Archives de catégorie : SPIRITUALITE

« Les fondamentaux de la foi chrétienne » de Marie -Christine Bernard

    Je vis en compagnonnage joyeux avec le Christ. Aucune épreuve, aucune question, rien ni personne n’a réussi à me ravir la joie de le connaître et de l’aimer.
Lorsque j’ai identifié mon homosexualité, j’ai aussi pris conscience que les enseignements religieux reçus n’étaient pas tous vrais et que le visage qui m’avait été présenté du Christ n’était pas toujours libérateur… Cette découverte n’a en rien perturbé dans ma relation avec Dieu, dont Jésus me montre le visage. Cependant, j’ai dû me réapproprier ma foi, me réapproprier les mots justes de ma foi, leur sens véritable, afin de continuer ma route spirituelle, toujours dans l’Eglise. L’Eglise : c’est nous les baptisés et je suis baptisée. C’est ma place, mon appartenance. Mais je n’accepte plus d’avancer avec d’autre certitude que celle de savoir que :

« Dieu nous a créé pour le bonheur

   Cette phrase est extraite d’un livre où, dés la première page, les mots invitent à avancer, à comprendre, à découvrir la beauté et la grandeur du Don de Dieu, la raison d’être de la théologie. A sa lecture, j’ai reçu toutes mes réponses à ces questions que je me suis posées de plus belle avec ma conversion : le salut, le péché, la peur, le sacrifice, le mal. Marie-Christine Bernard est une vraie libératrice de mots et d’idées qui recadre et réoriente à la fois !

« Avoir la foi signifie faire confiance. Une foi en bonne santé accueille la vie avec gratitude, la cultive avec soin, affermit les pas du croyant sur une terre qu’il reçoit et transforme avec reconnaissance, respect et inventivité. »

   A vous tous et toutes qui ressentez le besoin de vous réapproprier ou de vous approprier votre foi, votre propre route spirituelle, ce livre peut vous montrer une direction, une porte à ouvrir et vous permettre des découvertes fabuleuses après ouverture…
Alors, que son titre « sérieusement théorique » ne vous fasse pas peur, ouvrez le, lisez le et bonne route spirituelle !

Sophie

Souvenirs de mes séjours à Taizé

      Dans la vocation de la communauté de Taizé, il y a toujours eu deux aspirations : cheminer dans une vie intérieure à travers la prière, et prendre des responsabilités pour rendre la terre plus habitable. L’une ne va pas sans l’autre.
   La prière chantée en commun est un incomparable soutien de la vie intérieure. La toute première fois que j’ai pu assister à un temps de prière à Taizé, la beauté des chants m’a complètement saisi ; chants simples qui touchent jusqu’au tréfonds du cœur et de l’âme…
   Le grand nombre de nationalités représentées lors d’un séjour à Taizé l’été montre une diversité de cultures et de mentalités impressionnante. Quand j’y étais l’été dernier, nous venions de 75 pays différents et nous vivions en toute harmonie, habités par cette « paix du cœur »… Ma rencontre avec un jeune allemand d’âge mûr m’a fait comprendre à quel point son peuple vit encore mal le très douloureux passé nazi.
   J’ai donc compris, encore plus, que notre responsabilité est d’être porteurs, toutes et tous, de réconciliation. Comme l’écrit le frère Roger : « non seulement entre les chrétiens mais aussi dans les déchirures de la famille humaine. »
Ainsi, un séjour à Taizé ne peut jamais laisser indifférent et, j’irai toujours là-bas le plus souvent possible… 

Steve

« Amours » d’Adriano Oliva

   « Amours »… Voilà un joli titre pour un livre de théologie sur les personnes LGBT. Et pour donner plus d’attrait au propos – parfois austère – la couverture du livre *, reproduit l’icône de saint Serge et saint Bacchus, martyrs syriens du IVème siècle, en vêtements de noces, unis par le Christ.
   Mais pourquoi s’intéresser aux écrits de Thomas D’Aquin ? C’est que la pensée de ce théologien du 13ème s est LA doctrine de référence de l’Eglise catholique et qu’elle continue de nourrir la réflexion sur bon nombre de questions de foi et de morale. Le problème c’est que le « docteur angélique » (comme on le surnomme) a aussi écrit sur l’homosexualité ou plus précisément (puisque Thomas ne connaissait rien à l’homosexualité psycho-sociale) sur le péché de sodomie. Et il n’en dit pas que du bien, évidemment !
Sa théorie est sous-tendue par l’idée que tout acte sexuel doit avoir une visée procréatrice (c’est le fameux « croissez et multipliez ! » de la Genèse). Donc foin de masturbation et encore plus de sodomie. Mais une lecture plus attentive peut nous réserver quelques surprises. C’est justement ce que veut faire Adriano Oliva, auteur de ce petit livre de 50 pages.
Adriano Oliva n’est pas n’importe qui. Docteur en théologie, historien des doctrines médiévales et chercheur au CNRS, le dominicain veut apporter sa pierre à la compréhension de la doctrine de saint Thomas sur l’homosexualité. Et il le fait brillamment.
Partant de l’analyse d’un article de la Somme Théologique (l’œuvre monumentale de l’Aquinate), le chercheur affirme que Thomas a voulu montrer que l’acte sexuel entre hommes relevait en fait d’un état de « contre nature » naturel ! Qu’est-ce à dire ? En fait pour Thomas, l’homosexualité est inclination enracinée non pas dans le corps, mais dans l’âme, là où s’expriment l’affection et l’amour. Rien à voir donc avec la sodomie, liée au corps, et considérée contre nature. Oui, mais l’homosexualité masculine s’exprime assez souvent par la sodomie, non ? Ah, mais c’est que le plaisir, en tant qu’achèvement de l’action humaine, ne peut être contre nature. CQFD.
Et Thomas poursuit : « Il arrive que chez certains individus un principe naturel de l’espèce [le rapport sexuel en vue de la procréation] se trouve accidentellement altéré et alors, ce qui est contre la nature de l’espèce devient accidentellement naturel pour ces personnes prises dans leur individualité, comme il est naturel pour l’eau réchauffée de communiquer sa chaleur ». Il fallait y penser !
Saint Thomas distingue de manière très nette le principe de l’inclination homosexuelle, qu’il situe dans l’âme, du plaisir strictement vénérien et physique résidant dans le corps. D’où la distinction entre, d’une part, l’homosexualité qui incline à l’amour et à l’union sexuelle, et d’autre part, le vice de sodomie et autres péchés sexuels entre personnes de même sexe qui font un usage immodéré et sans amour du plaisir purement vénérien. On est sur le fil du rasoir !
Dans un chapitre consacré à la morale sexuelle, Thomas affirme que « le fait d’utiliser ses mains pour marcher ne constitue qu’un péché léger, voire aucun péché ». Adriano Oliva applique ce principe à l’homosexualité en remarquant que « bien que l’organe sexuel soit physiologiquement ordonné à l’autre sexe, qu’est ce qui interdirait de l’utiliser dans un rapport avec une personne de même sexe dans le contexte d’un vrai amour homosexuel, monogame, fidèle et gratuit ? ».
Le critère de diversité (entre les espèces mais aussi à l’intérieur de chaque espèce naturelle), est toujours invoqué par Thomas positivement pour prouver l’harmonie de la création. « L’existence d’une pluralité d’inclinations ne compromet par l’unité de l’ordre providentiel, mais rend compte de la richesse de son déploiement », affirme le chercheur.
Le point le plus délicat pour un grand nombre d’homosexuels chrétiens est que l’Eglise recommande la chasteté la plus stricte (c’est-à-dire l’absence de tout rapport sexuel). Mais l’auteur fait remarquer que « si elles n’ont pas une inclination pour la continence parfaite, (et l’homme étant un « animal social », il tend naturellement à s’associer) quand, entre deux personnes de même sexe, naît l’amour, il est naturel qu’elles s‘unissent et choisissent de vivre une vie commune ».
A propos du mariage, l’enseignement de Saint Thomas est clair : « seul l’union d’un homme et d’une femme, parce qu’ouvert à la procréation, peut se réclamer du mariage ». Pourtant Adriano Oliva note que « les pasteurs de l’Eglise sont appelés aujourd’hui à s’interroger sur l’opportunité de bénir chrétiennement les unions homosexuelles. Cette pratique, historiquement attestée, renforcerait l’union d’un baptisé avec son partenaire et offrirait un soutien au chemin de fidélité du couple homosexuel ». Et tout naturellement il recommande que « la législation des états puisse garantir les unions homosexuelles », sans toutefois les assimiler à un 
mariage hétéro, en principe ouvert à la procréation.
L’auteur note alors que la doctrine catholique sur la sexualité a évolué sur bien des points. C’est ainsi que, depuis Vatican II, « l’Eglise considère que l’usage de la sexualité n’est plus limité à la procréation, comme chez les animaux, mais que les rapports sexuels peuvent être pratiqués comme acte d’amour, entre les conjoints légitimes, pour le bien de leur union ». Ca semble évident, mais on passe souvent sous silence cette mini révolution.
Adriano Oliva reconnaît la responsabilité des Eglises dans le mal-être de nombreuses personnes homosexuelles : « La non-acceptation de soi est souvent cause d’immaturité chez les personnes homosexuelles qui risquent de devenir incapables de nourrir des relations stables d’amour ou d’amitiés, et qui, si elles ne sont pas inclinées vers la continence parfaite, risquent de vivre des rapports sexuels déréglés, sans amour véritable ». L’amour homosexuel existe donc bel et bien et n’a rien à voir avec une certaine image de libertinage qui lui est souvent associée – injustement.
Et les femmes dans tout ça ? Eh bien, elles ont de la chance, car les rapports sexuels entre femmes (quand les médiévaux daignent aborder le sujet) sont toujours considérés comme moins graves ! Pas vraiment une bonne nouvelle car cela renvoie au statut social inférieur de la femme, à leur invisibilité, dans les sociétés médiévales – et encore de nos jours !

Yves

Partage d’un moment de célébration oecuménique aux JARS

Remplacer les barrières par la rencontre

   Un des moments les plus forts de ces Jar fût la célébration œcuménique. En effet, pour la première fois aux Jar, les co-célébrants (Emeline et Jacques pour l’édition 2014) nous ont invités pour commencer cette célébration à nous orienter vers les quatre points cardinaux puis le ciel et la terre en invoquant à chaque fois les éléments. A l’est : l’énergie du levant. Au nord : la neige et le froid qui stimulent la vie. Vers l’ouest : la pluie qui irrigue la terre et fait croître la semence. Puis au sud : la chaleur qui fait mûrir. C’est ainsi que nous nous sommes mis en harmonie avec l’univers et les peuples.
Sur la table d’autel, une flamme, une bible et une icône du Christ furent posées sur le rainbow flag. Quel symbole ! Quel symbole d’effacement des barrières, d’abolition des frontières en ce jour de Pentecôte ! Dans sa prédication, Emeline a mis en lumière que toute l’œuvre de Dieu et le message du Christ révélé dans l’Ecriture étaient justement d’ôter ces barrières qui isolent les peuples et les êtres les uns des autres.
Remplacer les barrières par la rencontre. Voilà le message qui retentit avec force au cœur de notre histoire aujourd’hui.
Laudate dominum omnes gente alleluia !

Hélène, Marie-Hélène et Isabelle

Une retraite à l’abbaye de Timadeuc

   Plusieurs personnes de DJ Nantes sont parties le temps d’un week-end à l’abbaye de Timadeuc, une abbaye cistercienne située dans le Morbihan, près de Ploërmel.
Nous étions 7 personnes de DJ Nantes, et un brestois est venu nous rejoindre.
Notre week-end a été rythmé par les offices des moines, les repas en silence avec les autres retraitants. Les moines sont très sympathiques, notamment le
Frère Louis-Marie.
Nous avons aussi pris des temps de randonnée, agréables avec un temps magnifique, longeant le Canal de Nantes à Brest.
Une rencontre musicale avec une musicienne, jouant de la cithare.
Et puis, le samedi soir, nous avons veillé, chantant des chants de Taizé, et une chanson celtique traditionnelle, « Green sleeves », avec Yvan et Françoise à la guitare. Nous avons même chanté en polyphonie.
L’homélie de l’évêque le dimanche a été remarquable, prêchant sur le thème de l’amour. Il nous disait que le mot « amour » est bien galvaudé aujourd’hui, et il revêt beaucoup de significations diverses. Il a prêché sur l’amour du prochain.
Enfin, au retour, Stéphane a eu la bonne idée de nous faire découvrir Josselin, cité historique magnifique. Nous avons apprécié la belle basilique, et puis un
pot d’au revoir s’est imposé.
Ce week-end de ressourcement a été apprécié, nous reproposerons à l’ensemble du groupe un nouveau week-end l’année prochaine.

Moïse

Petite initiation au bouddhisme

   J‘entends souvent beaucoup de personnes s’interroger sur la pratique bouddhiste. Est-ce qu’il s’agit simplement de s’asseoir en lotus sur un coussin chaque jour dix, vingt minutes, une heure selon sa disponibilité ? A quoi peut-il bien servir de rester ainsi immobile et en silence face à un mur ? Une première réponse s’impose : faire face au mur c’est aussi faire face à soi-même. Se concentrer sur l’ici et maintenant de sa respiration consciente, c’est « laisser passer les pensées comme les nuages dans le ciel ». Laisser ses préoccupations et autres ressentis apparaître et les laisser passer sans s’y accrocher. Ainsi, peu à peu, prendre conscience de ce qui nous habite, la souffrance comme la joie, ainsi apprendre à s’observer et se connaître. En quelques mots, c’est le vécu de chaque méditation assise qui peut nous faire prendre conscience que notre mental est très encombré et qu’il n’y a plus de place pour l’ouverture, l’accueil. La méditation c’est comme faire le ménage dans une maison trop encombrée dans laquelle plus rien ne peut entrer !
Bouddha   Cette pratique est bien sûr soutenue par un enseignement inspiré par le Bouddha, « celui qui nous montre la voie dans cette vie. » Cet enseignement est donné par un maître spirituel qui est choisi selon la tradition qu’il représente. J’ai « pris refuge » (c’est notre jargon !) auprès du moine zen vietnamien Thich Nhat Hanh qui réside au Village des Pruniers en Dordogne. J’ai reçu les « cinq entraînements à la pleine conscience » lors d’une cérémonie formelle : je me suis engagée à les lire régulièrement pour les approfondir et évidemment tenter de les mettre en pratique.
Les Cinq Entraînements à la Pleine Conscience expriment la vision bouddhiste d’une spiritualité et d’une éthique pour le monde. Ils sont la pratique concrète des Quatre Nobles Vérités et du Chemin Octuple enseignés par le Bouddha. Ils montrent le chemin de la compréhension et de l’amour véritables, menant à la transformation, à la guérison et au bonheur de l’individu et du monde. Ils permettent d’approfondir la Vue Juste, qui est la vision de l’inter-être, et de dissoudre le fanatisme, la discrimination, la peur et le désespoir. Pratiquer les Cinq Entraînements dans notre vie quotidienne, c’est déjà être sur le chemin des bodhisattvas. Conscients de la chance que nous avons d’être sur ce chemin, nous pouvons cesser de nous faire du souci pour le présent et d’avoir peur de l’avenir.
Une remarque importante : le mot « entraînement » est préféré à « engagement » car, sur ce chemin de vérité sur soi-même et d’ouverture aux autres, il n’y a aucune culpabilité à éprouver en cas d’échec. Nos actes, nos pensées, nos paroles sont les fruits de notre état mental du moment : simplement, sincèrement, constatons ce qui est en pleine conscience. Se connaître soi-même et avancer pas à pas pour s’améliorer…

Le premier entraînement s’intitule « protection de la vie » :

   Conscient(e) de la souffrance provoquée par la destruction de la vie, je suis déterminé(e) à cultiver ma compréhension de l’inter-être et ma compassion, afin d’apprendre comment protéger la vie des personnes, des animaux, des plantes et des minéraux. Je m’engage à ne pas tuer, à ne pas laisser tuer, et à ne soutenir aucun acte meurtrier dans le monde, dans mes pensées ou dans ma façon de vivre. Je comprends que toute violence causée notamment par le fanatisme, la haine, l’avidité, la peur, a son origine dans une vue dualiste et discriminante. Je m’entraînerai à tout regarder avec ouverture, sans discrimination ni attachement à aucune vue, ni à aucune idéologie, pour œuvrer à transformer la violence et le dogmatisme qui demeurent en moi et dans le monde.

   La notion d’inter-être est fondamentale dans l’enseignement du Bouddha : non seulement nous sommes tous interdépendants mais nous sommes liés aussi à tous les êtres sensibles. Notre qualité d’être pensant nous donne une responsabilité sur l’ensemble du monde vivant : l’arbre nous donne l’oxygène dont nous avons besoin pour vivre, respectons-le pour ne prendre qu’une seule illustration. Cette philosophie nous engage non seulement au respect mais à la gratitude : nous appartenons à l’univers tout entier, nous en dépendons et il dépend de notre vigilance car aucune séparation n’existe. La compassion découle de cette attitude face à la vie dans toutes ses composantes. On ne peut plus rester insensible face à tout ce qui se passe autour de nous et ce, dans l’ouverture de l’esprit.

Martine

Un parcours spirituel

   Il m’est très difficile d’employer le terme universel pour quelque chose de désagréable mais je suis sûre que vous êtes d’accord avec moi « le racisme est universel »!
    De part son histoire, de sa religion avant l’islam, le zoroastrisme, l’Iran a subi l’invasion des arabes qui ont imposé la religion musulmane au peuple perse. A cette époque ces arabes musulmans ont imposé la langue arabe aux perses, et ont brûlé quantité de livres écrits en persan. Désolée si je ne peux pas vous donner la date ou le siècle exacts. Depuis que j’ai quitté l’Iran (1984), j’ai malheureusement oublié une grande partie de l’histoire de mon pays d’origine.
La république islamique avec les musulmans radicaux n’a pas arrangé les choses. Tout ce passé lourd et le régime totalitaire, poussent hélas une partie du peuple perse au racisme contre les arabes, malgré leur appartenance à la religion musulmane.
Depuis cette république islamique, beaucoup d’afghans sont venus s’installer en Iran. Il y a eu, beaucoup de cambriolages, viols des femmes commis par certains immigrés afghans. Ce qui a créé et développé du racisme envers le peuple afghan.
Il a fallu que j’arrive en France pour rencontrer des afghans et me lier d’amitié avec ce peuple si riche et en grande souffrance des injustices qu’il subit.
J’ai quitté l’Iran pour des raisons politiques et aussi parce que le régime oblige les femmes à porter le voile.
Je sais très bien que les maghrébins ou les turques ne sont pas arabes. Mais pour nous les iraniens, les maghrébins représentent le monde arabe (erreur), mais bien évidemment ils font partie du monde musulman…
De part mon métier, je rencontre des femmes turques/maghrébines, voilées, qui ne peuvent pas trop communiquer en français avec moi ou mes collègues. Alors par des gestes et des regards je communique avec elles. Je vous promets qu’elles sont très généreuses et à la fin, puisqu’elles ne peuvent pas me communiquer leur gratitude, en français, elles font tomber les barrières humaines en Occident et se penchent vers moi pour m’embrasser. Et moi, avec joie, j’accueille leur embrassade…
Il a fallu que j’arrive en France pour me réconcilier avec le monde arabe, le monde musulman et les femmes voilées… (même si je suis contre le voile lorsqu’il est imposé ou choisi sans consentement de la femme).
Aux JAR (Journées Annuelles de Rencontres) 2015 les ateliers très riches et intéressants, une nouvelle fois nous ont permis d’apprendre/découvrir de nouvelles choses et de rencontrer de nouvelles personnes.
Parmi les ateliers proposés aux JAR 2015 auxquelles j’ai participé à Merville en cette, je souhaite parler de l’atelier interreligieux avec des associations LGBT chrétienne (D&J), juive (Betaverim) et musulmane (H2M). C’est épatant le travail que font ces 3 associations ensembles pour les personnes LGBT. C’est aussi un travail considérable dans l’écoute, le soutien de chaque personne lgbt et croyante.
Le déracinement n’est pas facile à vivre et fait souffrir. Mais, avec du recul, je regarde tout ce cheminement et je constate la richesse de ces rencontres interculturelles, interreligieuses.
Vive la spiritualité plurielle !!!

Maryam

Portes ouvertes à la mosquée

   Lors du week-end des 19 et 20 décembre 2015, le Conseil français du culte musulman organisait deux journées portes ouvertes dans les mosquées : il m’a paru important de répondre à cette invitation et d’aller boire le thé de la fraternité. D’abord pour affirmer, avec celles et ceux qui répondraient aussi à cet appel, que je ne fais pas l’amalgame entre une bande d’assassins se réclamant d’un islam dévoyé et l’ensemble des pratiquants de cette religion ; que je refuse de suspecter d’un quelconque soutien l’ensemble des émigrés de culture musulmane qui, ni pratiquants ni même croyants, vivent avec nous sur ce morceau de terre que l’on nomme la France.
Palais du Golestan, ThranEt puis, j’ai tant de souvenirs de l’accueil qui m’a été fait au Maroc, des rencontres chaleureuses, des séparations difficiles quand il me fallait partir… Ma vie a fait que j’ai pu partager des moments simples avec une famille habitant au coeur de la médina de Fès : une balade au marché avec Suad, une matinée à l’aider à pétrir le pain à la maison, et toujours en tentant d’apprendre quelques mots dans nos langues si éloignées l’une de l’autre ! Les souvenirs de nos rires et de la galette encore chaude offerte le jour de mon départ, enveloppée dans un linge brodé gardé depuis comme un bien précieux, sont inscrits en moi… Aussi, lorsque je suis entrée dans la vaste salle de prière nantaise, j’ai refoulé mes larmes avec peine : la conscience de la violence du coup porté se mêlait à ces souvenirs émus…
Les tables étaient garnies de gâteaux au miel et le thé nous était servi avec un sourire de bienvenue et de remerciement. En cette fin de matinée de ce samedi un peu particulier, nous étions une cinquantaine de personnes aux cheveux très majoritairement poivre et sel… Des personnes qui, comme moi sans doute, avait eu le temps de voyager, de connaître et de s’interroger sur le pourquoi de la montée de la haine de notre culture et de notre façon de vivre, la montée de l’incompréhension et de la peur. Les jeunes se comptaient sur les doigts d’une seule main qu’ils soient musulmans ou d’une autre religion quelle qu’elle soit. C’était l’occasion d’échanger avec l’iman et le président de l’association culturelle gérant du lieu en me joignant aux petits groupes formés spontanément. Je retiendrai des propos de l’iman, l’assurance de l’accueil au sein même de la mosquée de chacune et de chacun, croyant ou non croyant en Dieu : celui du Livre commun aux deux autres religions chrétienne et juive.
Un message de paix et de douceur tel que l’on souhaiterait toujours l’entendre sortir de la bouche de personnes en charge de prêcher l’essence de leur religion. En condamnant les terroristes comme des délinquants ignorants de la foi musulmane, le président rappelle que l’islam s’ancre sur la reconnaissance de la lignée de tous les prophètes cités dans la Bible, dont le Christ, qui ont précédé Mohamed. Un discours éclairé et intelligent qui n’a pas fait l’impasse sur le fait que peu nombreux sont les pratiquants fréquentant la mosquée qui comprennent la parole de l’iman prêchant en arabe classique puis en français… Comme le latin dans nos églises n’était compris que par les initiés, l’arabe classique n’est pas compris par les personnes qui s’expriment dans les dialectes marocain, algérien etc et ne maîtrisent pas suffisamment sans doute la langue française… Alors la question est venue, sachant l’absence de clergé musulman, de l’importance du rôle d’instances véritablement représentatives de l’islam en France et de l’identification d’une autorité gardienne de la transmission de la bonne parole des imans afin de s’assurer que tous soient aussi paisibles que celui que j’ai rencontré…

Martine

Retraite au Mont St Michel

   Qu’il en a fallu de mails, d’ordres et de contre ordres pour organiser cette expédition au Mont St Michel. Nous sommes 5 déjistes nantais à y participer.
20160410_133637   Les échanges pour planifier les repas en amont, je vous dis pas !… Moi j’aime manger et boire mais, j’ai bien l’impression d’être entourée de végétariens au petit appétit et même de jeûneurs qui ne se manifestent pas… Et la cafetière d’Yvan qui rend l’âme juste avant de partir ! Malgré tous ces préparatifs, j’ai bien l’intention de profiter de tout pendant ce week-end. Partis à 8 h, je prends les paris que nous raterons la messe…
Ravis d’être arrivés à l’heure (mea culpa) sur le Mont, nous découvrons notre petit logis bien chauffé mis à notre disposition pour nous seuls par les sœurs de Jérusalem. Dormir sur le Mont : un rêve !!!!
Grisés par le lieu et la lumière, nous avons arpenté les remparts, avons monté et descendu des marches et des marches (70 des musées à notre logis, 280 de notre logis à l’abbatiale…). J’ai donc réfléchi à mes déplacements ! Nous avons attendu le le mascaret puis avons été piégés par la marée ! Ce qui ne nous a pas empêché d’être à l’heure pour les offices et le repas .
Le Mont est magique et plus encore… Mer, terre et lumière forment un tout indissociable et inoubliable. Les chants des frères et des soeurs, les vibrations dues aux cloches, les cris des mouettes, le cloître, la mer,… Tout contribue à nous transporter en ce lieu.
Pendant l’office nous avons écouté un beau sermon sur le sens de l’amour qui fait écho au texte choisi par Michel dont nous avions parlé le soir à la veillée. Un seul mot dans notre langue pour dire l’amour « aimer », tandis que dans le texte grec utilisé pour écrire le sermon plusieurs verbes sont employés, je comprends mieux le sens de ces paroles, la sagesse et la profondeur de ces écrits qui s’offrent à la méditation
Nous repartons comblés par notre séjour. Merci à tous pour ces moments de partage.

Annette