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Synode international des évêques catholique sur les jeunes (Réaction du bureau national de DJ)

Synode international des évêques catholiques sur les jeunes :
Il est temps d’agir pour accueillir les jeunes LGBT !

Du 3 au 28 octobre 2018 a lieu le synode international des évêques catholiques sur les jeunes, la foi, et le discernement vocationnel.
Lors de sa préparation, des jeunes LGBT (Lesbiennes, Gays, Bi, Trans) se sont exprimé.e.s pour rappeler leur place et leur engagement au sein de l’Eglise catholique et pour appeler à une meilleure prise en compte de leurs spécificités.
Dans ce cadre, l’association David & Jonathan a fait parvenir en décembre 2017 une première contribution au Service national des Jeunes et des Vocations, qui a été reprise pour la synthèse française de la préparation au synode. Ce document évoque les discriminations subies par les jeunes homosexuel.le.s sur la question des vocations : « la posture adoptée aujourd’hui par l’Eglise (catholique) peut être vécue d’autant plus douloureusement qu’elle ferme aux jeunes homosexuels hommes et femmes les principaux chemins de vie proposés que sont le mariage, le ministère ordonné et la vie consacrée». Celles-ci sont révélatrices du malaise de l’Eglise catholique, qui, quand elle tient compte de leur situation, préfère mettre les jeunes concernés à part, se privant ainsi de leur volonté d’engagement.
Le document du Vatican Instrumentum laboris de préparation au synode montre que la parole de jeunes LGBT est parvenue jusqu’à Rome : « Des jeunes LGBT […], désirent ‘bénéficier d’une plus grande proximité’ et expérimenter une plus grande attention de la part de l’Église, tandis que certaines Conférence épiscopales s’interrogent sur ce qui peut être proposé ‘aux jeunes qui au lieu de former des couples hétérosexuels décident de constituer des couples homosexuels et, surtout, désirent être proches de l’Église’».
La réunion pré-synodale des jeunes demande aux responsables ecclésiaux qu’ils « abordent aussi de manière concrète les sujets sensibles tels que l’homosexualité et les questions de ‘genre’, sujets dont nous parlons déjà entre nous, librement et sans tabou ».
Nous nous joignons à eux dans l’espoir que cette question soit abordée, non pas emprisonnée dans des conflits dogmatiques, mais à partir du vécu et des expériences concrètes des jeunes LGBT, engagé.e.s ou non dans l’Eglise catholique. C’est le sens de la campagne de sensibilisation Equal future, qui propose actuellement aux jeunes de faire parvenir leur histoire personnelle aux délégués synodaux.
L’Eglise catholique, en France et dans le monde entier, est encore bien trop ambigüe ou silencieuse vis à vis des jeunes LGBT croyant.e.s, et des violences auxquelles il.elle.s sont exposé.e.s, que celles-ci soient physiques ou psychologiques : refoulement, culpabilisation, dépréciation de soi. Quels que soient leurs parcours de vie, les jeunes LGBT ont besoin de s’ancrer dans une image positive de leur sexualité ou de leur identité de genre. Pour les chrétien.ne.s, comme tout enfant de Dieu, il.elle.s sont appelé.e.s à pouvoir trouver leur place dans les Eglises, sans avoir à craindre de stigmatisation.
Nous espérons que ce synode sera une réelle occasion de reconnaitre la diversité et l’égalité des jeunes, dans l’Eglise et dans la société, et de manifester le souci qu’il.elle.s y soient respecté.e.s et valorisé.e.s pour ce qu’il.elle.s. sont.

Le bureau national de David & Jonathan
Paris, le 6 octobre 2018

Pour compléter le communiqué de David&Jonathan voici quelques paroles du Pape François prononcées lors de son homélie pendant la messe d’ouverture du synode et récoltées par Yves.

« Nous commençons une nouvelle rencontre ecclésiale capable d’élargir les horizons, de dilater le cœur et de transformer ces structures qui aujourd’hui nous paralysent, nous séparent et nous éloignent des jeunes, les laissant exposés aux intempéries et orphelins d’une communauté de foi qui les soutienne, d’un horizon de sens et de vie….
Les jeunes nous demandent et exigent un dévouement créatif, une dynamique intelligente, enthousiaste et pleine d’espérance, et que nous ne les laissions pas seuls aux mains de tant de marchands de mort qui oppriment leur vie et obscurcissent leur vision…. »
« Je remercie les jeunes pour avoir voulu parier que cela vaut la peine de se sentir membres de l’Église ou d’entrer en dialogue avec elle, que cela vaut la peine d’avoir l’Église comme mère, comme éducatrice, comme maison, comme famille, capable, malgré les faiblesses humaines et les difficultés, de faire briller et de transmettre le message indémodable du Christ ; …. que cela vaut la peine de nager à contrecourant et de s’attacher à des valeurs supérieures : la famille, la fidélité, l’amour, la foi, le sacrifice, le service, la vie éternelle…
Une Église qui n’écoute pas se montre fermée à la nouveauté, … et ne pourra pas s’avérer crédible, en particulier pour les jeunes, ….
Ne nous laissons pas tenter par les “prophéties de malheur”, ne dépensons pas nos énergies à « compter les échecs et ressasser les amertumes », ayons le regard fixé sur le bien qui « souvent ne fait pas de bruit, n’est pas le thème des blogs et ne fait pas la une des journaux», et ne soyons pas effrayés «devant les blessures de la chair du Christ, toujours infligées par le péché et souvent par les enfants de l’Eglise ….
Engageons-nous à chercher à “fréquenter l’avenir”, et à faire sortir de ce synode des propositions pastorales concrètes en mesure de réaliser la tâche du Synode lui-même, c’est-à-dire celle de faire germer des rêves, susciter des prophéties et des visions, faire fleurir des espérances, stimuler la confiance, bander les blessures, tisser des relations, ressusciter une aube d’espérance, apprendre l’un de l’autre, et créer un imaginaire positif qui illumine les esprits, réchauffe les cœurs, redonne des forces aux mains, et inspire aux jeunes – à tous les jeunes, personne n’est exclu – la vision d’un avenir rempli de la joie de l’Evangile. »

Richesses plurielles (Madeleine)

Toute réunion Spiritualits plurielle est comme une auberge espagnole. On y trouve ce qu’on y apporte. La loi du genre étant de partager le meilleur, soit un élément, un événement positif (lecture, parole, musique, rencontre…) découvert ou vécu récemment.
L’exercice est parfois acrobatique. Pas évident de sonder en nos vies parfois monotones ou exagérément bousculées, et d’y trouver la petite perle… et pourtant, pour peu qu’on cherche… il y a forcément quelque chose ou quelqu’un qui, même brièvement, a interpellé, ému, réconforté.
Alors, dans le pot commun, la récolte de cet après-midi, il y a eu d’abord cette formidable bonne nouvelle : le prix Nobel de la paix – ô combien mérité – attribué à ces deux personnes incarnant, en contrepoids de la barbarie, toute la dignité humaine : cette femme de nouveau debout malgré les tortures, et ce médecin qui aura passé toute sa vie à réparer sur les corps féminins, la violence des hommes.
Il y a eu aussi cette évocation d’un philosophe connu, ayant fait le pari de la transparence, au risque d’abîmer sa belle image, en révélant sa peu glorieuse addiction, et en même temps, son chemin vers la dédramatisation et l’acquisition d’une autre forme de sagesse (savoir rire de soi…)
Il y a eu la silhouette de ce petit homme en tweed vert toujours là au bon moment sur la route dun immigré égaré.
Et dans la foulée, ce partage de poésies et de jardins fleuris.
Et sur une plage de CD, cette chanson pour apaiser les tourments d’une insomnie.
Et en live s’il vous plaît, cette belle improvisation vocale, a capella.
Et encore, pardonnez si j’en oublie, cette petite coquille symbolisant le chemin de St Jacques, cette représentation d’un corps souffrant, rappelant l’époque où tombaient par milliers les malades, mais aussi la solidarité qui s’en était suivie.
Et pour finir, tout simplement le souvenir d’un moment de bien-être au soleil de l’été, l’apaisement avec le gazouillis des oiseaux…. La magie de l’eau, son importance dans nos vies et la nécessaire conscience écologique.
Chaque prise de parole, entre deux résonances de gong, s’est faite à chaque fois dans l’écoute et le non-jugement (nous ne sommes pas dans le débat), que l’on choisisse d’ailleurs de partager ou non, de communiquer ou rester en silence.
Et c’est bien là, entre autres, ce qui fait l’une des valeurs de DJ (et doit le rester) cet accueil et ce respect de toutes les individualités, quand singularité et diversité fondent la richesse et la vie du groupe.

Madeleine

Week-end Spiritualités Plurielles 2018 dans le Forez (Hélène et Marie-Hélène)

Long fut ce voyage mais vraie fut notre joie de vivre cette rencontre en  « haut et beau lieu » !
A peine le temps de découvrir St Etienne ville du Desing et nous voilà en route pour le Forez cet imposant massif (posé entre l’Auvergne et la Loire) sous la conduite d’Emmanuel déjiste du tout jeune groupe de Montbrison. Trois-quart d’heure et plein de virages plus tard, arrivée dans ce curieux gîte décoré à une fenêtre d’un drap aux couleurs arc en ciel (mais si mais si) histoire qu’on ne se perde pas et composé à l’intérieur de multiples espaces, petits, grands et tous chaleureux .
Plaisir de revoir nos ami-e-s déjistes de Paris, de Lyon, de Vendée, de Rennes, de Strasbourg, d’ailleurs… et même de Belgique ! Émerveillement de goûter à ce paysage de douces montagnes, de prairies, de forets le tout baigné dans la lumière et l’agréable chaleur .
Plaisir de se retrouver (à 28) pour le repas en dégustant l’excellente soupe de légumes préparée avec amour par Pascal notre chef-artiste-cuisinier si talentueux et soucieux de nos papilles et de nos santés !
Durant ces deux jours des ateliers très divers proposés par les participants nous ont permis d’échanger en profondeur et de nous ressourcer corps et esprits dans un climat de confiance, d’écoute, d’ouverture, de respect, de bonne humeur !
Petit florilège des ateliers : relaxation, massages des mains, balade en montagne, spiritualité et écologie, soustraire plutôt que ajouter dans notre démarche spirituelle, chanter un très ancien « Kyrie » puis l‘hymne Européen , écouter en silence et conscience des sons de différentes traditions, vivre un temps de « Pleine Présence », préparer le repas du soir…
La veillée nous a offert d’entendre les voix harmonieuses de Martine et d’Oscar interprétant Mozart, celle de Geneviève dans une chanson pleine d’humour, comme un clin d’œil aux marcheurs de l’après midi…quelques beaux textes lus par François, Xavier… Puis une musique très paisible suivie d’un moment de silence nous ont reliés intérieurement les uns aux autres.
N’hésitez pas, venez l’an prochain découvrir une heureuse aventure, je vous assure c’est bon pour tout !!!

Hélène et Marie-Hélène

« S’aimer » (texte de Stéphane Laporte) choisi par Gaëtan

Voici le texte du chroniquer et humoriste québécois  Stéphane Laporte partagé par Gaëtan lors de la rencontre spiritualités plurielles du 10 mai 2018 :

S’aimer

Le problème, ce n’est pas qu’une personne aime quelqu’un de son sexe, de l’autre sexe, de son ancien sexe, ou de son sexe à venir. Le problème, ce n’est pas d’être hétérosexuel, homosexuel, transsexuel, bisexuel, métrosexuel, allosexuel ou aurevoirsexuel. Le problème, c’est de ne pas s’aimer. De ne pas s’aimer soi-même. D’être tristesexuel.

Tous les drames sont causés par ça. Des petites chicanes aux tueries. De ce que l’on fait aux autres parce que l’on ne s’aime pas soi-même.
Le premier coming out de tous les humains, ça devrait être : « J’ai une nouvelle à vous annoncer… Je m’aime ! » Après, tout irait mieux.
Mais avant, faudrait savoir ce que c’est, s’aimer. S’aimer vraiment.
S’aimer, ce n’est pas penser qu’on est le meilleur. Qu’on est plus beau que les autres, plus fin que les autres, plus intelligent que les autres. S’aimer, ce n’est pas se servir en premier. Et ne penser qu’à soi. Ça, ce n’est pas s’aimer. C’est se mentir. Parce que si chaque personne pense qu’elle est meilleure que les autres, c’est que tout le monde se ment. Et se mentir, c’est le contraire de s’aimer. C’est nier sa vérité.
S’aimer, ce n’est pas avoir besoin de se mesurer aux autres pour apprécier qui l’on est. S’aimer, c’est réaliser qu’on est un mélange de nos parents, de notre famille, de notre société, de notre culture, de notre environnement, de nos amis, de nos lectures, de nos voyages, de notre isolement, de nos joies, de nos peines, de nos désirs, de nos présences et de nos absences. Qu’on est fait de tout ça. Qu’il n’y a pas deux personnes avec ce mélange-là. Même pas notre jumeau. Qu’on est unique. Donc incomparable. On n’est pas le meilleur des autres. On est le meilleur de soi. Si on s’aime. Parce que si on ne s’aime pas, on peut rapidement devenir le pire de soi. Et ça, ce n’est pas beau.
S’aimer, c’est se dire à soi-même : « Écoute bibi, on va passer la vie ensemble, on n’a pas ben ben le choix, alors on va tout faire pour profiter de chaque instant. Parce que ça ne dure pas longtemps. »
S’aimer, c’est épouser sa réalité. Et ne jamais se laisser tomber. Une fois qu’on s’aime, on fait quoi ? On va vers les autres, pour que cet amour-là fasse des petits. Dans tous les sens du mot.
Admettons qu’on y arrive, qu’on réussit à s’aimer soi-même. Que tout s’éclaircit dans notre tête et dans notre coeur. Comment fait-on pour que les autres s’aiment eux-mêmes, aussi ? Parce que tant qu’ils en seront incapables, on risque d’en payer le prix.
On fait quoi ? On les aime. On les aide. Et surtout, on leur sacre patience. Arrêtons de juger tout le temps ce dont l’autre a l’air, ce que l’autre fait ou ne fait pas. C’est le jugement qui ferme les gens. Qui les fait pourrir par en dedans. Et quand ça sort, ça fait mal. À tout le monde.
Faut arrêter de mettre des gens dans des cases. Personne n’est bien dans une case. C’est trop étroit. C’est peut-être rassurant. Ça fait ordonné. Mais ça fausse toutes les données. Quand on joue au hockey, on a besoin de savoir qui fait partie de quelle équipe. Pas dans la vie. Dans la vie, on est tous dans la même équipe. Pas besoin de se catégoriser. De s’ajouter des préfixes. On est tous sexuels. C’est clair. Surtout l’été. Après ça, soyons-le avec qui on veut, on ne s’en portera que mieux.
Bien sûr, il faut créer des organisations pour défendre les groupes opprimés. Mais il faut viser le jour où l’orientation sexuelle ne sera pas plus provocante que l’orientation musicale. Je vais savoir si tu aimes Brahms ou Bieber si je prends le temps de te connaître. Si je ne le prends pas, écoute qui tu veux. Ça ne change rien à ma musique à moi. Je vais savoir si tu aimes embrasser les gars ou les filles si je prends le temps de te connaître. Si je ne le prends pas, embrasse qui tu veux. Ça ne change rien à ma sexualité à moi.
Pour dominer les peuples, rien de mieux que de leur faire croire que leur malheur est dû aux autres. À une race. À un sexe. À une classe. Ça rassemble. Et ça fait oublier que leur malheur est dû à ceux qui les dominent.
On n’en sort pas. Des gens qui s’aiment s’unissent avec des gens qui les aiment. Des gens qui ne s’aiment pas s’unissent avec des gens qui ne les aiment pas.
Faut s’aimer. S’aimer à 1, à 2, à 100, à 1000, à 8 millions, à 8 milliards.

Stéphane Laporte

http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/stephane-laporte/201606/18/01-4993283-saimer.php

Premier mariage arc-en-ciel (Téo)

Parcourant depuis Nantes de longues routes bordées de forêts et de prés, un vert de mille nuances est la première couleur de ce week-end au goût d’arc en ciel.
Au cœur de la Mayenne, nous arrivons à Fontaine Couverte, écrin de campagne où les deux cœurs rouge garance de Denis et Jean-Louis vont sceller leur union dans la minuscule salle de la mairie. Soleil jaune au dehors, chemises bleues et souliers vernis assortis, les amoureux se disent « Oui ! » sous les ors de la République entourés de leurs familles, amis ou déjistes (nantais , rennais et bretons) simplement heureux de partager ce moment de bonheur. Et n’en déplaise à la old english lady voisine qui a choisi de fermer portes, fenêtres, persiennes et cœur « so » offusquée d’apprendre qu’aucun voile de mariée saupoudré de grains de riz ne viendrait franchir le porche de l’Hôtel de ville. Ô my god….
Mais qu’importe les grincheux, c’est joyeux que nous quittons la mairie pour nous rassembler dans la salle voisine autour d’une cérémonie protestante. La croix confectionnée par Hélène prend place sur l’autel. Un moment spirituel riche en émotions mêlé de chants, textes, prières, poème, alliances et colombes1.

Quelques explications des mariés s’imposent sur la symbolique qu’ils souhaitaient apporter aux échanges des alliances et colombes dans leur union :

« Les alliances sont un symbole du mariage auxquelles nous avons voulu y ajouter tout d’abord deux colombes. Deux colombes comme trait d’union d’une alliance première avec Dieu, celle de la paix dans les coeurs et dans les vies.
Pourquoi ces colombes symbole de paix ? Quand le regard sur la différence que nous portons a généré tant de souffrance, parfois de mal de vivre, souvent de mal-être et de détresse d’un genre que certains n’ont pas voulu voir humain !
Parfois rejetés par les siens, encore trop souvent par les Églises, exclus par les autres, au banc d’une société qui se plaît à rire en sous main. Mais les choses évoluent par le courage d’une poignée, par l’amour et la compréhension de beaucoup, dont vous êtes ici nos témoins.
Pour nous ces colombes sont également symbole de l’Esprit Saint. Vivre au souffle de l’Esprit de Dieu, c’est être comme ce vent dont on ne sait ni d’où il vient ni où il va, comme le Christ qui a bousculé les nombreuses frontières que les hommes se mettent entre eux.
Alors, nous nous sommes dit que cet oiseau méritait bien de symboliser l’élan de la paix et de la fraternité que nous voulons porter dans notre amour. Il est capable, si nous y croyons suffisamment fort, de nous faire décoller de nos idées poussiéreuses et bien arrêtées. Il est capable, comme d’un battement d’ailes, de nous élever au-dessus de la mêlée des bêtises et des conneries humaines.
Il porte la paix, non dans une blancheur qui se voudrait immaculée et qui finalement renie la diversité de notre humanité, mais dans les mille couleurs de l’arc-en-ciel, que l’on ne peut capturer dans nos mains, mais qui ne se saisit bien qu’avec les yeux du coeur. »  Denis & Jean-Louis

Le poème de Denis :

Bien-aimé

Bien avant que je ne le connaisse lui mon roi
Déjà il m’embrasait des bienfaits de son amour
Je ne veux avoir de cesse de l’adorer en retour
Lui qui aime dès que je crie ou chante ma foi
Il s’est fait nourriture se livrant sur une croix
Corps et sang dans une vie donnée sans retour
J’ai dit oui à l’alliance nouvelle pour toujours
Car telle une sève sa fidélité m’irrigue de joie
Christ ton Père me convie pour les noces d’or
L’Esprit me met à nu pour être vrai devant toi
Je ne puis rêver ne puis imaginer meilleur sort
Jamais tu ne brises ma liberté mais tu accrois
Ma charité pour ceux blessés d’âme de corps
Que tu chéris toi qui de leur salut est la voie

Le chant « Evenou shalom alerhem ! » clôt la célébration.
Nous vous annonçons la paix
Nous vous annonçons la joie
Nous vous annonçons l’amour

Une pincée de bulles de poiré jaunes, roses ou bleues plus tard, nous voici chacun-e paré-e d’un bracelet de couleur qui, dans un espace verdoyant à quelques pas de là, va nous transporter petits, grands, familles, amis et déjistes mélangés dans une farandole ludique. Ensemble, dans une bonne humeur communicative, nous avons grimpé, pêché à la ligne, joué à chat perché ou à saute mouton, dansé sur un pont d’Avignon mayennais d’adoption. Le soleil printanier déclinant à l’horizon, il est temps de reprendre la route jusqu’aux portes de Laval pour la soirée.
Accueillis par un arc en ciel de ballons, une petite colombe arc en ciel en guise de marque-place et des jolies compositions florales sur les tables nous voilà partis pour un repas ponctué d’intermèdes ludiques et musicaux. Le champagne sabré, le dessert dégusté, la piste de danse s’ouvre à nous pour une nuit musicale aux notes de disco, de rock et de madison entremêlés. Les plus courageux, à une heure très matinale et avant de sombrer dans les bras de Morphée, s’accordent une pause soupe à l’oignon de coutume.
Nous quitterons nos hôtes néo-mariés après un petit-déjeuner prétexte à prolonger un week-end riche en échanges.
Un voyage retour gris et pluvieux mais un cerveau encore ensoleillé par mon premier mariage arc en ciel ! 😉

Téo

1 colombes et alliances qui, drôle de coincidence, se retrouvent sur les carte, mugs et photophores offerts par les déjistes nantais 😉

 

 

« Arnaud Beltrame, héroïsme de l’espérance » chronique de Bruno Frappat (journal La Croix le 28/03/2018)

   « Héros ». Toute la France n’aura eu que ce mot à la bouche et dans le cœur à propos du sacrifice du colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, honoré par la République, un mercredi gris, du Panthéon aux Invalides.
Quelques jours plus tôt, dans le très paisible département de l’Aude, il avait fait face à un terroriste islamiste durant trois heures après s’être offert comme otage lui-même en échange de la libération d’une caissière du Super-U de Trèbes. Finalement, le « fou d’Allah », meurtrier et suicidaire, se voyant déjà « martyr » au nom de sa foi, tira sur le gendarme avant de l’achever en l’égorgeant. La leçon de courage d’Arnaud Beltrame avait sauvé une vie mais il avait dû pour cela faire don de la sienne.
Alors la France entière avait compris et admiré qu’il subsistât en elle, caché au fin fond de l’anonymat d’une gendarmerie reculée, de telles capacités d’altruisme, de bravoure, de sens de l’autre, de prise de risque. Et cela, en effet, allait imposer ce mot de « héros » parcourant aussitôt tout le pays, comme une traînée de lumière.
De quoi, assurément, redonner foi en l’homme, en tout homme qui, pris dans les aléas de la vie en société « terrorisée » serait capable de puiser au fond de son mental la force de résistance à l’oppression de la terreur et à la haine.
On apprit assez vite qu’Arnaud Beltrame était un chrétien convaincu et brûlant depuis peu d’années d’une foi ardente. Il y avait sûrement puisé quelque chose. Mais l’Église et les autres chrétiens allaient-ils s’en glorifier, se parer eux-mêmes du manteau de son courage et lancer aux populations : « voyez comme nous sommes » ? Tirer à eux la gloire de son courage et, dans un souci de prosélytisme de très mauvais goût, présenter le lieutenant-colonel comme le comble du catholique d’aujourd’hui ?
Passé le moment de cette tentation de propagande autour de sa foi, on comprit, à quelques exceptions près, qu’il y aurait très mauvais aloi à risquer la comparaison entre deux manières de croire en Dieu. Entre celle qui prétend tuer au nom du Très-Haut et celle qui affirme au contraire que donner la sienne pour autrui plaît au Créateur de toute l’humanité. Le sacrifice de soi valant plus à ses yeux que le sacrifice des autres.
Comment cacher que cet épisode redonna foi en l’homme ? Au moment où l’humanité se cherche en tous sens des raisons de croire et d’espérer au-delà de la satisfaction de ses petits besoins quotidiens, il est bon, il est sain, il est beau que des héros comme Beltrame nous appellent à réfléchir au sens supérieur d’une vie.
Nous étions là à nous morfondre, à ronchonner contre le mauvais temps qui paraît s’être installé pour l’éternité au-dessus de l’Hexagone, nous ne cessions de protester contre des broutilles et des affaires minimes, râlant les uns contre la limitation de vitesse ou la suppression partielle de la taxe d’habitation, les autres se passionnant pour les conditions douteuses du financement d’une campagne électorale vieille de onze années. Nous étions plantés devant nos téléviseurs ou nos écrans de « réseaux sociaux » priés de choisir entre les héritiers de Johnny Hallyday, l’idole que nous nous étions donné il y a trois mois. Nous doutions de tout, nous avions peur des Russes et de leurs piqûres fatales, des Chinois et du rouleau-compresseur de leur prospérité (nous qui, enfants, étions incités par nos mamans à tricoter des carrés de laine pour fabriquer des « couvertures pour les petits Chinois »…)
Nous en avions assez des impôts. Nous avions peur de tout, de la grippe, du sida ou d’Alzheimer. Nous étions exaspérés par les incivilités des « djeunes » dans les transports en commun. Nous désespérions de l’avenir de l’humanité, Il n’y aurait bientôt plus même de chants d’oiseaux dans les arbres de nos forêts aux ramures étiques. Le transhumanisme répandait ses fantasmes douteux de victoire sur la mort. Nous ne croyions plus à grand-chose, pour dire le vrai. La religion délivrait, univoque et automatique, ses discours d’espérance comme sur le tapis roulant d’un supermarché défilent les produits de première nécessité. Bref, tout allait de mal en pis. La mort rôdait, en tout cas, elle se rapprochait de nous. Nos vieux étaient mal gardés, ils dérangeaient. Noir, tout était noir. La désespérance était partout derrière chacune de nos portes. Il faisait froid sur l’humanité, noir dans les cœurs, glauque dans les distractions. L’humanité allait à sa perte.
Et puis, tout à coup, au fond de cette constante laideur des jours, noirceur de l’actualité, une petite lumière, cet héroïsme, cet éclat de bravoure et d’humanité. Ce grand geste du gendarme inconnu la veille venait nous alerter sur la vraie hiérarchie des valeurs, ces fameuses valeurs dont nous parlons d’autant plus volontiers que nous n’y croyons guère.
Le courage du gendarme offrant sa vie pour protéger une innocente, nous devions en élargir la dimension à celle de toute l’humanité tenaillée par l’angoisse de mourir et de la violence. Il ne se doutait pas, le gendarme, que nous tirerions de son action de telles leçons. Il nous avait offert une sorte de résurrection de l’humain dans la pagaille des jours médiocres. Il avait posé sur nos chemins un petit caillou baptisé espérance.
L’espérance comme folie, comme une volonté, comme une décision et non comme un donné. À nous de la construire quand tout a l’air de s’effondrer, quand la malfaisance et l’égoïsme semblent partout régner. Quand la laideur nous coupe les bras et les ailes. L’espérance, non pas comme un cadeau ou un dû mais comme l’œuvre d’une volonté d’homme.
Cette leçon de mort était une leçon de vie.

Bruno Frappat

La chronique de Bruno Frappat a été publiée sur le site internet du journal La Croix le 28 mars 2018.

https://www.la-croix.com/Debats/Chroniques/Arnaud-Beltrame-heroisme-lesperance-2018-03-28-1200927407

Retraite de déjistes à Joigny (mars 2018)

Maryam et Philippe du groupe de Nantes ont participé à une retraite d’organisée par D&J et DUEC (Devenir Un En Christ) chez les religieuses du Sacré-Coeur de Jésus à Joigny..
Voici le récit de cette retraite spirituelle rédigé en commun :

Des retraitant.e.s de « David et Jonathan »
au Centre spirituel Sophie Barat à Joigny…
… Ils et elles ont des gueules de ressuscité.e.s

« Nous étions neuf – lesbiennes, gays et hétéro – de D&J et de DUEC, en couple ou seul.e, jeunes et moins jeunes, d’Ile de France et de Nantes à nous retrouver pour 5 jours d’initiation aux exercices spirituels spécifiques à la spiritualité ignacienne autour du « discernement ».
La dimension LGBT de David et Jonathan a été clairement affichée et accueillie dans la bienveillance, et avec un absolu respect par les religieuses du Sacré-Cœur de Jésus qui animent le Centre Sophie Barat.
Ce centre spirituel qui a accueilli notre petit groupe de DJistes est une maison de famille, la maison de naissance de Sainte Madeleine-Sophie BARAT (1779-1865), fondatrice de la Communauté des Religieuses du Sacré-Coeur de Jésus.
Tout dans cette maison ancienne et ses jardins nous invite à la paix. Tout est fait pour que nous nous sentions chez nous dans cette demeure.
Les espaces de recueillement – oratoires, chapelle, jardins – ou de partage – salons, salles de réunion, salles à manger – nous ont été ouverts en permanence. Il a été très facile de trouver ses marques, de s’approprier ce lieu magnifique. Sans oublier les bons repas, simples et délicieux – comme les bons vins – qui participent également de la qualité de notre aventure spirituelle au centre Sophie Barat.
Ce fut un parcours dans le silence (avec parfois des loupés de « silence ») mais aussi d’échanges chargés d’émotions et de nos vies plus ou moins cabossées ; des émotions exprimées ou tues ou exprimées discrètement.
Ce furent aussi des moments collectifs d’enseignement nous préparant à la macération et au ruminement des textes bibliques lus et du cadre donné. Ces temps d’enseignement à la pratique de la prière ignacienne ont été menés conjointement par Sœur Rachel, religieuse du Sacré Cœur de Jésus, et Sœur Michèle, religieuse du Cénacle. Elles ont été des accompagnantes remarquables, et pleines d’humour. Elles ont su adapter en permanence leur enseignement à la dynamique de notre groupe. C’est ainsi que dès le premier jour elles nous ont proposé, le soir, un temps de partage en groupe, inhabituel lors de ces retraites mais tellement chers à notre tradition DJiste. Elles étaient AVEC nous, en parfaite communion avec notre groupe, en amitié.
Ces temps d’initiation en groupe ont été concis, ils allaient droit à l’essentiel afin de nous laisser le plus de temps possible à la lecture et à la prière personnelles. L’enseignement était avant tout une pratique en immersion. Les illustrations didactiques étaient choisies dans l’environnement immédiat telles que les vignes des coteaux de Joigny, et également dans la modernité avec, par exemple, la projection de clips vidéos extraits de pubs. Cela nous a aidé.e.s à inscrire cette pratique ignacienne dans notre réalité.
Les personnes qui le souhaitaient assistaient aux laudes et aux messes de la communauté. Notre groupe a partagé des moments de prières collectives à l’oratoire « la bourguignonne » (une ancienne écurie où le tabernacle est placé dans un four à pain !), prières silencieuses, chants partagés, moment intense où le baptême est revisité avec l’eau et l’écoute des grâces reçues. Chacune et chacun a fait son chemin pour entendre qu’il ou qu’elle est aimée de Dieu et que Dieu parle, non pas dans la tempête et dans le bruit, mais dans la brise légère. Brise légère ressentie quand nous avons gravi le chemin à la rencontre de la vigne, symbole de la vie en terre aride ; ses sarments chevillés au cep, symbole de notre lien au Seigneur, notre vigneron ; des vrilles qui accrochent la vigne aux tuteurs placés par le vigneron.
Chaque jour aussi, il était possible de ménager des moments pour profiter de la campagne environnante : balades à pied dans les vignes, balades à vélo le long de l’Yonne, footing dans les coteaux et les sous-bois, seul en silence ou à 2 ou 3 en échangeant…Des moments pour se remplir les poumons, s’émerveiller, faire du bien à son corps et le rendre ainsi plus disponible à l’écoute de Sa parole.
Nous avons enfin bénéficié quotidiennement de moments d’accompagnement individuel où, à partir de sa vie personnelle, on découvrait que Dieu nous aime et nous attend dans nos vies, là où nous sommes. La qualité d’écoute de Soeur Rachel et de Soeur Michèle, et leur accueil de nos peines, de nos doutes, de nos difficultés, mais bien sûr aussi de nos joies, de nos espoirs, de nos avancées spirituelles, a été exceptionnel.
Ces cinq jours nous ont aidé à discerner où nous en étions dans notre vie, dans notre foi, dans notre histoire. Nos bras étaient sans doute plus ou moins cassés, ce qui ne nous empêchait pas d’avoir des « gueules de ressuscité »!
Un moment unique pour faire le point et repartir avec son PPP, Petit Programme Personnel pour reprendre la route du quotidien, un quotidien éclairé par les lumières de ces jours et de ces nuits de discernement.
A l’issue de la retraite, Soeur Rachel et Soeur Michèle, convaincues et touchées par notre expérience collective, proposent que cette retraite de 5 jours d’initiation aux exercices spirituels à destination des personnes LGBT, de leurs proches et de leurs ami.e.s soit reconduite annuellement. »

Spiritualité mélanésienne (Yves)

Tout homme est tiraillé entre deux besoins,
Le besoin de la pirogue,
C’est-à-dire du voyage,
De l’arrachement à soi-même,
Et le besoin de l’arbre,
C’est-à-dire de l’enracinement,
De l’identité.
Et les hommes errent constamment
Entre ces deux besoins,
En cédant tantôt à l’un,
Tantôt à l’autre.
Jusqu’au jour où ils comprennent
Que c’est avec l’arbre
Qu’on fabrique la pirogue.

Mythe mélanésien de l’île de Vanuatu

Yves

Un beau chant d’espérance (par Yves)

Depuis la fin du 18ème siècle, dans une église de Baltimore (Maryland, USA), on peut lire le texte suivant. Le nom de Dieu n’apparaît pas dans ces lignes anonymes, dépourvues de signature. Elles donnent, pourtant une belle image de ce que peut-être, aujourd’hui comme hier, une vie d’homme ou de femme dans ce monde plein de tumultes.

Extrait du livre Comme un chant d’espérance (2014) de Jean d’Ormesson (chapitre XLI)

« Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence.
Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes.
Dites doucement et clairement votre vérité.
Ecoutez les autres, même les simples d’esprit et les ignorants : ils ont eux aussi leur histoire.
Eviter les individus bruyants et agressifs : ils sont une vexation pour l’esprit.
Ne vous comparez avec personne : il y a toujours plus grands que vous.
Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements.
Ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe.
Soyez vous-même.
Surtout n’affectez pas l’amitié.
Non plus ne soyez cynique en amour car il est, en face de tout désenchantement, aussi éternel que l’herbe.
Prenez avec bonté le conseil des années en renonçant avec grâce à votre jeunesse.
Fortifiez-vous une puissance d’esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain.
Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères.
De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.
Au-delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même.
Vous êtes un enfant de l’univers. Pas moins que les arbres et les étoiles.
Vous avez le droit d’être ici.
Et, qu’il vous soit clair ou non, l’univers se déroule sans doute comme il le devait.
Quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez, dans le désarroi bruyant de la vie, la paix de votre cœur.
Avec toutes ses perfidies et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. »

Oui, voilà un beau chant d’espérance que je vous offre en ce début de Carême 2018. Vivre ainsi donne à espérer en des jours et en un monde meilleurs.

Yves

Colloque inter-religieux à St Jacut-de-la-mer (26-28 janvier 2018) sur le thème : « Dieu est-il sexiste ? » – L’atelier de Céline Béraud « L’accès aux femmes à l’autorité religieuse » -(par Sophie)

L’atelier de Céline BERAUD
« L’accès aux femmes à l’autorité religieuse »

   Après un bref retour en arrière sur les deux vagues de féminisme du siècle dernier, Céline Béraud a repris l’histoires des premières femmes en responsabilité et en autorité dans les différentes Eglises.
L’Eglise protestante : les femmes pasteures, les pionnières, souvent au début les épouses et filles de pasteurs. Le « savoir sacré », « celui qui détient le savoir », est peu à peu donné mais avec une sélectivité au début (célibat imposé) et, actuellement, dans les temples où co-célèbrent pasteurs femme et homme, c’est le pasteur qui prêche !
Il y a quelques femmes rabbins chez les plus libéraux (judaïsme pluriel et protestantisme pluriel, surtout aux Etats-Unis) mais pas en France.
L’Eglise anglicane : après une rupture en 1990, elle accorde la prêtrise aux femmes, même si tous ne furent pas d’accord. Trente femmes furent ordonnées. Ces ordinations furent précédées par le diaconat féminin.
Le Catholicisme ne connait pas ces évolutions, pourtant, beaucoup de femmes ont exprimé leur désir d’ordination. Dans l’Eglise catholique, rien n’est linéaire. Ce sont des allers-retours sans cesse. On sépare toujours les sexes à l’Eglise. Les filles sont servantes d’assemblée et les garçons servants d’autel. Là où certaines paroisses acceptaient les filles comme « enfant de chœur à l’autel », une fois formées, à la puberté, on leur demande de partir.

Petits rappels historiques de ces avancées et reculades de l’Église catholique :
1970 : Une demande d’avant-garde fut celle du groupe « Hommes et femmes en l’Eglise » qui a porté la cause de l’ordination des femmes jusqu’à Rome via une commission.
1977 : Rome s’oppose contre tout changement en la matière.
Jean-Paul II met une opposition nette et non négociable à cause de la tradition (le Christ a choisi des apôtres hommes).
François, moins misogyne que Benoit XVI, réagit à l’identique.

Aujourd’hui, les revendications sont peu portées en France car « c’est perdu d’avance ». Les chrétiens s’orientent alors plutôt vers le diaconat féminin et les ordinations d’hommes mariés.
Qu’en est-il ailleurs ?
Au Canada, en Allemagne et aux Pays-Bas, il y a, à ce sujet, plus de mobilisations et de querelles.

Céline Béraud parle ensuite de la place des femmes d’aujourd’hui. Les femmes sont nombreuses dans l’Eglise catholique  : 1 homme pour 9 femmes. Elles y travaillent : aumoniers dans les prisons, les hôpitaux, l’armée, la liturgie des funérailles, etc.). Souvent elles sont proches collaboratrices des Evêques dont elles reçoivent une mission (relai des religieuses). Les aumoniers de prison de femmes, grâce à l’entre-soi entre femmes, arrivent à beaucoup de belles choses. Comme par le passé dans les « Terres de mission sans prêtres », en prison, loin du regard des prêtres, elles peuvent investir des formes de rituel riche de plein de possibilités. Aussi près des patients en fin de vie, parfois à la frontière de la délivrance du pardon.
Les deux mondes, catholiques et musulmans, où la tradition est le plus bloquée et figée, n’empêchent pas les femmes convaincues qui ne s’encombrent ni des Tradis, ni des progressistes, qui ne se « nomment pas » mais agissent.
Pour l’Eglise catholique, la tradition est de « coller aux origines », blocage extrême (Hervé Legrand et Joseph Moingt ont ouvertement critiqué Jean Paul II. Ils ont reçu des insultes).
Le Diaconat serait « lot de consolation » selon certaines féministes ou « le cheval de Troie » qui amorcerait la prêtrise selon certains prêtres.
Céline Béraud insiste sur le fait que reconnaître les femmes, ce serait faire avancer le GENRE : quand on réaffirme la différence des sexes, on est dans la réidentification du genre. Ce ne sera pas si simple car c’est lié. La prêtrise aux femmes, qu’on le veuille ou non, est liée au genre ! Les plus fondamentalistes trouveront toujours des textes où les femmes n’ont pas accès ! N’oublions pas que les inventions religieuses l’ont été après les textes ! Le patriarcat est difficile à secouer et pas que dans le domaine religieux ! (Tout est sexiste, dans les entreprises, l’université, etc.).
Les raisons de ce blocage ?
La peur, la peur de l’égalité. Certaines femmes contribuent au sexisme par peur.
Le pouvoir religieux sert à redire la différence et la hiérarchie. Subsiste aussi une pensée MASCULINISTE : « les droits des femmes se font au détriment du droit des hommes ». Et bien sûr, toujours la peur de la femme, la « tentatrice » ! Le clergé a vraiment une misogynie cléricale ! L’Eglise catholique n’est d’ailleurs pas à l’aise avec ce thème choisi pour le colloque, aucun prêtre catholique n’intervient ! L’eucharistie, unique forme de pouvoir et d’autorité, la « dimension sacrale » fera toujours passer les femmes au second plan !
Restons patients, les choses se font mais en vase clos (exemple : aux Pays-Bas, certaines femmes aumoniers baptisent). (Note : ce sont elles qui n’aiment pas la féminisation « aumonières »)
Véronique Margron fut la première doyenne de France à la Catho d’Angers (elle joue un peu une « neutralisation du genre » car n’est pas très féminine).
Il existe un « Optimisme vers le bas » ; quand il n’y aura plus de prêtres, en l’avenir, les femmes seront toujours là et feront valoir leur légitimité !

Sophie