’autre a laissé jaillir, et réciproquement celui qui regarde laisse émerger sa part à lui.
Alors oui, j’ai savouré ces moments de vie, où rencontrer l’autre par l’intermédiaire de ses talents communs et mutuels, c’est éprouver l’autre, le ressentir. C’est au niveau du cœur.
C’est un autre registre que le travail de réflexion, de compréhension, de thème et de sujet aussi profonds soient-ils. Et aussi respectueux que soient les échanges, nous sommes là dans le « je pense » du cerveau gauche et toute sa panoplie de « je sais », « je convainc », « j’interprète », « je projette », « je traduis », « j’ai raison », « je juge ».
La joie d’être en lien par l’art, pour l’art, c’est cette légèreté, cette communion du « ressentir », où il n’y a rien, ni à penser, ni à analyser ! (Le siège de l’intelligence, pour la bible, est le cœur. On l’oublie en Occident où le cerveau est réduit au quotient intellectuel).
Oh que je rêve de contacts humains où nous serions, comme pendant ces deux jours hors du temps, à parler à l’autre avec notre « cerveau droit », en mode « cœur », avec notre quotient émotionnel plutôt qu’avec notre quotient intellectuel.
Quitter les « je pense que » qui se traduisent si souvent par « je pense à ta place », pour parler en « je ressens que » là où il est impossible de dire ou d’entendre « je ne suis pas d’accord avec ce que tu ressens » !
L’ordinateur n’aide pas à cela ! Et si nous nous écrivions des cartes postales ?
Oui, l’art nous apprend à cela, et, ce week-end-là, je l’ai ressenti jusqu’au plus profond de mon âme et je me suis sentie très bien.

De tout cœur, Merci Jacqueline.

Sophie