De l’amitié en Abondance (Téo)

Un pilote expert, un copilote attentif, une appli aux aguets du moindre nid de poule ou de poulets, c’est ainsi que nous sommes partis en transhumance vers les sommets alpins ou, plus précisément vers Châtel en Haute Savoie à deux sauts de bouquetins de la frontière Suisse. Dans notre voyage, nous serons suivis comme une ombre par « les Hélènes » et dame Mystère. Pour se dégourdir les gambettes, se restaurer, D&J oblige, nous ferons un arrêt à Paray-le-Monial puis une pause pique-nique à l’ombre de l’abbaye royale de Brou.
De virages en virages arriverons à Châtel dans le chaleureux chalet de tante Françoise. Notre semaine de vacances estivales alpines pouvait commencer.
Notre première visite du village fut pour l’église St Laurent devant laquelle trône une vierge polychrome polonaise chaussée de skis ! Exquis ! Et, ça ne s’invente pas, il est noté que cette église a été bénie par le chanoine Gay ! Nous avons même pu admirer d’élégants vitraux tout aussi prémonitoires : « Annoncer sur la place publique » (allégorie du coming out ?) et «La pierre rejetée devient pierre d’angle. » (valorisation de la différence ?).
Mais la météo à la montagne est souvent facétieuse et notre première escapade devra se faire en carrosse. Ce sera la Suisse pour aller découvrir le curieux château de Chillon perché sur un rocher au bord du lac Léman. Une visite guidée de main de maître Bernard comme il se doit qui nous entraînera dans un dédale de salles et d’escaliers souvent perdus dans un flot de touristes chinois menés à la baguette. Cette balade helvétique nous aura aussi permis de découvrir un vignoble suisse acrobatiquement accroché à flanc de montagnes et bien des enseignements sur les sources du Rhône.
Le lendemain, une pluie orageuse ruisselant en Abondance (nom de la rivière locale…mais aussi du fromage non moins autochtone…) transforma, la journée durant, les rues pentues en cascades. Bernard nous présenta dans l’abri du salon un diaporama américain (Connaissances du monde à la montagne !) et « les Hélènes » nous apprirent à placer 2 lettres pour faire 60 points au scrabble.
Chouette ! Ou… Marmotte ! C’est comme vous préférez…
Le soleil est revenu !
Le moment est enfin venu de partir à l’assaut des sommets pour une première rando apéritive plutôt cool. Pieds parés contre les ampoules, jumelles en bandoulière, œufs durs dans le sac à dos, d’autres œufs métalliques nous attendent pour nous transporter au-dessus des nuages. Là-haut, nous serons accueillis par un concert de clarines joué par un troupeau de vaches vagabondes sur un tapis d’épilobes roses et peut être même quelques carlines cachées au creux d’un rocher… Un petit chamois apeuré détale un peu plus haut à portée de jumelles.
Qu’elle est belle la montagne !
A fil des chemins, Philippe s’émerveille de la moindre parcelle de paysage, Bernard nous guide d’un pas bienveillant assuré et « les Hélènes » nous apprennent la pharmacopée des plantes des alpages. Ainsi, cette première balade nous permettra de découvrir le joli petit lac de Mouille, ses pêcheurs à la mouche fouette et des muscles jusque là insoupçonnés… Saviez-vous que pour préserver l’articulation de vos genoux en descente il suffit de serrer vos abdos…Oups, désolé, je me suis trompé,…il suffit, bien entendu, de serrer vos Alexandres !!
Une autre découverte majeure du séjour : la téléphonomobilophilie addictive de Marie-Hélène cherchant par monts et par vaux, le bras tendu vers les cieux les ondes d’un réseau qui lui permettraient de faire voyager au-delà des Alpes ses photos de la vache Marguerite, d’un massif de linaigrettes ou d’un buisson de lys martagon !
Si nous avons croisé nombre de chalets sur nos chemins, nous n’avons aperçu aucun membre de la famille Ingalls, ni Heidi, ni Belle ou Sébastien,… Néanmoins, chaque balade sera l’occasion pour échanger avec d’autres randonneurs bourguignons, bataves, dijonnais, écossais,…
Les hasards du calendrier nous donneront l’occasion de fêter la Ste Hélène, la St Bernard et l’anniversaire de la chatte Mystère autour d’une tarte à la myrtille. Au grand dam de dame Mystère, Hector le gros chien patou croisé le matin déclinera l’invitation…
Pour notre seconde expédition, direction le lac Vert en Helvétie à quelques sauts de chamois d’Avoriaz et de Morzine. Ici, sur les sentiers, les vaches et leurs clochettes ne regardent pas passer les trains mais les randonneurs et les VTTistes volent. Entre les rares nuages, choucas et autres rapaces planent au-dessus de nos casquettes tandis que sur les vestiges de moraines de l’ère glacière viennent se poser sizerins flammes ou pipits spioncelles. L’appareil photo de notre guide n’a guère le temps de se reposer ; il y a tant de belles choses à portée de nos yeux. Avez-vous déjà baigné votre regard dans une mer de nuages ?
Faute d’E.P.O et par conscience écologique, nous puisons notre énergie motrice dans la dégustation de myrtilles et framboises sauvages qui tapissent les abords de notre chemin.
Même si les temps de parcours semblent souvent avoir été calculés pour des cabris nous arrivons enfin à atteindre le lac Vert accueillis cette fois par une chorale de moutons bêlant et tintinnabulant.
Nous pique-niquâmes sur un gros rocher avec vue imprenable sur le lac et la pause café, accompagné du carré de chocolat réglementaire, se fera au pied du refuge. Sur le chemin du retour certains en profiteront pour parfaire la langue de Shakespeare auprès du Pr Bernard, nous achèterons du fromage, notre guide sauvera un couple de néerlandais égaré et, en descendant, nous hésiterons à prendre en cow-voiturage 2 vaches en vagabondage dans un virage en épingle à cheveux.
Loin des marmottes en peluche made in China pullulant dans les magasins de souvenirs du village nous rejoignons Mystère chatte-marmotte (à moins que ce ne soit l’inverse…) qui nous attend lovée dans un duvet. Un vrai lave-vaisselle sur pattes se délectant pendant les repas des reliefs de melon, des fonds de boîtes de sardines ou d’opercules de yaourts.
Philippe optera pour une pause jacuzzi en plein air avec option glissade dans la gueule d’un requin gonflable. Quoi de mieux pour une bonne récupération post-rando ? Puis, revenu bredouille de sa chasse à la fondue (pour une personne), il trouvera le soir au dîner le réconfort dans un plat local appelé berthoue à base de charcuterie, pommes de terre et fromage local fondu.
Le lendemain, l’heure est venue pour « les Hélènes » et leur féline de nous quitter pour des lieux musicaux de moindre altitude.
Nous serons donc trois pour cette troisième et ultime escapade sur un autre versant. Le début est un peu brutal, pentu et glissant mais, bientôt, le paysage qui va s’offrir à nous nous fera oublier nos courbatures. Malgré le réchauffement climatique en cours nous apercevrons même, tout là-haut là-bas, un glacier ! Après avoir partagé notre pause pique-nique avec une famille de papillons, nous redescendrons vers la civilisation.
Un dernier ciel étoilé alpin et déjà il faut penser à préparer nos bagages pour la route du retour du lendemain. Un dernier regard vers la montagne châtelienne et nous disons au revoir au chaleureux chalet de tante Françoise.
Sur le retour, notre route crochètera une nouvelle fois par la Suisse. Genève sera l’occasion d’admirer de riches demeures, de mesurer la hauteur d’un jet d’eau de carte postale et de se remémorer le souvenir de Sissi impératrice devant l’hôtel Beau Rivage. Désireux de parfaire nos connaissances culturelles et littéraires notre guide nous entraînera dans la visite de la maison de Voltaire à Ferney (devenu depuis Ferney-Voltaire). Mais il est grand temps de quitter les Alpes pour regagner notre Farwest dans notre diligence des temps modernes GPS programmé et appli prête pour une nouvelle chasse aux nids.
Nos cerveaux fourmillent des images alpestres et des bons moments partagés ; toutes choses que l’on souhaite garder pour longtemps…et peut-être même renouveler un jour…
Et si Voltaire avait raison : « J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé. »

Téo

Les USA, un eldorado gay ? (Yves)

Réflexion sur la question gay après un voyage au pays des trumpistes. La pause estivale est propice à de belles rencontres et à une mise en perspective sur ce que nous vivons. Et – comme vous, certainement – je voudrais partager quelques réflexions sur ce blog.
Voir deux jeunes gays se tenir la main en plein musée new-yorkais, tout en commentant les hiéroglyphes égyptiens, ça fait rêver.
Voir des drapeaux arc-en-ciel flotter sur les maisons et même à l’entrée d’un presbytère, ça ne se voit qu’aux Etats-Unis. (cf mon précédent article « Etre gay aux Etats-Unis » du 1er déc. 2018 dans la catégorie « témoignages »).
Bien sûr, mon enthousiasme pour l’Amérique et les ami-e-s que je m’y suis fait (gay or straight) ne peuvent me faire oublier :
les raids de la police new-yorkaise qui déclenchèrent les émeutes de Stonewall (1969)
l’assassinat d’Harvey Milk (1978, 1er conseiller municipal ouvertement gay à SF. Voir le film éponyme avec Sean Penn)
le meurtre de Matthew Shepard (1998. raconté dans le film « Au nom de la haine » que nous avions visionné ensemble en mai 2018. Un film aux 1ères images insoutenables)
la tuerie d’Orlando (2016 – 50 victimes LGBT)
et les mesures homophobes (et surtout transphobes) de Donald Trump.
Mais à coté de ces actes homophobes on se souvient que nos propres mouvements de libération LGBT (le « Front Homosexuel Révolutionnaire » naît en 1971 et D&J l’année suivante) sont issue de la révolution gay américaine déclenchée par l’insurrection de Stonewall il y a 50 ans.
Personnellement j’ai été nourri par la lecture de livres LGBT américains : que ce soit l’étude magistrale de John Boswell (universitaire gay) sur l’homosexualité en Europe du 1er au 14ème siècle (1980) ou « Living in Sin ? » de l’évêque épiscopalien gay-friendly, John S. Spong (1988), « Taking a chance on God »  du jésuite gay John McNeill (1988), « Gender trouble », l’ouvrage difficile de Judith Butler sur le genre (1990) ou enfin plus près de nous (2013) : « The missing myth » de Gilles Herrada (un gay français vivant et publiant aux USA et que nous avions rencontré aux JAR à Merville).
Sans oublier les films comme « Philadelphia » (1993) ou « Brokeback mountain » (2005) ou les nombreux ouvrages de fiction dont la série mythique des « Chroniques de San Francisco » d’Armstead Maupin (1978 et portée à la télévision de 1993 à 2001).
Sûr que je ne serais pas le même si la culture gay américaine n’avait pas nourri ma réflexion et affermi ma détermination à vivre ce que je suis (en famille, au travail et en paroisse) au grand jour et sans crainte d’intimidation. Fier de l’être !

Yves

Week-end des femmes de l’Ouest millésime 2019 (Isabelle)

Après une semaine caniculaire, quelle joie d’aller à Saint Hilaire de Riez en Vendée en ce samedi 29 juin.
Nous nous retrouvons à 3 du groupe de Nantes pour ce rendez-vous annuel. Forte chaleur et soleil au départ de Nantes, présage d’une belle journée en bord de mer !
Au fil du trajet le soleil s’éclipse, la chaleur diminue… Et c’est avec un petit 22 degrés que nous allons nous baigner Hélène et moi-même à notre arrivée sur la plage de Saint Hilaire. On se réchauffe à la sortie du bain en créant un mandala à 4 mains.
Puis nous retrouvons quelques amies vendéennes, nantaises et même grenobloises pour un pique nique au coeur de la forêt. Au menu : punch, pastèque, salades et cakes sont partagés. Puis des groupes sont constitués : balade pour les unes, pétanque pour les autres… Et même une sieste pour certaines.
C’est décidé, nous sommes à la mer, alors à quelques unes on se donne du courage pour retourner dans la grande bleue malgré quelques méduses qui se sont permises de s’inviter.
La journée se termine et on se dit à l’an prochain sous le soleil…exactement !…

Isabelle

Houmous et brise marine (Téo)

Drôle de météo pour un mois de juin…
De quoi mettre un moral de déjiste à marée basse…
L’appli d’Abdo indiquait pourtant un possible soleil dans l’azur. Mais Maryam, pendant son séjour en Egypte, avait sans doute dû oublier d’adresser des prières à Râ le dieu Soleil ! Ce fut donc des gouttes de crachin presque breton et un vent frais automnal qui nous accueillit en fin de matinée sur le front de mer nazairien.
Une brise marine qui nous obligera à partir à la recherche d’un lieu de pique-nique plus abrité pour faire honneur au menu concocté par le chef Abdo. Un menu avec en point d’orgue un houmous généreux digne des meilleurs tables libanaises ! Met apprécié et même salué par un feu d’artifice pétillant de jus de pomme ! Entre deux bouchées, nombre d’infos et d’anecdotes sont échangées et même, une fois n’est pas coutûme à D&J, une longue discussion sur le thème de la sexualité s’engagea…
De temps en temps nous scrutons le ciel à la recherche d’une éclairicie. Le dessert dégusté, las d’attendre l’arlésienne météorologique, nous décidons de partir pour la randonnée prévue le long du sentier douanier entre St Nazaire et la plage de Mr Hulot à St Marc sur mer.
Ce fut une promenade certes ventilée, parfois parsemée de goutelettes de pluie mais heureusement agréable car abritée par les multiples pins parasol et tamaris longeant le long chemin sinueux. Ainsi, nous avons vogué de crique en crique, de rocher en rocher. Chaque recoins de ce morceau de côte d’Amour nous révèlant ses pêcheries multicolores (ils auraient pu tout de même faire un effort et les repeindre aux couleurs de l’arc-en-ciel en l’honneur de notre passage:)) ), des plages de sable blond, chocolat ou même rouge et des villas aux façades et terrasses richement décorées.
 Nous nous pauserons dans l’après-midi pour un interlude spirituel maritime face à la mer assis sur les restes d’une tourelle de blockaus vestige du mur de l’Atlantique. Abdo, en chef d’orchestre de ce temps spi dans la brise marine va nous inviter à prendre un moment pour réfléchir, méditer sur les valeurs, les croyances qui font nos vies, qui nous font avancer au quotidien et qui nous rassemblent à D&J. A chacun d’en trouver 3.
Comment les vivons nous dans notre quotidien ?
Ces valeurs ou croyances sont elles faciles à faire vivre ?
Tel fut le challenge spirituel proposé face à l’océan.
Dans une atmosphère doucement musicale apportée par Abdo accompagnée par le rythme du ressac sur les rochers en contre- bas, chacun se recentre sur lui-même une poignée de minutes. De ce moment de recueillement ressortiront au moment du partage les mots amour, amitié, entraide, bienveillance, partage, solidarité, harmonie, justice, souffle de vie, Dieu,…
Mais déjà l’heure de reprendre le chemin du retour est venu. Toujours aucun signe du soleil à l’horizon.
Qu’importe le soleil et la chaleur estivale, une journée de rencontre déjiste et c’est l’assurance de repartir chez soit le moral à marée haute.

Téo

Un écho de Corrèze (Jars 2019) (Hélène et Marie-Hélène)

Par chance, il faisait grand beau temps quand nous sommes arrivées jeudi matin pour pique niquer à Corrèze, petite ville au patrimoine médiéval. Au «  bois de Calais » ce grand domaine peuplé de mobil homes et de chalets situés au bord de la Corrèze, nous avons été accueillies chaleureusement par Catherine, la propriétaire des lieus. En fin de journée avec nos amis strasbourgeois Pascal et Gilles, repas et découverte de Tulle, jolie ville qui elle aussi a préservé bâtisses et rues pittoresques.
Dès le lendemain joyeuse ambiance à la cuisine (sous la houlette de notre cuisinier préféré) pluches, divers préparatifs et installation sportive des tables, couverts et autre matériel pour 110 personnes !
Grande et joyeuse surprise de retrouver après 10 ans d’absence Dany et Jackie qui ont comme chacun ne le sait peut être pas, deux souriants points communs avec notre association : leur couple est né en 1972 comme DJ, et leurs initiales, « D »comme Dany et « J » comme Jackie ! Autre joyeuse surprise la présence de Chantal et Isabelle, ex déjistes résidant en limousin, totalement et quotidiennement engagées dans la préservation de l’environnement.
Il n’y avait personne de triste quand la commission JAR nous a entraînés dans une chanson à la mélodie familière mais aux paroles détournées pour le besoin du thème…(« ce soir je vide la poubelle , celle que j’ai triée é é é , trié é… » ) Ça y est, vous y êtes ?
Nous étions invités à participer aux multiples propositions d’ateliers pour réfléchir, s’informer, partager et mettre en acte nos prises de conscience et nos décisions face à l’urgence écologique. Ce furent des temps riches et féconds.
Savez vous que beaucoup cherchent à proscrire de plus en plus le plastique au quotidien ?
Savez-vous que seuls 3 produits suffisent pour l’entretien d’une maison ? Vinaigre blanc, bicarbonate et savon noir.
Savez-vous que réduire sa consommation de viande c’est diminuer la pollution de la planète ?
Savez-vous qu’il est possible de diviser par 2 ou 3 nos déchets ?
Tant d’autres gestes sont à notre portée…
Comme chaque année la célébration œcuménique fut un temps de rassemblement et de ressourcement. Ensemble, nous nous sommes tournés vers les 4 points cardinaux, nous reliant ainsi à la terre et au cosmos. Puis la célébration nous a permis d’entendre Abdo se confesser publiquement ( Hi ! Hi ! Hi ! ) Si, si, vous avez bien lu, mais pour en savoir plus , demandez lui !!! Ce fut aussi l’occasion de dire merci et au revoir à Emeline notre pasteure des JAR depuis plusieurs années. Dès septembre, elle se voit confier une paroisse de Nîmes, bonne route à elle.
Comment ne pas évoquer au concours de déguisement du samedi soir nos deux magnifiques quimpérois Etienne et Gabriel, l’un en troublante femme fatale, l’autre en jeune Zora rouquine délurée ! Comment ne pas vous dire notre riante stupeur de voir se présenter nos trois nantais : Annette, Brigitte et Jacques ; elles méconnaissables sous leurs burkas noires et lui torse nu, dansant tout fier de nous présenter « l’amour du Sultan  ». Belle rigolade !
Quelle chaude et vigoureuse ambiance ce dimanche soir durant laquelle 3 musiciens du cru nous ont interprétés et appris des danses folkloriques avec une bienveillante patience ! … Mazurkas, scottishs, rondes et cercles en tout genre ont déclenché tout autant de rire que de plaisir … Presque tous ensemble nous avons découvert ou retrouver l’énergie joyeuse de la danse même si le mélange des pas à gauche ou à droite a provoqué des rencontres impromptues et des crises d’hilarité !
Pour conclure cet écho des JAR 2019, un grand souhait : puisse désormais notre vie associative locale, régionale, nationale, intégrer des pratiques vraiment respectueuses de l’environnement et ainsi contribuer à la survie de l’humanité sur cette terre.
C’est possible les ami-e-s, aller, on s’y met chacun-e- et ensemble… !

Hélène et Marie-Hélène

Un Quaker chez David & Jonathan (Michael)

J’ai assisté aux JAR de l’Association David et Jonathan à Corrèze pendant le Week-end de Pentecôte, non pas en tant qu’adhérent, mais en simple sympathisant de l’association. Angevin, j’ai déjà participé à un weekend protestant D&J à Strasbourg donc je connaissais un peu l’association.  Quand Harisson m’a invité à découvrir les JAR, j’ai accepté avec plaisir. Comme beaucoup de nouveaux, je savais seulement que D&J s’est donné l’objectif d’aider les personnes mieux vivre leur spiritualité et leur orientation sexuelle.
Je suis allé un peu trépidant car un peu minoritaire : anglophone, Quaker ¹ et nouvelle tête parmi les vieilles connaissances. J’ai découvert une assemblée aux identités multiples : on peut se définir comme gay, lesbienne, bisexuels ou trans ; catholique, protestant, athée ou agnostiques ; en couple, célibataire ou quelque part entre les deux ; militant de l’association ou simple sympathisant. J’ai rencontré des personnes avec enfants, des anciennes religieuses, musiciens amateurs de séjours à Taizé, jeunes urbains et campagnards aguerris. La célébration œcuménique animée par un prêtre catholique et une pasteure protestante m’a plu car il résume l’esprit de l’association : ton parcours n’est pas le même que le mien, mais nous pouvons nous retrouver autour de notre foi. La spiritualité ne demande ni similitude, ni conformité de croyance pour que la pratique marche. Les Quakers (autrement connu sous le nom des Amis) pratiquent le recueillement en silence ; ce qui fait que je n’ai ni chanté ni récité les prières pendant cette célébration, mais l’écoute des autres m’a suffit pour me sentir en présence de la Lumière. Le mot qui revenait souvent était la bienveillance, cette attitude essentielle pour une vie heureuse, à mon avis.
Le thème du weekend (l’écologie) faisait également écho à notre propre témoignage de simplicité et de respect pour la nature. Dans un des ateliers, nous avons pu échanger sur la méditation de pleine conscience (mindfulness) et la méditation chrétienne. J’ai pu expliquer la conception Quakers du silence attentif : nos réunions de recueillement sont basées sur le silence en une communion invisible les uns avec les autres et avec une réalité spirituelle au-delà des mots, que nous pouvons appeler Lumière intérieure ou Dieu. Souvent, les gens pensent que les Quakers font silence tout le temps. Ceux avec qui j’ai pu partager le repas ont vite compris qu’on a parfois du mal à faire taire un Quaker franco-américain !
En tout cas, un weekend inspirant et réussi. 

Michael

¹ Pour en savoir + sur les Quakers

Un après-midi arc-en-ciel (Téo)

Un samedi nantais sans gilets jaunes ni odeurs de lacrymo dans l’air, cela faisait plusieurs mois que les passants n’avaient pas connu cela. Aujourd’hui, samedi 1er juin 2019, la mode est à la couleur arc-en-ciel et l’atmosphère a le parfum de l’été. Au village associatif où D&J Nantes a planté son stand, les parapluies de l’an dernier ont laissé la place aux parasols et aux ombrelles. Mais, je vais vous laisser savourer l’article de Camille pour vous conter tout ce qui s’est passé sur le stand pendant cette journée. J’ajouterai juste que nous avons eu la visite amicale de la maire de Nantes lors de son passage au village avant la Marche.
En ce début d’après-midi, dans le tohu-bohu d’une sono assourdissante, les chars se préparent tandis que Ramin papillonne à droite à gauche libre, heureux et émerveillé par sa toute première Marche des Fiertés française. En guise d’apéritifs, viennent les discours officiels quasiment inaudibles évoquant les acquis de hautes luttes et les batailles à venir qui justifient que soyons encore là.
Déjà les moteurs des chars vrombissent sonnant l’heure du départ de la parade. Un marchand ambulant de colliers de fleurs d’arcs-en-ciel parcourt la chaussée à la recherche de clients. Les drapeaux multicolores s’élèvent vers le ciel ondulant au rythme de la musique ou viennent se poser sur les épaules des marcheurs.
En cette année particulière où l’on commémore les 50 ans des événements de Stonewall déclencheurs de la première marche pour la défense des droits des personnes LGBTI+, je m’attendais à un état d’esprit plus militant que festif dans les slogans, dans les pancartes, dans la musique pour rythmer le défilé. Malheureusement, ce sera rien ou très peu de tout cela. L’impression qu’un immense dance floor urbain a pris le dessus sur l’esprit originel. Même si l’esprit festif ensemble, réunis, unis fait partie prenante de la lutte, de nos combats. Certes les choses ont bien changé et bien évolué depuis ce funeste jour de juin 1969. Oui, nombre de droits ont été gagné avec ténacité et obstination mais il reste encore du boulot ici en France (PMA, agressions LGBTophobes, droits propres aux personnes trans, la place des personnes LGBT+ dans les milieux religieux,…) et ailleurs dans le monde (application de la peine de mort dans trop de pays, LGBTphobies étatisées,…). Comme le dit le slogan de la marche de cette année : « nous avons toujours des murs à abattre. »
Loin des mes états d’âme, drag-queens et travestis se trémoussent sur les plates-formes et les dérailleurs avalent l’asphalte à coups de pédales. Chez Contact on brandit avec convictions des manifestes appelant au respect des personnes LBGT+ dans les familles et la société. Aucun intégriste extrémiste aux slogans venimeux ne sera venu cette année former un cordon « sécuritaire » autour de l’église St Nicolas. Auraient ils réfléchi depuis l’an dernier ? Compte tenu des événements de ce mois de mai à La Roche sur Yon, il convient de garder prudence et vigilance… A l’approche de la cathédrale, une jeune fille brandit une pancarte « J’ai rencontré Dieu, elle était  gay ! ». Dommage que je n’ai pas eu le réflexe de lui glisser un flyer de D&J qui aurait pu nous apporter une future adhérente qui c’est ?…
Le macadam surchauffé par les premiers rayons estivaux continue de dérouler sous nos pas. Le passage par la place Royale est l’occasion pour certains d’aller se rafraîchir dans la fontaine en exprimant leurs talents d’alpinistes drapeaux arc-en-ciel à la main. Un peu plus haut, la place Graslin nous attend pour un sitting mêlé de discours tandis qu’un gigantesque calicot arc-en-ciel nous observe suspendu au fronton du théâtre.
Mais déjà les drag queens sur leurs hauts talons perchés commencent à fatiguer et les danseurs de techno aspirent à se pauser à l’ombre. En revenant au village, nous croisons un groupe de personnes âgées en voyage valises à la main, sans doute à la recherche de leur car ou de leur hôtel. Une gêne certaine ombre quelques visages quand d’autres, affichant un large sourire amusé de toute cette joyeuse agitation bruyante et colorée, oseront même la photo souvenir ! Nous serons sans aucun doute l’objet de leurs conversations l’heure du dîner venu.
Nous retrouvons le stand en fin d’après-midi où nous attendent les accueillants qui nous conteront les visites de leur après-midi.
Ce samedi soir, Nantes ne s’endormira pas en dénombrant les vitrines brisées et le mobilier urbain brûlé mais comptera les arcs-en-ciel que, l’an prochain venu, nous reviendrons hisser fièrement dans ses rues. Enthousiasmé par l’expérience de la rencontre et de l’échange avec les visiteurs de ce jour, D&J Nantes viendra replanter son stand dans le village qui se devra de refleurir à nouveau car comme hier, aujourd’hui et demain, nous aurons toujours des murs à abattre.

Téo

Un stand pour faire tomber les murs (Camille)

De bonne heure déjà, place de Bretagne, les bonnes volontés faisaient fleurir les stands du village associatif de la Pride nantaise, ce samedi 1er juin… Le soleil était de la partie. Il ne nous abandonnerait pas de la journée !
Et quelle journée ! Notre groupe se retrouve à l’ombre salutaire de ce stand coloré ; guirlandes arc-en-ciel et nappes assorties, le tout confectionné et installé par nos soins. Les tables sont parsemées de témoignages sur « l’homophobie ordinaire », textes empruntés à nos amis rennais et qui ne manquent pas d’interpeller les passant-e-s. Alors, la conversation peut s’engager.
Un peu plus loin sur fond bleu ciel s’affichent nos valeurs, l’esprit de D & J. Des flyers locaux sont allégrement distribués pour que le contact pris aujourd’hui puisse avoir un lendemain, si nos interlocuteurs/interlocutrices le souhaitent… La juxtaposition des termes mouvement LGBT et chrétien sur nos documents interroge, fait réagir, et nous sommes plusieurs, anciens ou jeunes DJistes, à défendre l’idée d’une possibilité encore loin de couler de source… Une église plus ouverte, une foi ou une spiritualité parfaitement compatible avec son orientation sexuelle, son identité de genre, quelles qu’elles soient. Le message passe et en tout cas, il est communiqué… C’est touchant et enthousiasmant d’entendre chacun-e exprimer avec ses mots et sa sensibilité-propres nos valeurs communes…
Lorsque ce sont des jeunes en questionnement ou rejeté-e-s par leur communauté qui s’approchent, la parole est d’autant plus utile. Tout l’intérêt de notre présence est ici : aujourd’hui, nous venons à la rencontre de celles et ceux qui n’oseraient peut-être pas, un autre jour, venir à nous. Quelques phrases échangées, un sourire, l’invitation lancée à s’ouvrir à des discours positifs sur l’homosexualité et la religion. C’est une porte qui s’ouvre… De mon côté du stand, je prends conscience une fois de plus de ce que doivent traverser certain-e-s pour se réconcilier avec toutes leurs aspirations. Combien une famille, un milieu, une instance oppressante peut nous entraver ! A l’ère d’internet et de l’hyper-communication, il est des âmes qui doivent encore faire tomber des murs (voir l’affiche officielle de la Pride) pour oser s’épanouir…
La journée, estivale jusqu’au bout, voit se relayer les accueillants derrière le stand D&J, permettant à tous de se restaurer, de participer à la marche ou de vaquer à d’autres occupations. C’est une occasion comme on les aime de nous retrouver, notamment avec les DJistes plus éloignés de Nantes et qui ont répondu présents.
Finalement, le soleil brille toujours lorsque nous replions nos crépons multicolores, bien décidés à les ressortir à la première occasion !
Une journée qui témoigne (si besoin était) d’un bel esprit collaboratif et de la joie que nous avons à partager et à défendre nos valeurs ! Pour que tout le monde puisse vivre selon ce qu’il est, suivant ce qu’il aime… Et en être fier !

Camille

A propos d’abus (Madeleine)

Il y a quelque temps, suite aux nombreux scandales perpétrés au sein de l’Église, il en est un qui nous (femmes de DJ) nous a particulièrement interpellées, celui des religieuses abusées et nous avons éprouvé le besoin de nous réunir pour en parler.
D’abord, cette incontournable et primordiale question :

« MAIS COMMENT EST-CE POSSIBLE ? »

Et nous avons tenté d’en faire le tour en prenant d’abord en compte la psychologie des jeunes religieuses : ignorance de la vie et des rapports hommes/femmes, isolement, manque d’estime de soi pour certaines, et pour toutes cette obligation de l’obéissance absolue, qui plus est face à des « représentants de Dieu », parfois brillants et dont nul ne pourrait remettre en cause la compétence et le charisme.
Alors qu’avons-nous en présence ? Une soumission totale face à un pouvoir incontesté, incontestable, donc sans limites. Et tout devient possible jusqu’à l’emprise. Pas de violence physique directe, mais une violence psychique, insinuante et graduelle avec l’équivoque d’un « mal dit »(par exemple, cet « amour d’amitié » pour qualifier, camoufler l’approche sexuelle) et la caution divine sur fond de spiritualité déviante (« ce que veut Jésus à travers le prêtre »).
Comme dans tout mouvement sectaire, l’emprise est telle que la victime ne la ressent pas comme telle. Il faudra du temps et un recul suffisant pour que « la mouche prise dans la toile d’araignée » retrouve sa liberté de penser.
Cas particuliers de victimes fragiles face à des prédateurs isolés ?
Que non ! Les faits se sont multipliés pendant des années et sur tous les continents. Il faut cadrer large : ces abus sont systémiques, liés à la structure même de l’Église, sa hiérarchie, ses interdits, son patriarcat, son célibat et surtout la sacralisation du prêtre dont l’impunité est assurée (au pire, une mutation). Système qui érige la domination ecclésiale en dogme tout puissant jusqu’à constituer, dans les pays d’Afrique, une forme de proxénétisme clérical (« trafic de faveurs » au Cameroun). On croit rêver… et le sommet de l’impensable est atteint quand l’une des victimes tombe enceinte : éjection de la fautive, avortement (dans la plus grande discrétion, évidemment).
Dans le fond, peut-on s’en étonner ? Le monde a toujours tourné ainsi.
Les abus de pouvoir masculins s’inscrivent dans la tradition historique et sociale de la servitude féminine (en raison de son « infériorité naturelle »). Une telle dissymétrie fait déjà le lit de toutes les oppressions. La prise de conscience d’une telle injustice n’est pas évidente pour tout le monde, elle se fait lentement et dans une certaine indolence. Il arrive cependant que de justes paroles – et c’est un vrai baume au coeur – se fassent entendre du côté masculin. Ainsi Pascal Hubert (dans Golias, mai 2018) :

« J’ai longtemps considéré la femme comme devant être au service de l’homme. C’était inscrit dans mon inconscient, dans mes croyances, dans l’air du temps. La femme ne pouvait être libre et disposer d’elle-même comme bon lui semble. Égale à l’homme en théorie, certes, mais non en pratique…
…Les textes religieux sont unanimes sur ce point. L’humanité est déchue par la faute de la femme tentatrice. J’ai longtemps cru en ces représentations… j’ai changé d’avis. Je ne pouvais plus endurer ces croyances sans vivre dans un profond mal-être. C’est en abandonnant la religion et ses « schèmes mentaux » que j’ai pu remettre en question ma manière de penser le monde en général et les femmes en particulier….
Quand j’y songe un instant, il est proprement effroyable de reléguer la moitié de l’humanité dans la servitude. C’est un scandale qui ne dit pas son nom, une oppression cachée et assumée par les hommes. Désormais conscient de cet intolérable « ordre naturel », je ne peux que souhaiter la femme libre, à l’égale de l’homme.

L’humanité s’est construite sur le modèle de la domination patriarcale. Et la religion est le fait de l’homme. Un puissant vecteur de soumission.

C’est une réalité : face à leur condition de perpétuelles servantes, les femmes doivent se rebeller. De cela, les hommes et les religions ne veulent évidemment pas.« 

Cette synthèse n’est pas exhaustive (au regard du foisonnement des impressions, réflexions, narrations personnelles suscitées par le sujet). Pour plus de clarté, j’ai choisi de l’inscrire dans le cadre annoncé au départ.

Madeleine

Sources :

Récit de Claire Maximova : « La tyrannie du silence » (édit. Futuropolis)
Documentaire :  « Religieuses abusées, l’autre scandale », diffusé en mars 2019 sur Arte (en particulier témoignage de Michèle-France)

La dignité de l’homme implique-t-elle des limites à la recherche scientifique ? (Yves)

Le 20 mai 2019 a eu lieu une conférence-débat en partenariat avec le Groupe nantais de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France et le Centre Culturel André Neher de la Communauté juive de Nantes.

Différents sujets de bioéthique ont été abordés :
Science – Bioéthique – Religion
La dignité de l’homme implique-t-elle des limites à la recherche scientifique ?

Les Invités :
Professeur Paul Atlan, gynécologue-obstétricien, spécialiste en bioéthique de la PMA, statut de l’embryon, médecine fœtale.
Rabbin Michaël Journo, rabbin de la Communauté Chasseloup-Laubat, à Paris dans le 15ème arrondissement, aumônier général des hôpitaux de France, membre de la commission d’éthique biomédicale du Consistoire, Père Bruno Saintôt, jésuite, responsable du Département Ethique biomédicale au Centre Sèvres (faculté jésuite de Paris). Travail de recherche sur le lien entre anthropologie (philosophique et théologique) et éthique.
Séverine Mathieu, sociologue, directrice d’études à l’EPHE (Ecole Pratique des Hautes Etudes) en sociologie des religions, de l’éthique, de la parenté et de la famille. Elle est l’auteure de « L’enfant des possibles. Assistance médicale à la procréation, éthique, religion et filiation » paru aux Editions de l’Atelier

Les intervenants de cette Table Ronde ont abordé les questionnements les plus actuels qui ont été débattus au cours des Etats Généraux de la bioéthique et qui seront examinés et discutés prochainement au Parlement pour élaborer la mise à jour des futures lois de bioéthique.
La discussion a pris en compte les trois grands moments de la vie que sont :
Naissance, évolution et développement des tests génétiques liés aux nouvelles techniques d’ingénierie souche, clonage thérapeutique, PMA, GPA
Défis contemporains de la filiation face aux avancées technologiques
Fin de vie et assistance au suicide
Après un état des lieux, scientifique puis sociologique, la discussion s’est faite autour des limites éthiques et pratiques émises par les différents intervenants dans un «face à face » science et religion.

Voici ci-dessous les impressions d’Yves sur cette table ronde :

La dignité humaine implique-t-elle des limites
à la recherche scientifique ?

De la part d’un panel de religieux (un jésuite et un rabbin), d’un obstétricien (contre l’IVG) et d’une sociologue (plutôt ouverte aux questions sociétales) on pouvait s’attendre à une réponse en OUI, poussant à limiter les avancées scientifiques en matière de bioéthique.
L’actualité proche (l’arrêt des soins sur la personne de Vincent Lambert, relançant le débat sur l’euthanasie) et le projet de loi sur la PMA pour les couples de femmes sont autant de questions qui ne peuvent nous laisser indifférents.
Notre association avait été personnellement (par téléphone) invitée à participer à cette conférence-débat. J’étais le seul déjiste (avec un couple d’ex-adhérents). D’où la nécessité de ce petit compte-rendu.
Au delà du discours convenu sur « la dignité imprescriptible de l’humain » * et le refus de la GPA (que l’obstétricien qualifiait de « prostitution », du fait de la location de l’utérus) j’ai été agréablement étonné par trois avancées dans la réflexion.
D’abord la reconnaissance du fait LGBT (non diabolisé) et le respect envers les couples de femmes et les couples d’hommes.
Ensuite la légitimité des couples de femmes à avoir et à élever des enfants. A une question de la salle sur l’avenir de l’enfant dans un couple de même sexe, la réponse fut sans ambiguïté : les rapports montrent qu’il n’y a pas a priori de traumatisme chez un enfant élevé par deux femmes ou deux hommes, alors que le nombre d’enfants maltraités au sein de couples hétéros ne cessent d’augmenter.
Enfin, l’importance de la filiation. Il semble en effet nécessaire – pour le bien de l’enfant – de mettre fin à la culture du secret. « Il faut savoir qu’on a été l’avenir d’un passé pour pouvoir devenir le passé d’un avenir » dit Rémi Bragues. En d’autres termes, un enfant qui ne connaîtrait pas ses origines aurait beaucoup de mal, à l’âge adulte, à se positionner comme père ou mère.
Lors du débat, le journaliste-médiateur a parlé d’une Eglise « en surplomb », ne faisant pas cas des personnes et des évolutions sociétales, faisant passer des principes universalistes (la « sacralisation de la vie ») avant la réalité des personnes. Il fut vivement pris à partie par l’intervenant jésuite qui, sans surprise, a défendu l’attention de l’Église envers les plus faibles.
On sourit devant autant de mauvaise foi. S’il est vrai que les chrétiens ont beaucoup œuvré dans le caritatif (le curé d’Ars, l’Abbé Pierre, le Père Wresinski, Mère Térésa, Sœur Emmanuelle, Jean Vanier et tant d’autres anonymes), il n’en reste pas moins que l’Église reste encore très frileuse devant les changements sociétaux et les multiples façon de faire famille. Ceci dit, elle reste dans son droit quand elle émet des principes de précaution entourant la vie, de la naissance à la mort.

Yves

* (extrait de mes notes) :
Si l’homme est un être de relation, il est important de conserver ce lien aussi longtemps que possible et de continuer à parler au malade, de lui dire ce que l’équipe médicale fait pour lui.
Quelle place faisons-nous à l’autre quand il est diminué ? Le cas de Vincent Lambert n’est pas unique. Il y a 1700 personnes cérébro-lésée en France. Il est important d’examiner chaque situation séparément et de reconnaître quand l’obstination devient déraisonnable.
Sur les utérus artificiels, les intervenants ont rappelé, avec raison, l’importance – pour le développement de l’embryon – de ce qui se passe dans une matrice humaine.