Tous les articles par webmaster.nantes

Voyage en tous genres dans l’art (Pierre)

Pour la troisième fois Bernard notre guide professionnel et éminent érudit artistique nous a conduit samedi 8 mars dans un voyage passionné et passionnant au travers de cinq siècles d’arts au Musée des Arts de Nantes.
Avec lui nous parcourons les « genres » : petit clin d’œil, il ne s’agissait pas de nos genres sexués mais de la subtile hiérarchie des genres picturaux
, (l’histoire, le portrait, la scène de genre, le paysage, la nature morte, que nous avons parcouru à l’envers de moins noble au plus noble, les académies (institutions destinées à la formation des artistes peintres, sculpteurs, architectes, dessinateurs, graveurs), les écoles (concept utilisé dans le monde de l’art pour référer à une tradition commune à l’ensemble des peintres d’une même nationalité ou ville si j’ai bien compris !).
« Celui qui fait parfaitement des paysages est au-dessus d’un autre qui ne fait que des fruits, des fleurs ou des coquilles. Celui qui peint des animaux vivants est plus estimable que ceux qui ne représentent que des choses mortes et sans mouvement ; et comme la figure de l’homme est le plus parfait ouvrage de Dieu sur la Terre, il est certain aussi que celui qui se rend l’imitateur de Dieu en peignant des figures humaines, est beaucoup plus excellent que tous les autres … un Peintre qui ne fait que des portraits, n’a pas encore cette haute perfection de l’Art, et ne peut prétendre à l’honneur que reçoivent les plus savants. Il faut pour cela passer d’une seule figure à la représentation de plusieurs ensembles ; il faut traiter l’histoire et la fable ; il faut représenter de grandes actions comme les historiens, ou des sujets agréables comme les Poètes ; et montant encore plus haut, il faut par des compositions allégoriques, savoir couvrir sous le voile de la fable les vertus des grands hommes, et les mystères les plus relevés. »
L’immense érudition de Bernard fait qu’avec lui comme chantait Jean Ferrat « on ne voit pas le temps passer » mais on voit bien le temps passé ! Les siècles défilent, on découvre au travers d’un détail que seul nous aurait complètement échappé, une « erreur » volontaire ou non d’un peintre, une ombre, une perspective pour lesquels notre guide n’est jamais en mal d’explications. C’est ainsi que nous nous attardons par exemple devant un mendiant joueur de vielle qui ne s’avère pas si pauvre que perçu à première vue, puis devant Jean-Auguste-Dominique Ingres peignant madame de Senonnes.
Ce tableau qui fut réalisé avant que Marie Marcoz et Alexandre de Senonnes ne soient mariés, fut un temps appelé
La Trastévérine.
Dans ce portrait la référence à
Raphaël est claire, Bernard attire notre attention sur le traitement des somptueuses étoffes et des (trop) innombrables bijoux qui trahissent la parvenue ; sur la pose alanguie, le foisonnement d’accessoires, la beauté des coloris vénitiens, rouge et or chatoyants dans la partie inférieure du tableau, qui renforcent la présence du visage du modèle isolé sur le fond sombre du miroir, qui révèle sa nuque mais aussi les mains difformes (eh oui le grand Ingres ne savait pas peindre les mains !).
Tout évoque le luxe de ces premières années du
XIXe siècle robe de velours grenat, garnie de précieuse mousseline des Indes et de dentelles transparentes, couteux châle de cachemire blanc. Le modèle pose dans l’alcôve d’un boudoir tendu de soie or, dont on a garni les coussins du divan, mais aussi les murs qui encadrent le miroir situé à l’arrière-plan sur lequel Bernard attire notre attention.
A la demande de notre guide nous cherchons en vain longuement une « erreur » mais une fois mis en lumière par Bernard nous ne voyons plus que son bras démesurément long, détail voulu qui annonce la peinture moderne et fascina Picasso.
Au lieu de défiler devant des dizaines de tableaux, sans en percevoir la quintessence, Bernard nous conduit dans un savant dédale d’un tableau à un autre, pour nous faire saisir comment progresse l’art pictural et comment la technique intervient aussi avec la peinture en tube qui au XIXème siècle vient tout bouleverser.
On attend avec impatience une suite vers les œuvres modernes et contemporaines car on a plus appris en deux heures qu’en des jours à regarder distraitement de longue série de tableaux dans maints musées du monde.
Un sympathique repas conclut comme de juste cette matinée, car après avoir sustenté abondamment notre esprit il fallut penser au corps et bavarder tranquillement de choses et d’autres en philosophant sur la vie et le monde !

Pierre

« Deux » de Filippo MENEGHETTI (2020) – par Madeleine

C‘est l’histoire de deux vieilles dames (Madeleine et Nina) habitant sur le même palier et que l’entourage (la famille de Madeleine) voit comme deux gentilles retraitées se rendant mutuellement service.
En réalité il s’agit d’un vieux couple installé depuis longtemps dans le faux-semblant et qui sauve ainsi les apparences en attendant de réunir la somme qui leur permettra d’emménager ensemble dans un appartement à Rome, ville de leur rêve et de leur première rencontre.
L’une d’elles, Nina, la plus combative, pousse la plus timorée (Madeleine qui a été mariée) à révéler leur projet à sa famille et ainsi mettre à jour la nature de leur relation, ce que Madeleine n’arrive absolument pas à faire.
Blocage psychologique et conflit entre les deux femmes. Le film aurait pu continuer dans cette veine mais l’histoire, comme la vie parfois, bascule dans le drame avec l’AVC de la plus fragile.
Le combat de Nina va être de récupérer sa compagne que sa famille finit par éloigner dans un EHPAD.
Au thème de l’amour caché , se superpose celui de sa survivance par- delà les obstacles, la maladie et la séparation.
La critique salue, à juste titre, le traitement maîtrisé du sujet, son audace (les amours, la sexualité des seniors) et sa délicatesse, la mise en scène inspirée et le jeu des actrices.
Elle ne prend pas assez en compte l’ambivalence de la fin, qui ouvre tout un champ de réflexions.
Certes la pugnacité de Nina finit par payer, mais à quel prix ! Les deux amantes finissent par se retrouver mais barricadées dans un champ de ruines (appartement saccagé, cagnotte vidée)
Certes les unions homosexuelles sont devenues légales, mais dans le rapport aux familles tout reste à vivre au cas par cas. Ici, tout repose sur un conflit de sentiments et d’appartenance : la relation de la fille à sa mère primant évidemment sur celle de la « voisine », quand bien même serait-elle la « compagne ».
On ne peut que penser à ces couples d’avant le PACS, dévastés par le sida et l’intervention des familles ignorant et dépouillant le survivant.
Le film montre bien les ravages qu’entraînent la clandestinité et le porte-à-faux.
Nina est poussée à la violence, violence verbale envers son amie indécise (scène traumatisante en pleine rue). Poussée à l’illégalité : intrusion dans un appartement qui n’est pas le sien, dégradation volontaire d’une voiture, compromission avec une auxiliaire de vie stupide et cupide (à la clé : le cambriolage-représailles par le fils voyou) et enfin rapt d’une personne dépendante (Madeleine arrachée à la Maison de retraite)
On voit mal comment poussée à la faute et s’étant mise dans son tort, elle pourrait ensuite dénoncer et porter plainte.
Au final, deux femmes réunies mais démunies.
Le tragique est encore une fois au rendez-vous des amours non plus interdites mais encore taboues aux yeux des proches.
Au-delà du psychologique, le film a presque valeur de documentaire : il évoque avec réalisme la fin de vie, la dépendance, le pouvoir des familles et la difficulté d’assurer une relation amoureuse quand elle n’est ni socialement ni également soutenue et validée.

Madeleine

L’un des nôtres s’en est allé… (Annette)

L‘un des nôtres s’en est allé.
Il était déjiste à Poitiers et s’appelait Gérard.
Lorsque j’apprends cette nouvelle je décide par solidarité avec le petit groupe de Poitiers, par ce triste lundi gris et pluvieux d’assister à ses obsèques. Mais une pensée me taraude : qui est Gérard ?
Est-ce lui que j’ai vu aux Jars 2018 me parlant de son cancer et de ses vieux parents à Nantes ?
Est-ce lui que je vois au Noël 2018 si proche de Jacques O. ?
Est -ce lui qui dansait aux Jars 2019 si léger, si gracile avec son ami Dominique ; couple si heureux, si aérien dans leur danse ?

En arrivant devant l’église Saint Thomas de Saint Herblain, deux choses me frappent : la présence d’africaines et d’africains et la présence de déjistes du Nord et de Paris. Mais pas de présence de celui à qui je pense. Est-ce lui qui serait dans le cercueil ? Beaucoup de monde, l’église, pas très grande, est quasiment remplie par les membres de sa famille, ses amis, ses connaissances et notre groupe de déjistes venus en nombre.
Des cris dechirants, inhumains s’élévent ; le chagrin et la peine se moquent des convenances. Cette souffrance doit s’exprimer et malgré cette épreuve, les témoignages se multiplient. Chacune, chacun tient à témoigner même si « elle », « il » doit s’arrêter, suffoquant sous les larmes et les sanglots, la respiration coupée. Tous veulent parler de l’ami parti, le prêtre africain, ami de Gérard, veut lui aussi, malgré sa peine, témoigner. Il connaissait l’homosexualité de Gérard et le dit devant tous dans son église. Il connaissait Dominique ; le compagnon de Gérard, et le dit. Il nous dit aussi les longs échanges entre eux deux concernant la foi où tous les deux se retrouvaient pour mettre l’humain au Centre, bien au-dessus des divergences.
J’apprends , nous apprenons que Gérard n’a connu notre mouvement David & Jonathan que tardivement. Tout de suite, il adhère et participe aux commissions « Pères gays » et « Solidarité ».
D’origine modeste, campagnarde, il reste fidèle à ses origines. Marié, 3 enfants, une famille aimante, il ne cache rien, se sépare de sa femme puis vit en couple homosexuel. Sa femme connait Dominique, son dernier compagnon, que sa famille considère et traite comme un des siens.
Il fût un membre très actif de la Sociéte Saint Vincent de Paul, il ira en Afrique à plusieurs reprises notamment au Burkina Fasso dont le nom signifie « le pays des hommes intègres » ; quel beau nom !
Lorsque Gérard accueille dans sa maison, c’est pour la vie ; la porte reste ouverte pour toujours à celle, à celui qui a été reçu. Il se bat contre la maladie pendant dix ans, occupant ces derniers mois à mettre sur pied le projet d’une maison intergénérationnelle à Clisson où, il pensait cultiver son jardin avec son ami Dominique et profiter pleinement de la vie.
Ami Gérard, aussi modeste qu’actif, comme tu manques à ta famille, à tes amis, à Dominique ton ami, au petit groupe DJ de Poitiers si abimé dans sa peine et, à nous qui découvrons qui tu étais.
Au revoir Gérard.
Dominique est dans nos coeurs ainsi que nos amis de Poitiers si affligés ainsi que ce prêtre africain qui a perdu son ami.
Oui, nous pensons à vous ; c’est cela aussi la solidarite à David & jonathan.

Annette

« Querelle » Kévin Lambert – Ed Le Nouvel Attila (Pierre)

Querelle sociale au canada

Etrange roman que celui-ci mêlant avec talent la chronique sociale d’une grève dure dans une scierie du Lac-Saint-Jean et les aventures gays érotiques, voire carrément pornographiques de l’un des héros Querelle (hommage à Jean Genet et à Rainer Werner Fassbinder) et de quelques jeunes en perdition.
On pourrait croire ce mélange improbable ou même ridicule, eh bien non, c’est passionnant, quels que soient nos opinions sur les mouvements syndicaux (tout allusion aux évènements récents en France serait purement fortuite !) on se laisse aller à suivre avec passion cette lutte sans merci, à détester les patrons salauds, à sympathiser avec les fous grévistes, à apprécier le talent sadien de l’auteur. Que les femmes se rassurent le vrai héros n’est peut-être pas Querelle mais la belle Jézabel, monstre d’ambiguïté ou monstre tout court ?
Un dernier mot : les amateurs de happy end seront déçu au-delà de toute limite, mais vous ressortirez de cette lecture à regret après avoir éprouvé des émotions fortes et contradictoires !

Pierre

 

David, Jonathan, des Ils et des Elles (Pierre seigneur de Monterno)

C‘est par un beau matin d’hiver du 11 janvier de l’an de grâce 2020  en la seigneurerie de Monterno que David et Jonathan ont rencontré  Des Ils et des Elles.
Par ce beau matin d’hiver s’en vinrent en notre seigneurie de Monterno, maints marauds de Bretagne et bourgeois de Nantes pour festoyer autour de galettes et de crêpes par nos soins préparés et cidre qu’un voisin nôtre avait tiré de belles barriques pour esbaudir et réjouir les gosiers de nos hôtes.
La seigneurie de Monterno rattachée par lien héraldique à très ancienne et noble famille d’Aboville qui donna naguère à la France hardi navigateur Gérard, fut rattachée jadis à son manoir de Berric par mystérieux souterrain lui permettant en fin du siècle XVIIIème d’échapper à la piétaille révolutionnaire. L’histoire veut qu’un trésor y fut enfoui qu’hélas malgré maints efforts nous ne parvînmes jamais à exhumer.
C’est donc dans la grande salle de notre manoir que deux tablées face à ample et haute cheminée furent dressées pour réunir bretons de Des Ils et des Elles et nantais de David et Jonathan, deux associations ayant pour caractéristique un attachement honteux à la luxure antiphysique, sodomite et gomorrhéenne. Ce fut première rencontre au sommet entre ces deux associations auxquelles avons faiblesse d’appartenir tous deux, l’une plus portée vers plaisirs de la table et de la randonnée, l’autre vers les choses de l’esprit et de l’idolâtrie chrétienne. Cette rencontre au sommet avait été amorcée par visite du musée des beaux-arts de Nantes savamment organisée par l’illustre sieur Bernard dont la notoriété de guide dépasse nos deux provinces et qui avait déjà réuni naguère nobles membres des deux entités.
Notre valetaille étant ce jour absente nos hôtes voulurent bien s’activer aux cuisines et à la table allégeant ainsi un fardeau si doux déjà du plaisir de recevoir si gentes dames et gentils seigneurs. Tout s’organisa donc au mieux autour de ces agapes et du plaisir de la conversation. Certaines retrouvèrent connaissances perdues de vue, d’autres se découvrir affinités entre gens de monde différends mais gens du monde tout de même. Dans joyeux climat de belle et franche humeur les deux associations se firent maints serments de se revoir et de de se découvrir encore.
Le repas terminé fut organisé promenade digestive le long de la côte que borde le grand océan que l’on dit Atlante au lieudit Kervoyal, paroisse de Damgan, les unes musardant, ramassant coquillages et galets, engageant plaisirs de la conversation avec jouvenceau de passage au grand ébaudissement des seigneurs présents, les autres capturant les paysages en de mystérieux appareils, d’autres risquant un orteil chaussé dans la mer ou encore d’enquérant du passé de la province sur panneaux descriptifs.
Puis chacun s’en vint vaquer à ses occupations en sa province respective non sans s’être juré de se revoir et de s’aimer pour la vie.
Certaines et certain cependant non las de notre gente compagnie nous demandèrent hospitalité pour la nuit en notre seigneurerie qui n’avait jamais reçue hôtes plus illustres !

Pierre seigneur de Monterno

Week-end de Noël vendéen (Annette, Steve)

Superbe Noël en Vendée !

Malgré les grèves, nous nous sommes organisés car bien décidés à nous reunir pour fêter Noël.
Je suis donc partie ce samedi avec Jean Marc et Damien, toute contente, comme en vacances et réjouie à l’idée que de tout l’Ouest, de Poitiers et de Tours chacun en faisait autant.
Arrivée sans encombre dans un très beau site, toute l’équipe de Vendée nous attendait. Superbe organisation, logés comme des princes, nous nous sommes retrouvés plus nombreux que jamais. Quel plaisir de revoir copains et copines venus de loin !
La bonne humeur était de mise même si j’étais entourée d’éclopés, le bras d’Isabelle, le pied de Maryam, le dos de Pierre mais cela ne nous aura pas empêché de chanter de bon coeur les vieux refrains de nos campagnes. Avec les textes distribués généreusement à tous, plus moyen de nous arrêter , nous avons même chanté de concert le « minuit chretien » malgré Bertrand qui aurait voulu, seul, enchanter nos oreilles de sa belle voix. Laurence nous a pris par surprise ; nous n’avions pas les textes mais sa voix était magnifique !
Le lendemain, certains d’entre nous sont allés à la messe. J’ai appris que le prêtre a parlé de cette mère qui, apprenant que son fils de 20 ans était gay l’a mis à la porte. L’église était pleine, tous écoutaient en silence très attentifs, je me suis dis alors que la Vendée n’était pas aussi intégriste que certains ne le disent avant d’apprendre que le prêtre faisait parti des nôtres. J’aurais du m’en douter… Merci à lui.
Dans le même temps, sur le lieu de notre soirée de Noël, se tenait aussi un temps spirituel conduit par Jacqueline, très beau et fort moment au cours duquel certains d’entre nous ont parlé simplement de qu’ils font pour l’Autre, ce que Noël représente pour eux. Par exemple, le simple fait de regarder et de dire bonjour semble si simple et apporte tellement alors, pourquoi ne pas le faire tout simplement. Un magnifique moment de partage et de communion.
Mais déjà il faut partir.
Un grand merci à l’équipe de Vendée

Annette

Mon arrivée sur les lieu de notre Week-end de Noël 2019 ne s’est pas faite sans encombre. Dans le centre ville de La Roche-sur-Yon, en descendant du car en provenance des Herbiers, je suis accueilli oar véritable déluge digne de Noé…sans l’Arche… Un trajet à pied pour rejoindre la gare (lieu de rdv de mon co-voiturage) et me voilà complètement trempé jusqu’aux os ! Mais chacun sait que les anglais adorent « singing in the rain ! ».
Arrivé sur les lieux, tout est illuminé ! Quelle beauté !
Dès l’arrivée à l’accueil, je suis très frappé par le bonheur général de nous retrouver, de nos régions si dispersées ; nous qui ne nous voyons qu’à cette occasion chaque année…
Le discours d’accueil du groupe et du centre LGBT de La Roche-sur-Yon, sur le projet de la première Marche des Fiertés dans la ville de La Roche. Les raisons de cette première marche : répondre à l’agression sur le stand LGBT lors de la journée de l’Idaho par des jeunes (se prétendant) catholiques m’a mis du baume au coeur. Mais l’organisation et le déroulement ne seront pas si simples que ça à mettre sur pied… donc La Roche aura bien besoin de soutien moral…
A table, très gros coup de fatigue mais, dés les premières notes de musique du bal me voilà réveillé ! Belle musique très variée et quel plaisir de danser, de danser ensemble, tous membres de cette belle association ! Pendant les pauses musicales, plusieurs groupes inter-régionaux se forment pour papoter tranquillement…
Le lendemain matin, pendant le temps spirituel, j’ai été très réconforté d’entendre les nombreux temoignages des divers groupes comme ses membres (dont je fait partie) qui font leur possible pour accueillir les étrangers.
Lors du dernier repas, avec l’accord de Laurent, animateur yonnais, j’ai pu faire une bonne « pub » pour tous les inviter ici dans les fins fonds du bocage vendéen en avril 2020. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de glisser quelques mots sur les (désastreuses) élections britanniques. Sorry…

Steve

Notre week-end de Noël vu par les autres groupes de l’Ouest :
–  Rennes

Un après-midi paillettes et froufrous (Téo)

Que faire un dimanche gris et pluvieux de novembre ?
Pourquoi pas aller s’amuser gay-ment à un spectacle pour la bonne cause ?
Après avoir participé à l’entrainement au manger épicé indien d’Isabelle, nous sommes partis en compagnie de Pierre-Hugues, direction le show transformiste – mais pas que – monté chaque année par les Gays Randonneurs : les Plus Belles Girls. Une découverte pour moi.
Dés l’accueil, nous sommes mis dans le bain. Les GRN distribuent ça et là leur programme mais aussi préservatifs et autres fluides tandis que créatures pailletées, emplumées, perchées sur des talons improbables circulent dans la foule nombreuse. Des escarpins qui doivent leur changer des chaussures de rando ! En fond sonore une ambiance disco nous invite déjà à la bonne humeur et à se dégourdir corps et gambettes.
Dans un public que l’on devine acquis, voire même partie prenante à la cause LGBT, on peut croiser avec une agréable surprise une poignée de familles avec enfants. Une initiative éducative à la différence, à la diversité et à l’ouverture d’esprit pour ses bambins qui ne peut qu’être saluée et encouragée. Allez, ajoutez y une rencontre avec les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence et ses enfants seront armés pour un avenir assurément arc-en-ciel…
Mais chut ! La sono se tait. Le noir se fait. Le rideau rouge s’ouvre sur un monde de plumes, strass et paillettes. Sur le thème de l’opéra, les tableaux se succèdent avec des sketches mêlant humour et chorégraphies. Parfois le public est sollicité pour applaudir, se lever et effectuer quelques pas de danse. Une Dorothée téléportée des plateaux de TV millésime années 80 débarque sur le plateau pour une chorégraphie style cours d’aérobic de la belle époque eightise. On, s’amuse à deviner sous le maquillage et les perruques le genre de l’artiste en piste. Une fois on gagne, l’autre fois on perd… Malgré le contenu inégal des tableaux, on se prend au jeu et on entre avec plaisir dans cette folle cavalcade burlesque endiablée d’arc-en-ciel costumés.
Un entracte pour se gégourdir les jambes, déguster crêpes et boissons au profit d’associations. Certains en profitent pour entamer la discussion avec ces dames artistes ou pour faire avec elles un selfie d’un autre genre. Nous en profitons pour allez saluer dame Annette échangeant assise à son comptoir des euros contre des paillettes. De son côté Jean-Marc participe à la nombreuse troupe de bénévoles contribuant à la réussite du spectacle.
Mais déjà la cloche de la fin de l’entracte sonne.
D’autres scènes musicales, d’autres chorégraphies vont ainsi se succéder sous la surveillance bienveillante de Madame Hermeline descendue d’un improbable cabaret parisien pour ce fol après-midi provinciale. Ainsi ira le show jusqu’à un final parsemé de frou-frou et fanfreluches lointain cousin du carnaval de Rio.
Mais déjà la nuit tombe sur dimanche. Il est temps de dire au revoir à dame Hermeline et sa compagnie, de ranger plumes, boas et paillettes dans la malle à souvenir. Peut être l’an prochain reviendrons nous gayment.

Téo

Rencontre sur le thème de l’homophobie (Alexandre)

 L’homophobie au travail et dans notre environnement immédiat. Qu’en disons-nous ?
Rencontre avec l’Autre Cercle.

L’homophobie et la transphobie sont deux attitudes négatives et blessantes auxquelles beaucoup de LGBT+ ont été confrontés durant leur vie. L’homophobie a été tellement débattue et travaillée que l’on on se posait la question suivante « pourquoi parle-t-on du sujet de l’homophobie au sein de notre association alors que beaucoup d’associations existent et travaillent sur ce sujet et qu’en parallèle on trouve que l’homophobie persiste, est-ce que cela vaut vraiment la peine ? ».
Je trouve que ce sujet reste important à travailler quelles que soient les avancées sociétales acquises et les lois mises en place. L’homophobie et la transphobie restent malheureusement assez présentes et c’est une souffrance presque quotidienne supportée par beaucoup d’entre nous. J’ai décidé en tant qu’organisateur de cette rencontre d’éviter le sujet uniquement du côté victimaire (notre parole entre nous) mais au contraire de pouvoir inviter des personnes qui travaillent dans des associations et qui mènent un travail de fond sur le terrain pour faire avancer les choses. J’ai invité deux personnes de l’association « l’Autre Cercle » qui travaille avec les entreprises pour sensibiliser et faire évoluer l’acceptation des LGBT dans le monde professionnel.
Notre rencontre s’est déroulée en deux temps. A 14 h 9 membres de DJ Nantes se sont retrouvés chez Yves pour partager entre eux des expériences d’homophobie. Ensuite à 16 h, Jean-Luc, le président de l’Autre Cercle – Pays de la Loire et Stéphanie (membre de l’Autre Cercle) nous ont rejoints.
Dans mon pays d’origine, dit l’un de nous, mes collègues n’hésitaient pas à balancer des réflexions homophobes (non adressées à moi, personnellement) dès que le sujet de l’homosexualité se présentait. Une adhérente a été confrontée récemment à des paroles homophobes et lesbophobes de la part des ouvriers qui travaillaient autour de son domicile. Un adhérent trans parle de sa difficulté de rester dans le contrôle et de ne pas pouvoir évoquer sa vie privée après des vacances et des weekends comme les hétéros le font au travail. Notre retraité de l’enseignement n’a jamais été confronté au travail à des comportements homophobes. Pourtant, il était hanté par l’idée qu’un jour il trouve des insultes homophobes écrites sur le tableau de la part d’un élève. Un autre ne parle pas de sa vie privée au travail pour éviter une potentielle homophobie. Notre trésorière pense que ne pas en parler au travail se justifie et que certains LGBT trouvent qu’ils pourraient mieux contrôler leur image au travail en restant discret aux yeux de leurs collègues alors que le dévoilement pourrait changer cette image et la rendre hors contrôle. Notre ami d’origine britannique n’a jamais été confronté à l’homophobie au travail par contre, il connaît des enseignants qui ont été confrontés à l’homophobie de la part de leurs élèves et c’était très difficile pour eux.
Un membre de la collégiale pense qu’on lâche le contrôle au boulot dès que l’on se dévoile à des collègues et que cela se passe bien. Une amie raconte l’histoire d’un couple de femmes qui ont été « outées » par leur collègue ou chef (apparemment homophobe) et c’était très choquant, car cela affectait leur enfant qui avait été conçu à une époque où la loi n’était pas favorable à la PMA pour couple de femmes.
Après une courte présentation de notre association, le président de l’autre cercle Pays de la Loire a pris la parole pendant la majeure partie du temps restant. Stéphanie est intervenue pour ajouter ponctuellement quelques clarifications. Ainsi, ils nous ont parlé des interventions de leurs associations dans les entreprises et structures qui visent à améliorer les conditions et l’accueil de personnes LGBT au sein de l’entreprise. Plusieurs groupes ont signé leur charte d’engagement (exemple : BNP, Paribas, Total, Axa, etc.) qui les engage à mettre en place des interventions de formations de l’Autre Cercle. Les personnes LGBT de ces entreprises auront plus facilement recours à de l’aide en cas de discrimination, de remarques LGBTphobes ou de situations problématiques parce qu’ils sont LGBT
Jean-Luc a donné l’exemple d’une entreprise qui voulait envoyer en mission son employé dans un pays où l’homosexualité est passible de peine de mort, la personne a rappelé à la direction que l’entreprise s’était engagée dans une charte de protection des LGBT. Il n’y a jamais eu de sanctions envers lui pour le refus de cette mission.
Un autre point très important qui a été clarifié est le bien-être des employés au travail. Les raisons qui poussent certaines entreprises à évoluer sur ces sujets, c’est de pouvoir améliorer l’attitude des employés et ainsi augmenter la productivité (plus de travail, moins d’arrêts-maladies, plus de visages souriants et apaisés, etc.).
J’ai demandé si J-Luc avait été confronté, en tant que responsable de l’Autre Cercle, à des réactions hostiles de la part des employeurs ou des employés ? La réponse fut négative. La majorité des interventions se passe avec des groupes qui ont envie de travailler avec l’Autre Cercle et les employés qui sont potentiellement homophobes ne vont pas se manifester parce que la loi les condamne clairement et il faut le rappeler, l’homophobie en France est un délit et non une opinion.
Une autre question posée par une adhérente est : quel conseil donnez-vous aux personnes, qui voudrait dévoiler ou non leur homosexualité ou transidentité ? Jean-Luc conseille d’avoir des alliées dans son milieu du travail, des personnes qui peuvent le soutenir avant de dévoiler à tout le monde sa réalité. Dans le cas où certains auraient des réactions négatives il y aura les alliées pour le ou la soutenir et amortir les réactions négatives.
À la fin de la rencontre, Jean-Luc nous a parlé d’une vidéo sous le nom : « La Diversité enrichit » faite par l’Autre Cercle et que l’on peut trouver sur le site de l’association. Je vous conseille fortement de la regarder en cliquant sur le lien suivant ou le copiant dans votre navigateur : https://vimeo.com/119328334
J’espère que cet article vous as fait découvrir ce qu’il est possible de faire pour combattre ce fléau.

Alexandre

Site internet de l’Autre cercle : https://www.autrecercle.org

Rencontre sur le thème de la solitude (Sophie, Isabelle, Bernard)

Après une grippe passée au fond de mon lit en début d’année où je m’étais trouvée bien seule, le sujet avait été évoqué. Cela a fait écho à plusieurs d’entre vous, et c’est ainsi que cette rencontre a eu lieu.
Seize, nous étions 16 en ce dimanche après-midi de novembre pour évoquer le sujet de la solitude… Solitude vécue par le passé, solitude vécue et actuelle, chacun(e) à pu s’exprimer sur le sujet en toute confiance et bienveillance.
Dans chaque témoignage d’expression de la solitude, il y a toujours son « oui mais » positif et ses réponses. Voici un florilège de phrases anonymes prouvant la profondeur, les transformations possibles et la force de trouver des ressources durables.

« Je me sens seule depuis toujours, oui mais je me retrouve vite. Je lis énormément et j’admire la vie, je me surprends moi-même à être heureuse. »
« J’ai construit mes barrières, sauf avec les enfants avec qui c’est plus facile de communiquer »
« La solitude fait partie de moi. C’est seul(e) que je dois choisir. Il faut l’embrasser et ne pas la fuir, l’apprivoiser. Sinon, elle ne passera pas et je ne vais pas avancer »
« C’est une vieille amie. Aujourd’hui, je suis apaisé, même si des années durant j’ai été excessif en fréquentation d’associations »
« La solitude je l’apprivoise, je la rencontre et plus je la rencontre, plus je suis en phase avec l’univers. »
« On n’a plus de manque quand on se retrouve soi-même »
« La solitude permet de comprendre des choses. Avant je croyais que tant qu’on n’est pas deux, on n’est pas accompli. Mais la solitude permet la prière, la méditation. Le bénéfice de la solitude est qu’on n’est pas obligé de partager. Aujourd’hui, je suis avec moi. »
« La solitude est une condition incontournable et normale, celle de chacun face à sa propre voix et sa propre route »
« La solitude, c’est à l’intérieur. Si je suis connectée à moi-même, à mon être profond, le manque disparaît. »
« La solitude, toute ma vie, je l’ai compensée. Je l’ai fuit, transcendée, sublimée, je l’ai dispersée dans l’abondance des rencontres. Ce n’est qu’en me rencontrant moi-même que je fus comblée et que le manque existentiel a disparu. Aujourd’hui, je la recherche pour continuer cette quête vers moi-même et je suis plus proche des autres qu’avant. »
« La foi m’a aidée, la méditation m’a aidée, DJ m’a aidé »
« Je sais me connecter à moi. Je suis avec moi, ainsi je ne suis jamais seule. Il y a des gens qui ne sont pas avec eux-mêmes, qui ne savent pas se connecter à eux et qui ne savent même pas qu’ils ne sont pas avec eux. »
« Pour créer des liens et les garder, il faut être partant, il faut y mettre le prix et au bon moment »
« On a besoin d’être seul pour exister »
« L’expérience spirituelle m’a fait rencontrer un «tu » et un « je » que ne met pas de voile sur ma vie »
« L’amour des autres est bonheur. Mais si je ne m’aime pas moi-même, j’utilise l’autre comme cache malheur. »

La solitude, toutes et tous, l’éprouve ou l’ont éprouvée. Est-ce à cause de notre spécificité LGBT qui pour tous et souvent très jeune nous pousse à nous interroger sur nous-même.
En chacun et chacune, on sentait une réflexion profonde et des solutions trouvées grâce à l’acharnement à comprendre et transformer les choses. C’est cela DJ, une grande capacité de réflexion et d’optimisme pour rebondir.

Sophie et Isabelle

Une grippe, c’est banal, somme toute. Mais elle peut vous plonger de la façon la plus pénible qui soit au cœur d’un mot, un mot malheureusement commun à nos sensibilités si particulières. Merci à Isabelle pour nous avoir poussé du haut du plongeoir.
La solitude, entre le dire ou l’occulter, nous avions bien conscience qu’elle nous faisait à tous escorte et nous suivait pas à pas, lorsque nous nous nous sommes retrouvés à une petite vingtaine, dans une salle de la Manu prêtée par la Mairie. Après quelques hésitations, les plus courageux lui ouvrirent la porte et son visage surgit, mine aux désespoirs multiples suivant les témoignages de chacun. Si certains eurent le coeur aux larmes, tous decrirent à leur manière les petits matins blèmes et l’hiver en plein coeur de l’été.


Alors, comment la dompter, comment la dérouler de nos hanches et ne plus jamais vivre ses nuits blanches alors qu’elle était déjà nôtre aux premiers âges et qu’elle accompagnera nos derniers souffles ? Qu’elle peut aussi nous tenir compagnie, l’impudente, au sein même d’un couple épanoui ! Certains témoignages furent, comme souvent chez nous, d’une rare profondeur. Entre ceux qui la comblaient en se tournant vers l’enfance – le monde adulte étant trop pesant – ou vers un chanceux amour croisé, malheureusement parfois fugace, ou d’autres encore dans un investissement associatif, dans un combat mené contre la maladie, en la piègeant à son propre piège par le temps donné à ceux-là mêmes qui en souffrent, tous eurent l’idée d’une arme pour la combattre : tout simplement ne pas la voir, cette gueuse, comme une menace agressive mais trouver l’intelligence et la force de la dominer, de l’apprivoiser, de l’ignorer. Ces échanges furent pour certains comme une prise de conscience salvatrice et encourageante.
Après un début un zest hésitant et avec les minutes qui s’égrainaient, je ressentis comme une respiration salvatrice, une tendresse naissante entre nous tous, et qui libérait la parole, d’abord baillonnée pour certains. Comme un espoir aussi : celui d’une compréhension fraternelle que nos propres souffrances peuvent être amoindries suivant le regard que nous leur portons. La certitude que David & Jonathan peut combler les plus grands manques, étouffer les désespoirs et réparer les gueules cassées. Il suffit de se parler, d’aller vers l’autre, de se connaitre dans nos differences et de contribuer à combler nos vides, ne jamais se laisser gagner par le goût du malheur ou la gueule du désespoir. Avec la simplicité de dire qu’on se sent mal ou seul et que l’on quête une main tendue. Alors, faisons-le sans plus attendre, tout simplement !
Pas de doutes, cet après midi-là était tout sauf….un après midi de solitude !

B.
avec l’amicale complicité de Barbara (« La Solitude » 1965)

PS 1 : mes compagnes ne m’en voudront pas, j’en suis sûr, d’avoir mis ces phrases au masculin. Mon admiration et ma tendresse pour la gente féminine ne peuvent être mises en doute, quand bien même userais-je du masculin pour englober nos genres. Moi, jadis piètre écolier et si mauvais en ortographe, avais appris à l’école que le masculin (orthographique) l’emportait sur le féminin. Le bien mal défini « sexe faible » a-t-il besoin d’autres subterfuges pour prouver qu’il est largement notre égal ? Largement, et plus encore !!! je l’affirme !

PS 2 : …. et merci aux attentions sucrées de Nadine, Camille, les zélènes et les autres qui, à la mi-temps d’un match presque gagné, nous ont fait comprendre que ce type de récomfort est une excellente introduction à toute thérapie ! 🙂