Petite initiation au bouddhisme

   J‘entends souvent beaucoup de personnes s’interroger sur la pratique bouddhiste. Est-ce qu’il s’agit simplement de s’asseoir en lotus sur un coussin chaque jour dix, vingt minutes, une heure selon sa disponibilité ? A quoi peut-il bien servir de rester ainsi immobile et en silence face à un mur ? Une première réponse s’impose : faire face au mur c’est aussi faire face à soi-même. Se concentrer sur l’ici et maintenant de sa respiration consciente, c’est « laisser passer les pensées comme les nuages dans le ciel ». Laisser ses préoccupations et autres ressentis apparaître et les laisser passer sans s’y accrocher. Ainsi, peu à peu, prendre conscience de ce qui nous habite, la souffrance comme la joie, ainsi apprendre à s’observer et se connaître. En quelques mots, c’est le vécu de chaque méditation assise qui peut nous faire prendre conscience que notre mental est très encombré et qu’il n’y a plus de place pour l’ouverture, l’accueil. La méditation c’est comme faire le ménage dans une maison trop encombrée dans laquelle plus rien ne peut entrer !
Bouddha   Cette pratique est bien sûr soutenue par un enseignement inspiré par le Bouddha, « celui qui nous montre la voie dans cette vie. » Cet enseignement est donné par un maître spirituel qui est choisi selon la tradition qu’il représente. J’ai « pris refuge » (c’est notre jargon !) auprès du moine zen vietnamien Thich Nhat Hanh qui réside au Village des Pruniers en Dordogne. J’ai reçu les « cinq entraînements à la pleine conscience » lors d’une cérémonie formelle : je me suis engagée à les lire régulièrement pour les approfondir et évidemment tenter de les mettre en pratique.
Les Cinq Entraînements à la Pleine Conscience expriment la vision bouddhiste d’une spiritualité et d’une éthique pour le monde. Ils sont la pratique concrète des Quatre Nobles Vérités et du Chemin Octuple enseignés par le Bouddha. Ils montrent le chemin de la compréhension et de l’amour véritables, menant à la transformation, à la guérison et au bonheur de l’individu et du monde. Ils permettent d’approfondir la Vue Juste, qui est la vision de l’inter-être, et de dissoudre le fanatisme, la discrimination, la peur et le désespoir. Pratiquer les Cinq Entraînements dans notre vie quotidienne, c’est déjà être sur le chemin des bodhisattvas. Conscients de la chance que nous avons d’être sur ce chemin, nous pouvons cesser de nous faire du souci pour le présent et d’avoir peur de l’avenir.
Une remarque importante : le mot « entraînement » est préféré à « engagement » car, sur ce chemin de vérité sur soi-même et d’ouverture aux autres, il n’y a aucune culpabilité à éprouver en cas d’échec. Nos actes, nos pensées, nos paroles sont les fruits de notre état mental du moment : simplement, sincèrement, constatons ce qui est en pleine conscience. Se connaître soi-même et avancer pas à pas pour s’améliorer…

Le premier entraînement s’intitule « protection de la vie » :

   Conscient(e) de la souffrance provoquée par la destruction de la vie, je suis déterminé(e) à cultiver ma compréhension de l’inter-être et ma compassion, afin d’apprendre comment protéger la vie des personnes, des animaux, des plantes et des minéraux. Je m’engage à ne pas tuer, à ne pas laisser tuer, et à ne soutenir aucun acte meurtrier dans le monde, dans mes pensées ou dans ma façon de vivre. Je comprends que toute violence causée notamment par le fanatisme, la haine, l’avidité, la peur, a son origine dans une vue dualiste et discriminante. Je m’entraînerai à tout regarder avec ouverture, sans discrimination ni attachement à aucune vue, ni à aucune idéologie, pour œuvrer à transformer la violence et le dogmatisme qui demeurent en moi et dans le monde.

   La notion d’inter-être est fondamentale dans l’enseignement du Bouddha : non seulement nous sommes tous interdépendants mais nous sommes liés aussi à tous les êtres sensibles. Notre qualité d’être pensant nous donne une responsabilité sur l’ensemble du monde vivant : l’arbre nous donne l’oxygène dont nous avons besoin pour vivre, respectons-le pour ne prendre qu’une seule illustration. Cette philosophie nous engage non seulement au respect mais à la gratitude : nous appartenons à l’univers tout entier, nous en dépendons et il dépend de notre vigilance car aucune séparation n’existe. La compassion découle de cette attitude face à la vie dans toutes ses composantes. On ne peut plus rester insensible face à tout ce qui se passe autour de nous et ce, dans l’ouverture de l’esprit.

Martine

Un témoignage des JAR

   Aux Jar, il y a de très beaux moments que chacun(e) vit. De très belles rencontres que chacun(e) fait.
vote homosexuel   L’organisation des JAR demande beaucoup de travail et de réflexion afin que chacun(e) y trouve son compte. Dieu sait qu’on est nombreux et différents….
Un air de joie innocente, d’euphorie flotte autour. Les participants sont souriants, curieux. Ils vont les un(e)s vers les autres pour faire connaissance ou partager un moment agréable avec les anciens ou les nouveaux. Ce sont  2 jours et demie où tout est bonheur, amusement et fête.

Maryam

Tambours et émotions sacrées

   Tambours du Burundi et Tambours du Japon sont les cérémonies programmées dans le cadre des Folles Journées auxquelles j’ai eu le privilège (avec quelques milliers d’autres) de participer.
Musique1Nous sommes au tout début de notre histoire, lorsque nos lointains ancêtres utilisent le son premier pour rassembler. Les bergers musiciens du Burundi revêtus d’étoffes vertes, rouges et blanches, portant leur tambour s’avancent dans la savane en chantant, dansant et mimant des animaux ou des esprits. Ils forment le cercle, posent leurs tambours à terre et s’abandonnent à l’énergie primitive, à la joie d’être sur terre et nous aussi nous rentrons dans ce cercle frappant dans nos mains, souriant
et riant célébrant cette ??? .
Tout autre est la célébration fournie par les Tambours Japonais. Un homme seul face à un tambour imposant suspendu à un joug assisté parfois par quatre autres disciples se concentre. Puis, ses bras sans relâche frappent sommant les esprits d’entendre son hommage destiné à un des leurs, vénéré pour avoir ???. Le son obsédant sans répit retentit m’angoisse tant l’homme va jusqu’au bout de ses forces dans ce dialogue fabuleux. Face à cette chorégraphie minimaliste savamment calculée, vibrant à l’unisson avec ce son qui ne faiblit pas, je pense que l’émotion ressentie s’apparente à l’effroi sacré propre à certaines cérémonies rituelles.
Nos applaudissements non mesurés témoignent de notre émerveillement pour ces musiciens extenués et ravis.
La musique adoucit les moeurs je ne sais, mais pendant ces journées nous venons chercher le bonheur d’être pour partager des moments inoubliables qui nous emportent loin de notre quotidien parfois si petit.
C’est la magie de ces Journées.

Annette

Un parcours spirituel

   Il m’est très difficile d’employer le terme universel pour quelque chose de désagréable mais je suis sûre que vous êtes d’accord avec moi « le racisme est universel »!
    De part son histoire, de sa religion avant l’islam, le zoroastrisme, l’Iran a subi l’invasion des arabes qui ont imposé la religion musulmane au peuple perse. A cette époque ces arabes musulmans ont imposé la langue arabe aux perses, et ont brûlé quantité de livres écrits en persan. Désolée si je ne peux pas vous donner la date ou le siècle exacts. Depuis que j’ai quitté l’Iran (1984), j’ai malheureusement oublié une grande partie de l’histoire de mon pays d’origine.
La république islamique avec les musulmans radicaux n’a pas arrangé les choses. Tout ce passé lourd et le régime totalitaire, poussent hélas une partie du peuple perse au racisme contre les arabes, malgré leur appartenance à la religion musulmane.
Depuis cette république islamique, beaucoup d’afghans sont venus s’installer en Iran. Il y a eu, beaucoup de cambriolages, viols des femmes commis par certains immigrés afghans. Ce qui a créé et développé du racisme envers le peuple afghan.
Il a fallu que j’arrive en France pour rencontrer des afghans et me lier d’amitié avec ce peuple si riche et en grande souffrance des injustices qu’il subit.
J’ai quitté l’Iran pour des raisons politiques et aussi parce que le régime oblige les femmes à porter le voile.
Je sais très bien que les maghrébins ou les turques ne sont pas arabes. Mais pour nous les iraniens, les maghrébins représentent le monde arabe (erreur), mais bien évidemment ils font partie du monde musulman…
De part mon métier, je rencontre des femmes turques/maghrébines, voilées, qui ne peuvent pas trop communiquer en français avec moi ou mes collègues. Alors par des gestes et des regards je communique avec elles. Je vous promets qu’elles sont très généreuses et à la fin, puisqu’elles ne peuvent pas me communiquer leur gratitude, en français, elles font tomber les barrières humaines en Occident et se penchent vers moi pour m’embrasser. Et moi, avec joie, j’accueille leur embrassade…
Il a fallu que j’arrive en France pour me réconcilier avec le monde arabe, le monde musulman et les femmes voilées… (même si je suis contre le voile lorsqu’il est imposé ou choisi sans consentement de la femme).
Aux JAR (Journées Annuelles de Rencontres) 2015 les ateliers très riches et intéressants, une nouvelle fois nous ont permis d’apprendre/découvrir de nouvelles choses et de rencontrer de nouvelles personnes.
Parmi les ateliers proposés aux JAR 2015 auxquelles j’ai participé à Merville en cette, je souhaite parler de l’atelier interreligieux avec des associations LGBT chrétienne (D&J), juive (Betaverim) et musulmane (H2M). C’est épatant le travail que font ces 3 associations ensembles pour les personnes LGBT. C’est aussi un travail considérable dans l’écoute, le soutien de chaque personne lgbt et croyante.
Le déracinement n’est pas facile à vivre et fait souffrir. Mais, avec du recul, je regarde tout ce cheminement et je constate la richesse de ces rencontres interculturelles, interreligieuses.
Vive la spiritualité plurielle !!!

Maryam

Portes ouvertes à la mosquée

   Lors du week-end des 19 et 20 décembre 2015, le Conseil français du culte musulman organisait deux journées portes ouvertes dans les mosquées : il m’a paru important de répondre à cette invitation et d’aller boire le thé de la fraternité. D’abord pour affirmer, avec celles et ceux qui répondraient aussi à cet appel, que je ne fais pas l’amalgame entre une bande d’assassins se réclamant d’un islam dévoyé et l’ensemble des pratiquants de cette religion ; que je refuse de suspecter d’un quelconque soutien l’ensemble des émigrés de culture musulmane qui, ni pratiquants ni même croyants, vivent avec nous sur ce morceau de terre que l’on nomme la France.
Palais du Golestan, ThranEt puis, j’ai tant de souvenirs de l’accueil qui m’a été fait au Maroc, des rencontres chaleureuses, des séparations difficiles quand il me fallait partir… Ma vie a fait que j’ai pu partager des moments simples avec une famille habitant au coeur de la médina de Fès : une balade au marché avec Suad, une matinée à l’aider à pétrir le pain à la maison, et toujours en tentant d’apprendre quelques mots dans nos langues si éloignées l’une de l’autre ! Les souvenirs de nos rires et de la galette encore chaude offerte le jour de mon départ, enveloppée dans un linge brodé gardé depuis comme un bien précieux, sont inscrits en moi… Aussi, lorsque je suis entrée dans la vaste salle de prière nantaise, j’ai refoulé mes larmes avec peine : la conscience de la violence du coup porté se mêlait à ces souvenirs émus…
Les tables étaient garnies de gâteaux au miel et le thé nous était servi avec un sourire de bienvenue et de remerciement. En cette fin de matinée de ce samedi un peu particulier, nous étions une cinquantaine de personnes aux cheveux très majoritairement poivre et sel… Des personnes qui, comme moi sans doute, avait eu le temps de voyager, de connaître et de s’interroger sur le pourquoi de la montée de la haine de notre culture et de notre façon de vivre, la montée de l’incompréhension et de la peur. Les jeunes se comptaient sur les doigts d’une seule main qu’ils soient musulmans ou d’une autre religion quelle qu’elle soit. C’était l’occasion d’échanger avec l’iman et le président de l’association culturelle gérant du lieu en me joignant aux petits groupes formés spontanément. Je retiendrai des propos de l’iman, l’assurance de l’accueil au sein même de la mosquée de chacune et de chacun, croyant ou non croyant en Dieu : celui du Livre commun aux deux autres religions chrétienne et juive.
Un message de paix et de douceur tel que l’on souhaiterait toujours l’entendre sortir de la bouche de personnes en charge de prêcher l’essence de leur religion. En condamnant les terroristes comme des délinquants ignorants de la foi musulmane, le président rappelle que l’islam s’ancre sur la reconnaissance de la lignée de tous les prophètes cités dans la Bible, dont le Christ, qui ont précédé Mohamed. Un discours éclairé et intelligent qui n’a pas fait l’impasse sur le fait que peu nombreux sont les pratiquants fréquentant la mosquée qui comprennent la parole de l’iman prêchant en arabe classique puis en français… Comme le latin dans nos églises n’était compris que par les initiés, l’arabe classique n’est pas compris par les personnes qui s’expriment dans les dialectes marocain, algérien etc et ne maîtrisent pas suffisamment sans doute la langue française… Alors la question est venue, sachant l’absence de clergé musulman, de l’importance du rôle d’instances véritablement représentatives de l’islam en France et de l’identification d’une autorité gardienne de la transmission de la bonne parole des imans afin de s’assurer que tous soient aussi paisibles que celui que j’ai rencontré…

Martine

Mes premiers pas à DJ Nantes

   Dès le début, j’ai été très touché par l’accueil, quand plusieurs personnes du groupe sont venues à ma rencontre dans un bar du centre-ville de Nantes. Ce premier contact chaleureux m’a encouragé, par la suite, à assister au maximum de réunions, afin d’encore mieux comprendre les buts de David et Jonathan, et d’apprendre à connaître aussi d’autres membres.
Le style des soirées SPI me plait en particulier. La diversité des différents thèmes abordés est très enrichissante et le fait de clôturer par un repas, soit chez quelqu’un, soit dans un restaurant, permet d’approfondir la relation entre nous.
Aussi, j’apprécie beaucoup, notamment l’hiver, pouvoir rester la nuit sur place – encore une autre manière d’apprendre à mieux se connaître.
En conclusion, j’ai l’intention désormais de continuer à faire l’effort de participer au mieux aux activités proposées par ce groupe où chacun a sa place… J’espère que ce mot a du sens pour les lecteurs…

Steve

Repas de Noël de l’Ouest 2015

   Il ne nous reste que quelques jours avant la grande distribution des jouets et autres cadeaux. Donc on va retrousser nos manches pour donner un coup de main. C’est vrai quoi : on a Quimper Noël donc allons y gaiement.
ctN16 AC DJ    Bon !! On va commencer par le groupe de Rennes. Ils sont habitués au froid du grand nord. On a pensé à eux pour constituer l’attelage du traîneau. Ceux dont la pelisse n’est pas trop Vilaine seront placés devant ; ça fera plus glamour.
Il faut penser au carburant, les bretons fourniront le chouchen ; il parait que ça booste le Père Noël dans sa tournée. Par contre les vendéens s’abstenir de filer des mogettes en guise de fourrage aux rennes ! L’année dernière ça avait été une catastrophe mondiale qui a contribué au réchauffement de la planète.
A la rigueur la brioche vendéenne serait la bienvenue même si ça a tendance à augmenter la brioche de notre gourmand de père Noël.
Et les nantais, pendant ce temps-là, vous croyez que vous allez pouvoir vous beurrez le Petit Lu tranquillement en suçant des berlingots ? Non ! Y a du boulot.
Oui, faut prévoir quelques cubis de muscadet et ramener à la rescousse un maximum de bon curés nantais. Euh… mais pas trop fait quand même parce qu’après ça pu « grave » comme disent les jeunes.
Si Jacques veut se joindre à eux, on est pour l’œcuménisme, il peut faire chef d’équipe. Chez les gaulois, on avait toujours un bon barde et, vu les répétitions précédentes, je pense que la bombarde on la range pour cette année.
Le groupe de Quimper, irrité par le son, en avait les oreilles en feuilles de chou. En feuille de chou, en feuille de chou, en feuille de chênes… En feuille de chouchen !
Reste à remplir la hotte, allez au boulot, on s’y met tous. Et un petit coup de troussepinette pour nous donner du courage.
Tous ensembles on lève notre verre à cette nuit de Noël qui s’annonce.
A l’Amitié, l’Amour et la Joie.

Jacqueline et Pierre-Hugues

FTM on the road

      Real Boy et un documentaire qui retrace le début de parcours de transition d’un FTM, ces relations avec sa mère, avec ses amis entre 3 accords de guitare et 50 miles on the road made in USA.
De vidéo en vidéo familiales Rachel grandit puis, peu à peu, s’efface pour faire naître Ben derrière le miroir…Mais renaître n’est pas une vie de tout repos, souvent bringuebalée entre révoltes et addictions comme autant de symboles d’un ouragan intérieur. Et la famille qui souvent ne comprend pas, ne souhaite pas comprendre, peut rejeter, avoir des propos violents,… Une famille aussi doit faire une transition à son propre rythme pour comprendre jusqu’à accepter…un jour…
    Seule la rencontre avec des FTM amis de son néo-fils, avec d’autres parents, permettront à la maman de Ben d’avancer petit à petit, de faire tomber ses barrières, de bousculer ses convictions, d’évacuer ses peurs pour pouvoir accompagner son fils dans sa transition.
Seul, on ne peut rien ou souvent pas grand-chose ou c’est plus difficile.
Seul, Ben ne pourrait rien. Ni Dylan…Ni Joe…
Heureusement il y a un réseau Internet qui peut permettre de tisser le lien avec ses semblables, qui apporte les informations nécessaires, vitales sur la transidentité et ses parcours variés possibles… Heureusement, il y a des amis de parcours comme autant de balises de vie qui évoluent parfois sur des tempos différents mais, on se comprend sur l’essentiel. Un ami de Ben, Joe, avec qui il vit sur la même partition musicale le soutien. Un autre, Dylan, avec qui il partagera le même tempo médical.
Néanmoins, subsistent des clichés, des stéréotypes masculins qui pourraient agacer certains trans plus gender fluides, moins binaires. En premier lieu, le titre « Real boy » : un vrai garçon… C’est quoi un vrai garçon !?… Ces clichés ne sont peut-être à voir que comme autant de points de repère en terme de genre qui rassurent certains.
Les genres restent et resteront multiples et les façons de les vivres sont heureusement toujours variées.
Le documentaire montre aussi la transition comme source de repli sur soi, génératrice de tumultes intérieurs dévorants, souvent incompréhensibles, indescriptibles vu de l’extérieur… Ce monde extérieur peut même parfois être vu comme hostile par la personne trans. Avoir une vie comme tout un chacun si ce n’est à quelques détails près souvent tus à autrui par choix, par nécessité, par envie de se fondre dans la société ou par peur d’en être rejeté, par peur que quelqu’un vienne un jour déterrer son passé. Une transition n’est jamais vraiment finie. Il serait intéressant de connaître un jour sur toile la suite du parcours de Ben, de Dylan, de Joe ou d’autres…

Téo

Retraite au Mont St Michel

   Qu’il en a fallu de mails, d’ordres et de contre ordres pour organiser cette expédition au Mont St Michel. Nous sommes 5 déjistes nantais à y participer.
20160410_133637   Les échanges pour planifier les repas en amont, je vous dis pas !… Moi j’aime manger et boire mais, j’ai bien l’impression d’être entourée de végétariens au petit appétit et même de jeûneurs qui ne se manifestent pas… Et la cafetière d’Yvan qui rend l’âme juste avant de partir ! Malgré tous ces préparatifs, j’ai bien l’intention de profiter de tout pendant ce week-end. Partis à 8 h, je prends les paris que nous raterons la messe…
Ravis d’être arrivés à l’heure (mea culpa) sur le Mont, nous découvrons notre petit logis bien chauffé mis à notre disposition pour nous seuls par les sœurs de Jérusalem. Dormir sur le Mont : un rêve !!!!
Grisés par le lieu et la lumière, nous avons arpenté les remparts, avons monté et descendu des marches et des marches (70 des musées à notre logis, 280 de notre logis à l’abbatiale…). J’ai donc réfléchi à mes déplacements ! Nous avons attendu le le mascaret puis avons été piégés par la marée ! Ce qui ne nous a pas empêché d’être à l’heure pour les offices et le repas .
Le Mont est magique et plus encore… Mer, terre et lumière forment un tout indissociable et inoubliable. Les chants des frères et des soeurs, les vibrations dues aux cloches, les cris des mouettes, le cloître, la mer,… Tout contribue à nous transporter en ce lieu.
Pendant l’office nous avons écouté un beau sermon sur le sens de l’amour qui fait écho au texte choisi par Michel dont nous avions parlé le soir à la veillée. Un seul mot dans notre langue pour dire l’amour « aimer », tandis que dans le texte grec utilisé pour écrire le sermon plusieurs verbes sont employés, je comprends mieux le sens de ces paroles, la sagesse et la profondeur de ces écrits qui s’offrent à la méditation
Nous repartons comblés par notre séjour. Merci à tous pour ces moments de partage.

Annette