Archives de catégorie : JAR Journées Annuelles de Rencontres

Le poème de Pierre-Hugues (Jar 2018)

Qui sème ?

C’est ainsi que le vent sème
Que l’abeille abandonne sa part du pollen

Le chant de la source
Comme celui de l’oiseau
Peut-il s’arrêter
Lors même que demeure l’été ?

C’est ainsi que l’ombre du chêne
Sur le sol autour de moi domine

Et le soleil lui-même
Emprunte à l’univers
Sa puissance de feu

Il n’est qu’une étincelle pourtant
Au milieu du tout et du temps

C’est ainsi que le vent sème
Mille escarbilles de graines
Que la terre s’enorgueillit
D’être nourricière
Que s’ouvre une fleur
Au bonheur d’un papillon

C’est ainsi que tourne le monde
Pour faire les jours en la ronde
L’un après l’autre toujours

C’est ainsi que les gens s’aiment
Comme le vent fait son métier
Le blé son épi
L’abeille notre miel
Et le printemps prépare l’été

C’est ainsi que le vent sème
Et nous
Nous qui sommes
Des femmes et des hommes
Qu’avons-nous vraiment semé?

Piero de la Luna
Bonneuil-Matours 19 mai 2018

Le poème de Jean-Marc (Jar 2018)

Je suis parti en vacance à Lannion..
Avec ma copine Marion.
Séjour choisi dans le catalogue Evasion.
Qui organise des voyages
C’est une association.
On paye chaque année une cotisation.
Nous avons choisi une résidence en location.
Tous près de beaux pavillons.
Pour le voyage nous avons pris l’avion.
Nous avons terminé le voyage en camion.
Durant les vacances nous avons fait des excursions.
A la plage nous avons vu quelques scorpions.
Au bar nous avons pris une collation.
D’autre on bu des grandes tasses d’infusions.
Nous avons visité d’admirables expositions.
On pouvait voir de jolis champignons.
Trouvés dans la région d’Avignon
.Et aussi des fleurs de la passion.
Qui provenaient de la région du Roussillon.
J’ai regardé un reportage sur les arbres en floraison.
Puis des images de volcans en fusion.
A la tombée de la nuit de belle et jolies illuminations
Qui m’on procuré beaucoup d’émotion.

Jean-Marc

 

Impressions des Jar 2018 (Téo)

En ce week-end ensoleillé de mai 68 + 50 années, la concurrence s’annonçait rude : mariage princier en Angleterre, palme d’or à Cannes, Jar dans le Poitou ! Ne sachant trop que choisir, notre pilote-poète pianota au hasard sur son GPS et c’est ainsi que nous avons atterri dans ce lieu verdoyant entouré de forêts jadis couvent de religieuses augustines. Bref, un lieu destiné à rencontrer un jour David et Jonathan !
Mais, nous n’avons rien perdu au change car la reine Elizabeth en personne s’éclipsera de Windsor pour venir nous saluer pendant le défilé du samedi accompagnée d’un certain Tudor et d’une libellule bretonne. Et, en guise de palmes, les grenouilles de la mare voisine chanteront pour nous tout au long de notre séjour !
Le décor posé, il me sera impossible en cet article de vous narrer toutes les Jar tellement ces journées sont riches et variées. Mon cerveau va vous conter quelques bribes de ses impressions non exhaustives et totalement subjectives.
Sans doute attirées par l’histoire du lieu, sœur Kékette et ses copines du couvent de la Perpétuelle Indulgence¹ sont passées nous partager leurs vies monastiques sans pour autant être monacales si l’on se réfère à leur devise : « Aimez-vous les uns sur les autres ! » Tout un programme…
Puis, escale outre Rhin avec Mickaël sur la piste d’une « pastorale arc-en-ciel » avec une interrogation de circonstance sur un éventuel « complexe catholique de D&J »…
Tiens, des feutres et une grande fresque blanche à disposition dans un couloir ?! Impossible d’y résister ! Je m’y suis d’ailleurs arrêté trois fois pendant le séjour pour y dessiner à ma façon le côté T de DJ : les interrogations qu’il suscite et les envies de bien-être qu’il espère. D’ailleurs, cette année, il y a eu une bonne dose de T. (Ce qui, aux dernières nouvelles, n’a rendu aucune personne cis malade 🙂 ) Merci à Cyrille fraîchement élu au bureau national. J’essaierai d’y apporter ma participation au mieux de mes capacités de communication… Les deux ateliers des Jar sur la transidentité ont surtout permis de clarifier le vocabulaire, de mettre à plat les interrogations, les craintes, les clichés ; prélable nécessaire pour faire mieux vivre le T d’LGBTI à D&J.

Un bouquet de fleurs et 6 silex du Loiret peints par Clara.

Les heures filent que déjà  voici la première soirée avec un défilé éclectique et en musique qui verra défiler sous l’oeil expert d’un jury incorruptible une reine, un dalmatien, des personnages des Mille et une nuits et bien d’autres olibrius … Puis, place aux sunlights et à la danse sous la baguette de DJ Zab. Ainsi valses, madissons, rocks, disco et slows nous emporteront jusqu’au bout de la nuit. Dehors, il y a longtemps que le choeur des grenouilles s’est tu ; il est grand temps d’aller retrouver Morphée.
Juste une pincée de sommeil, un p’tit dej’ et voici que klaxonne le pouet-pouet de Babeth pour que nous allions cogiter sur le projet associatif de D&J sous la forme d’un speed- dating chorégraphié et minuté au cordeau. Dommage que ce timing millimétré n’ait pas permis à tous de pouvoir s’exprimer sur tous les thèmes présents. Mais, re pouet-pouet car, résonnent déjà les trois coups signalant l’ouverture du rideau sur le théâtre-forum avec ses scénettes inédites et improvisées sur des moments de vie LGBTI à D&J ou ailleurs.
Pour la célébration, je laisserai aux autres déjistes nantais qui l’ont vécu le plaisir de vous écrire leurs impressions. Un caillou arc-en-cielisé accompagné de quelques mots et d’un micro bouquet de fleurs des champs auront été ma petite contribution. Il est important de signaler que, cette année, et pour la première fois aux Jar, l’autel a été paré de deux drapeaux : le rainbow flag et le drapeau trans ! On m’a raconté que le St Esprit se serait manifesté à mi-célébration sous la forme de l’alarme incendie ! (Une sorte de pouet- pouet mais encore plus strident). Rassurez-vous, les pompiers, au grand désespoir de certains, n’ont pas eu à intervenir…
Le soleil qui se couche sur le deuxième jour annonce la soirée cabaret animée par un trio de choc auvergnat-mayennais. Un zest de carnaval de Dunkerque aux parapluies très haut perchés, quelques notes de l’Internationale, une nichée de lumas vendéens, des poètes, quelques accords de guitare et bien d’autres numéros encore… A l’acmé de cette soirée, nous avons assisté à une mémorable vente aux enchères des reliques de Saint Sébastien (saint très prisé dans le milieu LGBT mais, pour en savoir plus, il faudra vous rapprocher des nombreux érudits en théologie de D&J). Qui n’a jamais rêvé d’afficher dans son salon les flèches, les os ou la tunique de ce saint ?! Surtout quand cette dernière est si élégamment portée par un célèbre mannequin lillois. C’est d’ailleurs à son apparition que flambèrent les enchères au profit de l’association Le Refuge qui récoltera 400 €.
Derniers pas de danses et déjà le lundi de Pentecôte s’éveille annonçant bientôt la fin de cet agréable week-end JARdinier.
Bien sûr, je ne vous ai pas tout raconté car il faut bien garder car chacun a son  JARdin secret mais, si les bribes de mon récit vous ont donné envie de venir JARdiner l’an prochain sachez que votre GPS n’aura aucunes excuses en cas de fausse route car, en 2019, nous irons à Corrèze en Corrèze sur les bords de la Corrèze !
Alors, à l’année prochaine ?!

Téo

¹ Les sœurs de la perpétuelles indulgence

Les sœurs sont nées en 1979 à San Francisco , quatre activistes Gays ont decide de créer un ordre pauvre agnostique de folles derisoires qui luttent contre l’ exclusion, le sida , le sexisme , et toutes les discriminations liees au genre ou à l’ orientation sexuelle.
1200 sœurs sont réparties à travers le monde. Glamours, Provoquantes, Démentes, Religieuses, elles ont 5 vœux : Amour, Joie et Fête, Droit à la différence, Paix et solidarité entre les communautés, Lutte et prévention IST.

⇒ https://www.lessoeurs.org

Les JARS sur le blog de Rennes

Impressions des Jars 2017 par Annette

    Les Jars, on anticipe, on s’y prépare, on bat le rappel des connaissances, on se renseigne sur les modes de transports collectifs, on prend les billets trois mois avant, on repère sur la carte les curiosités de la région.
Arrive la veille, puis le jour J et pfouitt …. Fin !!!! Pas vu le temps passé !
Le week-end des Jars est un moment à part, un entracte ou tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !
Oui, ça existe : ce sont les Jars !!!
C’est un tourbillon de plaisirs, de rencontres nouvelles ou anciennes, une alternance de moments de réflexion, de spiritualité et de plaisirs.
Que retenir de ces Jars 2017 ?
En premier lieu l’intervention de Denise de Côte d’Ivoire. Elle nous a parlé de la difficulté de vivre son homosexualité dans son pays mais aussi dans beaucoup de pays africains avec parfois l’obligation de partir en exil pour sauver sa vie. Pour elle, vivre ces Jars va lui permettre de se poser un peu et sera source de force une fois retournée dans son pays. Elle pourra penser à nous et communier avec nous par la pensée. Je suis ravie d’apprendre que la section internationale de David et Jonathan est en contact avec les quelques organisations africaines qui luttent pour faire cesser l’homophobie sur le sol africain.
La table ronde sur le thème « Choisir l’avenir » a rassemblé beaucoup de déjistes. Je n’avais jamais pensé que certains homosexuels se réfugiaient dans l’Eglise ce qui leur évitaient d’avoir à justifier leur célibat Est-ce que pour autant cela fait d’eux de bons prêtres ? À voir Vu la misogynie de l’Eglise catholique, j’en doute fort J’ai bien aimé la réflexion de Jacques, un de nos doyens, disant que le Christ à son époque n’avait pas refusé de voir les problèmes et qu’il n’était pas resté dans des hauteurs intellectuelles comme parfois l’Eglise actuelle.
J’ai quand même l’impression que même ici les femmes ne sont pas prises en compte et que lorsqu’il est question d’homosexualité et d’homophobie, il faut entendre « masculines « .
Lors de l’assemblée générale, on nous a indiqué, que le budget de notre association, déficitaire, a été comblé par une partie des réserves et une manifestation annulée en 2017. Reste à savoir si la subvention attendue sera accordée et, pour le montant espéré. Sauf en province, le nombre d’adhérents est toujours en baisse. Le nombre de jeunes est en augmentation à Paris. Peut être le plus dur est-il enfin passé ?
La messe oecuménique est toujours un grand moment avec des accolades et des embrassades chaleureuses et sincères. On a même vu des membres du personnel du lieu qui nous hébergeait glisser une tête avec surprise.
Le forum rassemblant les différentes activités et actions de chacun des groupes n’a pas attiré grand monde. A part la Bretagne et nous, je n’ai pas vu grand-chose d’autres. Les bretons avec la présentation de nos réflexions sur la PMA , GPA et autres façon de faire famille occupaient en force les lieux. En plus, sur leur stand, ils offraient gâteaux, cidre et bière bretonne ! Dur pour nous de rivaliser parmi les stands présents et de parler de notre voyage d’octobre prochain vers Saint Jacques de Compostelle en octobre. Donc, nous avons vu peu de monde. Dispositif à revoir
Forte participation et beaucoup d’amusement à la soirée dansante du samedi soir. Moi, j’étais derrière le bar pour vous servir et j’y ai pris beaucoup de plaisir.
Belle soirée cabaret le dimanche soir. Que de numéros ! Que d’imagination ! ,Quel beau succès aussi. Une soirée qui s’est aussi terminée en danses et musiques.
Plus généralement, le lieu de ces Jars 2017, dans la Drôme des collines était splendide. Cela me donne envie de revenir pour découvrir cette région. Par contre, les logements (« lodges »), étaient plutôt étroits et mal aménagés. Mais, malgré tout, une douche et un WC pour 6, ce sera toujours du grand luxe comparé aux squats nantais ou s’entassent les migrants J’ai apprécié une nourriture bonne et copieuse
Pour l’année 2018, j’attends avec impatience de connaître les dates de la semaine organisée à Taizé par David et Jonathan. Les Jars auront lieu près de Poitiers. Chouette, nous n’aurons pas à jongler avec les horaires de train. Ce sera l’occasion à nombre d’entre nous de faire honneur à ces prochaines rencontres de Pentecôte.
Vivement 2018 et les nouvelles Jars !

Annette

Impressions JARdinières 2017 par Téo

   Un jour, un imam ivoirien a déclaré du haut de ses délires religieux : « C’est par ce qu’il y a des gays en Côte d’Ivoire qu’il ne pleut plus ! » A St Donat sur Herbasse, il a plu pendant le week-end de Pentecôte, il a même tonné et pourtant, il n’y avait sans doute jamais eu autant de gays, de lesbiennes, de trans et peut être même des bi, d’intersexes dans ce petit village de la Drôme des collines.
Plantons le décor : des cabanes spartiates plus élegamment appelées lodges posées parmi des tapis de coquelicots semés ici ou là par le mistral, une piscine de bleu turquoise carrelée, vide mais qu’importe, et des déjistes accourus des 6 coins de l’Hexagone gambadant de ci de là entre 2 ateliers, 2 rencontres.
Dans ce décor, nous avons réfléchi, échangé, dansé, prié, chanté, méditer,…Certains se sont même promenés, se sont travestis, se sont sans doute aimés aussi…pour « Croire en l’avenir ? »
Du témoignage coups de poing de Denise Kolia sur les conditions de vie oui plutôt de non-vie des personnes LGBT en Côte d’Ivoire, au documentaire marié de solitude sur les pays et mamies homos au Québec, en passant par le reportage qui a suivi Françoise « De l’autre côté » sur les bords d’un golfe breton nous avons ainsi beaucoup voyagé.
Un voyage qui a pris parfois un parfum écologique aux senteurs de développement durable bien qu’il soit étrange à nos cerveaux de trouver souvent si peu d’accord entre spiritualité et écologie dans nos hautes sphères écclésiales….
Mais il est nous a été prouvé, bien que nous n’en n’ayons jamais douté, que célébration oecuménique et cabaret s’harmonisent à merveille et peuvent tout à fait cohabiter dans un même décor de velour rouge, jaune et doré agrémenté d’une parure arc-en-ciel. Juste manquait un zest de spiritualités plurielles pour vraiment rassembler toutes nos spiritualités.
Et p
arce que les Jar c’est aussi la fête, malgré tous les chaos du monde, Denise dansera au rythme d’une musqiue ivoirienne, accompagnée de Mohammed et Ferdinand bientôt rejointe sur la piste de danse par de nombreux autres déjistes.
Seule une telle ambiance festive et bienveillante permet à chacun d’oser des trucs que jamais il n’oserait se permettre ailleurs et tenter, l’espace d’une soirée, le lâcher prise : chanter seul-e sur scène, improviser un morceau de guitare, dire un poème et même se travestir… En cela, les Jars peuvent devenir « un jouet extraordinaire » pour être soi, devenir soi. C’est là aussi que vient se nicher l’esprit et la diversité de DJ.
Un lâcher prise impossible en Côte d’Ivoire, en Tchétchénie ou ailleurs où, être LGBT, être activiste LGBT vous met quotidiennement en danger dans la rue, dans votre famille, dans votre communauté religieuse, dans votre milieu professionnel,… Mais s’il faut se battre pour ses idées, pour être soi, il faut aussi savoir se protéger avant tout car comme nous l’a dit Denise « Après la mort, il n’y a plus d’activisme ! »
Il est parfois difficile de croire en l’avenir partout et tout le temps…
A DJ, nous continuerons de croire en l’avenir, de militer en France et ailleurs, nous continuerons à nous battre pour les droits de la communauté LGBT car comme l’a un jour dit Denise Kolia à un LGBTophobe qu’elle croisait : « Tu n’es pas obligé de m’aimer mais je vais t’obliger à me respecter. »
A DJ, nous continuerons aussi de croire en un avenir humain, écolo et spirituel au moins jusqu’aux Jars de l’an prochain qui porteront nos pas dans le domaine de Traversaie à la lisière d’une forêt poitevine.
A l’année prochaine.

Téo

Journées de Rencontres Annuelles (JAR) 2017

Chaque année, pendant le week-end de la Pentecôte, les déjistes des différents groupes de France se rassemblent dans un coin de l’Hexagone pour leurs Journées Annuelles de Rencontres (plus simplement appelées JAR).
Des journées privilégiées pour se retrouver, échanger, s’amuser, réfléchir, danser, prier, s’aimer, se promener, etc…
Bref, que du bonheur !
Cette année, direction Chantesse dans la campagne drômoise.
Le thème de cette année sera : « Croire en l’avenir ? » Tout un programme ! Nous sommes quelques déjistes nantais à y participer qui, n’en doutons pas viendront, Pentecôte passée, partager sur cette pages leurs impressions JARdinières !

En attendant les articles, voici quelques photos JARdinières 2017 :

Impressions des Jars de Téo

Impressions des Jars par Annette

Jacqueline au pays de Merville

   Les JARS c’est pour moi un moment ou l’on peut mesurer la dimension nationale de David et Jonathan. C’est un moment convivial, amical, fait de retrouvailles, de rencontres, de temps de réflexion, de soirée festives et de temps spirituels ; c’est une respiration dans l’année (un peu comme le week-end femmes mais mixte et en plus grand).
    Cette année à Merville, elles furent particulièrement festives et joyeuses. Le thème était LA FETE. Nous étions à peine une centaine mais la chaleur humaine était bien présente. Un flash mob à l’accueil donna le ton du week-end (Merci à Sébastien).
Chaque journée pouvait démarrer par un temps spi toujours très bien préparé, co-animé et œcuménique. Les ateliers, qui furent proposés tout au long du week-end, tournèrent autour de la joie, du bonheur, du désir et du plaisir. Vastes sujets dont on n’a pas fait le tour mais, au combien importants, en ces temps si souvent moroses voir tristes. Ces sujets furent abordés sous forme d’ateliers (théâtre, danse de salon, marche, réflexion, et sexologie) et de les tables rondes.
Le forum des régions du dimanche après midi fut très éclectique, chacun apportant des particularités différentes : spécialités culinaires locales, attraits touristiques de la région, costumes régionaux, jeux, films, etc…. Ce fut très sympathique, ludique, joyeux et chaleureux.
L’assemblée générale, un peu différente de d’habitude, fut aussi un moment important pour notre association. Un grand Merci au Bureau National pour le travail de qualité accomplit.
Dimanche, en fin d’après midi, la célébration œcuménique co-présidé par Émeline et Christian fut empreinte de sérénité, de recueillement, d’émotion, d’humour, de Joie et de sérieux aussi, priante et, oserai-je dire, moderne et actuelle. Ce fut pour moi un des temps fort de ces JARS 2016.
Lundi vint le moment de se quitter. C’est toujours un peu dur et douloureux mais, l’espoir dans le coeur et la tête pleine de beaux souvenirs, nous nous sommes dit à l’année prochaine dans la Drôme

Jacqueline

Fin de parenthèse

   Définition internet du mot « parenthèse » ou « mettre entre parenthèse » : « Ne pas évoluer dans son existence, mettre un terme à une relation de couple (Int.)» Cette parenthèse, à moi, aura duré…23 ans, presque un quart de siècle. Et le retour n’en fut que plus étonnant, un étrange ressenti, l’impression de revivre des émotions et des rencontres comme « laissées en attente », du déjà vu mais on ne sait plus où… La mémoire est un tel capharnaüm ! Bien sûr, les cheveux ont grisonné, lorsqu’ils ne se sont pas simplement effacés ; les attentes, ne sont plus tout à fait les mêmes, et si on a encore, parfois, le goût à prendre parti, il arrive maintenant, plus souvent, qu’on en prenne son parti !
Une fois le passé passé, il reste l’inamovible : les sourires, la gentillesse, la main tendue, ou la joue, le regard qui suit, qui dure, interpelle… Et puis une tête qui se dresse : «  Ah ! c’est toi B. ! » Tiens, on me connaît ? Pourtant je n’ai pas fait de bruit. Qui peut bien me connaître ? Et me voilà des leurs, moi qui longeais les murs, désireux plus d’observer que de l’être. Il y a une brise Atlantique qui souffle sur cette famille-là. Mais déjà ils ne sont plus, mêlés au vent du nord, au Mistral ou à la Tramontane ; des gens qui passent et repassent en un fraternel va et vient. Ça bruisse, ça crisse et appelle dans cet immense réfectoire où je ne serai jamais laissé pour compte, retrouvant l’amicale complicité des partages de jadis, que le rythme très étudié de la journée qui court va défaire, lorsque se vide soudain le lieu et que chacun s’éclate en atelier. Comme autrefois. Mais cette fois-ci, je n’aurais pas droit au « T’en es encore là ? » jadis lâché avec sarcasme par un flamboyant voisin de vingt ans à qui j’avais dit avoir choisi celui du « Coming out » ! C’était … jadis, j’en avais trente-huit !
Aujourd’hui, le Bonheur se conjugue « du plaisir à la joie » ; on « ose la rencontre de l’autre par un toucher bienfaisant », on dissèque en atelier « le Plaisir Physique », on court après le bonheur – mais faut-il vraiment courir pour l’approcher ? – On distille les parfums pour initier la fête.
Fête : le mot est jeté. Il sera fil conducteur de ces jours, celui de tous les excès, de toutes les libérations du corps et de l’âme, parait-il. Et si c’est un psychologue bavard et à cheveux longs qui le dit, c’est sûrement vrai, appuyé dans ses propos par des témoignages, parfois émouvants. Cette fête, je n’y participerai pas, drainant depuis toujours une timidité et une pudeur à exprimer ces choses indicibles issues des antres. Bercé d’un lointain rythme, je retrouve, les soirs, le silence de ma cellule monacale ouverte sur un verger en fleur qui s’estompe dans la nuit.
Il y a les découvertes de l’autre, les incroyables morceaux de vie révélés, le désir de se revoir pour plus encore partager. Il y a surtout – enfin ! – cette présence féminine, quasi inexistante jadis, et que j’appelais alors de mes vœux mais dont personne ne semblait s’étonner. A l’heure des bêlements intéressés de nos politiques pour les quêtes paritaires, quoi de plus normal, non ? Enfin, comment oublier cette poignante célébration œcuménique qui souda les genres présents, cette communion et ces chants comme émis d’une seule voix, avant que ne s’achèvent ces heures réconfortantes pour l’âme, rassurantes pour des lendemains qui devront chanter, même si le plus grand nombre retrouvera sûrement ses solitudes habituelles, déchirées le temps d’un week-end froid mais ensoleillé, par une grande bouffée d’optimisme et, disons-le, d’Amour partagé.

B.

Un jardin zen parsemé de chaises rouges…

   Ce we, c’est décidé, cap sur la Fête dans les Hauts de France. Pourtant la fête, flonflons et dance-floor, au quotidien, je ne suis pas trop pro fête ni d’ailleurs très prophète spirituellement pensant… Mais, un peu de lâcher prise, un zest de trans-gression, l’espace d’un we me fera le plus grand bien. Comme un moment suspendu dans le temps et l’espace à l’image des autres we jar-diniers. Et quel espace que cette grande maison diocésaine : un cloître entourant un p’tit jardin zen parsemé de chaises rouges en guise de coquelicots, une chapelle à l’autel arc-en-ciel-isé…
  Etre là, juste ensembles, vivants, libres,… « Libérés, délivrés… » nous chantera même, le soir venu, la Reine des neiges qui nous attendait sur la piste de danse.
Etre là, vivre l’instant présent en pleine conscience à l’image de ces sages pensées clermontoises…
Certes, j’ai zappé l’Eurovision mais le remplacer par une salsa du démon version techno sous les sunlights et, si plus est, avec la bénédiction de l’évêché local… Qui osera encore affirmer que D&J ne serait être qu’un repère de béni-oui-oui ? ! Non non ! Et toute fête se doit bien être subversive ? N’est-ce pas monsieur le sociologue de la table ronde…
Que tournent, virent et virevoltent les parapluies géants des carnavaleux de Dunkerque sous les éclats des boules à facettes bercés par les rires et fous rires mêlés de clowns bigarrés zigzagants follement parmi les danseurs…
Mais sans doute pas encore assez de lâcher prise momentanément disponible dans mon cerveau pour aller pousser les portes de l’univers feutré du salon de massage à 2 ou 4 mains…Et sans aucun doute un déficit d’audace chronique pour m’aventurer dans un sexy-dating aux questions osées d’un maître es sex vendéen…
Aller, encore un p’tit tour au salon pour y causer de symbolismes festifs très imprégner de souvenirs cacaotés à souhaits.
Ainsi filera ce we si particulier que sont les jars nos pas parfois un peu désorientés dans ces dédales d’escaliers, nos pas rafraîchis en déambulant dans le grand jardin aux arbres …
Fête que l’an prochain, les Jars drômoises soient aussi en-Chanteresses. Il n’en tiendra qu’à nous…

Téo

Partage d’un moment de célébration oecuménique aux JARS

Remplacer les barrières par la rencontre

   Un des moments les plus forts de ces Jar fût la célébration œcuménique. En effet, pour la première fois aux Jar, les co-célébrants (Emeline et Jacques pour l’édition 2014) nous ont invités pour commencer cette célébration à nous orienter vers les quatre points cardinaux puis le ciel et la terre en invoquant à chaque fois les éléments. A l’est : l’énergie du levant. Au nord : la neige et le froid qui stimulent la vie. Vers l’ouest : la pluie qui irrigue la terre et fait croître la semence. Puis au sud : la chaleur qui fait mûrir. C’est ainsi que nous nous sommes mis en harmonie avec l’univers et les peuples.
Sur la table d’autel, une flamme, une bible et une icône du Christ furent posées sur le rainbow flag. Quel symbole ! Quel symbole d’effacement des barrières, d’abolition des frontières en ce jour de Pentecôte ! Dans sa prédication, Emeline a mis en lumière que toute l’œuvre de Dieu et le message du Christ révélé dans l’Ecriture étaient justement d’ôter ces barrières qui isolent les peuples et les êtres les uns des autres.
Remplacer les barrières par la rencontre. Voilà le message qui retentit avec force au cœur de notre histoire aujourd’hui.
Laudate dominum omnes gente alleluia !

Hélène, Marie-Hélène et Isabelle