Archives de catégorie : EVENEMENTS MILITANTS

« L’AMP pour toutes les femmes ? » Ou l’audace de demander l’égalité ! (Camille)

   L’Assistance Médicale à la Procréation est accessible aujourd’hui en France pour les couples hétérosexuels en âge de procréer et souffrant d’une infertilité médicalement constatée, ou d’un risque de transmettre une maladie grave.
Cet état de fait est actuellement questionné à l’occasion des Etats généraux de la bioéthique. En effet, les évolutions de la société mènent à la reconnaissance de toutes les familles (monoparentales, homoparentales notamment). La loi sur le Mariage pour tous et l’ouverture de l’adoption aux couples de même sexe conduisent naturellement à envisager l’ouverture de l’Assistance Médicale à la Procréation à toutes les femmes.
A Nantes, comme dans d’autres villes, un débat citoyen a donc eu lieu dans l’idée de permettre à tous de s’exprimer. En charge de l’organisation de cette consultation commandée par le gouvernement, l’Espace de Réflexion Ethique des Pays de Loire (EREPL) a sollicité plusieurs experts de cette question dans le domaine médical, juridique et éthique. En revanche, les associations LGBT n’ont pas été invitées à ces débats alors que nombre d’entre elles travaillent ces thèmes depuis longtemps et sont particulièrement au fait des réalités auxquelles la loi actuelle peut conduire (manque de reconnaissance, insécurité des individus directement concernés, recours à des AMP à l’étranger…) Qu’à cela ne tienne ! C’est en tant que simples participant-e-s que beaucoup de représentant-e-s des associations se sont présenté-e-s au débat du 21 février.

Rappel des termes, de la PMA à l’AMP : En 2005, le législateur a adopté le terme d’Assistance Médicale à la Procréation (préféré à Procréation Médicalement Assistée) pour désigner l’ensemble des techniques qui permettent à un couple hétérosexuel infertile d’avoir un enfant.

Consultation populaire, débat citoyen, forum d’expression… Les termes sont enthousiasmants et on pouvait en effet espérer que les échanges seraient constructifs. Pourtant la forme choisie pour ce débat (expression libre des individus sans interventions permises de la part des autres participants) conduit à un face à face entre pro et anti AMP pour toutes. Heureusement, à Nantes les deux « camps » se sont mobilisés. Ce n’est pas le cas dans certaines villes où la consultation semble avoir été plus ou moins prise d’assaut par les détracteurs de l’ouverture de l’AMP à toutes (très organisés et venus en nombre). A Nantes, les membres d’associations LGBT telles que l’Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens (APGL), Nosig (Centre LGBTIQ de Nantes) ou encore Contact se dressent face à chaque parole discriminante avec force et détermination. Avec aussi la volonté de faire respecter l’identité de chacun-e. Suite au débat et devant le sentiment insupportable de ne pas avoir été prises en compte comme elles le méritent, ces mêmes associations auxquelles s’associe le groupe David & Jonathan de Nantes, sollicitent une audition qui aura lieu le 6 mars à l’EREPL. A cette occasion, les représentants d’associations que nous sommes témoignons directement auprès des responsables de l’Etablissement de nos revendications. Enfin, un dossier est préparé pour être transmis aux responsables afin de porter nos voix jusqu’aux parlementaires qui discuteront la loi.
En ce qui concerne le débat lui-même, c’est l’argument de la nature le premier à être opposé à l’ouverture de l’AMP à toutes les femmes. Il faut un homme et une femme pour concevoir un enfant. Ouvrir l’AMP à toutes, ce serait donc se substituer à la nature, intervenir dans l’ordre naturel des choses ?
Le droit à l’enfant que revendiquent les femmes célibataires et les couples de femmes serait donc une négation du droit de l’enfant à avoir un père, à connaître son histoire…
Pourtant, on est forcé de constater que lorsqu’un couple hétérosexuel infertile recourt à une AMP, l’argument de la nature et des origines ne prévaut plus. Objectivement, il s’agit donc d’une discrimination entre les femmes et plus largement entre les familles. La médecine actuelle permet à toutes d’avoir un enfant. Leur droit à l’enfant est donc conditionné par leur situation ou leur identité (célibataire, en couple homosexuel…)
C’est sur ce point que se cristallisent les objections des associations LGBT. Toutes soulignent cette inégalité fondamentale, institutionnalisée, qui régit l’accès à l’AMP en France aujourd’hui. C’est aussi sur la base de cet argument que le bureau national de David & Jonathan s’est prononcé en faveur de l’AMP pour toutes, à la suite de la loi du Mariage pour tous.
Il est clair que les réflexions sur l’AMP soulèvent de nombreuses interrogations d’ordre éthique qui dépassent la seule question de l’ouverture de l’AMP à toutes…
D’abord, beaucoup redoutent la médicalisation du phénomène humain qu’est la procréation. Quelles limites donner aux évolutions de la science et aux nouvelles perspectives qu’elles ouvrent ?
Permettre à des femmes célibataires et à des couples de femmes d’avoir des enfants par le biais d’une assistance médicale, c’est envisager d’emblée l’absence de père tel qu’on le conçoit dans un couple hétérosexuel, c’est-à-dire dans le modèle traditionnel de la famille. C’est aussi priver l’enfant d’accès à ses origines. Dans ce cas, pourquoi ne pas considérer sérieusement la levée du secret qui régit le don de gamètes ?
L’accès à ses origines est d’ailleurs un droit revendiqué aujourd’hui par beaucoup d’individus nés d’une AMP légale en France (donc au sein d’un couple hétérosexuel) avec donneur anonyme. La plupart du temps, ces personnes ne cherchent pas un père dont elles manqueraient ou auraient manqué, mais une réponse à des questions sur leur identité, leur histoire.
La fin de l’anonymat pourrait-elle dissuader les donneurs ? Il semblerait (études à l’appui) que ce ne soit pas le cas.
Toujours est-il qu’aujourd’hui, il existe une pénurie de gamètes. La demande excédant l’offre, on comprend bien la nécessité de ne pas décourager les donneurs. Au contraire, il faudrait les encourager et se pose donc également la question d’une rémunération possible du don qui est aujourd’hui gratuit. Mais peut-on l’envisager sans remettre en cause le principe de gratuité des dons issus du corps humain ?
Oui ! Répondent certains, car on entend dire aujourd’hui qu’en fait, faire un don de gamètes (avec le concours d’un proche par exemple) en même temps qu’on en fait la demande pour soi donnerait accès plus facilement à ce don…
On entend aussi beaucoup parler du coût de ces nouvelles AMP qui devraient alors être assumé par la Sécurité sociale. Là encore, cette observation n’a pas court lorsqu’on parle d’AMP pour des couples hétérosexuels… (aujourd’hui plus nombreux qu’autrefois à rencontrer des difficultés de procréation). Et nous refaisons le constat de la discrimination qui encadre la loi actuelle…
Finalement, on se rend vite compte que ce sont avant tout des valeurs qui s’opposent…
Comment voulons-nous (ou ne voulons-nous pas !) voir évoluer notre société ? Croyons-nous à un modèle traditionnel de la famille, unique et à préserver, ou refusons-nous la stigmatisation des autres formes de familles ? Là où certain-e-s ne voient pas comment un enfant peut s’épanouir sans être élevé par ceux qui ont permis sa conception, les témoignages de familles heureuses dans d’autres conditions ne sont pas rares. Ils invitent aussi à l’ouverture d’esprit, à l’apaisement, à la bienveillance… Ils encouragent à reconnaître les mêmes droits à tou-te-s. Car pour beaucoup de personnes directement concernées, la véritable question reste : pourquoi ce débat a-t-il lieu aujourd’hui pour les célibataires et les couples de femmes si les femmes sont égales en droit ?
On a beau être au clair avec son orientation sexuelle, en paix avec son identité et sûr-e de sa légitimité, la consultation sur l’AMP pour toutes peut ébranler… Ces débats donnent parfois lieu à des propos intolérants voire clairement discriminants assumés au nom de la liberté d’opinion et d’expression. Ils ne sont pas sans rappeler la violence des propos sur l’IVG à l’époque de la loi Veil ou encore ceux également virulents qui ont accompagnés l’accès au mariage aux couples de même sexe. La crispation quasi palpable d’une partie particulièrement militante de la population sur ces sujets engage à se mobiliser. D’abord pour que les besoins de tou-te-s soient entendus, mais aussi parce qu’un tel climat peut faire craindre de dangereux retours en arrière…
Il est sans doute important que chacun-e considère ces nombreuses questions et se confrontent à ses propres-jugements. A Nantes, le groupe David & Jonathan va bientôt se réunir pour échanger sur ce sujet. Notre volonté, c’est d’avancer ensemble dans le respect des opinions de chacun-e. Réfléchir, en parler, argumenter, témoigner, c’est la raison d’être d’un-e citoyen-ne quels que soient ses opinions, ses croyances, son identité et sa situation personnelle.

Camille

Lettre de soutien du groupe de David et Jonathan Nantes au centre Nosig LGBTI de Nantes

Le groupe nantais de l’association David et Jonathan s’associe et soutient le Conseil d’Administration du centre Nosig LGBTI, dans son opposition à l’annulation de la subvention municipale de 2016 par le Tribunal Administratif de Nantes, et son remboursement, pour la somme de 22 000 euros.
Le centre Nosig est un lieu d’information et de dialogue qui soutient de nombreuses personnes isolées socialement, en recherche, et d’une grande diversité. Il a permis à beaucoup de vivre librement, d’obtenir l’égalité des droits et de se rassembler fraternellement. Il est ouvert à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent obtenir des informations, débattre ou être accueilli(e)s sans jugement, quelle que soient leurs orientations ou leur identité sexuelles, qu’ils/elles recherchent un soutien pour être accepté(e)s et reconnu(e)s (c’est le cas des personnes homosexuelles, bisexuelles ou trans) ou bien qu’il s’agisse de proches (amis, familles, enfants, parents) éprouvant le besoin de comprendre, dialoguer ou être accompagnés. En ce sens, ce lieu contribue activement à l’unité et au « mieux vivre ensemble » si important et souvent mis à mal dans notre société. L’utilité républicaine n’est plus à prouver, Nosig existe depuis 20 années maintenant et fédère 16 associations d’intérêt divers comme la spiritualité, le sport ou des questions sociétales qui ne sont pas abordées ailleurs.
La plaignante a saisi le tribunal parce que selon elle :
l’attribution de cette subvention ne répond pas à un intérêt public local suffisant ;
l’attribution de cette subvention à une association intervenant au profit d’une catégorie de population seulement méconnaît le principe d’égalité ;
l’attribution de cette subvention méconnaît le principe de neutralité en ce qu’elle est versée à une association menant des actions à caractère politique et apportant son soutien à la gestation pour autrui, pratique illicite pénalement sanctionnée ;
l’attribution de la subvention contrevient aux dispositions des articles 227-12 et 121-7 du code pénal.
Il s’agit de fermer un lieu d’expression et de mobilisation qui oeuvre à plus de diversité dans l’agglomération nantaise, la défense de nos droits a besoin de ce lieu, et la liberté d’expression dans cette ville également
L’association D&J refuse que Nantes soit la ville où l’expression de la diversité soit bâillonnée.
L’association refuse de rembourser une subvention légitime qui permet le partage et la rencontre entre TOUS les citoyens nantais autour de problématiques sociétales qui n’ont aucune représentation ailleurs.
L’association D&J se ralliera toujours du coté de l’ouverture d’esprit et de la bienveillance
L’intolérance tue encore et Nosig est un des remparts. Nous devons le défendre.

 » Quand les nazis sont venus chercher les communistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas communiste.
Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas social-démocrate.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus me chercher,
il ne restait plus personne
pour protester. »

Martin Niemöller

« Laissons la haine à ceux qui sont trop faible pour aimer. »
Martin Luther King

La collégiale du groupe de David & Jonathan Nantes

« Les jeudi de la différence » par Yves

LE CIEL SUR LA TETE

   « As-tu été hier soir au Jeudi de la différence ? Est-ce que cela s’est bien passé ? » me demande un ami de Nancy à 6h40. J’adore son impatience !
   Oui, j’étais très satisfait de ce film « Le ciel sur la tête« , excellent film qui fait passer un sujet grave (l’incompréhension d’un père et la fracture d’un couple après le coming-out de leur fils aîné qui vient leur annoncer la nouvelle, sur un ton qui reste léger et même franchement drôle, « Il faut que je vous dise quelque chose…. Je suis passé directeur de la Banque ») L’air de rien, le film aborde des sujets essentiels sans didactisme : la difficulté pour les hommes de verbaliser, de penser à autre chose que ce que deux mecs font au lit, les collègues du mari et leurs plaisanteries grasses, le collègue de la femme, homo efféminé mais pas cliché, un bourru qui se révèle avoir un coeur en or et sauve l’épouse d’une belle déprime, le copain du fils qui, discrètement, va permettre à tous de retomber sur leurs pattes. Il n’y a que le jeune frère, étudiant, qui m’a un peu heurté par son franc parler avec ses parents « Est-ce que je te demande si t’encule maman ? » lance-t-il à son père. Un peu rude mais sans doute salutaire !

   Jeudi prochain sera nécessairement plus « sérieux » avec présence du psy de la Commission « S’accueillir » et débat avec la salle. Mais s’il y a autant de monde (beaucoup de parents, et j’étais assis entre Camille, nouvelle déjiste, et plusieurs membres de ma paroisse) cela sera prometteur.

Yves

PMA pour toutes les femmes : après le temps de la réflexion, le temps de l’action

    Quatre ans après l’ouverture du mariage civil et de l’adoption aux couples de même sexe, et le gel du volet concernant l’ouverture aux couples de femmes de la procréation médicalement assistée (PMA) dans un contexte de débats houleux, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu un avis attendu.
David & Jonathan salue la prise de position du CCNE en faveur de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes [1].Une telle mesure viendrait mettre fin à une rupture d’égalité discriminante : la différence de traitement entre les couples hétérosexuels et homosexuels face à l’accès à la PMA.
Nous regrettons toutefois que l’avis du CCNE ait été rendu sans consulter les associations des personnes concernées. Des termes ambigus persistent et une distinction continue d’être faite entre la demande de couples hétérosexuels et celle des couples de femmes.
Si l’on considère, que « l’ouverture de la PMA à des personnes sans stérilité pathologique peut se concevoir pour pallier une souffrance induite par une infécondité résultant d’orientations personnelles »,pourquoi distinguer la prise en charge financière, qui « pourrait prendre la forme d’une contribution partielle au coût du service public », alors que la gratuité complète resterait assurée pour les couples hétérosexuels ?
Nous serons attentifs-ves à ce que le Gouvernement traduise dans la loi l’avis du CCNE pour faire avancer le droit, mais aussi à ce qu’une discrimination n’en remplace pas une autre.
Dans ce contexte, David & Jonathan, mouvement homosexuel chrétien ouvert à toutes et tous, déplore la prise de position de Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes [2], tentant une fois de plus de peser sur le pouvoir politique en donnant des gages à la « Manif’ pour tous » [3]. La réaction précipitée de Mgr Pierre d’Ornellas , dès le lendemain de la publication de l’avis du CCNE, alors qu’il prétend « ne pas réveiller les divisions françaises », ré-arme en réalité le discours de réseaux confessionnels très minoritaires, hostiles aux droits des personnes lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT). Nous notons avec surprise la tentative individuelle de certains acteurs religieux de disqualifier l’institution du CCNE quand il s’oppose à leurs vues.
Par ailleurs, Mgr d’Ornellas parle du respect des personnes et demande « une France (…) qui refuse toutes les « violences » faites aux personnes et au tissu familial ». Ne pas prendre en compte la réalité de millions d’enfants qui vivent dans des familles différentes du modèle donné dans la doctrine de l’Eglise catholique (familles recomposées, monoparentales, de parents LGBT, etc.) est une violence faite à ces familles.
Pour « susciter une nouvelle confiance mutuelle malgré des désaccords », il nous semble essentiel de permettre un dialogue serein et respectueux autour du témoignage de vie des personnes les plus directement concernées. La réalité des familles homoparentales est pleine d’histoires d’enfants heureux et épanouis, qui trouvent dans leur entourage des référents masculins et féminins.
Nous saluons par contre les différentes initiatives pastorales menées dans des paroisses et des diocèses catholiques, pour accompagner la diversité des parcours de vie et des familles, un signe encourageant qui montre un changement d’attitude possible, comme y invite d’ailleurs l’exhortation apostolique du pape François « Amoris Laetitia ».
Nous considérons que le temps de la réflexion s’est achevé avec les quatre années passées par le CCNE pour rendre son avis. Le débat sur la question de la PMA a déjà eu lieu en France: la « Manif’ pour tous » avait déjà, en 2013, largement mis, de manière polémique, ce sujet au cœur des discussions, pensant faire ainsi échouer le vote en faveur de l’ouverture du mariage civil et de l’adoption aux couples de même sexe.
Aujourd’hui, 60% des Français sont favorables à la PMA pour les couples de femmes [4].
Nous affirmons donc qu’après le temps de la réflexion, est venu le temps de l’action et nous demandons au Gouvernement de traduire dans la loi l’ouverture de la PMA à toutes les femmes !

Le Bureau national de David & Jonathan
Anthony, Christian, Denis, François, Marianne, Marie-Céline,
Marie-Hélène et Sébastien

Impressions de Marche des Fiertés nantaises 2017

   Un an après Orlando, pendant qu’en Tchétchénie, en Côte d’Ivoire et ailleurs, on assassine des persones car LGBT, Nantes, à la nuit tombée, pare en leur mémoire son miroir d’eau aux couleurs de l’arc-en-ciel.
En ce jour de Marche de Fiertés LGBTQI etc., sous un soleil estival, ce sont des milliers d’arcs-en-ciel qui vont exploser de couleurs et marcher fièrement sur chapeaux, drapeaux, pancartes et tee-shirts.
Au pied de la Tour de Bretagne, un essaim militant bariolé s’impatiente butinant de stand en stand dans le village associatif. Puis, les discours des responsables associatifs et des élus s’élèvent dans l’azur pour saluer les avancées et pointer les lacunes en matière de droits LGBTQI etc. en France et plus loin encore. Mots, slogans et musiques se taisent l’espace d’une minute en mémoire de ceux qui ne peuvent marcher, qui ne marcheront plus jamais.
DJ est là, présente, individuellement, sans stand, ni pancartes, ni flyers, marchant ou non, chacun selon ses possibilités, ses choix, ses envies. Moïse apporte ses compétences médicales à l’équipe de secouristes. Françoise brandit sa pancarte de primo-militante dans les pas de l’association Contact l’oreille musicale en alerte. Pierre et Christophe ont rencontré Pierre (Marquis de Clisson) pour débattre avec ferveur sur le protestantisme. Pierre-Hugues a participé à la vie militante du village. Moi-même, j’ai marché le long du parcours l’oeil et l’oreille aux aguets et le coeur arc-en-ciel.
Cette année, nous n’avons heureusement pas rencontré d’extrêmistes fachisants et hurlant aux approches de l’église St Nicolas. Signe d’évolution ou d’apaisement idéologique ? Restont vigilants…
Peu de revendications militantes dans les slogans se sont élevés dans le ciel nantais au fil de la marche entre deux sons de musique techno. Mais les affiches et mots d’ordre des marches nantaises sont en générales peu revendicatives voire un peu trop tièdes et gentillettes à mon avis… Peut-être que l’an prochain sera plus militant ?
En attendant : en marche !

Téo

Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie 2017

   En cette semaine de Cinépride et cette journée de lutte contre l’homophobie.

   Nous vivons tellement de temps forts dans le groupe que nous n’avons pas eu le temps de partager cette nouvelle qui fait du bien quand on vit en Loire-Atlantique, dans un climat très nettement gay-friendly.
   En juillet 2016, le journal du département publiait un numéro avec la photo d’un couple gay en couverture et le titre Homosexualité : le droit à l’indifférence. Deux mois plus tard ce même magazine publiait un courrier des lecteurs avec ce commentaire : « des retours très positifs…. Les langues se délient… les gens nous félicitent… et apprécient que le Département fasse une Une pareille. »
   Bien sûr il y eut quelques lettres de désapprobation : « Certains couples homosexuels ont le tort de trop afficher leur sexualité… Si l’on veut lutter contre l’homophobie, n’en parlons pas trop, ne provoquons pas » avec cette réponse de la rédaction : « Nous avons estimé que c’était en apportant de la visibilité et un message de tolérance maintenant que nous pourrions ne plus avoir à faire ce dossier dans quelques années ».
   Et parmi les paroles de soutien, citons celle d’une nazairienne : « Je trouve ce dossier courageux et salutaire… c’est tout à l’honneur des institutions publiques de bousculer les consciences sur ces thèmes. »
Pensons à toutes ces villes de France et ces pays d’Europe (et d’ailleurs) où de tels propos ne sont même pas pensables.

Yves