Archives de catégorie : RENCONTRES NATIONALES ET INTERNATIONALES

Impressions JARdinières 2017 par Téo

   Un jour, un imam ivoirien a déclaré du haut de ses délires religieux : « C’est par ce qu’il y a des gays en Côte d’Ivoire qu’il ne pleut plus ! » A St Donat sur Herbasse, il a plu pendant le week-end de Pentecôte, il a même tonné et pourtant, il n’y avait sans doute jamais eu autant de gays, de lesbiennes, de trans et peut être même des bi, d’intersexes dans ce petit village de la Drôme des collines.
Plantons le décor : des cabanes spartiates plus élegamment appelées lodges posées parmi des tapis de coquelicots semés ici ou là par le mistral, une piscine de bleu turquoise carrelée, vide mais qu’importe, et des déjistes accourus des 6 coins de l’Hexagone gambadant de ci de là entre 2 ateliers, 2 rencontres.
Dans ce décor, nous avons réfléchi, échangé, dansé, prié, chanté, méditer,…Certains se sont même promenés, se sont travestis, se sont sans doute aimés aussi…pour « Croire en l’avenir ? »
Du témoignage coups de poing de Denise Kolia sur les conditions de vie oui plutôt de non-vie des personnes LGBT en Côte d’Ivoire, au documentaire marié de solitude sur les pays et mamies homos au Québec, en passant par le reportage qui a suivi Françoise « De l’autre côté » sur les bords d’un golfe breton nous avons ainsi beaucoup voyagé.
Un voyage qui a pris parfois un parfum écologique aux senteurs de développement durable bien qu’il soit étrange à nos cerveaux de trouver souvent si peu d’accord entre spiritualité et écologie dans nos hautes sphères écclésiales….
Mais il est nous a été prouvé, bien que nous n’en n’ayons jamais douté, que célébration oecuménique et cabaret s’harmonisent à merveille et peuvent tout à fait cohabiter dans un même décor de velour rouge, jaune et doré agrémenté d’une parure arc-en-ciel. Juste manquait un zest de spiritualités plurielles pour vraiment rassembler toutes nos spiritualités.
Et p
arce que les Jar c’est aussi la fête, malgré tous les chaos du monde, Denise dansera au rythme d’une musqiue ivoirienne, accompagnée de Mohammed et Ferdinand bientôt rejointe sur la piste de danse par de nombreux autres déjistes.
Seule une telle ambiance festive et bienveillante permet à chacun d’oser des trucs que jamais il n’oserait se permettre ailleurs et tenter, l’espace d’une soirée, le lâcher prise : chanter seul-e sur scène, improviser un morceau de guitare, dire un poème et même se travestir… En cela, les Jars peuvent devenir « un jouet extraordinaire » pour être soi, devenir soi. C’est là aussi que vient se nicher l’esprit et la diversité de DJ.
Un lâcher prise impossible en Côte d’Ivoire, en Tchétchénie ou ailleurs où, être LGBT, être activiste LGBT vous met quotidiennement en danger dans la rue, dans votre famille, dans votre communauté religieuse, dans votre milieu professionnel,… Mais s’il faut se battre pour ses idées, pour être soi, il faut aussi savoir se protéger avant tout car comme nous l’a dit Denise « Après la mort, il n’y a plus d’activisme ! »
Il est parfois difficile de croire en l’avenir partout et tout le temps…
A DJ, nous continuerons de croire en l’avenir, de militer en France et ailleurs, nous continuerons à nous battre pour les droits de la communauté LGBT car comme l’a un jour dit Denise Kolia à un LGBTophobe qu’elle croisait : « Tu n’es pas obligé de m’aimer mais je vais t’obliger à me respecter. »
A DJ, nous continuerons aussi de croire en un avenir humain, écolo et spirituel au moins jusqu’aux Jars de l’an prochain qui porteront nos pas dans le domaine de Traversaie à la lisière d’une forêt poitevine.
A l’année prochaine.

Téo

Journées de Rencontres Annuelles (JAR) 2017

Chaque année, pendant le week-end de la Pentecôte, les déjistes des différents groupes de France se rassemblent dans un coin de l’Hexagone pour leurs Journées Annuelles de Rencontres (plus simplement appelées JAR).
Des journées privilégiées pour se retrouver, échanger, s’amuser, réfléchir, danser, prier, s’aimer, se promener, etc…
Bref, que du bonheur !
Cette année, direction Chantesse dans la campagne drômoise.
Le thème de cette année sera : « Croire en l’avenir ? » Tout un programme ! Nous sommes quelques déjistes nantais à y participer qui, n’en doutons pas viendront, Pentecôte passée, partager sur cette pages leurs impressions JARdinières !

En attendant les articles, voici quelques photos JARdinières 2017 :

Impressions des Jars de Téo

Impressions des Jars par Annette

Jacqueline au pays de Merville

   Les JARS c’est pour moi un moment ou l’on peut mesurer la dimension nationale de David et Jonathan. C’est un moment convivial, amical, fait de retrouvailles, de rencontres, de temps de réflexion, de soirée festives et de temps spirituels ; c’est une respiration dans l’année (un peu comme le week-end femmes mais mixte et en plus grand).
    Cette année à Merville, elles furent particulièrement festives et joyeuses. Le thème était LA FETE. Nous étions à peine une centaine mais la chaleur humaine était bien présente. Un flash mob à l’accueil donna le ton du week-end (Merci à Sébastien).
Chaque journée pouvait démarrer par un temps spi toujours très bien préparé, co-animé et œcuménique. Les ateliers, qui furent proposés tout au long du week-end, tournèrent autour de la joie, du bonheur, du désir et du plaisir. Vastes sujets dont on n’a pas fait le tour mais, au combien importants, en ces temps si souvent moroses voir tristes. Ces sujets furent abordés sous forme d’ateliers (théâtre, danse de salon, marche, réflexion, et sexologie) et de les tables rondes.
Le forum des régions du dimanche après midi fut très éclectique, chacun apportant des particularités différentes : spécialités culinaires locales, attraits touristiques de la région, costumes régionaux, jeux, films, etc…. Ce fut très sympathique, ludique, joyeux et chaleureux.
L’assemblée générale, un peu différente de d’habitude, fut aussi un moment important pour notre association. Un grand Merci au Bureau National pour le travail de qualité accomplit.
Dimanche, en fin d’après midi, la célébration œcuménique co-présidé par Émeline et Christian fut empreinte de sérénité, de recueillement, d’émotion, d’humour, de Joie et de sérieux aussi, priante et, oserai-je dire, moderne et actuelle. Ce fut pour moi un des temps fort de ces JARS 2016.
Lundi vint le moment de se quitter. C’est toujours un peu dur et douloureux mais, l’espoir dans le coeur et la tête pleine de beaux souvenirs, nous nous sommes dit à l’année prochaine dans la Drôme

Jacqueline

Fin de parenthèse

   Définition internet du mot « parenthèse » ou « mettre entre parenthèse » : « Ne pas évoluer dans son existence, mettre un terme à une relation de couple (Int.)» Cette parenthèse, à moi, aura duré…23 ans, presque un quart de siècle. Et le retour n’en fut que plus étonnant, un étrange ressenti, l’impression de revivre des émotions et des rencontres comme « laissées en attente », du déjà vu mais on ne sait plus où… La mémoire est un tel capharnaüm ! Bien sûr, les cheveux ont grisonné, lorsqu’ils ne se sont pas simplement effacés ; les attentes, ne sont plus tout à fait les mêmes, et si on a encore, parfois, le goût à prendre parti, il arrive maintenant, plus souvent, qu’on en prenne son parti !
Une fois le passé passé, il reste l’inamovible : les sourires, la gentillesse, la main tendue, ou la joue, le regard qui suit, qui dure, interpelle… Et puis une tête qui se dresse : «  Ah ! c’est toi B. ! » Tiens, on me connaît ? Pourtant je n’ai pas fait de bruit. Qui peut bien me connaître ? Et me voilà des leurs, moi qui longeais les murs, désireux plus d’observer que de l’être. Il y a une brise Atlantique qui souffle sur cette famille-là. Mais déjà ils ne sont plus, mêlés au vent du nord, au Mistral ou à la Tramontane ; des gens qui passent et repassent en un fraternel va et vient. Ça bruisse, ça crisse et appelle dans cet immense réfectoire où je ne serai jamais laissé pour compte, retrouvant l’amicale complicité des partages de jadis, que le rythme très étudié de la journée qui court va défaire, lorsque se vide soudain le lieu et que chacun s’éclate en atelier. Comme autrefois. Mais cette fois-ci, je n’aurais pas droit au « T’en es encore là ? » jadis lâché avec sarcasme par un flamboyant voisin de vingt ans à qui j’avais dit avoir choisi celui du « Coming out » ! C’était … jadis, j’en avais trente-huit !
Aujourd’hui, le Bonheur se conjugue « du plaisir à la joie » ; on « ose la rencontre de l’autre par un toucher bienfaisant », on dissèque en atelier « le Plaisir Physique », on court après le bonheur – mais faut-il vraiment courir pour l’approcher ? – On distille les parfums pour initier la fête.
Fête : le mot est jeté. Il sera fil conducteur de ces jours, celui de tous les excès, de toutes les libérations du corps et de l’âme, parait-il. Et si c’est un psychologue bavard et à cheveux longs qui le dit, c’est sûrement vrai, appuyé dans ses propos par des témoignages, parfois émouvants. Cette fête, je n’y participerai pas, drainant depuis toujours une timidité et une pudeur à exprimer ces choses indicibles issues des antres. Bercé d’un lointain rythme, je retrouve, les soirs, le silence de ma cellule monacale ouverte sur un verger en fleur qui s’estompe dans la nuit.
Il y a les découvertes de l’autre, les incroyables morceaux de vie révélés, le désir de se revoir pour plus encore partager. Il y a surtout – enfin ! – cette présence féminine, quasi inexistante jadis, et que j’appelais alors de mes vœux mais dont personne ne semblait s’étonner. A l’heure des bêlements intéressés de nos politiques pour les quêtes paritaires, quoi de plus normal, non ? Enfin, comment oublier cette poignante célébration œcuménique qui souda les genres présents, cette communion et ces chants comme émis d’une seule voix, avant que ne s’achèvent ces heures réconfortantes pour l’âme, rassurantes pour des lendemains qui devront chanter, même si le plus grand nombre retrouvera sûrement ses solitudes habituelles, déchirées le temps d’un week-end froid mais ensoleillé, par une grande bouffée d’optimisme et, disons-le, d’Amour partagé.

B.

Un jardin zen parsemé de chaises rouges…

   Ce we, c’est décidé, cap sur la Fête dans les Hauts de France. Pourtant la fête, flonflons et dance-floor, au quotidien, je ne suis pas trop pro fête ni d’ailleurs très prophète spirituellement pensant… Mais, un peu de lâcher prise, un zest de trans-gression, l’espace d’un we me fera le plus grand bien. Comme un moment suspendu dans le temps et l’espace à l’image des autres we jar-diniers. Et quel espace que cette grande maison diocésaine : un cloître entourant un p’tit jardin zen parsemé de chaises rouges en guise de coquelicots, une chapelle à l’autel arc-en-ciel-isé…
  Etre là, juste ensembles, vivants, libres,… « Libérés, délivrés… » nous chantera même, le soir venu, la Reine des neiges qui nous attendait sur la piste de danse.
Etre là, vivre l’instant présent en pleine conscience à l’image de ces sages pensées clermontoises…
Certes, j’ai zappé l’Eurovision mais le remplacer par une salsa du démon version techno sous les sunlights et, si plus est, avec la bénédiction de l’évêché local… Qui osera encore affirmer que D&J ne serait être qu’un repère de béni-oui-oui ? ! Non non ! Et toute fête se doit bien être subversive ? N’est-ce pas monsieur le sociologue de la table ronde…
Que tournent, virent et virevoltent les parapluies géants des carnavaleux de Dunkerque sous les éclats des boules à facettes bercés par les rires et fous rires mêlés de clowns bigarrés zigzagants follement parmi les danseurs…
Mais sans doute pas encore assez de lâcher prise momentanément disponible dans mon cerveau pour aller pousser les portes de l’univers feutré du salon de massage à 2 ou 4 mains…Et sans aucun doute un déficit d’audace chronique pour m’aventurer dans un sexy-dating aux questions osées d’un maître es sex vendéen…
Aller, encore un p’tit tour au salon pour y causer de symbolismes festifs très imprégner de souvenirs cacaotés à souhaits.
Ainsi filera ce we si particulier que sont les jars nos pas parfois un peu désorientés dans ces dédales d’escaliers, nos pas rafraîchis en déambulant dans le grand jardin aux arbres …
Fête que l’an prochain, les Jars drômoises soient aussi en-Chanteresses. Il n’en tiendra qu’à nous…

Téo

Week-end femmes à 3 voix

 

   Il pleuvait fort sur Amboise ces jours là !
Elles venaient d’un peu partout et dans leurs yeux, le plaisir des retrouvailles ou de la découverte.
Un week-end femmes à vivre et un thème à explorer « Famille en chantier…nos vies à inventer » !
40 femmes adoptèrent le jeu du trèfle en guise de mise en bouche.
Objectif réussi. La parole se libère, les dialogues vont bon train !
Trois feuilles de trèfle pour parler au « Je » : ce que j’ai reçu de nos familles, ce que je garde ou pas et ce que je veux vivre, créer
Deuxième temps fort : une jeune sociologue et une juriste espagnole, toutes deux bien informées sur les réalités homoparentales sont venues élargir nos échanges.
Un magnifique coucher de soleil sur la Loire nous fut offert en supplément après une balade un peu humide et un chocolat chaud dans la célébrissime pâtisserie d’Amboise. Le temps spirituel tout en intériorité fut suivi d’une explosion de joie et de fête grâce à la guitare et au violon qui rythmèrent nos « chansons en folie »
Que de diversités dans nos histoires, que de communion aussi dès lors que le partage et l’attention sont au rendez-vous.
Merci Mesdames !

Hélène et Marie Hélène

   Au week-end de la Toussaint, nous nous sommes retrouvées à une quarantaine de femmes venues de toute la France, pour parler notamment de « la famille en chantier ».
Pas un homme !!! Chic, chic, chic !…
Après une présentation sous forme de jeu, nous sommes allées nous balader dans les rues d’Amboise (très jolie ville au demeurant).   Le lendemain nous avons pu assister à l’intervention d’une sociologue qui nous a plus parlé de la famille et rencontré une avocate espagnole. J’ai surtout retenu de cette journée l’atelier théâtre qui a permis de mieux se connaître.
Le temps spirituel, riche de partage, s’est achevé par un véritable bœuf musical, enchaîné d’un apéro fait de spécialités ramenées par chacune. C’est au cours du lendemain que la nouvelle équipe de préparation du week-end femmes s’est composée, et dorénavant j’en fait partie !
Vivement l’an prochain  !

Isabelle

Témoignage d’un Week-end Femmes National

 Un week-end bleu

   Début novembre, nous étions 28 femmes de David et Jonathan à nous retrouver à Amboise.
Rainbow 2Lorsque nous avons préparé ce week-end, nous voulions un week-end un peu plus festif, et surtout créatif, que d’habitude. C’est donc pour ça que nous avons fait appel au talent des femmes qui venaient à ce week-end. Nous avons fait appel à leur créativité pour construire ce week-end.
Cela a commencé par la décoration de la salle, décorée toute en bleu.
Le lendemain, nous écoutions Odile qui nous faisait tout un historique sur la couleur bleue.
L’après-midi, nous avons construit notre soirée cabaret, autour du thème : le devenir lesbien.
Dans les différents ateliers proposés, qui étaient le dessin, le théâtre, le chant, l’écriture,  nous avons travaillé sur la prise de conscience, la confrontation,  la réflexion et l’acceptation du fait d’être lesbienne.
Et pour relier tout ça, le fil conducteur était le Bleu.
Nous avons ri, nous avons chanté, nous avons dansé, nous avons discuté…
Cela a été un vrai bonheur de se retrouver, de se connaître.
Alors, je vous dis à toutes, vivement le prochain week-end femmes !!!!

Isabelle

Partage d’un moment de célébration oecuménique aux JARS

Remplacer les barrières par la rencontre

   Un des moments les plus forts de ces Jar fût la célébration œcuménique. En effet, pour la première fois aux Jar, les co-célébrants (Emeline et Jacques pour l’édition 2014) nous ont invités pour commencer cette célébration à nous orienter vers les quatre points cardinaux puis le ciel et la terre en invoquant à chaque fois les éléments. A l’est : l’énergie du levant. Au nord : la neige et le froid qui stimulent la vie. Vers l’ouest : la pluie qui irrigue la terre et fait croître la semence. Puis au sud : la chaleur qui fait mûrir. C’est ainsi que nous nous sommes mis en harmonie avec l’univers et les peuples.
Sur la table d’autel, une flamme, une bible et une icône du Christ furent posées sur le rainbow flag. Quel symbole ! Quel symbole d’effacement des barrières, d’abolition des frontières en ce jour de Pentecôte ! Dans sa prédication, Emeline a mis en lumière que toute l’œuvre de Dieu et le message du Christ révélé dans l’Ecriture étaient justement d’ôter ces barrières qui isolent les peuples et les êtres les uns des autres.
Remplacer les barrières par la rencontre. Voilà le message qui retentit avec force au cœur de notre histoire aujourd’hui.
Laudate dominum omnes gente alleluia !

Hélène, Marie-Hélène et Isabelle

WE Femmes national : « Sexualité…émois et moi ? »

La position de surplomb délibérément choisie par notre intervenante et amie Catherine nous a peut-être laissées un peu perplexes, en suspens, et pourtant… l’essentiel était là. Il nous a été dit en effet, de séparer le sexuel du physiologique et de le relier à la « dimension invisible » de l’être, à l’essence (l’âme?)  » là où tout le monde peut se retrouver, hors conditionnement ».
Comment comprendre ce grand fondamental ?
Réaliser d’abord que toute énergie sexuelle procède de l’élan vital et qu’en ce sens on peut la dire sacrée comme la vie même. Et pour certains, elle relève du divin (Cf Jean-Yves Leloup, philosophe et théologien) :

 

« L’être qui s’adonne aux plaisirs des sens et celui qui s’abîme en Dieu… ces deux vécus sont une seule et même racine. La différence est une question de degré d’évolution » D’où la nécessité de déplacer la libido pour l’intégrer dans notre plan de vie, et ce, dans la cohérence de nos différents besoins : physiologie, affectivité et sentiment d’appartenance, estime de soi et recherche de sens. Aimer, c’est alors vivre avec une personne tous les degrés d’une « échelle des états amoureux »: désir, passion, amitié, partage spirituel. Et plus on monte dans l’échelle, plus il y a de liberté et moins il y a de souffrance. Cette quête de l’unité est toujours à recommencer, car au quotidien, nous vivons tous dissociés (sans que ce soit notre faute !).
Concrètement, comment y parvenir ?
En cessant de croire que l’autre peut et doit nous compléter, nous réparer (la guérison vient toujours de l’intérieur). En cessant de confondre l’amour et l’attachement : l’attachement affectif étant ce moyen dont l’égo se sert pour pallier besoins et manques, blessures du passé. La rencontre de deux égo en mal de solution extérieure à leur malaise ne peut qu’aboutir au conflit (l’inévitable frustration engendrant la colère).
Au contraire de l’attachement (forme de contrôle) l’amour respecte et au besoin, restitue la liberté : « On se sépare parce qu’on s’aime. » Dans cette déclaration paradoxale, l’unité perdure au-delà de la séparation, l’amour circule toujours entre les personnes quand la vraie communication peut s’établir. En cadrant plus large, la répétition des conflits individuels, des souffrances parfois transgénérationnelles vient de ce que rien n’a été mis à jour. La libération, la transformation se font par la parole. Enfin ne souffrons pas pour rien. Donnons du sens à notre parcours et au besoin, libérons les générations qui suivent.
Voilà. A partir de la trame un peu lâche de mes notes, j’ai essayé de retricoter le sens général avec l’apport de quelques ouvrages se situant dans la même dynamique.

 

Madeleine

Pour en savoir un peu plus et aller plus loin, on peut lire:

Jean-Yves Leloup :
« Qui aime quand je dis je t’aime ? »
« L’absurde et la grâce »

Thierry Janssen (médecin, psychothérapeute) :
« Vivre en paix. Comment transformer la peur en amour »

Voyage en Israël

Poème d’Yves inspirés d’un voyage en Israël

Sur le mont des Oliviers

Le rabbi s’est retiré
Dans son jardin préféré
Et la ville est endormie

Un pressentiment l’étreint
Tant l’hostilité a grandi
Même ses amis sont endormis

Défile en lui sa vie
Ses rencontres sous l’Esprit
Son combat contre les endormis

Où sont les lépreux guéris
Le paralytique et la prostituée
Se sont-ils aussi endormis ?

Doit-il renoncer et s’enfuir
Oublier ce qu’il a annoncé
Pourrait-il aller dormir ?

Dans la confiance sa réponse
Comme toujours a surgi
Au milieu des endormis

L’appel vient me réveiller
Me mettre debout, me pousser
Pour que jamais je ne sois endormi

Yves