Impressions croisées des films « Girl », « Dilili » et « Le grand bain » (Madeleine)

Dans l’air du temps

Il se trouve que récemment j’ai vu successivement les 3 films à l’affiche en ce moment : « Girl« , « Dilili à Paris » et « Le grand bain« .
Je n’en ferai pas une critique approfondie mais comme ils ont résonné en moi dans la même chambre d’écho, je vais les envisager sous le même angle : celui de l’émancipation (individuelle et sociale).
Si les deux premiers peuvent s’inscrire directement (« Girl ») ou indirectement (« Dilili ») dans la mouvance LGBT, ce n’est pas le cas pour « Le grand bain ». Tous trois reflètent pourtant cette même aspiration à se libérer d’un carcan.
La nouveauté de « Girl » vient du fait que la transsexualité n’est pas ici remise en question, et du coup nous évite les traditionnels conflits familiaux, sociaux. Au contraire, c’est apparemment « acquis » pour le père, pour les encadrants de l’école, pour les jeunes élèves du corps de ballet. Tout le monde semble de bonne volonté à commencer par le père touchant de bienveillance, souhaitant, comme tout bon père, le bonheur de ses enfants. Ce qui malgré tout n’empêche ni l’agression (l’invitation guet-apens où la jeune Lara est contrainte à l’exhibition) ni la solitude fondamentale de l’ado en devenir.
C’est de cette bienveillance apparente ou sincère qu’elle doit donc s’affranchir, dans l’urgence de s’affirmer, dans son identité et dans son rapport à l’autre. Face à la lenteur médicale, c’est elle qui finalement décide de « trancher dans le vif » (et l’expression prend ici tout son sens) initiatrice et actrice de sa propre métamorphose.
« Dilili« , quant à elle, doit d’abord sortir du cadre indigène où la confine l’esprit colonialiste de l’époque. L’enquête policière où elle s’implique et qui constitue l’intrigue, suit en fait le fil rouge de l’émancipation : libération des fillettes précocement asservies, et pour elle-même, la quête devient parcours d’apprentissage.
Le Tout-Paris qu’on lui donne à voir et rencontrer n’a rien d’anodin. C’est même très orienté ! Eminentes figures féminines, personnages à la marge, couples d’artistes homosexuel(le)s. Un monde qu’elle n’est pas en âge de décoder (pas plus que les jeunes spectateurs, les références culturelles seront pour plus tard) mais dont elle peut capter le charme et la diversité.
On espère que la ritournelle ponctuant le film, celle qui unit « soleil et pluie » , « jour et nuit »  » et au passage « elle et elle » « lui et lui » tout aussi bien qu' »elle et lui », fera école dans les jeunes têtes pour une vie future sans a priori ni préjugés.
Tout autre est l’univers du « Grand bain« , comédie large public, et pourtant l’histoire à sa façon déconstruit aussi les stéréotypes, ceux d’une masculinité qui ne saurait se compromettre dans un « sport de tafioles » (la natation synchronisée).
Ils n’ont rien de glorieux ceux qui vont concourir, losers décadents, dépressifs et mal fichus, qui plus est entraînés par des femmes, elles- mêmes tout aussi cabossées par la vie (une alcoolo humiliée, une handicapée sadique) face à leurs adversaires, tous athlètes formatés en série. Ce qui rend la victoire tout aussi improbable que renversante , car tout s’inverse : l’imperfection, la fragilité assumées l’ont emporté sur l’académisme et la virilité de façade. D’un coup la dignité est revenue au coeur des actants et la vie peut se poursuivre autrement.
Ce final très attendu au terme d’une fiction « feel good » vient pourtant cueillir le spectateur (ni canon, ni champion!) au creux de ses failles. Il le réconforte dans son besoin de justice : pour une fois, le mérite est récompensé, dans ce monde de brutes où, dit-on, ne survivent que les plus forts.

Et que retenir au terme de cette mise en commun ?

Chaque film à sa manière retrace une émancipation, une libération vis-à-vis des vérités imposées de l’extérieur, celles qui maintiennent en tutelle les individus et les sociétés. Cinéma reflet social donc mais pas seulement. De façon plus générale, toute culture non inféodée est elle-même vecteur d’émancipation, dans la mesure où elle renouvelle ses paradigmes. Dépassant les lois du genre et s’affranchissant des représentations traditionnelles, elle révèle et préfigure parfois ce qui va devenir une autre réalité.

Madeleine.

« Girl » de Lukas Dhont (Téo)

Allez voir un film abordant le thème de la transidentité est toujours particulier pour moi. Je le sais, et même si l’héroïne est MTF*, cela va créer un écho à mon propre vécu. Et, si le personnage est FTM*, cela risque souvent d’être encore plus déstabilisant. Qui dit faire écho, c’est l’assurance que mon cerveau zappera plusieurs trucs à la première vision du film…juste pour se protéger, pour se donner une sorte de droit de retrait. Ainsi il m’aura fallu voir au moins 3 fois le film Tomboy  pour le voir vraiment et en entier !… Je ne pensais donc pas en allant voir « Girl » que ce film fasse exception à cette logique.
Ceci étant posé, voici donc ci-dessous les impressions que mon cerveau n’aura pas trop filtrées pour les laisser atteindre la pointe de ma plume.
Dés l’affiche, dés la lecture du  synopsis, j’ai senti une odeur de cliché : une personne trans MTF qui rêve (au hasard) de devenir une (jolie) ballerine…
Mais pourquoi pas… La faire rêver d’un avenir de pilier de rugby aurait sans doute été d’une autre manière plus déstabilisant… surtout pour les non initiés à la transidentité et les adeptes de la vision binaire des genres…
Pour commencer, faisons une revue en plan large de la situation de Lara adolescente transgenre en début de parcours de transition.
Côté médical, tout semble en apparence pris en charge avec respect, rigueur, attention et bienveillance.
Côté familial, tout semble accepté, acquis. Même si on aurait voulu en savoir plus sur sa mère invisible dont Lara prend régulièrement la place auprès de son petit frère.
Côté études, elle semble avoir sa place et être respectée dans cette école de danse même si on lui demande de faire doublement ses preuves avec des entraînements particuliers éprouvants pour mettre son corps au pas. On se demande même si la professeure n’y prend pas parfois un certain plaisir malfaisant…
Bref, tout est dans le « semble »…
Certes les fêlures familiales apparaissent lors de moments de tension entre Lara et son père quand les mots ne peuvent, ne veulent se dire, ni se confier. Peut être les relations avec sa mère auraient elles été plus aisées ? Mais n’est ce pas un peu comme dans toute famille où parents et ados naviguent ? Les petites fissures transpireront aussi dans les sanglots de Milo (le petit frère de Lara) qui un matin, énervé, l’appellera Viktor. Sans doute une envie irrépressible de se soulager d’un si lourd fardeau qu’on l’oblige de porter mais dont il n’a pas tous les codes, toutes les explications à hauteur d’enfant pour comprendre, pour digérer.
Mais revenons à la carrière de danseuse que Lara désire embrasser. On peut se demander pourquoi avoir posé son dévolu sur une telle carrière compte tenu de toutes les difficultés qui seront décuplées par sa transidentité… Challenge personnel ? Envie de se mettre en danger, d’éprouver sa féminité ? Quitte à devenir « pleinement » femme autant l’être jusqu’à la pointe du cliché ? L’amour de la danse doit s’imposer immensément à Lara, à son être tout entier pour engager son corps dans une telle galère. La danse apparaît alors à certains moments comme une activité d’automutilation (les pieds ensanglantés, les douleurs musculaires,…) pour faire « payer » son corps. Et cette discipline d’acier expose aussi dangereusement ce corps au regard et aux jugements de Lara, des autres et des miroirs. Alors un vestiaire, une douche deviennent des lieux hostiles que seul le refuge de sa chambre semble pouvoir apaiser pour un temps le soir venu. Chambre de décompression, bulle de protection après une journée confrontée à un monde où il faut toujours faire attention, se cacher où un seul regard peut paraître inquisiteur même dans les transports en commun.
A l’école, professeurs et élèves semblent pourtant avoir accepté sa différence même si on sent des regards interrogateurs qui disent parfois plus que les mots. Et, quand la violence des mots de certains élèves, des regards, des gestes, longtemps intériorisés, maîtrisés, « explose », les scènes n’en sont que plus violentes et insupportables. Prenons par exemple la soirée entre filles  lorsque l’une d’elles avec l’accord tacite de la meute oblige Lara à se dévoiler anatomiquement. On ne comprend pas pourquoi cette fille en arrive à une telle violence soudaine ou préméditée, ni pourquoi aucune autre ne s’oppose à ce « viol collectif », ni pourquoi Lara ne lui oppose pas un NON violent par les mots et voire même par les gestes ! …
Lara navigue ainsi entre envie de se cacher et envie d’exposer à elle-même et aux autres sa « féminité particulière » et ce même contre ses envies intérieures les plus profondes. Montrer sa féminité dont son corps prend pas à pas les formes et apprend jour après jour les codes avec la peur omniprésente de se sentir intruse, de ne pas être à la hauteur et que sa différence reste à jamais graver dans sa peau comme un graff indélébile lisible par tout autre.
Dans cet apprentissage, ses désirs et ses expériences sexuelles sont comme autant d’essais et pulsions plus ou moins incontrôlées, maladroites, perturbées et malheureuses dont on ne comprend pas toujours le pourquoi du comment. Peut-être le doit elle à son tumulte hormonal intérieur.
Mais quand la musique de ballet s’élève, quand les pas de danse reprennent alors, c’est comme si chaque pas, chaque pirouette, chaque pointe endurée entre sourire de façade et larmes de douleurs, avait pour Lara le pouvoir d’accélérer le processus de transformation de son corps, d’accélérer le temps qui s’écoule avant la promesse du scalpel à venir pour atteindre son inaccessible étoile de future danseuse étoile.

Téo

* MTF : transition Homme vers Femme
*
FTM : transition Femme vers Homme

Des soutanes et des hommes (Madeleine)

Abdo nous a partagé l’adresse internet vers une émission de radio sur le clergé catholique évoquant le lien entre le genre et l’église catholique.
https://player.pippa.io/les-couilles-sur-la-table/episodes/clerge-catholique-le-bien-et-le-male

Madeleine nous en résume son contenu en donnant ses impressions dans son article ci-dessous.

DES SOUTANES ET DES HOMMES
Le bien et le mâle

Dans une émission qui s’intitule carrément « Les c… sur la table », on ne saurait faire de détours !
Et c’est bien dans un esprit de clarté que le sociologue Josselyn TRICOU¹, en étudiant la « masculinité dans le clergé catholique » (objet de sa thèse : « Des soutanes et des hommes ») démonte en même temps une construction en porte-à-faux et les rouages d’un système, et ce faisant, met à jour ce qui a longtemps fait la force d’une institution (et à présent sa faiblesse). Il rappelle d’abord que si l’Église a perdu de son emprise (seulement 4 à 5 % de pratiquants), son empreinte dans la société reste forte, avec un droit et une culture pétris de conception catholique. On peut même parler de « catholaïcité » dans une convergence de vue et d’intérêts.
On s’en est aperçu au moment des « manifs pour tous » quand une large population, pas forcément des cathos, est venue défendre une vision naturaliste de la famille. Dans cette optique, il va de soi que pour l’Église, c’est l’homme qui représente le neutre universel, le dominant naturel, la femme restant l’objet de son discours (les dominants n’ont pas de discours sur eux-mêmes, dans l’évidence de leur être et de leur dominance).
Il est symptomatique de voir combien l’Église a multiplié les discours sur les femmes jusqu’à leur consacrer une encyclique ( cf. « Le génie féminin » de Jean-Paul II) pour mieux les définir dans leur rôle (pour faire court : convertir leurs hommes).
Et quelles que soient les réclamations des femmes depuis les années 70, il va de soi aussi que l’ordination des prêtres reste toujours inconcevable : on ne touche pas à la tradition de l’Église qui se doit d’incarner une image de stabilité puisqu’elle est dépositaire d’un message éternel et venu d’ailleurs. Prêtre, homme de pouvoir donc, en tant qu’homme, mais à la masculinité problématique et ambiguë
D’une façon générale, il est compliqué, chez les cathos, d’être un homme : un catho se doit d’incarner la non-violence et la charité, valeurs dites « féminines ». Pas simple de se positionner dans le monde et face aux laïcs (cf les caricatures des prêtres efféminés au XIXème siècle). D’où par réaction, une construction par rapport au modèle républicain : création, entre autres, d’un scoutisme sur le modèle de la chevalerie, puissance guerrière, et plus récemment, stages de « virilisation » pour les jeunes adultes. Ambiguïté renforcée par la désexualisation systématique du clergé. Celle-ci s’est faite progressivement. Jusqu’au XIème siècle. l’Église carolingienne insistait sur la nécessaire pureté de l’officiant (pas de rapport sexuel avant le service divin) et cette exigence s’est étendue à la vie entière, d’où l’obligation du célibat.
Célibat imposé qui a eu pour effet de remplir les séminaires , avec tous ceux, en particulier, que ne concernait pas le mariage (hétéro). « Eglise, super-placard pour les homos »…(et c’est paraît-il, le « secret de Polichinelle »)
Car que demande-t-on à un prêtre ? L’abstinence.
Que demande-t-on à un homo ? La même chose.
Alors, tant qu’à faire, dans une société où pèse le mariage obligatoire, autant se faire prêtre, avec tous les bénéfices de la fonction: reconnaissance , statut social, prestige… La situation actuelle présente même une « concentration d’homos » qui s’explique d’abord par une baisse générale des effectifs avec la fin de ce long ratissage indifférencié dans les campagnes et les milieux populaires (argument : la possibilité pour les enfants d’accéder aux études, ce qui devenu obsolète avec la démocratisation de l’enseignement). D’autre part, à la fin des années 70, il y a eu le départ de nombreux prêtres hétéros qui ont quitté pour se marier. Reste le recrutement dans une bourgeoisie conservatrice, là où ne saurait se vivre la « déviance ».
Il semblerait par ailleurs que la proportion d’homos soit plus importante dans le clergé régulier (moins soumis au regard des fidèles).
Immergé lui-même dans le milieu monastique (et même une fois, « dragué sous la table ») J. TRICOU a pu recueillir en tête à tête, bien des confidences (une centaine d’entretiens). C’est ainsi qu’il a pu cerner 3 façons d’être homo en milieu clérical :
« la grande folle de la sacristie » (telle qu’elle est définie dans la sub-culture gay du clergé) figure archétypale, toute en extravagance.
« le bear » (= le gros nounours) d’un certain âge, d’une « masculinité sympathique », souvent et discrètement engagé dans une « LGBT catho », et qui aimerait changer le système de l’intérieur mais sans pouvoir grand-chose.
« la taupe » (cf. vocabulaire de l’espionnage) l’intello dans une « stratégie de leurre » (surtout ne pas être perçu comme homo). Ayant dû surjouer le bon élève, c’est le type le plus fréquent en haut de la hiérarchie, et aussi le plus virulent.
Enfin, le placard déborde et s’ouvre même de l’intérieur, car certains ont malgré tout fréquenté le milieu gay dont ils reproduisent les codes et l’allure.
« Ça »se voit maintenant et c’est gênant !
Et devant ce qui commence à se voir et se savoir, l’Église se sent tenue de tenir un discours de fermeté. Depuis 2005, on n’ordonne plus de prêtres homos, du moins ceux « à tendance profonde » (sic)
Paradoxe de cette tardive lucidité qui interdit brusquement ce qui, tacitement, ne dérangeait pas et même arrangeait : un homo même « pratiquant » ne fera jamais d’enfant (pas de scandale) et il ne sera pas, du moins jusqu’à présent, tenté par le mariage. D’où cette opposition féroce au mariage homosexuel qui confère à l’homo, une place légitime en société (alors, baisse des « vocations »?)²

Que retenir au final d’une telle étude ?

Examiner la masculinité des prêtres peut paraître anecdotique, mais c’est une manière d’interroger le système par sa périphérie.
Une étude de genre est un mini-laboratoire qui permet de voir ce qui est à l’oeuvre dans une société car l’organisation du genre dit toujours quelque chose du pouvoir, en valorisant ou dévalorisant l’adversaire.
Nécessaire prise de conscience qui aide à ne pas s’enfermer dans une posture et une manière de penser (confort de l’homme blanc, héritier d’une situation privilégiée)
Au-delà des questions de genre, il faut rester à l’écoute des dominés, car ce sont ceux-là qui « savent » (c’est depuis que les femmes ont parlé qu’on s’interroge sur la masculinité).
La domination ne va pas de soi. Les dominants sont aussi des êtres construits (=fabriqués)

Madeleine

¹ Josselyn TRICOU sociologue, doctorant en sciences politiques

² Péril en la demeure ? Françoise DOLTO en son temps, avait émis l’idée que « toute l’Église catholique reposait sur l’homosexualité masculine ». Parole inaudible dans les années 80 (délire de psychanlyste…)

Note :
J’espère avoir fidèlement restitué paroles et raisonnement.
Volontairement , j’ai omis ce qui a trait à la pédophilie, élément venu par raccroc à la fin de l’émission. Egalement, l’évocation du prêtre dans le cinéma qui nécessiterait aussi un autre développement.

Synode international des évêques catholique sur les jeunes (Réaction du bureau national de DJ)

Synode international des évêques catholiques sur les jeunes :
Il est temps d’agir pour accueillir les jeunes LGBT !

Du 3 au 28 octobre 2018 a lieu le synode international des évêques catholiques sur les jeunes, la foi, et le discernement vocationnel.
Lors de sa préparation, des jeunes LGBT (Lesbiennes, Gays, Bi, Trans) se sont exprimé.e.s pour rappeler leur place et leur engagement au sein de l’Eglise catholique et pour appeler à une meilleure prise en compte de leurs spécificités.
Dans ce cadre, l’association David & Jonathan a fait parvenir en décembre 2017 une première contribution au Service national des Jeunes et des Vocations, qui a été reprise pour la synthèse française de la préparation au synode. Ce document évoque les discriminations subies par les jeunes homosexuel.le.s sur la question des vocations : « la posture adoptée aujourd’hui par l’Eglise (catholique) peut être vécue d’autant plus douloureusement qu’elle ferme aux jeunes homosexuels hommes et femmes les principaux chemins de vie proposés que sont le mariage, le ministère ordonné et la vie consacrée». Celles-ci sont révélatrices du malaise de l’Eglise catholique, qui, quand elle tient compte de leur situation, préfère mettre les jeunes concernés à part, se privant ainsi de leur volonté d’engagement.
Le document du Vatican Instrumentum laboris de préparation au synode montre que la parole de jeunes LGBT est parvenue jusqu’à Rome : « Des jeunes LGBT […], désirent ‘bénéficier d’une plus grande proximité’ et expérimenter une plus grande attention de la part de l’Église, tandis que certaines Conférence épiscopales s’interrogent sur ce qui peut être proposé ‘aux jeunes qui au lieu de former des couples hétérosexuels décident de constituer des couples homosexuels et, surtout, désirent être proches de l’Église’».
La réunion pré-synodale des jeunes demande aux responsables ecclésiaux qu’ils « abordent aussi de manière concrète les sujets sensibles tels que l’homosexualité et les questions de ‘genre’, sujets dont nous parlons déjà entre nous, librement et sans tabou ».
Nous nous joignons à eux dans l’espoir que cette question soit abordée, non pas emprisonnée dans des conflits dogmatiques, mais à partir du vécu et des expériences concrètes des jeunes LGBT, engagé.e.s ou non dans l’Eglise catholique. C’est le sens de la campagne de sensibilisation Equal future, qui propose actuellement aux jeunes de faire parvenir leur histoire personnelle aux délégués synodaux.
L’Eglise catholique, en France et dans le monde entier, est encore bien trop ambigüe ou silencieuse vis à vis des jeunes LGBT croyant.e.s, et des violences auxquelles il.elle.s sont exposé.e.s, que celles-ci soient physiques ou psychologiques : refoulement, culpabilisation, dépréciation de soi. Quels que soient leurs parcours de vie, les jeunes LGBT ont besoin de s’ancrer dans une image positive de leur sexualité ou de leur identité de genre. Pour les chrétien.ne.s, comme tout enfant de Dieu, il.elle.s sont appelé.e.s à pouvoir trouver leur place dans les Eglises, sans avoir à craindre de stigmatisation.
Nous espérons que ce synode sera une réelle occasion de reconnaitre la diversité et l’égalité des jeunes, dans l’Eglise et dans la société, et de manifester le souci qu’il.elle.s y soient respecté.e.s et valorisé.e.s pour ce qu’il.elle.s. sont.

Le bureau national de David & Jonathan
Paris, le 6 octobre 2018

Pour compléter le communiqué de David&Jonathan voici quelques paroles du Pape François prononcées lors de son homélie pendant la messe d’ouverture du synode et récoltées par Yves.

« Nous commençons une nouvelle rencontre ecclésiale capable d’élargir les horizons, de dilater le cœur et de transformer ces structures qui aujourd’hui nous paralysent, nous séparent et nous éloignent des jeunes, les laissant exposés aux intempéries et orphelins d’une communauté de foi qui les soutienne, d’un horizon de sens et de vie….
Les jeunes nous demandent et exigent un dévouement créatif, une dynamique intelligente, enthousiaste et pleine d’espérance, et que nous ne les laissions pas seuls aux mains de tant de marchands de mort qui oppriment leur vie et obscurcissent leur vision…. »
« Je remercie les jeunes pour avoir voulu parier que cela vaut la peine de se sentir membres de l’Église ou d’entrer en dialogue avec elle, que cela vaut la peine d’avoir l’Église comme mère, comme éducatrice, comme maison, comme famille, capable, malgré les faiblesses humaines et les difficultés, de faire briller et de transmettre le message indémodable du Christ ; …. que cela vaut la peine de nager à contrecourant et de s’attacher à des valeurs supérieures : la famille, la fidélité, l’amour, la foi, le sacrifice, le service, la vie éternelle…
Une Église qui n’écoute pas se montre fermée à la nouveauté, … et ne pourra pas s’avérer crédible, en particulier pour les jeunes, ….
Ne nous laissons pas tenter par les “prophéties de malheur”, ne dépensons pas nos énergies à « compter les échecs et ressasser les amertumes », ayons le regard fixé sur le bien qui « souvent ne fait pas de bruit, n’est pas le thème des blogs et ne fait pas la une des journaux», et ne soyons pas effrayés «devant les blessures de la chair du Christ, toujours infligées par le péché et souvent par les enfants de l’Eglise ….
Engageons-nous à chercher à “fréquenter l’avenir”, et à faire sortir de ce synode des propositions pastorales concrètes en mesure de réaliser la tâche du Synode lui-même, c’est-à-dire celle de faire germer des rêves, susciter des prophéties et des visions, faire fleurir des espérances, stimuler la confiance, bander les blessures, tisser des relations, ressusciter une aube d’espérance, apprendre l’un de l’autre, et créer un imaginaire positif qui illumine les esprits, réchauffe les cœurs, redonne des forces aux mains, et inspire aux jeunes – à tous les jeunes, personne n’est exclu – la vision d’un avenir rempli de la joie de l’Evangile. »

Richesses plurielles (Madeleine)

Toute réunion Spiritualits plurielle est comme une auberge espagnole. On y trouve ce qu’on y apporte. La loi du genre étant de partager le meilleur, soit un élément, un événement positif (lecture, parole, musique, rencontre…) découvert ou vécu récemment.
L’exercice est parfois acrobatique. Pas évident de sonder en nos vies parfois monotones ou exagérément bousculées, et d’y trouver la petite perle… et pourtant, pour peu qu’on cherche… il y a forcément quelque chose ou quelqu’un qui, même brièvement, a interpellé, ému, réconforté.
Alors, dans le pot commun, la récolte de cet après-midi, il y a eu d’abord cette formidable bonne nouvelle : le prix Nobel de la paix – ô combien mérité – attribué à ces deux personnes incarnant, en contrepoids de la barbarie, toute la dignité humaine : cette femme de nouveau debout malgré les tortures, et ce médecin qui aura passé toute sa vie à réparer sur les corps féminins, la violence des hommes.
Il y a eu aussi cette évocation d’un philosophe connu, ayant fait le pari de la transparence, au risque d’abîmer sa belle image, en révélant sa peu glorieuse addiction, et en même temps, son chemin vers la dédramatisation et l’acquisition d’une autre forme de sagesse (savoir rire de soi…)
Il y a eu la silhouette de ce petit homme en tweed vert toujours là au bon moment sur la route dun immigré égaré.
Et dans la foulée, ce partage de poésies et de jardins fleuris.
Et sur une plage de CD, cette chanson pour apaiser les tourments d’une insomnie.
Et en live s’il vous plaît, cette belle improvisation vocale, a capella.
Et encore, pardonnez si j’en oublie, cette petite coquille symbolisant le chemin de St Jacques, cette représentation d’un corps souffrant, rappelant l’époque où tombaient par milliers les malades, mais aussi la solidarité qui s’en était suivie.
Et pour finir, tout simplement le souvenir d’un moment de bien-être au soleil de l’été, l’apaisement avec le gazouillis des oiseaux…. La magie de l’eau, son importance dans nos vies et la nécessaire conscience écologique.
Chaque prise de parole, entre deux résonances de gong, s’est faite à chaque fois dans l’écoute et le non-jugement (nous ne sommes pas dans le débat), que l’on choisisse d’ailleurs de partager ou non, de communiquer ou rester en silence.
Et c’est bien là, entre autres, ce qui fait l’une des valeurs de DJ (et doit le rester) cet accueil et ce respect de toutes les individualités, quand singularité et diversité fondent la richesse et la vie du groupe.

Madeleine

Week-end Spiritualités Plurielles 2018 dans le Forez (Hélène et Marie-Hélène)

Long fut ce voyage mais vraie fut notre joie de vivre cette rencontre en  « haut et beau lieu » !
A peine le temps de découvrir St Etienne ville du Desing et nous voilà en route pour le Forez cet imposant massif (posé entre l’Auvergne et la Loire) sous la conduite d’Emmanuel déjiste du tout jeune groupe de Montbrison. Trois-quart d’heure et plein de virages plus tard, arrivée dans ce curieux gîte décoré à une fenêtre d’un drap aux couleurs arc en ciel (mais si mais si) histoire qu’on ne se perde pas et composé à l’intérieur de multiples espaces, petits, grands et tous chaleureux .
Plaisir de revoir nos ami-e-s déjistes de Paris, de Lyon, de Vendée, de Rennes, de Strasbourg, d’ailleurs… et même de Belgique ! Émerveillement de goûter à ce paysage de douces montagnes, de prairies, de forets le tout baigné dans la lumière et l’agréable chaleur .
Plaisir de se retrouver (à 28) pour le repas en dégustant l’excellente soupe de légumes préparée avec amour par Pascal notre chef-artiste-cuisinier si talentueux et soucieux de nos papilles et de nos santés !
Durant ces deux jours des ateliers très divers proposés par les participants nous ont permis d’échanger en profondeur et de nous ressourcer corps et esprits dans un climat de confiance, d’écoute, d’ouverture, de respect, de bonne humeur !
Petit florilège des ateliers : relaxation, massages des mains, balade en montagne, spiritualité et écologie, soustraire plutôt que ajouter dans notre démarche spirituelle, chanter un très ancien « Kyrie » puis l‘hymne Européen , écouter en silence et conscience des sons de différentes traditions, vivre un temps de « Pleine Présence », préparer le repas du soir…
La veillée nous a offert d’entendre les voix harmonieuses de Martine et d’Oscar interprétant Mozart, celle de Geneviève dans une chanson pleine d’humour, comme un clin d’œil aux marcheurs de l’après midi…quelques beaux textes lus par François, Xavier… Puis une musique très paisible suivie d’un moment de silence nous ont reliés intérieurement les uns aux autres.
N’hésitez pas, venez l’an prochain découvrir une heureuse aventure, je vous assure c’est bon pour tout !!!

Hélène et Marie-Hélène

Pas de noir sur la gamme de l’arc-en-ciel ! (Téo)

Au matin de la Marche des Fiertés 2018 un escalier s’était éveillé à Nantes paré des atours de l’arc-en-ciel. Qu’il était beau ainsi irisé ; près à accueillir les pas des passants montant vers la tour de Bretagne. Aucunement sectaire, il acceptait tous le monde petits ou grands, LGBT ou pas… Un bel espace de fraternité au coeur de la cité. Malheureusemnt, et cela était prévisible, l’éclat de ses couleurs, tel le vol d’un papillon, ne dura qu’une journée… Juste le temps que des cerveaux dégénérés ne viennent le souiller de leurs coups de pinceaux LGBTophobes et des leurs tags débiles malabiles au vocabulaire haineux et limité…
Mais, on se l’était promis et la mairie nous l’avait assuré, l’escalier arc-en-ciel renaitrait un jour prochain encore plus beau avec ou sans pluie ni soleil dans les cieux.
C’est ainsi qu’un joli samedi après-midi de septembre, petits, grands, familles, amis, LGBT mais pas que, reprirent leurs pinceaux comme armes de bataille pour raviver les marches de l’escalier. Il y avait tellement de mains s’agitant dans cette armée de peintres que l’on ne distinguait même plus les marches se refaisant une beauté automnale. Puis, il y avait ces passants qui ne passaient plus mais s’arrêtaient un instant, pour glisser un mot d’encouragement, pour une photo ou un selfie. Qu’il était beau, qu’il était fier notre escalier ! Mais dans un coin de nos cerveaux je ne pouvais songer à l’éphémère… Combien de temps resterait il ainsi, intact ?…
LGBTophobes de tous pays, rassurez vous, cela ne dura guère plus de temps qu’au mois de juin….
A l’aube du lundi, j’avais décidé de détourner mon parcours pour aller le saluer, le photographier au soleil levant. Mais que t’est-il arrivé bel escalier ?! De longues trainées de peinture noire descendaient le long de ton flanc telle une marée noire, tel un rimmel grossier emporté par des larmes de tristesse… Témoins et acteurs malgré eux de cette lâche attaque nocturne LGBTophobe, deux pots de peinture abandonnés dégoulinant de noir visqueux trônaient tels des tankers échoués sur une côte de granit rose. Si pauvres sont les cerveaux qui ont manipulé les pinceaux gorgés de noir, qu’ils ne savent même pas qu’il n’y a pas d’anthracite sur la gamme de l’arc-en-ciel… Seul Soulages sait faire du noir une couleur lumineuse. Vous, vous êtes soulagés petitement de votre haine immonde en la déversant sous un flot informe d’acrylique au couleur de l’ébène… Si au moins vous aviez eu une once de sens artistique dans cette dégradation mais même pas… Vous en êtes bien incapables…
Depuis votre lâche expédition, le noir a disparu, nettoyé,… Des textes, des mots et des poèmes ont germé les jours suivants au pied de l’escalier dictés par des plumes indignées par votre acte de sagouins. Tel une scène d’accident ou de crime (la LGBTophobie est un crime) l’accès à l’escalier a été momentanément interdit, condamné par des barrières et des rubans blancs zébrés de rouge. Ne vous réjouissez pas trop vite car tel Sisyphe, nous nous remettrons bientôt en marche, nous repartirons en guerre et nous reformerons fièrement une armée de pinceaux pour remettre des couleurs à notre escalier après chacun de vos funestes passages car jamais (n’en déplaise à Mr Soulages) il n’y aura de noir sur la gamme de notre « escaliarc-en-ciel » !

Téo

L’escapade estivale en Sologne d’une bande de déjistes nantais-e-s

Pour cet été, B. nous avait proposé de partager un séjour en Sologne dans sa maison familiale. Et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à Dhuizon, pays d’étangs enchantés et de forêts majestueuses accompagnés d’une chienne (Mielle) aussi adorable qu’infatigable et d’une chatte (Mystère) crapautophobe.
Laissons ci-dessous libre plume aux voyageuses et voyageurs néo-sologneaux pour vous conter leur parenthèse estivales 😉

« Qu’il est bon, qu’il est doux pour des frères (et des sœurs !) de vivre ensemble et d’être unis ! » (Ps 132)
Et si au lieu d’écrire un article et de l’illustrer par une photo, je commençais par choisir une photo des Jardins de Chaumont et de vous en dire quelques mots ?

Au moment de commencer notre visite des jardins

J’aime cette double ligne où la verticalité des 9 participant-e-s (le 9ème prend la photo!) s’unit à l’horizontalité du groupe que nous formons.
Sur le plan vertical, les grands magnolias odoriférants de part et d’autre viennent accentuer chacune de nos riches individualités ; alors que sur le plan horizontal, les parterres de pétunias (et les guides que nous tenons en mains) soulignent la cohésion de notre sympathique assemblée.
Le chemin qui nous porte (sur la ligne médiane), c’est celui que nous avons pris pendant une semaine pour aller de découvertes en découverte sous la houlette efficace et attentionnée de notre guide, toujours prêt à nous expliquer les soubresauts de notre Histoire – sans oublier de nous prendre en photo.

Suite de la visite des jardins

Cette fois-ci, il n’y a plus personne… hormis la structure minérale du château de Chaumont qui apparaît au détour d’un chemin, et qu’encadre l’exubérance végétale des jardins.
L’architecture médiévale aux aspects de contes de fées se heurte à l’intemporalité d’une végétation faussement naturelle. L’humain est omniprésent… et cette scène sableuse, au premier plan, en apparence déserte (mais où vous reconnaîtrez M-Hélène), va bientôt se remplir d’une foule de touristes ravis – comme nous – par ces nombreux petits jardins où l’art, la culture et la nature se déclinent sous ses aspects les plus divers.

Yves

Notre séjour à Dhuizon

Les personnes qui ont partagé avec moi ce beau moment sont : Bernie, c’est l’apogée de l’hospitalité, il nous a accueillis dans la chère maison de ses parents. Il est attaché à cet endroit parce qu’il a des souvenirs d’enfance qui se sont passés dans cette maison.
Les invités étaient 10 personnes : MH, Hé, Ph, St, Yv, An, Té, Cm et Ma
Mon séjour a commencé par un très bel accueil. On est arrivé Yv et moi après un long trajet, c’était la fin de la journée vers vingt heures. Le repas était un vrai régal ! L’ambiance était géniale et surtout j’étais très content de jouer avec la chienne appelée « Mielle », c’est un animal adorable.
Le lendemain on était prêt dès le matin à visiter un Domaine viticole et de produits laitiers « Le Croc Du Merle » à Muides-sur-Loire à huit kilomètres du château de Chambord et dix kilomètres de la centrale nucléaire de de Saint Laurent des Eaux !!! Oui j’aurais bien aimé la visiter. Dès notre arrivée on sentait l’odeur puante des bêtes, pourtant ce n’était pas répugnant, on arrivait à s’habituer rapidement. Nous étions reçus par Anne-Marie la responsable. Elle nous consacre une bonne heure pour nous montrer l’exploitation laitière. Cent vaches sont dans cette ferme qui produisent annuellement cent mille litres de lait. La ferme est équipée par un robot qui permet aux vaches de se traire toutes seules sans l’intervention humaine et au moment qu’elles-mêmes choisissent. Il suffit que la vache se déplace vers le robot. Son code bar est détecté et le robot vérifie que la vache ne s’est pas déjà fait traire peu de temps avant. Des lasers permettent de détecter la position des mamelles pour placer les trayons. Après la visite de la ferme, on a fait une dégustation de vins délicieux.
L’après-midi on s’est séparé en deux groupes. Un groupe qui voulait visiter le château de Cheverny et un autre qui voulait faire une marche le long de la Loire. J’étais parmi ceux qui voulaient faire une balade le long de la Loire. On est parti du camping Municipal Bellevue à Muides-sur-Loire et on a passé par Saint-Dyé-sur-Loire jusqu’à Montlivault. Il faisait très chaud, plus de 35 degrés. On a pu trouver quelques fruits dans certains arbres. Hé m’a fait goûter une pomme qu’elle a cueillie, c’était délicieux. Au retour on a fait un dîner ensemble et on s’est couché tôt.
Le vendredi 17, nous sommes partis visiter le Jardin des plantes de Chaumont. C’est un endroit magnifique. C’est vrai que l’entrée n’est pas gratuite, mais ça vaut la peine de payer. On trouve plus de 35 coins dans le jardin qui sont créés par des paysagistes et des artistes du monde entier dans le cadre du festival international des jardins. L’un des jardins que j’ai bien aimé c’était le jardin de Proust, c’est un concept basé sur la pensée de Marcel Proust.
L’après-midi on s’est dirigé à Blois, quel magnifique endroit ! c’est majestueux. On a visité le château de Blois. Ce château est riche par son histoire avec les rois Louis XII, Louis XIII, Henri III et la reine Marie de Médicis. Le château du XIIème  siècle a été rénové au XIXème et l’architecture intérieure est modifiée. Les meubles ne sont évidemment pas ceux qui ont existé à l’époque des rois.
Le samedi, nous sommes partis faire une balade l’après-midi vers l’étang de Montperché ou Montpercher les deux apparemment sont correctes. On a fait un aller-retour de 10 kilomètres. Mielle était notre compagnon.
Le dernier jour, tout le monde était content de pouvoir passer un bon moment avec les deux dernières invitées Cm et Ma. On a visité avant midi le jardin du Château de Chambord. L’après-midi on s’est baladé au bord d’un étang où on a regardé la faune animale.
Je voudrais remercier Bernie qui nous a donné la chance de découvrir la beauté Solognaise.

Abdo

Un séjour tout Mielle

   C’est à la Bonne heure que nous sommes arrivés au camp de base solognot de notre escapade déjistiqu’estivale. Vaste jardin, petit bois, verger garni, potager généreux, Mielle la border collie et deux chouettes perchées en haut de l’escalier. Objectif de ce séjour : partager ensemble quelques jours parsemés de visites de châteaux, d’amitié, de balades forestières, de repas conviviaux, de découverte d’étangs, d’observation de la faune et de la flore de la région,… Une recette qui fut variée, épicée d’instants cacaotés ou rock’n roll… Le tout guidé de main de maître par un expert multicarte ès hospitalité, ès chronologie royale,ès vol d’aigrette et caquetoirs : his name is Bonde, Bernie Bonde !
Côté châteaux, Chambord, Cheverny et Blois furent les heureux élus de nos visites casteliennes. C’est ainsi que l’on admira un escalier à double hélice, des jardins ordonnés au millimètre, des portraits royaux par centaines, des meubles et objets précieux, des histoires de familles emberlificotées et autres folies architecturales,…De quoi transformer en désert saharien la glotte de notre guide érudit.
Et pour abreuver un palais assoiffé, rien de mieux qu’une pause au café de la mairie, chapelle éthylique dévolue au culte de St Johnny (Hallyday). Une pincée de dévotes déjistes s’y empressèrent de chanter nombre de refrains de l’idole des jeunes sous le regard interloqué des autochtones du cru qui n’en demandaient pas tant.
Vous reprendrez bien un carré de chocolat avec votre café ? Alors, direction la chocolaterie voisine pour découvrir toutes les étapes de transformation du chocolat de la fève tropicale à la tablette. L’occasion pour nous de déguster des cacaos d’origines diverses avant de repartir cueillir les futures tomates de notre déjeuner en compagnie d’une Mielle endiablée et enchantée d’aller dégourdir à toute allure ses pattes au potager.
Légumes du potager, fruits du verger comme autant d’objets de dessins sur vélin que l’on aura pu retrouver dans les vitrines des châteaux de la Loire. Et qui dit vélin dit veau et, je vous l’assure, il s’en est fallu de peu pour qu’un petit veau (accompagné d’un border collie…) ne vienne agrandir une famille herblinoise dont je tairai le nom. Mystère, leur chatte crapauphobe, pourra vous en attester.
Moment de partage nocturne sous la voie lactée étoilée à la recherche de Mars, Jupiter ou l’Etoile du berger et, le lendemain, nous partirons à la découverte des villages typiques en briques rouges picorant d’églises en chapelles, de caquetoires en chemins forestiers.
Le moment est venu de vous conter l’église St Viâtre où les enfants sages, pendant la messe, ont à disposition des coloriages et même des livres où l’on parle homosexualité et théorie du genre ! Ne vous réjouissez pas trop vite car le contenu de cet ouvrage n’était pas du meilleur goût…
Alors, pour s’en remettre, rien ne vaut une belle promenade en forêt, le tour d’un étang, l’observation à l’affût et en silence d’une biche, d’un raboliot ou d’un héron cendré,…
S’évader, ce fut aussi parcourir les délicieux jardins de la Pensée à Chaumont, merveilles de diversités horticoles, colorés de mille et une nuances, zennement architecturés et même parfois sonorisés de battements de cœur. Savourer le plaisir de vagabonder d’un attrape-rêves à la clé des songes, du chemin de Melété (muse de la méditation), aux voyelles de l’Olipo,… Ainsi nos regards voyageront à la rencontre des nénuphars bleus ou roses, nos mains caresseront le velours d’une majestueuse fougère dentelée, nos nez se pencheront sur cette fleur aux pétales d’un noir si profond,…
Changement d’atmosphère et d’odeur à la ferme du Croc du Merle : le parcours du lait de la vache au Tetra pak ou au fromage, l’assemblage du raisin de la vigne à la bouteille.
Un séjour déjistique, ce n’est pas que visiter mais c’est aussi expérimenter l’assemblage des genres, des caractères, des opinions, des spiritualités, des goûts culinaires,… Côté cuisine, les repas furent des moments privilégiés pour causer autant d’oiseaux migrateurs que d’humains migrants agrémenté ou non d’un zest de spiritualités. Chacun à sa façon  y glissera son grain de sel, sa pincée de piment, sa pointe d’humour torréfiant à volonté son point de vue entre deux lancers de bâtons à l’insatiable Mielle avant de partager un ballet d’arrosoirs, d’aller siester sous le chataîgner ou d’entonner, le crépuscule venu, une so british old song…
Mais que le temps file vite sous ces latitudes solognotes et déjà vient le temps de dire au revoir aux busards des roseaux, à Gaston d’Orléans, aux biches de Chambord, aux anamorphoses, aux caquésiaux, aux oriels, aux salamandres et aux tomates cerises.
Mais, peut-être, l’été prochain venu, notre guide se transformera-t-il en guide de haute montagne troquant ses châteaux pour un Châtel ?
It’s a long way to next summer…

Téo

Weekend à Port-Blanc de DJ Ouest les 25 et 26 août 2018 (Jean-Louis DJ Rennes)

Port-Blanc ou l’histoire d’un week-end de déjistes venus des groupes du Finistère, de Nantes, de Rennes et de Vendée. Un petit moment de bonheur partagé sous un soleil imprévu, placé sous le signe de rencontres heureuses au hasard de nos pérégrinations d’un Tro Gwen un peu loufoque. Du plaisir de la table à celui de la mer parfois chaude parfois fraîche, mais toujours délicieuse comme ces mots et ces ballades accompagnées à la guitare, qui se disent sans se dévoiler et vous environnent d’un halo de douceur, de bienveillance qui recharge les batteries avant la rentrée. Des images plein la tête gravées sur nos écrans de portables et d’ordinateurs.

Un air de madeleine qui ne dit pas son nom, celui d’une fin de vacances où le maître d’école Denis nous a fait vibré au son et aux cordes du psalmiste… Il en reste encore un écho dans l’air, un air de rengaine qui s’est écrit avec toutes et tous et dont voici le fruit :

PSAUME

composé par les participant-e-s, façon “cadavre exquis”

Heureux l’homme et la femme
Qui bénira Dieu en tout temps
Le temps s’efface mais Dieu dans ton amour demeure
Nous restons tous unis autour de Dieu
Pour être en Dieu et Dieu en nous ; tout est un
Ce qui a été séparé a été réuni
Ceux qui se sont querellés ont jeté leurs armes
Ainsi tout est consommé
De l’obscurité que surgisse la lumière. Enfin !
De là, la Parole de Yavhé dans vos cœurs par amour
Généreuse est cette journée
Tant la nuit d’avant fut féconde
Que neuf mois plus tard elle enfanta un fils
Cette enfant qui est-il aujourd’hui
Il est toi, il est moi, il est nous
Il est ce que nous voudrons construire en ce monde
Partagé, aimer, donner, par toi, pour toi, pour nous
Mon âme se repose en paix, en Ta Parole
Sois loué pour chacun, chacune

Jean-Louis et toute la troupe du week-end de Port-Blanc

Rencontre estivale à Nantes avec des déjistes participants au chemin de St Jacques à l’automne 2017 (par B. )

Monique & Gisèle, deux participantes au voyage de l’an dernier « sur les chemins de St Jacques de Compostelle ». Arrivée en pleine canicule, elles ont été hébergées chez Annette qui les a sorties, aux heures moins chaudes de la fin d’après-midi, dans les marais des bords de Loire, du côté de Cordemais, où oiseaux riment avec roseaux.
Troquant la quiétude campagnarde de St Etienne de Montluc pour la mégalopolis nantaise, les voilà chez Bernard, en bord de Sèvre. Fidèle à ses engagements (professionnels), il sortira ces dames, accompagnées de l’ami Yves, dans les friches industrielles du Pré au Duc, où retentissaient encore ce matin-là, les barrissements de l’éléphant des Ateliers de l’Île. Colline Ste Anne, Acadiens en Ligérie, Mémorial du Commerce Triangulaire, Cigale, souvenirs de Cambronne à Waterloo, Pommeraye et son passage, Tombeau de François II et Château natal de la Duchesse Anne, furent des thèmes développés avant l’inévitable crêpe et les retrouvailles à treize – chiffre porte-bonheur – pour une Cène conviviale, à laquelle participaient trois phocéens égarés chez nous et un nouveau déjiste potentiel bien sympathique, Jérôme, en plus des quelques membres de l’association et autres participants au voyage de Santiago-2017 qui n’avaient pas ou pu déserter la capitale de l’ouest en cette période estivale torride.
Belle rencontre appréciée de tous, partages amicaux et prises de paroles des uns et des autres agrémenteront cette soirée épicée un instant d’un coup de sang volcanique de notre ami Jacques répondant à Steve -malheureusement absent ce soir- et qui avait, deux jours auparavant, dans un courriel collectif, dit sa honte d’être Français et critiqué, en plus de « l’attitude intransigeante et raciste du gouvernement, notre propre passivité et indifférence devant la tragédie des migrants qui envahissent Nantes en ce moment. (…) » Mais c’est le « Je suis plutôt très surpris de n’avoir vu personne parmi vous encore présent pour aider à assurer l’accueil de la place Daviais, vous qui vous dites chrétiens et catholiques» qui déclencha l’ire de notre Père Jacques, excédé de cette sempiternelle attitude de culpabilisation des chrétiens, accusation jetée gratuitement et de façon injuste car « qui peut prétendre savoir ce que chacun, individuellement, peut apporter à son prochain dans le besoin, sans que cela ne prenne obligatoirement la forme de soutien aux migrants, une parmi tant d’autres, selon Jacques, des tragédies humaines de notre époque. Les Catholiques sont suffisamment chargés de culpabilité par les non pratiquants sans qu’on en rajoute couche supplémentaire. Chacun a sa propre conscience pour savoir comment, à sa façon, aider autrui si il en a le souhait, et personne le privilège de pouvoir le juger ! *»
Une douce tiédeur, teintée même d’un zest de fraicheur nocturne réparatrice, remplaçait alors les excès climatiques des jours précédents et la soirée se termina dans la joyeuse humeur, les rires et autres « pimenteries » cinglantes de notre amie Annette sans qui, une rencontre déjiste nantaise ne pourrait pas être véritablement réussie !

B

* : texte retranscrit de mémoire