Archives de catégorie : EVENEMENTS MILITANTS

Lettre de soutien du groupe de David et Jonathan Nantes au centre Nosig LGBTI de Nantes

Le groupe nantais de l’association David et Jonathan s’associe et soutient le Conseil d’Administration du centre Nosig LGBTI, dans son opposition à l’annulation de la subvention municipale de 2016 par le Tribunal Administratif de Nantes, et son remboursement, pour la somme de 22 000 euros.
Le centre Nosig est un lieu d’information et de dialogue qui soutient de nombreuses personnes isolées socialement, en recherche, et d’une grande diversité. Il a permis à beaucoup de vivre librement, d’obtenir l’égalité des droits et de se rassembler fraternellement. Il est ouvert à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent obtenir des informations, débattre ou être accueilli(e)s sans jugement, quelle que soient leurs orientations ou leur identité sexuelles, qu’ils/elles recherchent un soutien pour être accepté(e)s et reconnu(e)s (c’est le cas des personnes homosexuelles, bisexuelles ou trans) ou bien qu’il s’agisse de proches (amis, familles, enfants, parents) éprouvant le besoin de comprendre, dialoguer ou être accompagnés. En ce sens, ce lieu contribue activement à l’unité et au « mieux vivre ensemble » si important et souvent mis à mal dans notre société. L’utilité républicaine n’est plus à prouver, Nosig existe depuis 20 années maintenant et fédère 16 associations d’intérêt divers comme la spiritualité, le sport ou des questions sociétales qui ne sont pas abordées ailleurs.
La plaignante a saisi le tribunal parce que selon elle :
l’attribution de cette subvention ne répond pas à un intérêt public local suffisant ;
l’attribution de cette subvention à une association intervenant au profit d’une catégorie de population seulement méconnaît le principe d’égalité ;
l’attribution de cette subvention méconnaît le principe de neutralité en ce qu’elle est versée à une association menant des actions à caractère politique et apportant son soutien à la gestation pour autrui, pratique illicite pénalement sanctionnée ;
l’attribution de la subvention contrevient aux dispositions des articles 227-12 et 121-7 du code pénal.
Il s’agit de fermer un lieu d’expression et de mobilisation qui oeuvre à plus de diversité dans l’agglomération nantaise, la défense de nos droits a besoin de ce lieu, et la liberté d’expression dans cette ville également
L’association D&J refuse que Nantes soit la ville où l’expression de la diversité soit bâillonnée.
L’association refuse de rembourser une subvention légitime qui permet le partage et la rencontre entre TOUS les citoyens nantais autour de problématiques sociétales qui n’ont aucune représentation ailleurs.
L’association D&J se ralliera toujours du coté de l’ouverture d’esprit et de la bienveillance
L’intolérance tue encore et Nosig est un des remparts. Nous devons le défendre.

 » Quand les nazis sont venus chercher les communistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas communiste.
Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas social-démocrate.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus me chercher,
il ne restait plus personne
pour protester. »

Martin Niemöller

« Laissons la haine à ceux qui sont trop faible pour aimer. »
Martin Luther King

La collégiale du groupe de David & Jonathan Nantes

« Les jeudi de la différence » par Yves

LE CIEL SUR LA TETE

   « As-tu été hier soir au Jeudi de la différence ? Est-ce que cela s’est bien passé ? » me demande un ami de Nancy à 6h40. J’adore son impatience !
   Oui, j’étais très satisfait de ce film « Le ciel sur la tête« , excellent film qui fait passer un sujet grave (l’incompréhension d’un père et la fracture d’un couple après le coming-out de leur fils aîné qui vient leur annoncer la nouvelle, sur un ton qui reste léger et même franchement drôle, « Il faut que je vous dise quelque chose…. Je suis passé directeur de la Banque ») L’air de rien, le film aborde des sujets essentiels sans didactisme : la difficulté pour les hommes de verbaliser, de penser à autre chose que ce que deux mecs font au lit, les collègues du mari et leurs plaisanteries grasses, le collègue de la femme, homo efféminé mais pas cliché, un bourru qui se révèle avoir un coeur en or et sauve l’épouse d’une belle déprime, le copain du fils qui, discrètement, va permettre à tous de retomber sur leurs pattes. Il n’y a que le jeune frère, étudiant, qui m’a un peu heurté par son franc parler avec ses parents « Est-ce que je te demande si t’encule maman ? » lance-t-il à son père. Un peu rude mais sans doute salutaire !

   Jeudi prochain sera nécessairement plus « sérieux » avec présence du psy de la Commission « S’accueillir » et débat avec la salle. Mais s’il y a autant de monde (beaucoup de parents, et j’étais assis entre Camille, nouvelle déjiste, et plusieurs membres de ma paroisse) cela sera prometteur.

Yves

PMA pour toutes les femmes : après le temps de la réflexion, le temps de l’action

    Quatre ans après l’ouverture du mariage civil et de l’adoption aux couples de même sexe, et le gel du volet concernant l’ouverture aux couples de femmes de la procréation médicalement assistée (PMA) dans un contexte de débats houleux, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu un avis attendu.
David & Jonathan salue la prise de position du CCNE en faveur de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes [1].Une telle mesure viendrait mettre fin à une rupture d’égalité discriminante : la différence de traitement entre les couples hétérosexuels et homosexuels face à l’accès à la PMA.
Nous regrettons toutefois que l’avis du CCNE ait été rendu sans consulter les associations des personnes concernées. Des termes ambigus persistent et une distinction continue d’être faite entre la demande de couples hétérosexuels et celle des couples de femmes.
Si l’on considère, que « l’ouverture de la PMA à des personnes sans stérilité pathologique peut se concevoir pour pallier une souffrance induite par une infécondité résultant d’orientations personnelles »,pourquoi distinguer la prise en charge financière, qui « pourrait prendre la forme d’une contribution partielle au coût du service public », alors que la gratuité complète resterait assurée pour les couples hétérosexuels ?
Nous serons attentifs-ves à ce que le Gouvernement traduise dans la loi l’avis du CCNE pour faire avancer le droit, mais aussi à ce qu’une discrimination n’en remplace pas une autre.
Dans ce contexte, David & Jonathan, mouvement homosexuel chrétien ouvert à toutes et tous, déplore la prise de position de Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes [2], tentant une fois de plus de peser sur le pouvoir politique en donnant des gages à la « Manif’ pour tous » [3]. La réaction précipitée de Mgr Pierre d’Ornellas , dès le lendemain de la publication de l’avis du CCNE, alors qu’il prétend « ne pas réveiller les divisions françaises », ré-arme en réalité le discours de réseaux confessionnels très minoritaires, hostiles aux droits des personnes lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT). Nous notons avec surprise la tentative individuelle de certains acteurs religieux de disqualifier l’institution du CCNE quand il s’oppose à leurs vues.
Par ailleurs, Mgr d’Ornellas parle du respect des personnes et demande « une France (…) qui refuse toutes les « violences » faites aux personnes et au tissu familial ». Ne pas prendre en compte la réalité de millions d’enfants qui vivent dans des familles différentes du modèle donné dans la doctrine de l’Eglise catholique (familles recomposées, monoparentales, de parents LGBT, etc.) est une violence faite à ces familles.
Pour « susciter une nouvelle confiance mutuelle malgré des désaccords », il nous semble essentiel de permettre un dialogue serein et respectueux autour du témoignage de vie des personnes les plus directement concernées. La réalité des familles homoparentales est pleine d’histoires d’enfants heureux et épanouis, qui trouvent dans leur entourage des référents masculins et féminins.
Nous saluons par contre les différentes initiatives pastorales menées dans des paroisses et des diocèses catholiques, pour accompagner la diversité des parcours de vie et des familles, un signe encourageant qui montre un changement d’attitude possible, comme y invite d’ailleurs l’exhortation apostolique du pape François « Amoris Laetitia ».
Nous considérons que le temps de la réflexion s’est achevé avec les quatre années passées par le CCNE pour rendre son avis. Le débat sur la question de la PMA a déjà eu lieu en France: la « Manif’ pour tous » avait déjà, en 2013, largement mis, de manière polémique, ce sujet au cœur des discussions, pensant faire ainsi échouer le vote en faveur de l’ouverture du mariage civil et de l’adoption aux couples de même sexe.
Aujourd’hui, 60% des Français sont favorables à la PMA pour les couples de femmes [4].
Nous affirmons donc qu’après le temps de la réflexion, est venu le temps de l’action et nous demandons au Gouvernement de traduire dans la loi l’ouverture de la PMA à toutes les femmes !

Le Bureau national de David & Jonathan
Anthony, Christian, Denis, François, Marianne, Marie-Céline,
Marie-Hélène et Sébastien

Impressions de Marche des Fiertés nantaises 2017

   Un an après Orlando, pendant qu’en Tchétchénie, en Côte d’Ivoire et ailleurs, on assassine des persones car LGBT, Nantes, à la nuit tombée, pare en leur mémoire son miroir d’eau aux couleurs de l’arc-en-ciel.
En ce jour de Marche de Fiertés LGBTQI etc., sous un soleil estival, ce sont des milliers d’arcs-en-ciel qui vont exploser de couleurs et marcher fièrement sur chapeaux, drapeaux, pancartes et tee-shirts.
Au pied de la Tour de Bretagne, un essaim militant bariolé s’impatiente butinant de stand en stand dans le village associatif. Puis, les discours des responsables associatifs et des élus s’élèvent dans l’azur pour saluer les avancées et pointer les lacunes en matière de droits LGBTQI etc. en France et plus loin encore. Mots, slogans et musiques se taisent l’espace d’une minute en mémoire de ceux qui ne peuvent marcher, qui ne marcheront plus jamais.
DJ est là, présente, individuellement, sans stand, ni pancartes, ni flyers, marchant ou non, chacun selon ses possibilités, ses choix, ses envies. Moïse apporte ses compétences médicales à l’équipe de secouristes. Françoise brandit sa pancarte de primo-militante dans les pas de l’association Contact l’oreille musicale en alerte. Pierre et Christophe ont rencontré Pierre (Marquis de Clisson) pour débattre avec ferveur sur le protestantisme. Pierre-Hugues a participé à la vie militante du village. Moi-même, j’ai marché le long du parcours l’oeil et l’oreille aux aguets et le coeur arc-en-ciel.
Cette année, nous n’avons heureusement pas rencontré d’extrêmistes fachisants et hurlant aux approches de l’église St Nicolas. Signe d’évolution ou d’apaisement idéologique ? Restont vigilants…
Peu de revendications militantes dans les slogans se sont élevés dans le ciel nantais au fil de la marche entre deux sons de musique techno. Mais les affiches et mots d’ordre des marches nantaises sont en générales peu revendicatives voire un peu trop tièdes et gentillettes à mon avis… Peut-être que l’an prochain sera plus militant ?
En attendant : en marche !

Téo

Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie 2017

   En cette semaine de Cinépride et cette journée de lutte contre l’homophobie.

   Nous vivons tellement de temps forts dans le groupe que nous n’avons pas eu le temps de partager cette nouvelle qui fait du bien quand on vit en Loire-Atlantique, dans un climat très nettement gay-friendly.
   En juillet 2016, le journal du département publiait un numéro avec la photo d’un couple gay en couverture et le titre Homosexualité : le droit à l’indifférence. Deux mois plus tard ce même magazine publiait un courrier des lecteurs avec ce commentaire : « des retours très positifs…. Les langues se délient… les gens nous félicitent… et apprécient que le Département fasse une Une pareille. »
   Bien sûr il y eut quelques lettres de désapprobation : « Certains couples homosexuels ont le tort de trop afficher leur sexualité… Si l’on veut lutter contre l’homophobie, n’en parlons pas trop, ne provoquons pas » avec cette réponse de la rédaction : « Nous avons estimé que c’était en apportant de la visibilité et un message de tolérance maintenant que nous pourrions ne plus avoir à faire ce dossier dans quelques années ».
   Et parmi les paroles de soutien, citons celle d’une nazairienne : « Je trouve ce dossier courageux et salutaire… c’est tout à l’honneur des institutions publiques de bousculer les consciences sur ces thèmes. »
Pensons à toutes ces villes de France et ces pays d’Europe (et d’ailleurs) où de tels propos ne sont même pas pensables.

Yves