Dans la peau d’un évêque (Yves)

« Dans la peau d’un évêque« ¹ est le « récit » que Christine Pedotti² avait rédigé, en 2009, sous le pseudo masculin Pietro de Paoli.
Plutôt que d’en faire une recension, il me semble intéressant de vous faire lire quelques extraits en lien avec l’actualité, pour montrer que les sujets qui nous préoccupent étaient déjà bien connus des chrétiens et de la hiérarchie catholique il y dix ans. 10 ans plus tard la « bombe à retardement » explose. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas !

p. 101–106

Mangin… directeur d’un collège de frères des Ecoles chrétiennes… avait été contacté par quelques hommes de plus de quarante ans, des anciens du collège qui disaient avoir été victimes d’attouchements sexuels de la part de l’un des frères enseignants. l’affaire était compliquée dans la mesure où les faits, s’ils devaient être confirmés, étaient légalement prescrits. Mais le préjudice, le traumatisme, eux, ne l’étaient pas…
En acceptant de devenir évêque, je savais que je devrais sans doute un jour faire face à cela… Je penserais d’abord aux victimes, avant de penser à moi-même, au diocèse, à l’Église, au scandale. Quant au coupable… il est d’abord redevable de la justice humaine. Et l’Église, qui a fait confiance à un homme qui n’en était pas digne, a aussi le devoir de reconnaître sa responsabilité, et ses torts, si elle en a. Hélas, dans bien des cas, il y a eu un défaut de vigilance, une inconscience, parfois une connivence, qui ont permis à la situation de perdurer. Et la plupart du temps, l’évêque en exercice « hérite » d’une situation qui a été ignorée ou occultée par un ou plusieurs de ses prédécesseurs…
Mais quelques jours plus tard, il (l’enseignant pédophile) a été retrouvé pendu dans sa chambre. Il a laissé une lettre ambiguë dans laquelle il admet en partie les faits sans reconnaître d’autre faute que d’avoir aimé les jeunes gens et leur avoir manifesté de la tendresse. Dans un long développement, il accuse l’Église de refuser les réalités du sexe et du corps et se présente comme la victime d’un obscurantisme clérical étroitement moraliste…
C’est une chose si terrible, une perversion si effrayante ! [Il] parle de tendresse mais les plus jeunes de ses victimes avaient dix ans. Dix ans ! On voudrait tellement que de telles choses, ne soient pas possibles, ou alors que les monstres aient des têtes de monstres. Mais non, ce sont justes des hommes…
Pour lutter contre la pédophilie, Rome demande que les tendances homosexuelles « ancrées » soient détectées chez les futurs prêtres afin de prévenir les risques (référence à l’instruction de 2005, approuvée par Benoit XVI, sur l’impossibilité d’ordonner des séminaristes homosexuels) ; comme si l’homosexualité et la pédophilie étaient liées !
Un de mes vieux copains psychanalyste a une tout autre analyse. Selon lui, la pédophilie est une perversion dont le ressort est la prédation. Elles est d’abord le viol d’une jeune conscience avant d’être celle d’un corps. Le danger ne serait pas l’homosexualité qui est une sexualité entre adultes consentants mais un goût pervers pour la domination et l’appropriation d’autrui…
Pour en revenir à l’affaire Carbon, le suicide du coupable ne résout qu’à moitié le problème. J’en ai longuement parlé avec Mangin qui est en relation régulière avec les victimes. La sollicitude dont il fait preuve à l’égard de ces hommes, alors qu’il n’est responsable de rien, force l’admiration. Pour ces adultes dont l’enfance et l’adolescence ont été si intimement blessées, trouver un interlocuteur d’une telle qualité humaine, se sentir écoutés, respectés, est déjà un grand réconfort. Mais ça ne suffit pas. Les actes du frère Carbon ont été vécus par ces hommes comme soutenus ou permis par l’Église. Et puisque Carbon n’est plus là, il faut qu’au nom de l’Église quelqu’un assume la responsabilité, et porte une parole ou un signe de réparation et de réconciliation.

p. 167–168

(Le narrateur se retrouve pendant quelques jours de repos avec 6 autres amis, prêtres ou laïcs).
Je n’ai pourtant aucun goût pour la séparation des sexes. Je crois que les sociétés équilibrées font vivre côte à côte les hommes et les femmes. Et pourtant, cette parenthèse d’amitié entre hommes a une saveur particulière. Je savoure la tendresse et l’attention de ces instants partagés. Peut-être est-ce simplement parce que la confiance et l’amitié qui nous unissent permettent à chacun de baisser la garde et de laisser parler l’affection sans que s’expriment les rivalités et les jeux de pouvoir qui trop souvent colorent les relations des hommes entre eux.
Je n’aime pas dire « les hommes », « les femmes », comme si la diversité des personnes pouvait être réduite à des essences. Mais j’observe que les relations entre les hommes sont souvent plus hiérarchisées que celles des femmes. Il me semble que les femmes entre elles recherchent d’abord leurs ressemblances, leurs solidarités, tandis que les hommes recherchent les différences et provoquent des rapports de force. Habitus culturel ou héritage lointain de notre passé primordial de tribu de primates, dans laquelle les rapport s’établissaient par rapport au mâle dominant ? En tout cas, s’il est un « péché » qui est plus majoritairement masculin, c’est bien celui de la domination. Voilà pourquoi il est si réjouissant de vivre ces instants de vraie fraternité.

p. 204–205

Les populations qui traditionnellement « donnaient » des prêtres, c’est-à-dire les familles rurales nombreuses, ont disparu. Elles donnaient d’excellents curés de campagne. Aujourd’hui, la plupart des jeunes prêtres sont issus de familles bourgeoises traditionnelles. Et ce n’est pas sans poser de problèmes…
Ils sont très pieux, très obéissants, du moins en apparence. Quand on y regarde de près, ils obéissent davantage aux codes culturels de leur milieu qu’à l’esprit de l’Évangile.
Et puis, beaucoup sont de pauvres petits jeunes gens recroquevillés sur leur honteux malheur. Plus ou moins consciemment, il se savent « différents » ; différents de leurs frères, de leurs cousins. Certains savent, d’autres se le cachent. Ils accidentent d’autant plus aisément la discipline du célibat que les femmes ne les attirent pas. Il y a ceux qui se prennent pour des anges et ceux qui revêtent l’habit ecclésiastique comme une cuirasse qui les protégerait d’eux-mêmes et de la « tentation ».
Je ne peux croire que Rome ignore ce que tous les directeurs de séminaire savent. Le nombre de garçons ayant une dilection homosexuelle est en constante augmentation. La plupart des formateurs disent qu’on atteint la moitie, certains prétendent qu’on approche les deux tiers…
Ils sont honteux et terrifiés. La plupart sont convaincus d’être damnés ou au risque de l’être. C’est une énorme quantité de malheur qui se prépare, une bombe à retardement. Comment des hommes qui se haïssent intimement pourront-ils faire du bien au peuple qui leur est confié ?…
Au fond, peu m’importe qu’un prêtre soit homosexuel, pourvu que ce soit un homme adulte et libre. L’essentiel c’est qu’il aime les gens à qui il est envoyé.

Extraits proposés par Yves

¹ « Dans la peau d’un évêque » Pietro de Paoli – Ed Plon (2009)

² https://fr.wikipedia.org/wiki/Christine_Pedotti

Timadeuc ! Un lieu où s’écoute le Silence ! (B.)

Retour de Timadeuc. Chacun écrira… !
Moi je me contenterais de rajouter que ces deux jours à Timedeuc m’ont plongé dans un profond questionnement sur ces hommes silencieux, qui consacrent leur vie et leur existence entière à Dieu. Ils émanent une fascinante beauté qui n’a rien à voir avec ce que l’on entend par ce mot dans notre monde à nous. Sortis du silence de la nuit, lentement, ils s’immobilisent devant leurs stalles.
Est-ce cela le chant des anges ?
Débute alors un hymne à la Gloire du Seigneur. Leurs voies s’harmonisent, s’élèvent, se mêlent et se démêlent, psalmodient, reprennent avant de mourir dans le même souffle. Puis synchronisés, ils s’inclinent vers le sol, infiniment, et rendent grâce. Alors, le silence gagne à nouveau, un silence si porteur qu’on voudrait qu’il dure et dure encore tant est intense ce « Plus près de toi, Mon Dieu… ». Il y a l’ancêtre, immobilisé contre la colonne de pierre par l’arthrose, et qu’on voudrait soutenir ; cet autre vieux, tout courbé par un dos en parfait angle droit, et qui marche avec hésitation ; ce troisième, plus jeune et en fauteuil roulant, puis celui qui claudique, pied-bot, les mains déformées ; il y a ce noir au regard baissé contrastant singulièrement avec sa bure si claire, et dont on se questionne inévitablement sur ce choix , et celui d’avoir quitté les rivages qui l’ont vu naître ; ou bien le plus jeune de tous, à barbe rousse qui, dans sa lecture du Livre, au coeur de la nef, dénoue lentement chaque syllabe pour que nous en comprenions bien le message. Il y a cette face souriante a très longue barbe blanche, tellement longue qu’on la croirait sortie d’un portrait à la plume de Dürer, qui célébrera l’office, et que transporte une évidente inspiration ; fermant fratrie, il y a enfin l’Abbé, que rien ne distinguerait des autres, sinon sa croix pectorale et son gros anneau d’or.
Il y a surtout ce lieu, un lieu d’évidence habité, avec ses longues colonnes de granit qui pointent vers le ciel, un lieu grandiose, strict et sévère comme le message de Bernard, un lieu qui prend tout son sens dans la nuit débutante où nous sommes plongés lorsque le Salve Regina monte de l’obscurité des voutes vers Marie à l’enfant, statufiée, polychromée et en aura, comme une assomption.
Timadeuc ! Un lieu où s’écoute le Silence !

B.

God save the Pope ! (Yves)

Téo et Abdo nous ont donné à lire des articles fort intéressants sur Sodoma, le « pavé » du sociologue et journaliste gay Frédéric Martel. J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de cette recherche, comme certain-e-s d’entre vous ont eu l’occasion de le faire également par mail ou au cours de nos conversations.
Je veux juste émettre une réserve…. non sur la thèse de l’homophilie généralisée (80% des membres de la Curie seraient concernés), ni sur celle de l’hypocrisie (on jette l’opprobre sur l’homosexualité mais on ferme les yeux sur ce qui se passe intra muros), mon doute concerne plus la pratique de l’homosexualité : les orgies et le recours aux rapports tarifés qui, selon l’auteur, auraient lieu en sein du Vatican ou dans des boites spécialisées. Outre que chacun s’épie et que la délation va bon train (ce que K. Charamsa décrivait très bien de l’intérieur), il est bien connu que la libido décroît fortement après 60, et encore plus après 70 ans et que ce que F. Martel avance relève du fantasme de journaliste et des propos calomnieux de certains clercs entre eux, plus que de la réalité.
Ceci dit, ce livre (aussitôt traduit en plusieurs langues) doit faire l’effet d’un coup de Trafalgar dans le ciel bleu de Rome. Le pape François reçoit là un argument de plus pour faire évoluer l’institution catholique, et en particulier l’atmosphère particulièrement malsaine de la Curie.
En ce qui nous concerne, il faudra que les textes du magistère cessent de parler de « conduite intrinsèquement désordonnée » et reconnaissent l’homosexualité comme une variante légitime de la sexualité humaine. Cela entraînera un recentrage sur la loi d’amour (envers Dieu et envers ceux/celles qui nous entourent) en cessant de se focaliser sur la morale familiale et sexuelle. La bonne nouvelle de Dieu n’est pas une affaire de zizi.
Le pape a bien analysé que le problème majeur venait d’une institution trop hiérarchisée, trop autoritaire et refermée sur elle-même. Il faut faire fonctionner la décentralisation et redonner le pouvoir à l’ensemble des baptisé-e-s, qu’ils soient clercs ou laïques (femmes et hommes).
Je termine par cette photo d’un groupe de Catholiques LGBT anglais reçus à Rome par le Pape le 6 mars dernier, jour du mercredi des Cendres. Belle image de l’ouverture et de la bienveillance de François. Une attitude qui ne demande qu’à être inscrite dans les textes. Certes pas facile, tant le poids des Eglises d’Afrique, d’Amérique latine et de nombreux cardinaux conservateurs est important. « God save the Pope ! » (que Dieu protège le Pape).

Yves

Critique du film »Grâce à Dieu » (Camille)

Grâce à Dieu retrace la naissance de l’association de victimes La parole libérée à Lyon en 2015 et le combat d’adultes qui accusent le même homme d’abus sexuels. Cet homme, c’est le père Bernard Preynat, dont les victimes vont se révéler nombreuses, comme l’illustrent dans le film les sonneries successives de la permanence téléphonique de La parole libérée…
Et c’est d’abord dans la position sociale de l’agresseur que réside la particularité de l’affaire Preynat : l’homme est un prêtre en charge d’enfants, notamment dans le contexte de camps scouts et d’activités paroissiales. L’aura de l’homme d’église charismatique et apprécié de tous suffit en effet à tuer dans l’œuf toute voix discordante…
Le film présente la mécanique et l’enchaînement des faits à mesure que les victimes témoignent et se mobilisent. Déplacement du prêtre par sa hiérarchie, plaintes des parents de victimes adressées aux autorités religieuses mais pas à la police, promesses non-tenues d’éloigner le prêtre des enfants… Autant d’éléments qui, mis bout à bout, expliquent comment ces crimes (agressions sexuelles et viols sur mineurs de moins de quinze ans) ont pu être perpétrés aussi longtemps, faisant autant de victimes. En nous entraînant dans un premier temps dans l’enquête d’Alexandre (une des victimes) pour obtenir des réponses, le film dénonce l’immobilisme auquel se heurte celui qui remet en cause l’institution. Avec une patience qu’on ne peut que louer, Alexandre pousse toutes les portes pour éviter de faire sortir l’affaire du cadre diocésain et qu’un scandale n’éclate. Mais devant l’insoutenable légèreté avec laquelle on reçoit son témoignage, il se résout à emprunter d’autres voies…
Grâce à Dieu montre aussi comment les silences de chacun (plus ou moins coupables) font ensemble une chape de plomb et fondent une loi du secret qui protège l’agresseur et isole encore un peu plus les victimes. Pour elles, comment trouver la force d’en parler (à qui ?), de témoigner, ou même dans certains cas, de se souvenir… ?
Ce sont les histoires personnelles et familiales des fondateurs de La parole libérée qui peuvent le mieux ébaucher une réponse à ces questions. La grande force de Grâce à Dieu, c’est d’être fidèle à la complexité de ces histoires. Une esthétique de la nuance et la volonté de ne pas trahir la vérité. S’il y a de l’indignation, c’est plutôt du côté du spectateur qu’elle se situera.
Le film n’est pas le pamphlet contre l’Eglise qu’on pouvait craindre. Le réalisateur s’en prend au silence de ceux qui auraient dû dénoncer ces crimes au lieu de les minimiser, de les couvrir…
A ceux qui lui reprocheraient de vouloir influencer l’opinion ou la justice, F. Ozon répond : « Je ne dévoile que des faits établis, admis par le prêtre et qui ont été divulgués dans la presse. Mon film n’a rien d’un procès »
Il dénonce plutôt ce que toute conscience impose de dénoncer et s’attache à rendre compte de combats intimes d’hommes fragilisés au plus profond d’eux-mêmes. Le choix de présenter les trajectoires de trois personnages aux existences très diverses a le mérite de rendre compte de la diversité des manières de survivre. Les abus qu’il a subis n’empêchent pas Alexandre d’éduquer ses enfants dans la tradition catholique et la foi qui continue de l’habiter. Emmanuel quant à lui, n’a pas fondé de famille et s’abîme dans les addictions. Mais au-delà de ces situations a priori opposées, c’est la même ombre qui semble planer sur leurs existences… Pour François, c’est plutôt au sein de la cellule familiale que l’impact des abus qu’il a subi se perçoit, faisant la démonstration (si besoin était) que les violences subies par un enfant font aussi des victimes collatérales.
En définitive, Grâce à Dieu témoigne que les victimes du père Preynat ne peuvent que vivre avec ce qu’il leur a fait. F. Ozon n’évince pas complètement la question du pardon si chère à la tradition catholique. A travers le personnage d’Alexandre, cette notion apparait comme une possibilité laissée à la victime qu’elle est seule à pouvoir accorder ou refuser. Mais il s’agit bien d’une démarche personnelle qui ne peut en aucun cas se substituer à la justice qui, elle, doit être rendue.
La sortie en salle de Grâce à Dieu a failli être reportée par une plainte des avocats du père Preynat qui n’a pas encore été jugé mais a avoué les faits. Ce jeudi 7 mars, en revanche, le Cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon (et mis en scène dans le film de F.Ozon) a été condamné à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lyon pour n’avoir pas dénoncé les agissements pédophiles du père Bernard Preynat.

Camille

https://www.20minutes.fr/arts-stars/cinema/2452171-20190219-francois-ozon-grace-dieu-bons-contre-mechants

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/08/la-condamnation-du-cardinal-barbarin-une-onde-de-choc-dans-l-eglise_5433181_3224.html

Retraite ignatienne à Joigny (du 15 au 20 février 2019)

Depuis l’an dernier une retraite spirituelle ignatienne est proposée aux déjistes par les religieuses de Joigny. En 2018, les déjistes nantais Maryam et Philippe y étaient allés. En 2019, c’est au tour de Nadine de participer à cette expérience spirituelle.

Ci-dessous une petite présentation de soeur Michèle puis un témoignage d’un déjiste.

Une retraite spirituelle à l’initiative de
l’association « David et Jonathan

Cette retraite s’est déroulée à Joigny dans le Centre spirituel des Religieuses du Sacré-Cœur de Jésus du 15 au 20 février 2019. Cela faisait la deuxième fois que David et Jonathan demandait à ce Centre, une retraite spirituelle. Elles ont été animées par des religieuses ignatiennes : sœurs du Sacré-Cœur de Jésus et sœur du Cénacle.
Cinq jours pour vivre un temps-fort pour descendre dans son cœur profond et faire l’expérience d’une rencontre personnelle avec Dieu. Les thématiques de chaque jour en disaient bien l’enjeu : S’ouvrir à la rencontre ; se laisser aimer par Dieu ; entrer dans le projet de Dieu : vie et liberté ; accueillir sa tendresse qui nous sauve ; entendre son appel.
Chaque jour apportait une « nourriture » pour le cœur et l’esprit avec un topo introductif, 2 récits bibliques avec des pistes pour aider la méditation, un clip video comme un clin d’œil ludique, un enseignement de vie spirituelle, un temps d’accompagnement et un partage en groupe en fin d’après-midi.
Mais tout ceci, laissait de large temps pour la gratuité d’une marche, d’un modelage, d’un mandala, d’un dessin… Et bien sûr, du temps pour le plus important et l’essentiel de la démarche : 3 moments de méditation sur les récits bibliques proposés pour les laisser faire leur œuvre de vie, de bonheur, de liberté.
C’était la 2ème édition !
Il y en aura une 3ème.

Soeur M. (blog aubonheurdedieu*)

Contacter le Centre pour dates et inscription.
http://www.centre-sophie-barat.com/Le-centre-spirituel

Joigny, deux expériences de quatre ou cinq jours
ou l’apprentissage de la « douceur »

Laissez vous être aimés et aimez

Pourquoi retourner sur le même lieu avec les mêmes thèmes, initiation aux exercices spirituels. Pour être sincère, je n’ai même pas pensé au thème, je savais que pour avancer, la case Joigny était la bienvenue ; que dit cette case ? Elle dit que cette initiation aux exercices spirituels est une expérience très riche à titre individuel et collectif car même dans le silence, il se passe des choses aussi au niveau collectif.
Il y a trois types de moments ;
les moments où seul on va à la recherche (plutôt on fait l’apprentissage) de soi-même et de Dieu,
il y a les moments où, par des textes Michèle, Rachel et Odile guident notre regard et notre prière ; la démarche est progressive comme les premières pages de l’exode ; c’est une avancée en eau profonde ;
et il y a les moments où chaque soir on fait retour au collectif d’un ressenti.
Où on en est ?
Comment on le vit
Au-delà de ces moments chaque jour un accompagnement individuel permet de libérer la parole et les blocages. C’est énorme ; je pose mes valises et Rachel la première fois et Odile la seconde m’ont accompagné pour poser les choses ; j’avais l’impression de refaire mon sevrage d’alcool ; enfin j’arrivais à me poser…C’était donc vous (Dieu, l’amour).
Dans mon cas, le chemin était chaotique et plein d’émotions car j’ai quelques bonnes casseroles que je traîne depuis longtemps ; et là je ressens sur moi une transformation de l’image ; je ne me crois pas aimable, pas de chance, je suis aimé en premier ; et si je dérape, il y a quelqu’un qui en permanence me guette et qui, lorsqu’il me voit de loin, court vers moi. J’ai appris que l’amour et Dieu c’est pareil ; certes je le savais mais c’est devenu une expérience, une vibration et cet amour me précède.
Pourquoi revenir ?
Je crois qu’il y a des temps où on a besoin de revenir à l’essentiel non pas pour l’apprendre mais pour le ressentir. On vit quelque chose à Joigny et c’est tellement intense !
Comme je pars toujours avec un bouquin, je me suis fait accompagner par saint Augustin et ses confessions ; et cela résume bien l’expérience que j’ai vécu à Joigny

« Vous ne vous éloignez jamais de vos créatures
Et cependant nous avons tant de peine à
Vous retrouver et à retourner à vous
Seigneur, agissons en nous par votre grâce
Réveillez-nous
Rappelez-nous
Réchauffez-nous
Elevez-nous
Enflammez-nous
Et faites-nous sentir vos douceurs afin que sans différer davantage nous vous aimions et courions vers vous »
Saint Augustin

J’ai très envie de retourner à Joigny car les personnes rencontrées me parlent et je crois que sur d’autres thèmes que cette initiation, on peut y trouver de l’énergie renouvelable et pérenne pour une drôle de vie…
qu’il convient d’aimer

JL

* http://aubonheurdedieu-soeurmichele.over-blog.com/2019/03/une-retraite-spirituelle-a-l-initiative-de-l-association-david-et-jonathan.html

Eglise et homosexualité : les lourds secrets du Vatican (Madeleine)

Eglise et homosexualité
Les lourds secrets du vatican

(Recension de l’émission de France culture du 15 février 2019 *)

Frédéric MARTEL, écrivain*, sociologue et journaliste, est l’invité de France culture, pour parler de son dernier ouvrage : « SODOMA, enquête sur le Vatican« . Il y dénonce l’hypocrisie du système ecclésiastique qui diabolise l’homosexualité alors que les dignitaires seraient en majorité homosexuels. Il est rejoint en seconde partie d’émission par Virginie RIVA*, journaliste, ancienne correspondante à Rome et Henri TINCQ* , vaticaniste, ancien chef de la rubrique religieuse au « Monde ».

Il est très largement question, ces temps derniers , de la morale sexuelle de l’Église entre crime et scandale, et ce n’est pas la première fois que le sujet de l’homosexualité pratiquée par certains clercs est abordé (le « lobby gay » dénoncé par Benoît XVI), mais l’enquête de Martel qui porte sur 4 années d’immersion dans le milieu, avec les confidences d’une quarantaine de cardinaux, une centaine de prêtres, et dans une trentaine de pays, soit au total 1500 personnes, révèle une homosexualité massive (85 %) à la tête du Vatican (collège cardinalice et entourage du Pape.)
On avait eu connaissance des soirées gay (sexe et drogue) présentées comme des dérives marginales, mais ce qui est resté dans l’ombre et qui interroge, c’est l’ampleur du phénomène, sa banalité et sa constante dissimulation, comme pour la pédophilie.
Et à ce propos, il y a lieu, insiste Martel, de refaire la distinction. Contrairement à la pédophilie qui reste un abus, l’homosexualité en soi (sans rapport de domination ni hiérarchie) n’est pas un « mal », c’est une orientation, une possibilité offerte à tout être humain.
Il ne s’agit pas dans cette enquête de « outer » des prêtres, mais de dénoncer tout un système, lequel relève de l’étude sociologique (entre autres : la façon dont sont recrutés les prêtres et la relation homosexualité/ montée dans la hiérarchie)
Ce qui fait problème, ce n’est pas l’homosexualité mais le silence qui l’entoure.

Pourquoi un tel silence justement ?

La plupart des prêtres interrogés dans un éventail de 75 à 95 ans (et supposés homophiles et chastes) sont issus de la culture des années 50, culture du déni et de la double vie.
On ment aux autres, on se ment à soi-même.
On peut parler d’omerta dans un silence qui arrange tout le monde, mais il est abusif de parler de « lobby gay ». La plupart sont des victimes qui luttent contre leur propre singularité.
Il s’agit plutôt de « mille petits placards », chacun souhaitant garder son petit secret. Attitude favorisée par la culture du silence au coeur même du Vatican (élections, archives, informations, décisions). Le secret pontifical est partout et même renforcé dans les années 2000 avec l’émergence de la pédophilie.
C’est précisément cette culture du silence qui, selon Martel, a favorisé l’extension et l’impunité des actes pédophiles, car, selon lui, ceux qui ont protégé les pédophiles craignaient d’être eux-mêmes dénoncés comme homosexuels. Ce serait cette double compromission qui a fait perdurer les abus.
Pour Martel, l’homosexualité cachée est la clé de toutes les distorsions au sein de l’Église.  C’est d’abord ce qui a engendré tant de pseudo-vocations dans les années 5O (le « paria » pouvant devenir « l’élu ») la preuve en est avec cette baisse dramatique du recrutement, les jeunes homos ayant à présent d’autres options que la prêtrise.
C’est surtout ce qui explique la rigidité de ses prises de position en matière de sexualité et de famille : « plus l’homosexualité est refoulée, plus l’homophobie est doctrinale » (« les plus durs sont ceux qui ont une faille intérieure »… la haine de soi…)
Bref un système gay qui tient un discours homophobe, avec tout ce que cela suppose de schizophrénie, double vie, hypocrisie. Les mots mêmes du Pape FRANÇOIS pour fustiger le noyau conservateur.
Ce cléricalisme enfin (à rapprocher du stalinisme qui protège à tout prix l’institution, la raison d’état primant sur la vérité) n’est plus tenable. Et comme l’a dit le Pape FRANÇOIS lui-même : « Le carnaval est fini ! »

Face à la thèse de MARTEL, la journaliste Virginie RIVA, tout en reconnaissant la « misogynie abyssale » du Vatican, pense que le « prisme de l’homosexualité » ne saurait rendre compte de tout. Il faut cadrer plus large. Ce que demande en priorité le Pape FRANÇOIS, c’est une « Eglise pauvre parmi les pauvres » (cf sa prise de position envers les migrants)
Le vaticaniste TINCQ réfute le lien entre l’homosexualité cachée et la protection des pédophiles, il exprime pour le reste sa stupéfaction et son dégoût, et pense que l’Église est à la veille d’une révolution interne qui explosera le système. Sur ce point, V. RIVA est plus réservée…

Affaire à suivre donc…

Transcription et synthèse de Madeleine

* « Le rose et le noir : les homosexuels en France depuis 1968 » paru en 1996

* Auteure de : « Ce Pape qui dérange » (2017)

* Auteur de : « La grande peur des catholiques »

https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/eglise-et-homosexualite-les-lourds-secrets-du-vatican

Et cela arriva… (Sophie)

En ce 2 février 2019, la commission diocésaine « S’accueillir » a permis ce bel aboutissement tant espéré en provocant une rencontre avec les associations homosexuelles à aspiration chrétienne et spirituelle. Et je dois dire Merci au nom de tous les anciens et les anciennes qui ont tant travaillés pour ce qui arrive aujourd’hui arrive.
« David et Jonathan » depuis 1972. « Réflexion et Partage » depuis 2000. Au nom de tous et toutes, dont certains sont partis ou sont décédés, Merci.
« S’accueillir » a tout compris et fait la part entre deux mondes qui se croient différents en ajoutant le « S » devant « accueillir ». Le petit « S » qui fait la différence est le : « mieux comprendre le vécu des personnes et de leur famille et aider les membres de la communauté chrétienne à mieux estimer les personnes, les intégrer dans leur propre Eglise et avancer ensemble sur le chemin de foi. »
Avec « Réflexion et Partage », nous n’avions que cet objectif en tête et au cœur. Quelle avancée que cette réalisation effective ! Mais qu’en sera-t-il pour les autres diocèses qui ne mettront pas le petit « S » si essentiel ?
A la réunion, je me suis permise d’exprimer mon inquiétude à ce sujet, en deux phrases ce fut difficile, en voici la totalité :
« Au synode des Evêques sur les jeunes en octobre dernier, c’est la question de l’accueil des personnes homosexuelles dans l’Eglise qui a causé le plus de résistance (65 voix contre), quand il ne s’agissait que de rejeter toute discrimination ou violence sur base sexuelle et de favoriser la mise en place de parcours d’accompagnement dans la foi des personnes homosexuelles. » – La Croix 29 octobre 2018
Ma question et ma crainte se trouvent dans cette recommandation, elle-même validée par tous les autres évêques.
« Le parcours d’accompagnement dans la foi… »
Magnifique avancée bien évidemment, après les « parcours de la guérison, de pardon ou d’exorcisme » qui ont déclenchés tant de décompensations psychologiques et de suicides, mais je reste méfiante par rapport à cette mise en place car je m’interroge : pourquoi une personne homosexuelle chrétienne aurait-elle besoin, plus qu’une autre personne chrétienne, d’un accompagnement dans la foi ? Et si je me fais accompagner dans ma propre foi, ce sera en tant que fille de Dieu et pas en tant que personne homosexuelle. Ne puis-je pas, moi aussi, accompagner mes frères et sœurs dans la foi ?
« S’accueillir » a compris cela et « s’accompagner » serait donc le mot juste.
Pourquoi ?
Le mot « Accompagnement » peut dissimuler d’autres objectifs secrets bien-pensants, et être orienté par des projets inconscients collectifs ou personnels. Avec humour, je vous copie des phrases de ma poétesse préférée, Marie Noël, écrites en 1936 certes, mais applicables dans certains milieux encore :
« Il y a dans le catholique un être satisfait, supérieur – celui qui possède la vérité – plein de sécurité et de certitude. S’il s’incline vers l’autre pensée – il s’incline – c’est pour la sauver, c’est-à-dire la circonvenir, la séduire, la gagner à Dieu. Elle n’est pour lui qu’un objet de compassion ou de conquête. Il l’aime par miséricorde. Il la méprise par foi. Aucun échange possible. Un catholique donne. Il ne reçoit pas. »
(Marie Noël – Notes intimes)
Sous le mot « Accompagnement » peut se dissimuler :
Une pastorale : mener et ramener le troupeau perdu
Une tutelle
Une compassion : se pencher vers
Une guidance : guider les pas de l’autre, le mener dans le droit chemin, en tout cas le sien
Un patronage : prendre par la main
« Accompagner la souffrance » sans partager le bonheur, les découvertes et les talents.
Il peut y avoir pour tout humain, catholique inclus, cette manière égocentrée d’aider l’autre et de compatir à sa souffrance qui revient à le réduire à l’image que l’on s’en fait. C’est le piège de la compassion (je l’ai vécu quand j’étais jeune infirmière). On peut prétendre savoir ce qui est bon pour l’autre et on peut essayer de le réaliser malgré lui, l’autre, dans ce cas-là, est aliéné. Il devient le miroir de nous-mêmes.
Être accompagné ? Oui, dans notre réalité propre de façon inconditionnelle et partager la foi ensemble. Accompagner, non pour « soulager » cette vocation à l’amour qui est notre homosexualité, mais aider à la dévoiler pour « faire naître » en l’autre. Encore une fois, la commission diocésaine a tout compris et avec elle, le mot ACCOMPAGNEMENT a tout son sens.
Un accompagnement spirituel, c’est l’accompagnement du spirituel où il y a deux personnes semblables s’unissant dans le spirituel.
La joie spirituelle est mutuelle. La souffrance spirituelle est mutuelle.
Le pardon est mutuel. La fécondité est mutuelle. La compassion et l’accompagnement sont mutuels.
J’ai la crainte que l’accompagnement de l’Eglise catholique, dans certains diocèses, soit « se pencher vers » plutôt que « l’art d’être avec ».
Je vous offre en cadeau cette magnifique phrase d’Henri Nouwen :
« Être le bien-aimé, être la bien-aimée est la vérité centrale de notre existence, vérité la plus intime de tous les êtres humains qu’ils appartiennent ou non à une tradition. N’est-ce-pas cela s’aimer ? Nous donner l’un à l’autre le cadeau de notre condition de bien-aimé ? »
Encore Merci.

Sophie

Rencontre inter associative du 2 février 2019 (Yves)

L’ignorance est toujours mère des préjugés.

« L’ignorance est mère des préjugés ». Nous l’avons une nouvelle fois vérifié au cours de cette rencontre (samedi 2 février) où quatre associations de personnes LGBT et hétérosexuelles de confession catholique se sont retrouvées pour mieux se connaître et voir ce qui pouvait être construit ensemble au-delà de nos diversités légitimes.

M-Hélène a pris la parole au nom de D&J et des 12 déjistes présents pour rappeler les fondements historiques et les buts de notre association :
Créée en 1972 ; à Paris d’abord, puis en province ; des hommes, des femmes et maintenant des trans ; des catholiques à l’origine mais s’ouvrant à d’autres confessions chrétiennes puis accueillant des personnes en recherche de sens ; des actions de solidarité (années Sida, participation aux Marches des Fiertés, interventions en milieu scolaire) ; ouverture à la région (rencontres de l’ouest) et à l’internationale (Forum Européen et Ilga).
Accueil, écoute, soutien, partage, réflexion et ressourcement spirituel sont proposés à tous ceux et toutes celles qui viennent avec un vécu souvent lourd à porter, cherchant à concilier sexualité et foi chrétienne.
M-Hélène a terminé par une citation de Jacques Perotti (déjiste de la 1ère heure et secrétaire de l’abbé Pierre) : « la sexualité est un don de Dieu ». D&J est un chemin de liberté (avec le Christ – pour ceux qui se réfèrent à Lui).

Devenir Un En Christ (DUEC) fut présenté par Myriam et sa compagne Cécile.
Fondé en 1982 à Paris par un couple ayant souffert de de la mort de leur fils, DUEC n’est pas un mouvement d’Eglise, même s’il bénéficie à Nantes de la présence d’un accompagnateur religieux. Cette association se présente comme un groupe de partage catholique axé sur la prière, la lecture de l’Evangile et le partage de vie dans le respect du parcours de chacun-e.
Pour les 14 participant-e-s il s’agit de relire notre sexualité, notre rapport au monde, sous le regard du Christ, pour cheminer avec Lui. 5 déjistes sont aussi adhérents à DUEC.
Quatre rencontres nationales (retraites, temps de réflexion) sont proposées chaque année.
Devenir Un En Christ

Réflexion et Partage est la 3ème association à se présenter.
Claude Besson – qu’on ne présente plus ! – rappelle combien les manifestations contre le PACS (en 1999, à Nantes comme ailleurs en France) avaient heurté plusieurs chrétiens qui ne se reconnaissaient pas dans ce déferlement de haine.
En l’an 2000 quelques nantais-es (lgbt et parents) décident de répondre à l’appel de l’évêque et d’écrire, à partir de témoignages personnels, les « Actes des chrétiens homosexuels », qui a reçu un accueil très positif.
Par la suite R&P essaiera d’interpeller les responsables paroissiaux, publiera un document de réflexion de 50 pages, et organisera des conférences pour favoriser l’accueil des personnes homosexuelles en paroisse.
Depuis 2009, chaque année, R&P organise, avec la présence d’un intervenant de qualité, une rencontre à Paris rassemblant une cinquantaine de personnes, dont beaucoup de parents, venant de toute la France. Le tour de table permet de vérifier qu’une dizaine de diocèses « bougent » et que des chrétiens (pas tous homosexuels) interpellent leur évêque et leur curé.
Réflexion et Partage

S’accueillir (à l’initiative de cette rencontre) est une Commission Diocésaine, avec un prêtre nommé par l’évêque, qui a constitué une petite équipe de 7 personnes dont des personnes homosexuelles, un couple de parents, une hétérosexuelle militante et un psychiatre (celui qu’on retrouvera le 08/02 au Passage Ste Croix).
Le père Bernard OLLIVIER rappelle les actions passées :
1/ Une marche/discussion avec une messe présidée par l’évêque.
2/ La série des 4 jeudis de la différence, suivie par près de 140 personnes, là aussi avec la présence de l’évêque à la dernière rencontre.
3/ Un dépliant « s’accueillir » à destination des paroisses (mais les réticences à la distribution sont fortes et aucun curé n’a pour l’instant sollicité l’intervention de la Commission).
4/ Une lettre rédigée à l’initiative des commissions diocésaines, signées par nos associations lgbt et diverses personnalités catholiques, a été envoyée en octobre à tous les évêques de France (1). 10 ont déjà répondu. C’est déjà une avancée !
Lettre envoyée aux évêques

Un débat a eu lieu ensuite sur le travail qui reste encore à mener auprès des prêtres.
Leur gêne sur ce sujet (relevant pour beaucoup d’un comportement immoral) explique au mieux leur silence, au pire des prises de position négatives.
Pourtant, note l’une d’entre nous, que de dégâts auprès des (jeunes) homos qui risquent de se refermer sur eux-mêmes, de quitter l’Église, d’être blessés, ou pire d’attenter à leurs jours. Le cas est particulièrement critique chez des aumôniers d’étudiants aux propos homophobes avérés et qui ne sont pas déplacés par l’évêque.
Même si le climat au sein des catholiques (les autorités ecclésiastiques et le peuple chrétien) n’est plus le même et les avancées notoires (notamment envers les parents d’enfants lgbt), on est encore loin d’une prise en compte de questions plus spécifiques : les bénédictions de couples, la question de l’homoparentalité, les personnes trans.

Projets :

1/ La commission S’accueillir aimerait intégrer un membre de D&J (suite au départ de Jacqueline en début d’année). Qui ? c’est à la collégiale de décider.
2/ Cette rencontre nous ayant beaucoup apporté, on est d’accord pour se retrouver une fois par an, à l’initiative de S’accueillir. Ce pourrait être sous la forme d’une marche avec des temps de parole.
3/ Pourquoi ne pas préparer ensemble une intervention publique dans la région nazairienne ?

La soirée s’est terminée par la messe où Bernard Ollivier nous a présentés à tous comme « le groupe de chrétiens homosexuels, réunis pour réfléchir entre eux cet après-midi, et qui sont restés prier avec nous », avec une intention de prière universelle spécifique lue par Jacqueline (2) et un « verre de l’amitié » pour une dizaine de paroissiens qui connaissaient l’un un voisin, l’autre un membre de sa famille… On se sent moins seul entourés de tous ces gens bienveillants.

Yves

1. Yves peut vous envoyer ce document de 12 pages intitulé « Homosexualité et vie chrétienne. De nombreuses initiatives diocésaine au service des personnes et de leurs familles » présentant un grand nombres d’initiatives diocésaines et des témoignages. La lettre d’introduction de Claude Besson, plus concise (1 page), en traduit l’essentiel.

2, « Merci Seigneur pour le chemin parcouru par notre Eglise qui a le souci de tous.
Prions pour que chaque personne, concernée ou non par l’homosexualité, soit témoin de l’amour inconditionnel du Christ pour chacune et chacun. »

Libérés, délivrés ! (Téo)

Assis entre un fossile de troglodyte, une bibliothèque généreusement fournie et une sculpture féline avec vue imprenable sur les nuages rezéens, nous voici réunis chez Madeleine pour causer « Libération ». Libération : fil conducteur du futur livre-témoignage de Sophie.
Aujourd’hui, chacun sera invité à partager un événement de sa vie où il ou elle est passé(e) de l’enfermement à la libération.
Même en amicale compagnie empathique ce challenge peut ne pas être aisé à relever et requiert une bonne dose de confiance et de lâcher-prise…
Pour Sophie, rassembler corps, esprit et cœur en une même unité pour renaître à elle-même et, enfin se libérer, aura été un long chemin semé de zigzags, de ralentisseurs et d’ennéagramme salvateur.
Oser un jour se libérer peut faire peur même si on quitte une vie pour une autre que l’on espère meilleure et dans laquelle on sera en accord avec soi-même, avec son orientation sexuelle, avec son identité de genre, avec ses convictions spirituelles ou autres valeurs personnelles.
L’appréhension de l’inconnu…
Mais, une fois ces peurs dépassées, une fois avoir osé, ça peut marcher nous le confiera Hélène. Certes avec une petite auto-prescription de mandalas mais ça peut marcher !
A propos de marche, Yves nous contera les vertus de ses escapades pédestres dans la perfide Albion ou sur les chemins de St Jacques pour atteindre la libération de son esprit, pour se décharger du poids du superflu et revenir à l’essentiel.
C’est à Taizé que Steve va régulièrement se ressourcer, se libérer, pour faire de sa vie, à son retour, un nouveau début. Quant à Philippe, il pose régulièrement son sac à l’abbaye de Timadeuc, au Mont St Michel ou rejoint Maryam pour une retraite ignacienne dans une communauté religieuse à Joigny. A chacun sa façon de se libérer spirituellement…
Parfois, comme nous le confiera Pierre-Hugues, des événements très douloureux mais si intenses et riches en émotions peuvent libérer et parvenir même à apaiser des tristesses enfouies dans le passé. Les petits miracles de la libération…
Dans une famille, un mode de fonctionnement que l’on souhaite instaurer voire imposer à tous ses membres pour leur bien peut s’avérer ne pas convenir aux aspirations de chacun. Chacun suit le mouvement mais tous ne s’y retrouvent pas ; on a l’impression à un moment donné de brimer ses pensées. Alors, las de subir, las d’essayer de fonctionner comme les autres, un jour sonne l’heure de la révolte, de la libération et d’affirmer ce que l’on pense, ce que l’on est. On ne quitte pas sa famille mais, comme Camille, on lui impose sa différence.
Quand un pays, une société, une famille, en raison de ses lois, de ses interdits, de ses croyances religieuses ou pas, interdisent d’être soi-même, condamnent votre orientation sexuelle (ou votre identité de genre) alors, pour vivre, seul l’exil apparaît comme Libération. C’est ainsi que Maryam, Abdo et Jacques ont quitté leurs pays pour rejoindre la France afin d’être libres, d’être eux-mêmes, libres de vivre pleinement leur orientation sexuelle et de pouvoir l’exprimer, libres de pouvoir choisir leur spiritualité ou religion (voire d’en changer) et de pouvoir l’exprimer.
Au fil de cet après-midi défileront ainsi des parcours de vie jalonnés de moments de libérations confiés aux autres dans une atmosphère bienveillante. Moments précieux, heureux ou malheureux, différents, essentiels qui ont construits, qui construisent ou construiront.
Mais déjà les lumières de la ville en bas de la tour s’allument une à une ; il est temps de rentrer dans nos chaumières avec dans un petit recoin de notre cerveau les bribes d’un récit ou d’un autre qui nous aura touchés, émus ou éclairés.

Téo

Première rencontre de l’année 2019 (Téo)

Qui dit nouvelle année, dit bonnes résolutions…
C’est ainsi que nous avons monté quatre à quatre les trois étages vers le nid du capitaine Bernie pour atteindre le lieu de notre première rencontre de l’année nouvelle. Certains, plus musclés et désireux d’améliorer leur taux de galanterie sanguine s’empressèrent de donner un coups de biceps à Camille pour hisser son carosse au sommet.
La cabine de navire de notre hôte chaleureuse et cosy n’ayant pas assez se séants, chacun apporta son lot de chaises au designs disparates dont un savoureux modèle camping années 70 aux motifs floraux ravissants !
Il faut dire qu’en ce début d’année, il y avait foule ! Le nombre des convives dépassait la vingtaine avec une ribambelle de nouvelles et de nouveaux venu-e-s prêt à partir à la découverte de D&J Nantes.
Après s’être souhaité une belle année 2019, le moment de passer aux choses sérieuses sonna : l’assemblée générale réglementaire mais fort heureusement minimaliste. Yves ayant pris la décision de passer la main, après un nombre d’années de service très honorable et salué par l’assemblée présente, l’élection d’une nouvelle collégiale fut un de nos premiers exercices dominical. Comme sans doute au Vatican et dans d’autre palais feutrés la précédente collégiale avait sollicité en coulisse des candidats potentiels susceptibles de s’investir dans cette nouvelle aventure collégiale sachant qu’une nouvelle règle venait d’être votée : avoir une ancienneté recquise de 9 mois à D&J Nantes pour y participer. Une par une les personnes furent présentées puis, nous votâmes à mains levées. Et c’est ainsi [roulements de tambours] que la nouvelle collégiale du groupe de Nantes crû 2019 sera composée des membres suivants : Annette, Camille, Abdo et Pierre-Hugues. Camille conserve ses fonctions de trésorière garante de la comptabilité de notre trésor dont elle nous lista dépenses et recettes pour l’année 2018.
Après les travaux intellectuels place au goûter et aux réjouissances gustatives mais non moins spirituelles puisque nous fêtâmes l’Epiphanie. Compte tenu de mes lacunes en la matière, je ne vous ferai pas dans ces lignes un exposé détaillé sur les origines bibliques de cette fête. Pour cela veuillez vous tourner vers les « docteurs es évangile » du groupe. Et pour ce qui est de la chanson « Les rois mages » merci de contacter directement madame Sheila !
Sachez seulement que les galettes frangipanes ou briochées arrosées de bulles plus ou moins alcoolisées ou de jus de fruits furent dégustées et appréciées. Puis, de-ci de-là quelques têtes parées de couronnes dorées apparurent dans l’assistance. Les agapes de l’Epiphanie furent aussi l’occasion entre deux bouchées de discuter entre nous, de connaître et de répondre aux interrogations des nouvelles et nouveaux venu-e-s.
La lumière du jour déclinant, l’heure de nous séparer arriva. Nous descendîmes les trois étages et partîmes heureux d’avoir partagé cette première réunion de l’année. Une première rencontre promesse d’autres moments de partage riches en échanges variés qu’ils soient gustatifs, thématiques, spirituels ou tout simplement amicaux.

Téo