Archives de catégorie : JAR Journées Annuelles de Rencontres

Impressions des Jars 2017 par Annette

    Les Jars, on anticipe, on s’y prépare, on bat le rappel des connaissances, on se renseigne sur les modes de transports collectifs, on prend les billets trois mois avant, on repère sur la carte les curiosités de la région.
Arrive la veille, puis le jour J et pfouitt …. Fin !!!! Pas vu le temps passé !
Le week-end des Jars est un moment à part, un entracte ou tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !
Oui, ça existe : ce sont les Jars !!!
C’est un tourbillon de plaisirs, de rencontres nouvelles ou anciennes, une alternance de moments de réflexion, de spiritualité et de plaisirs.
Que retenir de ces Jars 2017 ?
En premier lieu l’intervention de Denise de Côte d’Ivoire. Elle nous a parlé de la difficulté de vivre son homosexualité dans son pays mais aussi dans beaucoup de pays africains avec parfois l’obligation de partir en exil pour sauver sa vie. Pour elle, vivre ces Jars va lui permettre de se poser un peu et sera source de force une fois retournée dans son pays. Elle pourra penser à nous et communier avec nous par la pensée. Je suis ravie d’apprendre que la section internationale de David et Jonathan est en contact avec les quelques organisations africaines qui luttent pour faire cesser l’homophobie sur le sol africain.
La table ronde sur le thème « Choisir l’avenir » a rassemblé beaucoup de déjistes. Je n’avais jamais pensé que certains homosexuels se réfugiaient dans l’Eglise ce qui leur évitaient d’avoir à justifier leur célibat Est-ce que pour autant cela fait d’eux de bons prêtres ? À voir Vu la misogynie de l’Eglise catholique, j’en doute fort J’ai bien aimé la réflexion de Jacques, un de nos doyens, disant que le Christ à son époque n’avait pas refusé de voir les problèmes et qu’il n’était pas resté dans des hauteurs intellectuelles comme parfois l’Eglise actuelle.
J’ai quand même l’impression que même ici les femmes ne sont pas prises en compte et que lorsqu’il est question d’homosexualité et d’homophobie, il faut entendre « masculines « .
Lors de l’assemblée générale, on nous a indiqué, que le budget de notre association, déficitaire, a été comblé par une partie des réserves et une manifestation annulée en 2017. Reste à savoir si la subvention attendue sera accordée et, pour le montant espéré. Sauf en province, le nombre d’adhérents est toujours en baisse. Le nombre de jeunes est en augmentation à Paris. Peut être le plus dur est-il enfin passé ?
La messe oecuménique est toujours un grand moment avec des accolades et des embrassades chaleureuses et sincères. On a même vu des membres du personnel du lieu qui nous hébergeait glisser une tête avec surprise.
Le forum rassemblant les différentes activités et actions de chacun des groupes n’a pas attiré grand monde. A part la Bretagne et nous, je n’ai pas vu grand-chose d’autres. Les bretons avec la présentation de nos réflexions sur la PMA , GPA et autres façon de faire famille occupaient en force les lieux. En plus, sur leur stand, ils offraient gâteaux, cidre et bière bretonne ! Dur pour nous de rivaliser parmi les stands présents et de parler de notre voyage d’octobre prochain vers Saint Jacques de Compostelle en octobre. Donc, nous avons vu peu de monde. Dispositif à revoir
Forte participation et beaucoup d’amusement à la soirée dansante du samedi soir. Moi, j’étais derrière le bar pour vous servir et j’y ai pris beaucoup de plaisir.
Belle soirée cabaret le dimanche soir. Que de numéros ! Que d’imagination ! ,Quel beau succès aussi. Une soirée qui s’est aussi terminée en danses et musiques.
Plus généralement, le lieu de ces Jars 2017, dans la Drôme des collines était splendide. Cela me donne envie de revenir pour découvrir cette région. Par contre, les logements (« lodges »), étaient plutôt étroits et mal aménagés. Mais, malgré tout, une douche et un WC pour 6, ce sera toujours du grand luxe comparé aux squats nantais ou s’entassent les migrants J’ai apprécié une nourriture bonne et copieuse
Pour l’année 2018, j’attends avec impatience de connaître les dates de la semaine organisée à Taizé par David et Jonathan. Les Jars auront lieu près de Poitiers. Chouette, nous n’aurons pas à jongler avec les horaires de train. Ce sera l’occasion à nombre d’entre nous de faire honneur à ces prochaines rencontres de Pentecôte.
Vivement 2018 et les nouvelles Jars !

Annette

Impressions JARdinières 2017 par Téo

   Un jour, un imam ivoirien a déclaré du haut de ses délires religieux : « C’est par ce qu’il y a des gays en Côte d’Ivoire qu’il ne pleut plus ! » A St Donat sur Herbasse, il a plu pendant le week-end de Pentecôte, il a même tonné et pourtant, il n’y avait sans doute jamais eu autant de gays, de lesbiennes, de trans et peut être même des bi, d’intersexes dans ce petit village de la Drôme des collines.
Plantons le décor : des cabanes spartiates plus élegamment appelées lodges posées parmi des tapis de coquelicots semés ici ou là par le mistral, une piscine de bleu turquoise carrelée, vide mais qu’importe, et des déjistes accourus des 6 coins de l’Hexagone gambadant de ci de là entre 2 ateliers, 2 rencontres.
Dans ce décor, nous avons réfléchi, échangé, dansé, prié, chanté, méditer,…Certains se sont même promenés, se sont travestis, se sont sans doute aimés aussi…pour « Croire en l’avenir ? »
Du témoignage coups de poing de Denise Kolia sur les conditions de vie oui plutôt de non-vie des personnes LGBT en Côte d’Ivoire, au documentaire marié de solitude sur les pays et mamies homos au Québec, en passant par le reportage qui a suivi Françoise « De l’autre côté » sur les bords d’un golfe breton nous avons ainsi beaucoup voyagé.
Un voyage qui a pris parfois un parfum écologique aux senteurs de développement durable bien qu’il soit étrange à nos cerveaux de trouver souvent si peu d’accord entre spiritualité et écologie dans nos hautes sphères écclésiales….
Mais il est nous a été prouvé, bien que nous n’en n’ayons jamais douté, que célébration oecuménique et cabaret s’harmonisent à merveille et peuvent tout à fait cohabiter dans un même décor de velour rouge, jaune et doré agrémenté d’une parure arc-en-ciel. Juste manquait un zest de spiritualités plurielles pour vraiment rassembler toutes nos spiritualités.
Et p
arce que les Jar c’est aussi la fête, malgré tous les chaos du monde, Denise dansera au rythme d’une musqiue ivoirienne, accompagnée de Mohammed et Ferdinand bientôt rejointe sur la piste de danse par de nombreux autres déjistes.
Seule une telle ambiance festive et bienveillante permet à chacun d’oser des trucs que jamais il n’oserait se permettre ailleurs et tenter, l’espace d’une soirée, le lâcher prise : chanter seul-e sur scène, improviser un morceau de guitare, dire un poème et même se travestir… En cela, les Jars peuvent devenir « un jouet extraordinaire » pour être soi, devenir soi. C’est là aussi que vient se nicher l’esprit et la diversité de DJ.
Un lâcher prise impossible en Côte d’Ivoire, en Tchétchénie ou ailleurs où, être LGBT, être activiste LGBT vous met quotidiennement en danger dans la rue, dans votre famille, dans votre communauté religieuse, dans votre milieu professionnel,… Mais s’il faut se battre pour ses idées, pour être soi, il faut aussi savoir se protéger avant tout car comme nous l’a dit Denise « Après la mort, il n’y a plus d’activisme ! »
Il est parfois difficile de croire en l’avenir partout et tout le temps…
A DJ, nous continuerons de croire en l’avenir, de militer en France et ailleurs, nous continuerons à nous battre pour les droits de la communauté LGBT car comme l’a un jour dit Denise Kolia à un LGBTophobe qu’elle croisait : « Tu n’es pas obligé de m’aimer mais je vais t’obliger à me respecter. »
A DJ, nous continuerons aussi de croire en un avenir humain, écolo et spirituel au moins jusqu’aux Jars de l’an prochain qui porteront nos pas dans le domaine de Traversaie à la lisière d’une forêt poitevine.
A l’année prochaine.

Téo

Journées de Rencontres Annuelles (JAR) 2017

Chaque année, pendant le week-end de la Pentecôte, les déjistes des différents groupes de France se rassemblent dans un coin de l’Hexagone pour leurs Journées Annuelles de Rencontres (plus simplement appelées JAR).
Des journées privilégiées pour se retrouver, échanger, s’amuser, réfléchir, danser, prier, s’aimer, se promener, etc…
Bref, que du bonheur !
Cette année, direction Chantesse dans la campagne drômoise.
Le thème de cette année sera : « Croire en l’avenir ? » Tout un programme ! Nous sommes quelques déjistes nantais à y participer qui, n’en doutons pas viendront, Pentecôte passée, partager sur cette pages leurs impressions JARdinières !

En attendant les articles, voici quelques photos JARdinières 2017 :

Impressions des Jars de Téo

Impressions des Jars par Annette

Jacqueline au pays de Merville

   Les JARS c’est pour moi un moment ou l’on peut mesurer la dimension nationale de David et Jonathan. C’est un moment convivial, amical, fait de retrouvailles, de rencontres, de temps de réflexion, de soirée festives et de temps spirituels ; c’est une respiration dans l’année (un peu comme le week-end femmes mais mixte et en plus grand).
    Cette année à Merville, elles furent particulièrement festives et joyeuses. Le thème était LA FETE. Nous étions à peine une centaine mais la chaleur humaine était bien présente. Un flash mob à l’accueil donna le ton du week-end (Merci à Sébastien).
Chaque journée pouvait démarrer par un temps spi toujours très bien préparé, co-animé et œcuménique. Les ateliers, qui furent proposés tout au long du week-end, tournèrent autour de la joie, du bonheur, du désir et du plaisir. Vastes sujets dont on n’a pas fait le tour mais, au combien importants, en ces temps si souvent moroses voir tristes. Ces sujets furent abordés sous forme d’ateliers (théâtre, danse de salon, marche, réflexion, et sexologie) et de les tables rondes.
Le forum des régions du dimanche après midi fut très éclectique, chacun apportant des particularités différentes : spécialités culinaires locales, attraits touristiques de la région, costumes régionaux, jeux, films, etc…. Ce fut très sympathique, ludique, joyeux et chaleureux.
L’assemblée générale, un peu différente de d’habitude, fut aussi un moment important pour notre association. Un grand Merci au Bureau National pour le travail de qualité accomplit.
Dimanche, en fin d’après midi, la célébration œcuménique co-présidé par Émeline et Christian fut empreinte de sérénité, de recueillement, d’émotion, d’humour, de Joie et de sérieux aussi, priante et, oserai-je dire, moderne et actuelle. Ce fut pour moi un des temps fort de ces JARS 2016.
Lundi vint le moment de se quitter. C’est toujours un peu dur et douloureux mais, l’espoir dans le coeur et la tête pleine de beaux souvenirs, nous nous sommes dit à l’année prochaine dans la Drôme

Jacqueline

Fin de parenthèse

   Définition internet du mot « parenthèse » ou « mettre entre parenthèse » : « Ne pas évoluer dans son existence, mettre un terme à une relation de couple (Int.)» Cette parenthèse, à moi, aura duré…23 ans, presque un quart de siècle. Et le retour n’en fut que plus étonnant, un étrange ressenti, l’impression de revivre des émotions et des rencontres comme « laissées en attente », du déjà vu mais on ne sait plus où… La mémoire est un tel capharnaüm ! Bien sûr, les cheveux ont grisonné, lorsqu’ils ne se sont pas simplement effacés ; les attentes, ne sont plus tout à fait les mêmes, et si on a encore, parfois, le goût à prendre parti, il arrive maintenant, plus souvent, qu’on en prenne son parti !
Une fois le passé passé, il reste l’inamovible : les sourires, la gentillesse, la main tendue, ou la joue, le regard qui suit, qui dure, interpelle… Et puis une tête qui se dresse : «  Ah ! c’est toi B. ! » Tiens, on me connaît ? Pourtant je n’ai pas fait de bruit. Qui peut bien me connaître ? Et me voilà des leurs, moi qui longeais les murs, désireux plus d’observer que de l’être. Il y a une brise Atlantique qui souffle sur cette famille-là. Mais déjà ils ne sont plus, mêlés au vent du nord, au Mistral ou à la Tramontane ; des gens qui passent et repassent en un fraternel va et vient. Ça bruisse, ça crisse et appelle dans cet immense réfectoire où je ne serai jamais laissé pour compte, retrouvant l’amicale complicité des partages de jadis, que le rythme très étudié de la journée qui court va défaire, lorsque se vide soudain le lieu et que chacun s’éclate en atelier. Comme autrefois. Mais cette fois-ci, je n’aurais pas droit au « T’en es encore là ? » jadis lâché avec sarcasme par un flamboyant voisin de vingt ans à qui j’avais dit avoir choisi celui du « Coming out » ! C’était … jadis, j’en avais trente-huit !
Aujourd’hui, le Bonheur se conjugue « du plaisir à la joie » ; on « ose la rencontre de l’autre par un toucher bienfaisant », on dissèque en atelier « le Plaisir Physique », on court après le bonheur – mais faut-il vraiment courir pour l’approcher ? – On distille les parfums pour initier la fête.
Fête : le mot est jeté. Il sera fil conducteur de ces jours, celui de tous les excès, de toutes les libérations du corps et de l’âme, parait-il. Et si c’est un psychologue bavard et à cheveux longs qui le dit, c’est sûrement vrai, appuyé dans ses propos par des témoignages, parfois émouvants. Cette fête, je n’y participerai pas, drainant depuis toujours une timidité et une pudeur à exprimer ces choses indicibles issues des antres. Bercé d’un lointain rythme, je retrouve, les soirs, le silence de ma cellule monacale ouverte sur un verger en fleur qui s’estompe dans la nuit.
Il y a les découvertes de l’autre, les incroyables morceaux de vie révélés, le désir de se revoir pour plus encore partager. Il y a surtout – enfin ! – cette présence féminine, quasi inexistante jadis, et que j’appelais alors de mes vœux mais dont personne ne semblait s’étonner. A l’heure des bêlements intéressés de nos politiques pour les quêtes paritaires, quoi de plus normal, non ? Enfin, comment oublier cette poignante célébration œcuménique qui souda les genres présents, cette communion et ces chants comme émis d’une seule voix, avant que ne s’achèvent ces heures réconfortantes pour l’âme, rassurantes pour des lendemains qui devront chanter, même si le plus grand nombre retrouvera sûrement ses solitudes habituelles, déchirées le temps d’un week-end froid mais ensoleillé, par une grande bouffée d’optimisme et, disons-le, d’Amour partagé.

B.

Un jardin zen parsemé de chaises rouges…

   Ce we, c’est décidé, cap sur la Fête dans les Hauts de France. Pourtant la fête, flonflons et dance-floor, au quotidien, je ne suis pas trop pro fête ni d’ailleurs très prophète spirituellement pensant… Mais, un peu de lâcher prise, un zest de trans-gression, l’espace d’un we me fera le plus grand bien. Comme un moment suspendu dans le temps et l’espace à l’image des autres we jar-diniers. Et quel espace que cette grande maison diocésaine : un cloître entourant un p’tit jardin zen parsemé de chaises rouges en guise de coquelicots, une chapelle à l’autel arc-en-ciel-isé…
  Etre là, juste ensembles, vivants, libres,… « Libérés, délivrés… » nous chantera même, le soir venu, la Reine des neiges qui nous attendait sur la piste de danse.
Etre là, vivre l’instant présent en pleine conscience à l’image de ces sages pensées clermontoises…
Certes, j’ai zappé l’Eurovision mais le remplacer par une salsa du démon version techno sous les sunlights et, si plus est, avec la bénédiction de l’évêché local… Qui osera encore affirmer que D&J ne serait être qu’un repère de béni-oui-oui ? ! Non non ! Et toute fête se doit bien être subversive ? N’est-ce pas monsieur le sociologue de la table ronde…
Que tournent, virent et virevoltent les parapluies géants des carnavaleux de Dunkerque sous les éclats des boules à facettes bercés par les rires et fous rires mêlés de clowns bigarrés zigzagants follement parmi les danseurs…
Mais sans doute pas encore assez de lâcher prise momentanément disponible dans mon cerveau pour aller pousser les portes de l’univers feutré du salon de massage à 2 ou 4 mains…Et sans aucun doute un déficit d’audace chronique pour m’aventurer dans un sexy-dating aux questions osées d’un maître es sex vendéen…
Aller, encore un p’tit tour au salon pour y causer de symbolismes festifs très imprégner de souvenirs cacaotés à souhaits.
Ainsi filera ce we si particulier que sont les jars nos pas parfois un peu désorientés dans ces dédales d’escaliers, nos pas rafraîchis en déambulant dans le grand jardin aux arbres …
Fête que l’an prochain, les Jars drômoises soient aussi en-Chanteresses. Il n’en tiendra qu’à nous…

Téo

Partage d’un moment de célébration oecuménique aux JARS

Remplacer les barrières par la rencontre

   Un des moments les plus forts de ces Jar fût la célébration œcuménique. En effet, pour la première fois aux Jar, les co-célébrants (Emeline et Jacques pour l’édition 2014) nous ont invités pour commencer cette célébration à nous orienter vers les quatre points cardinaux puis le ciel et la terre en invoquant à chaque fois les éléments. A l’est : l’énergie du levant. Au nord : la neige et le froid qui stimulent la vie. Vers l’ouest : la pluie qui irrigue la terre et fait croître la semence. Puis au sud : la chaleur qui fait mûrir. C’est ainsi que nous nous sommes mis en harmonie avec l’univers et les peuples.
Sur la table d’autel, une flamme, une bible et une icône du Christ furent posées sur le rainbow flag. Quel symbole ! Quel symbole d’effacement des barrières, d’abolition des frontières en ce jour de Pentecôte ! Dans sa prédication, Emeline a mis en lumière que toute l’œuvre de Dieu et le message du Christ révélé dans l’Ecriture étaient justement d’ôter ces barrières qui isolent les peuples et les êtres les uns des autres.
Remplacer les barrières par la rencontre. Voilà le message qui retentit avec force au cœur de notre histoire aujourd’hui.
Laudate dominum omnes gente alleluia !

Hélène, Marie-Hélène et Isabelle

Un témoignage des JAR

   Aux Jar, il y a de très beaux moments que chacun(e) vit. De très belles rencontres que chacun(e) fait.
vote homosexuel   L’organisation des JAR demande beaucoup de travail et de réflexion afin que chacun(e) y trouve son compte. Dieu sait qu’on est nombreux et différents….
Un air de joie innocente, d’euphorie flotte autour. Les participants sont souriants, curieux. Ils vont les un(e)s vers les autres pour faire connaissance ou partager un moment agréable avec les anciens ou les nouveaux. Ce sont  2 jours et demie où tout est bonheur, amusement et fête.

Maryam

Un parcours spirituel

   Il m’est très difficile d’employer le terme universel pour quelque chose de désagréable mais je suis sûre que vous êtes d’accord avec moi « le racisme est universel »!
    De part son histoire, de sa religion avant l’islam, le zoroastrisme, l’Iran a subi l’invasion des arabes qui ont imposé la religion musulmane au peuple perse. A cette époque ces arabes musulmans ont imposé la langue arabe aux perses, et ont brûlé quantité de livres écrits en persan. Désolée si je ne peux pas vous donner la date ou le siècle exacts. Depuis que j’ai quitté l’Iran (1984), j’ai malheureusement oublié une grande partie de l’histoire de mon pays d’origine.
La république islamique avec les musulmans radicaux n’a pas arrangé les choses. Tout ce passé lourd et le régime totalitaire, poussent hélas une partie du peuple perse au racisme contre les arabes, malgré leur appartenance à la religion musulmane.
Depuis cette république islamique, beaucoup d’afghans sont venus s’installer en Iran. Il y a eu, beaucoup de cambriolages, viols des femmes commis par certains immigrés afghans. Ce qui a créé et développé du racisme envers le peuple afghan.
Il a fallu que j’arrive en France pour rencontrer des afghans et me lier d’amitié avec ce peuple si riche et en grande souffrance des injustices qu’il subit.
J’ai quitté l’Iran pour des raisons politiques et aussi parce que le régime oblige les femmes à porter le voile.
Je sais très bien que les maghrébins ou les turques ne sont pas arabes. Mais pour nous les iraniens, les maghrébins représentent le monde arabe (erreur), mais bien évidemment ils font partie du monde musulman…
De part mon métier, je rencontre des femmes turques/maghrébines, voilées, qui ne peuvent pas trop communiquer en français avec moi ou mes collègues. Alors par des gestes et des regards je communique avec elles. Je vous promets qu’elles sont très généreuses et à la fin, puisqu’elles ne peuvent pas me communiquer leur gratitude, en français, elles font tomber les barrières humaines en Occident et se penchent vers moi pour m’embrasser. Et moi, avec joie, j’accueille leur embrassade…
Il a fallu que j’arrive en France pour me réconcilier avec le monde arabe, le monde musulman et les femmes voilées… (même si je suis contre le voile lorsqu’il est imposé ou choisi sans consentement de la femme).
Aux JAR (Journées Annuelles de Rencontres) 2015 les ateliers très riches et intéressants, une nouvelle fois nous ont permis d’apprendre/découvrir de nouvelles choses et de rencontrer de nouvelles personnes.
Parmi les ateliers proposés aux JAR 2015 auxquelles j’ai participé à Merville en cette, je souhaite parler de l’atelier interreligieux avec des associations LGBT chrétienne (D&J), juive (Betaverim) et musulmane (H2M). C’est épatant le travail que font ces 3 associations ensembles pour les personnes LGBT. C’est aussi un travail considérable dans l’écoute, le soutien de chaque personne lgbt et croyante.
Le déracinement n’est pas facile à vivre et fait souffrir. Mais, avec du recul, je regarde tout ce cheminement et je constate la richesse de ces rencontres interculturelles, interreligieuses.
Vive la spiritualité plurielle !!!

Maryam